Le désert
«Mais qu’est-ce le bonheur sinon le simple accord entre un être et l’existence qu’il mène?»
De l’Algérie, on passe à l’Italie, notamment à la Toscane. Camus est parti en voyage à Florence. C’est néanmoins un portrait général de l’Italie qu’il peint. Une Italie dans son italianità et dans ce qu’elle a de plus universel. En dépit de ses descriptions de peintures et de paysages, Le désert demeure le texte le plus abstrait du recueil. On a même l’impression que Camus erre dans ce désert qui n’en est pas un.
Entouré d’une abondance artistique et végétale, l’auteur découvre avec l’Italie dont il s’éprend un désert intérieur. Un grand fossé, un fossé absurde mais bien réel, entre la beauté du monde et la mort. Comme dans Le vent à Djémila, la désillusion est centrale. Guetté par la mort et la fin, l’homme trouve son bonheur dans l’accord à l’existence qu’il mène. Une existence qui, pour Camus, ne renonce à la beauté d’aucune œuvre d’art, d’aucune œuvre de la nature, d’aucune œuvre du plaisir, bien que ces jouissances soient éphémères et que tout passe. Ce conditionnement, il faut l’accepter, sans s’y résigner. Pour que les noces se renouvellent sans cesse, pour que l’amour soit toujours neuf, toujours frais, toujours jeune.