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Nous allons consacrer une partie de la semaine à Aristote
Aristote est né à Stagire en Macédoine en -384 av notre ère d’un père médecin ce qui explique l’intérêt qu’Aristote portera toute sa vie à la biologie et aux êtres vivants. Il est mort en -322. Il a été l’élève de Platon pendant 20 ans à l’Académie.
On sait que Philippe de Macédoine lui confia en 343 l’éducation de son fils le futur Alexandre-le Grand.
Lorsqu’Alexandre monte sur le trône, Aristote retourne à Athènes où il fonde en -335 sa propre école à Athènes, le Lycée, ou péripatos du nom du Portique sous lequel il avait coutume d’enseigner, ce qui donna ce qu’on appelle l’école péripatéticienne.
Après la mort d’Alexandre en – 322, se déclara dans la ville un mouvement antimacédonien. Aristote fut forcé de fuir pour ne pas finir comme Socrate. Il se réfugie alors à Chalcis dans l’île d’Eubée. Il meurt l’année suivante.
Aristote fut un penseur encyclopédique, consacrant son attention à tous les champs du savoir depuis la Logique et la Métaphysique jusqu’à l’éthique et l’esthétique en passant par la biologie, l’étude sur les organismes vivants.
Un grand nombre de ses œuvres ont été perdues, vraisemblablement les plus littéraires, celles qu’on nomme « exotériques » car elles étaient destinées à un public plus large que celui du Lycée. Ainsi Aristote a-t-il sans doute aussi écrit des Dialogues comme son maître Platon. Celles qui nous sont parvenues sont des notes destinées à son enseignement. Les œuvres d’Aristote ont donné lieu à d’innombrables commentaires qui vont constituer une bonne part de la philosophie jusqu’aux temps modernes à partir de l’édition qui en fut faite par Andronicos de Rhodes, trois siècles après la mort d’Aristote. On doit donc leur caractère systématique plus au hasard de la publication qu’à la volonté d’Aristote lui-même. Ainsi est-il très difficile de discerner une évolution dans la pensée d’Aristote.
Je vous propose de nous intéresser aujourd’hui à la Logique.
Le but de la science selon Aristote est de déduire ce qui est nécessairement à partir d’une cause . C’est la raison pour laquelle il va s’intéresser à l’ordre de la pensée et à sa forme.
L’idée d’Aristote est en fait, comme le dit le grand philosophe Pierre Aubenque, spécialiste de la pensée aristotélicienne, de chercher à mettre au service de la raison un discours qui serait le plus cohérent possible, selon les principes de cette même raison. Aussi sa Logique est-elle également aussi appelée Organon (outil). Elle rayonnera sur l’Occident médiéval et ses penseurs au XIIè et au XIII siècles qui sont aussi les siècles où la pensée d’Aristote est transmise à l’Occident grâce aux traductions qu’en ont fait les philosophes arabes.
Les mots, dit Socrate, sont habituellement reliés entre eux selon des règles précises qui forment des propositions. Aristote analyse ces règles dans les « Premiers Analytiques »
La mise en relation de deux jugements avec un troisième s’appelle un syllogisme.
Le syllogisme est ce qui définit un troisième terme en liaison avec les deux premiers.
« Tous les hommes son mortels » et « Socrate est un homme » sont les prémisses et « donc Socrate est mortel » est la conclusion
Un enchaînement de propositions est donc conçu comme une démonstration. Il met en place une méthode déductive, celle qui va de l’universel au particulier.
Pourtant, contrairement à Platon, Aristote ne dédaigne pas le monde sensible. S’il est possible de procéder par déduction, on peut aussi, dit-il, en sens inverse procéder par induction, c’est-à-dire aller du singulier à l’universel. Ainsi le sensible participe-t-il également de la connaissance
Pour rendre plus facile ces opérations, il est possible de classer ce qui existe dans le monde dans différents genres en le définissant à partir de ce qui est commun au sein de chaque genre.
C’est à partir de la différence dans le traitement qu’ils réservent au monde des Idées comme au monde sensible que nous verrons demain comment Aristote se sépare de Platon dans la définition de sa métaphysique.
By RCJNous allons consacrer une partie de la semaine à Aristote
Aristote est né à Stagire en Macédoine en -384 av notre ère d’un père médecin ce qui explique l’intérêt qu’Aristote portera toute sa vie à la biologie et aux êtres vivants. Il est mort en -322. Il a été l’élève de Platon pendant 20 ans à l’Académie.
On sait que Philippe de Macédoine lui confia en 343 l’éducation de son fils le futur Alexandre-le Grand.
Lorsqu’Alexandre monte sur le trône, Aristote retourne à Athènes où il fonde en -335 sa propre école à Athènes, le Lycée, ou péripatos du nom du Portique sous lequel il avait coutume d’enseigner, ce qui donna ce qu’on appelle l’école péripatéticienne.
Après la mort d’Alexandre en – 322, se déclara dans la ville un mouvement antimacédonien. Aristote fut forcé de fuir pour ne pas finir comme Socrate. Il se réfugie alors à Chalcis dans l’île d’Eubée. Il meurt l’année suivante.
Aristote fut un penseur encyclopédique, consacrant son attention à tous les champs du savoir depuis la Logique et la Métaphysique jusqu’à l’éthique et l’esthétique en passant par la biologie, l’étude sur les organismes vivants.
Un grand nombre de ses œuvres ont été perdues, vraisemblablement les plus littéraires, celles qu’on nomme « exotériques » car elles étaient destinées à un public plus large que celui du Lycée. Ainsi Aristote a-t-il sans doute aussi écrit des Dialogues comme son maître Platon. Celles qui nous sont parvenues sont des notes destinées à son enseignement. Les œuvres d’Aristote ont donné lieu à d’innombrables commentaires qui vont constituer une bonne part de la philosophie jusqu’aux temps modernes à partir de l’édition qui en fut faite par Andronicos de Rhodes, trois siècles après la mort d’Aristote. On doit donc leur caractère systématique plus au hasard de la publication qu’à la volonté d’Aristote lui-même. Ainsi est-il très difficile de discerner une évolution dans la pensée d’Aristote.
Je vous propose de nous intéresser aujourd’hui à la Logique.
Le but de la science selon Aristote est de déduire ce qui est nécessairement à partir d’une cause . C’est la raison pour laquelle il va s’intéresser à l’ordre de la pensée et à sa forme.
L’idée d’Aristote est en fait, comme le dit le grand philosophe Pierre Aubenque, spécialiste de la pensée aristotélicienne, de chercher à mettre au service de la raison un discours qui serait le plus cohérent possible, selon les principes de cette même raison. Aussi sa Logique est-elle également aussi appelée Organon (outil). Elle rayonnera sur l’Occident médiéval et ses penseurs au XIIè et au XIII siècles qui sont aussi les siècles où la pensée d’Aristote est transmise à l’Occident grâce aux traductions qu’en ont fait les philosophes arabes.
Les mots, dit Socrate, sont habituellement reliés entre eux selon des règles précises qui forment des propositions. Aristote analyse ces règles dans les « Premiers Analytiques »
La mise en relation de deux jugements avec un troisième s’appelle un syllogisme.
Le syllogisme est ce qui définit un troisième terme en liaison avec les deux premiers.
« Tous les hommes son mortels » et « Socrate est un homme » sont les prémisses et « donc Socrate est mortel » est la conclusion
Un enchaînement de propositions est donc conçu comme une démonstration. Il met en place une méthode déductive, celle qui va de l’universel au particulier.
Pourtant, contrairement à Platon, Aristote ne dédaigne pas le monde sensible. S’il est possible de procéder par déduction, on peut aussi, dit-il, en sens inverse procéder par induction, c’est-à-dire aller du singulier à l’universel. Ainsi le sensible participe-t-il également de la connaissance
Pour rendre plus facile ces opérations, il est possible de classer ce qui existe dans le monde dans différents genres en le définissant à partir de ce qui est commun au sein de chaque genre.
C’est à partir de la différence dans le traitement qu’ils réservent au monde des Idées comme au monde sensible que nous verrons demain comment Aristote se sépare de Platon dans la définition de sa métaphysique.