Cette semaine, le Parlement a infligé deux défaites au Premier ministre britannique, Boris Johnson :
par leur vote, les députés ont interdit un Brexit sans accord et rejeté sa demande d'élections anticipées.
Si Johnson ne peut plus s'appuyer sur une majorité au Parlement, l'alliance qui se forme contre lui est-elle viable ?
Pour les britanniques du Times, les chances qu'une alliance parlementaire anti-Johnson forme un gouvernement viable ne pèsent pas lourd :
“Un gouvernement d'unité nationale serait désespérément divisé sur la question du Brexit.
Il rassemblerait un groupe d'opposants au Brexit qui tenteront tout jusqu'au bout pour lancer un nouveau référendum sur la sortie de l'Union Européenne.
Mais aussi des politiques qui ont passé toute leur carrière dans les rangs des Tories et qui ont déjà voté trois fois au Parlement pour un accord de sortie de l'Union.
Sur le seul sujet qui justifie leur création, cette alliance ne suivrait pas une ligne claire.
La volonté d'empêcher un Brexit 'no deal' fait consensus.
S'agissant des étapes suivantes, en revanche, c'est la cacophonie.”
L'hebdomadaire polonais Tygodnik Powszechny lui ne table pas sur une réconciliation politique, c’est ce que l’on comprend en lisant ces lignes :
“Il est peu probable que la cause véritable à l'origine de la plus grande crise politique que la Grande-Bretagne ait traversée depuis la Seconde Guerre mondiale ne change.
Le pays est divisé.
Le Royaume-Uni, pays où des politiques modérées triomphent depuis des siècles et considèrent tous les extrêmes comme des lubies bénignes, est entré dans le club des pays où ce genre de politique mainstream est devenue impossible.
Deux camps se sont livrés une lutte politique acharnée et impitoyable ; et le sujet qui occulte tout le reste, c'est la position relative au Brexit.”
Enfin, dans une tribune à la radio russe, Kommersant, Fiodor Loukianov, rédacteur en chef de Rossiya v globanoï politiké, considère la Grande-Bretagne comme une victime du populisme.
Et Loukianov de déclarer :
"Des gens jusqu'ici en retrait s'impliquent en politique.
A gauche, le phénomène remonte à quelques années, avec l'élargissement du nombre des votants aux primaires du Labour et l'élection de Corbyn à sa tête.
A droite, c'est le référendum sur le Brexit qui a impulsé le mouvement : les eurosceptiques ont réveillé la masse nationaliste.
Les élections anticipées seront le champ de bataille des outsiders d'hier - qui sont devenus les favoris aujourd'hui.
Le système politique du Royaume-Uni, jusqu'à présent élitiste, ne marche plus.
Bien que cela paraisse peu probable, peut-être le choc du Brexit aura-t-il un effet traumatisant mais salutaire finalement.”