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#181【C1-C2】La Suisse (4/8)


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Pourquoi la Suisse est-elle riche?

(Partie quatre).


Une structure économique flexible.


La structure économique héritée du passé doit être considérée comme une immense chance. 


La combinaison entre une agriculture orientée vers l’exportation, une production industrielle de haute qualité, le tourisme et les activités financières s’est avérée extraordinairement flexible au cours des nonante dernières années. 


Cette conjonction doit être interprétée comme une circonstance favorable, car elle est le résultat d’une longue évolution et n’a jamais fait partie d’une grande stratégie.


La vocation exportatrice de l’agriculture remonte au bas Moyen Âge lorsque les paysans du «peuple des bergers» ont abandonné la culture céréalière au profit de l’élevage du bétail et ont déplacé leurs troupeaux vers le nord de l’Italie en empruntant les cols des Alpes. 


La spécialisation dans l’économie laitière a jeté les bases de la production industrielle du lait en poudre et du chocolat. 


L’industrie suisse plonge ses racines aux seizièmes siècles et dix-septièmes siècles lorsque les huguenots chassés de France ont apporté l’horlogerie en Suisse romande et contribué à l’essor du textile en Suisse alémanique.


Les industries mécanique, chimique et pharmaceutique sont le fruit de l’industrie textile du dix-neuvième siècle.

Le tourisme est essentiellement l’invention des visiteurs anglais qui, au dix-neuvième siècle, ont découvert les Alpes et en ont fait un lieu de villégiature.


L’industrialisation de la seconde moitié du dix-neuvième siècle a donné naissance aux grandes banques, aux banques cantonales et aux compagnies d’assurance.


La diversification de l’économie suisse et l’insignifiance du secteur des matières premières ont été des facteurs primordiaux.


En effet, l’histoire montre que les régions dont le secteur des matières premières est fort ont davantage de difficultés à changer leurs structures.


À nouveau, il est intéressant de comparer ce phénomène avec la Belgique. 


Jusqu’à l’entre-deux-guerres, la Wallonie, riche en matières premières, était prospère. Un déclin s’est amorcé après la Seconde Guerre mondiale et la région ne s’en est pas encore remise aujourd’hui.


En science, on parle à juste titre de la «malédiction des ressources».

La richesse qui repose sur les matières premières n’est positive qu’à court terme.


À long terme, c’est une hypothèque.


Le phénomène du «mal hollandais» fait lui aussi partie des inconvénients provoqués par une dotation importante en ressources naturelles.


Les pays qui tirent des recettes élevées de leurs exportations en matières premières souffrent d’une forte pression à la hausse de leur taux de change réel; les autres branches exportatrices perdent alors de leur compétitivité et se contractent.


Ce problème a été reconnu pour la première fois dans les années septante lorsque les Pays-Bas, en raison de leurs exportations de gaz naturel, ont connu au même moment des excédents commerciaux et une crise des secteurs traditionnels d’exportation. 


L’industrie norvégienne des machines, auparavant florissante, a également connu un déclin relatif en raison de la découverte du pétrole. 


En Suisse aussi, des centres industriels prospères ont perdu de leur importance parce qu’ils ont trop reposé sur une seule branche, comme dans les cantons de Glaris, Saint-Gall ou Soleure.


Il est, toutefois, moins facile de créer de nouveaux emplois dans une région dédiée jadis à l’industrie minière que dans une autre dont l’atout était l’industrie textile ou horlogère. 


L’essor de la technologie médicale au pied du Jura est à cet égard emblématique.



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