Paroles:
'Effet dâautomne â Albert Lozeau'
Lâheure est grise. Le vent, chargĂ© de feuilles mortes,
Entre par la fenĂȘtre et fait battre la porte.
Des nuages couleur de cendre et de fumée
Suivent dans le ciel bas leur route accoutumée.
Le silence, troublĂ© par un bruit dâattelage,
SâĂ©pand comme une mer montante sur la plage.
Sa puissante marée, incessamment accrue,
Envahit la maison et submerge la rue.
Le crépuscule vient, brun dans le gris des heures.
La lampe se reflĂšte aux vitres des demeures.
Le grand frisson soyeux des arbres diminue ;
La branche dans le vent est déjà demi-nue.
La tristesse du soir sâinfiltre dans les moelles.
Regardez : pas de lune au ciel, et pas dâĂ©toiles !
LâĂ©paisse et froide nuit dâautomne se dĂ©ploie.
La ville luit au fond de lâombre qui la noie.
Et parfois on entend les doux bruits misérables
Que, dans leur chute, font les feuilles des Ă©rablesâŠ