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Brexit, what's next ? - L'édito de Confrontations Europe du 06/02/2020


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Trois ans et demi après le référendum, le Brexit a finalement eu lieu le 31 janvier dernier, à 23h heure de Londres. C’est à présent une période de transition qui s’ouvre, jusqu’au 31 décembre. Le point avec Lorène Weber, du think tank Confrontations Europe.
Relance : Qu’est-ce qui a changé depuis le 31 janvier ?
En réalité, pas grand chose : la période de transition qui vient de s’ouvrir maintient la situation en l’état ou presque. Les règles de l’UE continuent à s’appliquer pour le Royaume-Uni, que ce soit d’un point de vue commercial, du point de vue des règlementations financières, ou encore concernant les quatre libertés de circulation (des personnes, des services, des biens et des capitaux). Cette période de transition devra servir à construire la relation future entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, et notamment les règles et accords qui s’appliqueront une fois la transition terminée.
Institutionnellement et symboliquement, en revanche, le Brexit est acté. Le Royaume-Uni n’est plus membre de l’Union européenne et n’est plus représenté au sein de ses institutions. Concrètement, cela veut dire que les eurodéputés britanniques ont fait leurs adieux au Parlement européen, et que les 27 eurodéputés d’autres Etats membres, élus aux élections européennes en mai dernier mais « gelés » jusqu’à ce qu’ils puissent remplacer les Britanniques, ont pris leurs fonctions le 1er février. Le Royaume-Uni n’est plus représenté non plus au Conseil de l’UE (c’est-à-dire au Conseil des ministres des Etats membres de l’UE). Le drapeau britannique a d’ailleurs été retiré des institutions européennes dans la soirée du 31 janvier. Quant aux citoyens britanniques, ils ont perdu leur droit de vote et d’éligibilité aux élections locales des Etats membres dans lesquels ils résident.
Après, même si le changement n’est « que » symbolique ou institutionnel pour l’instant, reste que l’émotion a été forte. Au Parlement européen, après que l’accord sur la sortie du Royaume-Uni ait été voté à une large majorité le 29 janvier, la quasi-totalité des députés ont entonné le chant Auld Lang Syne. Les eurodéputés britanniques opposés au Brexit arboraient également une écharpe réunissant drapeau britannique et drapeau européen, et ont exprimé leur espoir de retour. Les Ecossais en particulier, ont montré leur émotion. Un discours de l’eurodéputé écossais Alyn Smith, prononcé en mars 2019, a été de nouveau considérablement relayé sur les réseaux sociaux : Alyn Smith appelait l’Europe à « laisser la lumière allumée, afin que nous puissions retrouver le chemin vers notre maison ». A Edimbourg, dans la soirée du 31 janvier, des centaines d’Ecossais se sont rassemblés devant le Parlement d’Holyrood, à grands renforts de drapeaux écossais et européens, pour montrer leur volonté de revenir dans l’UE.
Relance : Rappelons-le, les Ecossais avaient voté majoritairement contre le Brexit, et les velléités indépendantistes semblent plus fortes que jamais. Une Ecosse indépendante pourrait-elle voir le jour et rejoindre l’UE ?
C’est en tout cas ce que souhaite la Première ministre écossaise et leader du Scottish National Party Nicola Sturgeon. Plusieurs éléments vont dans le sens d’une volonté des Ecossais pour l’indépendance. Le SNP est arrivé en tête en Ecosse lors des dernières élections générales au Royaume-Uni. Plusieurs sondages donneraient le vote pour l’indépendance en tête des résultats si un référendum était organisé. Nicola Sturgeon a d’ailleurs demandé formellement à Westminster l’autorisation de la tenue d’un référendum sur l’indépendance de l’Ecosse, et bien que cela lui ait été refusé par Boris Johnson, elle compte bien poursuivre son projet. Avec le feuilleton du Brexit, on a appris à être prudent avec les scénarios, mais celui d’une Ecosse indépendante dans la prochaine décennie n’est pas improbable.
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