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Or


Tu traverses une dépression, et personne ne t’a prévenu que ce serait si discret.Pas de fracas. Pas de grandes larmes hollywoodiennes.Juste une fatigue morale qui s’installe comme un locataire indélogeable, poli, silencieux, et qui te vide le frigo de l’intérieur.
Tu continues à vivre, bien sûr.Tu fais illusion.Tu réponds quand on t’appelle.Tu souris quand il faut sourire — ce geste social, ce réflexe de survie.
Mais en toi, quelque chose a démissionné sans prévenir.Le goût.L’élan.Cette petite arrogance vitale qui fait croire que demain ira forcément mieux.
On te parle de volonté, comme si tu avais simplement égaré la tienne sous un canapé.On te conseille l’air frais, le sport, les pensées claires.On ignore que tu n’es pas triste.Tu es vidé.
La dépression, ce n’est pas la douleur.C’est l’absence de bruit.Le monde continue, mais il ne te concerne plus vraiment.
Et pourtant, tu tiens.Par habitude.Par loyauté envers une vie qui t’a déjà beaucoup demandé.
Un jour, sans miracle ni discours, quelque chose revient.Pas l’innocence — elle est morte depuis longtemps.Mais une lucidité robuste, une forme de dignité calme.
Tu ne redeviens pas celui que tu étais.Tu deviens quelqu’un qui sait.
Et savoir cela —que vivre peut parfois relever de l’obstination héroïque —c’est peut-être déjà une victoire.
#lettrespourceux #depression #traverser
By Fragment du réel - par Minh SonTu traverses une dépression, et personne ne t’a prévenu que ce serait si discret.Pas de fracas. Pas de grandes larmes hollywoodiennes.Juste une fatigue morale qui s’installe comme un locataire indélogeable, poli, silencieux, et qui te vide le frigo de l’intérieur.
Tu continues à vivre, bien sûr.Tu fais illusion.Tu réponds quand on t’appelle.Tu souris quand il faut sourire — ce geste social, ce réflexe de survie.
Mais en toi, quelque chose a démissionné sans prévenir.Le goût.L’élan.Cette petite arrogance vitale qui fait croire que demain ira forcément mieux.
On te parle de volonté, comme si tu avais simplement égaré la tienne sous un canapé.On te conseille l’air frais, le sport, les pensées claires.On ignore que tu n’es pas triste.Tu es vidé.
La dépression, ce n’est pas la douleur.C’est l’absence de bruit.Le monde continue, mais il ne te concerne plus vraiment.
Et pourtant, tu tiens.Par habitude.Par loyauté envers une vie qui t’a déjà beaucoup demandé.
Un jour, sans miracle ni discours, quelque chose revient.Pas l’innocence — elle est morte depuis longtemps.Mais une lucidité robuste, une forme de dignité calme.
Tu ne redeviens pas celui que tu étais.Tu deviens quelqu’un qui sait.
Et savoir cela —que vivre peut parfois relever de l’obstination héroïque —c’est peut-être déjà une victoire.
#lettrespourceux #depression #traverser