Chères oubliées

Chères oubliées

By Guillaume DufresneHistory
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Chères oubliées episodes

  • Anne de Gaulle, tout l'amour du général

    Pour le 46ème portrait des chères oubliées, voici l'histoire d'Anne de Gaulle, tout l'amour du général.
    J'ai découvert l'existence de la troisième enfant d'Yvonne et Charles de Gaulle en allant voir le double biopic consacré à son père, "La bataille de Gaulle". Et même si l'on sait bien peu de choses de la courte vie de cette jeune femme née porteuse de la trisomie 21, j'ai eu envie de vous raconter son histoire.

    Mais ce portrait est aussi l'occasion d'aborder le sort abominable que nous réservons encore aujourd'hui à tant d'enfants en situation de handicap, abandonné·es sans merci aux prédations les plus abjectes.

    Alors qu'un enfant sur dix est victime d'inceste, de viol ou de violences sexuelles, un chiffre très certainement sous-estimé, les enfants en situation de handicap le sont 3 fois plus. Et c'est près de 5 fois plus pour les enfants avec un handicap lié à une maladie mentale ou une déficience intellectuelle.Ces violences ne sont pas le fruit du hasard. Elles sont le résultat d'une stratégie délibérée des agresseurs, qui ciblent en premier lieu les enfants les plus vulnérables. Plus il y a de vulnérabilité, plus il y a de prédation. Voilà pourquoi 80% des violences sexuelles commises sur les enfants se déroulent dans le cadre familial et relèvent de l'inceste. Car c'est au sein de leur famille que les enfants sont le plus vulnérables.Face à l'océan de violences que subissent nos enfants, il faut cesser d'être naïf. A la stratégie de l'agresseur, il est urgent d'opposer une stratégie de détection des violences et de protection des enfants.Nous connaissons très bien l'ampleur du problème, et ce depuis très longtemps. En 2003 déjà, un rapport de l'ONU dénonçait le déni des violences sexuelles faites aux enfants en France. Et nous savons très bien ce qu'il faudrait faire, plus encore depuis le rapport de la CIIVISE et ses 82 recommandations publié en 2023.

    Et pourtant rien ou presque n'est fait ni pour protéger et soigner les victimes, ni pour arrêter les auteurs. Pire, depuis le scandaleux procès d'Outreau de 2005 qui a abouti à l'acquittement de la plupart des accusé·es tout en reconnaissant les enfants victimes, les condamnations pour viol sur mineurs ont chuté massivement: - 40% en 10 ans

    La parole des enfants déjà peu considérée à l'époque est plus encore piétinée aujourd'hui

    Pire, les puissants de ce monde se font le relais des agresseurs. C'est Emmanuel Macron défendant Nicolas Hulot, Gérard Depardieu, Gérald Darmanin ou Damien Abbad, Brigitte Macron traitant les féministes de sales connes, le RN soutenant Patrick Bruel, pourtant accusé par plus de 30 femmes.

    C'est la justice détruisant minutieusement ces mères protectrices qui ont le courage de dénoncer l'inceste commis par leur compagnon ou ex compagnon, et livrant les enfants à leurs bourreaux, comme le raconte Romane Brisard dans son livre "Inceste d'Etat"

    C'est le gouvernement qui, alors que les associations féministes et enfantistes demandent pour accompagner la loi intégrale contre les violences faites aux femmes et aux enfants 3 dérisoires milliards d'euros (pour un ordre de grandeur, l'évasion fiscale nous coûte chaque année 100 milliards d'euros), préfère recycler 1,5 milliards d'euros de crédits déjà prévus

    Tout cela ne changera que si nous nous mobilisons, aujourd'hui et demain. Que nous cessons de détourner le regard et de nous contenter de belles paroles en l'air. 

    Car si les masculinistes ont réussi à imposer leur récit et leur idéologie sur les enfants menteurs et les femmes manipulatrices, qu'avons nous fait pour les en empêcher ?

    Ecoutez le podcast de Charlotte Pudlowski "Ou peut-être une nuit", celui de Joanna Smith "Protéger son enfants des violences sexuelles", ou l'épisode des couilles sur la table consacré aux enfants incesteurs

    Lisez les livres de Cécile Cée, de Dorothée Dussy, d'Iris Brey et Juliette Drouar, d'Eva Thomas, de Muriel Salmona, de Romane Brisard

    Et surtout, ne restez pas silencieux·se!

    12 min
  • Zénobie, la presque impératrice de Rome

    Bonjour à toutes et à tous,
    Vous avez aimé le portrait de Wu Zetian, la femme empereur?

    Alors vous devriez adorer le 45ème portrait des chères oubliées, dédié à Zénobie, la presque impératrice de Rome.

    L'histoire, parfois, se joue à bien peu de choses. Il s'en est fallu d'un cheveu pour que notre héroïne du jour n'installe son royal séant sur le trône d'un des plus puissants empires de tous les temps. Avouez qu'une femme impératrice de Rome, cela aurait eu de l'allure!

    Tant pis pour cette fois, mais ne soyez pas trop triste pour notre chère Zénobie. Malgré une fin un peu tristoune, elle eut une vie passionnante et mérite toute sa place au Panthéon des grandes femmes d'Etat!

    Ave Zénobie, celles et ceux qui vont écrire te saluent!

    Prenez soin de vous et surtout des autres

    6 min
  • Wu Zetian, la femme empereur

    Pour le 44ème portrait des chères oubliées, voici l'histoire de Wu Zetian, la femme empereur
    Elle fait partie des nombreuses femmes d'exception que j'ai découvertes grâce à la BD Culottées de Pénélope Bagieu, une de mes deux bibles avec Les grandes oubliées de Titiou Lecoq.


    En matière de badass ma chère Brunehaut avait mis la barre très haut. Mais face à la vie de celle qui fut la seule impératrice régnante en 5000 ans d'histoire de Chine, l'honnêteté m'oblige à vous dire que je ne suis pas socialiste. Ha non pardon rien à voir, l'honnêteté m'oblige à vous dire que notre reine franque est battue.


    Comme à peu près toutes les grandes femmes d'Etat qu'ils n'ont pas réussi à effacer, les chroniqueurs ont considérablement noirci le portrait de Wu Zetian. D'autres comme Catherine de Médicis ou Catherine de Russie ont connu le même sort.


    Pourtant si Wu Zetian a tout fait pour obtenir et conserver le pouvoir, usant parfois d'une grande violence, elle ne s'est guère comportée différemment des empereurs, rois et autres chefs d'Etat masculins.


    Mais la violence des femmes est souvent associée à une dénaturalisation (si elle a fait usage de la violence sans être manipulée par un homme, elle ne peut pas vraiment être une femme), qui permet à son tour d'induire une idée de déshumanisation (elle devient un monstre)


    Wu Zetian n'a pas échappé à la règle, il n'est qu'à voir cet essayiste chinois qui la classe parmi les plus grands meurtriers de l’histoire, juste derrière Staline, Mao Zedong et Gengis Khan ! C'est ballot, le podium était tout proche!


    Arrêtons-nous un instant sur le titre du portrait. N'y voyez pas de ma part une volonté de ne pas féminiser la fonction de Wu Zetian, vous savez depuis le bonus consacré au micro féminisme que je fais partie des ferventes partisanes du langage inclusif (accord de majorité). Mais c'est bien Wu elle-même qui, lorsqu'elle se fit sacrer et fonda sa propre dynastie en 670, décida de choisir ce titre masculin. 


    Et quand vous aurez terminé la lecture de son portrait, vous comprendrez comme moi qu'on ne contrarie pas Wu Zetian, sauf à vouloir passer un très mauvais quart d'heure


    Prenez soin de vous et surtout des autres!

    12 min
  • Teresa Wilms Montt, la poétesse libre malgré tout

    Parmi les nombreux livres que j'ai lus depuis le début de mon travail sur le projet des chères oubliées, il en est un que j'ai aimé tout particulièrement. Il s'agit de l'ouvrage de Camille Paix, Mère Lachaise: 100 portraits pour déterrer le matrimoine funéraire.


    D'abord parce que le livre est très beau, et qu'il y a quelque chose d'extrêmement poétique à déambuler dans les allées du cimetière du Père Lachaise, plan fourni par l'autrice à la main, à la recherche des tombes des femmes dont elle raconte la vie.


    Mais aussi parce que Camille Paix a fait le choix de ne pas mettre en lumière que des noms illustres, mais aussi des femmes complètement oubliées. Je suis ressorti de cette lecture avec la conviction qu'il n'était nul besoin qu'une héroïne ait accompli des choses exceptionnelles pour que son histoire soit belle et mérite d'être racontée.


    C'est à l'une de ces femmes reposant au Père Lachaise qu'est adressée la lettre d'aujourd'hui. Pour le 43ème portrait des chères oubliées, voici l'histoire de Teresa Wilms Montt, la poétesse libre malgré tout.
    C'est un texte que j'ai écrit il y a plus d'un an et demi maintenant, mais la vie de cette poétesse chilienne morte à 28 ans du chagrin d'avoir été privée de ses deux petites filles n'a jamais cessé de me bouleverser.


    Car cette vie dit beaucoup du combat sans relâche mené par les femmes depuis des siècles pour obtenir ce droit pourtant tout simple de vivre libres. Un combat qui reste malheureusement aujourd'hui encore, d'une brûlante actualité.


    Prenez soin de vous et surtout des autres!

    9 min
  • Susana Chavez, Israa Gharib, Myriam Largeteau, Rebecca Cheptegei. Leur mort, notre combat

    J'écoute très souvent la chanson de Suzane "Je t'accuse"

    D'abord parce qu'elle est d'une puissance à nulle autre pareille

    Mais surtout parce qu'elle agit comme une piqûre de rappel

    "Tu vas rien faire toi", chante-t-elle

    Alors qu'est-ce que je fais moi, en tant qu'homme, pour lutter contre l'océan de violences, très majoritairement masculines, faites aux femmes et aux enfants?

    Cette violence masculine est mon héritage, que cela me plaise ou non. 

    Je suis un homme dans une société où pendant des siècles, les hommes ont brûlé des centaines de milliers de femmes comme sorcières.

    Où ils les ont enfermées dans des couvents puis dans des asiles, alors qu'elles n'étaient souvent pas plus folles que vous et moi.

    Où ils les ont lobotomisées par dizaines de milliers.

    Où ils les ont privées et les privent parfois encore de droits aussi basiques que ceux de voter, de disposer de leur corps, de gérer leur propre argent. Des droits régulièrement remis en question, car pour les femmes rien n'est définitivement acquis.

    Je suis un homme dans un pays où tous les deux jours et demi, un homme tue une femme, le plus souvent la sienne, pour la simple raison qu'elle est une femme.

    Un pays où toutes les deux minutes trente, un homme viole une femme ou cherche à le faire. Presque toujours une femme qui le connaît.

    Un pays où dès qu'une femme s'exprime sur les réseaux sociaux, des hommes l'attaquent sur son physique, l'insultent, la menacent de viol ou de mort, la cyberharcèlent

    Je suis un homme dans une société qui n'a de cesse d'ériger la violence masculine en modèle, et qui se refuse à interroger le caractère systémique des violences masculines faites aux femmes et aux enfants. Notre culture du viol, notre culture de l'inceste.

    Et lorsque les féministes prennent le temps de nous expliquer tout cela, nous disons qu'elles exagèrent, nous leur conseillons de passer à autre chose, nous les traitons d'hystériques.

    Je ne suis pas responsable de tout cela, mais il m'appartient de décider ce que je fais de cet héritage.

    Alors je travaille sur ma propre part de violence, pour en protéger celles et ceux qui me sont les plus chères.

    Alors partout où cette violence frappe, je me refuse à garder les yeux, les oreilles et la bouche fermées à double tour, comme nous le faisons tous trop souvent.

    Comme si cela ne nous concernait pas.Alors je me promets de me souvenir d'au moins une infime partie de celles que cette violence a détruites

    Pour le 42ème portrait des chères oubliées, voici les portraits croisés de 4 femmes victimes de féminicide: une Mexicaine, une Palestinienne, une Française assassinée à deux pas de chez moi, et une Ougandaise.

    Voici l'histoire de Susana Chavez, Israa Gharib, Myriam Largeteau, Rebecca Cheptegei. Leur mort, notre combat
    A nous toutes et tous réunies, il nous est possible de nous souvenir de milliers de ces victimes de la violence masculine

    Alors s'il vous plaît, du fond du cœur, ne les oubliez pas.

    Car oublier ces femmes reviendrait à les laisser mourir une deuxième fois.

    Prenez soin de vous et surtout des autres

     Guillaume 

    15 min
  • Samia Yusuf Omar, la course ou la vie

    "On ne laisse pas mourir un enfant que l'on pourrait sauver"

    Cette phrase devrait bien sûr être étendue à n'importe quel être humain. 

    Mais commençons par les enfants.On devrait toutes et tous se rassembler autour de cette phrase non?Et pourtant...

    Pourtant sur les 40 000 exilé·es mort·es en Méditerranée depuis 2014, un chiffre largement sous-estimé, beaucoup d'entre elles et eux étaient des enfants.

    Tous ces enfants, nous les avons laissé mourir, alors qu'il nous aurait été facile de les sauver. C'est même pire, nous avons organisé leur mort.

    En laissant nos gouvernements mettre fin aux secours en mer alors qu'ils en ont l'obligation légale.

    En sous-traitant la gestion des frontières à des trafiquants d'êtres humains financés par nos impôts.

    En imposant des règles absurdes voire en criminalisant les associations de sauvetage en mer comme SOS Méditerranée, qui font tout ce qu'elles peuvent pour sauver notre honneur, parfois au péril de leur vie.

    Et tout cela pour satisfaire nos fantasmes xénophobes sur la "crise migratoire". Il n'y a pas de crise migratoire, il n'y a qu'une crise d'humanité.Deux exemples récents parmi beaucoup d'autres:
    - le 17 juin les député·es européen·nes ont voté un "règlement retour" permettant notamment de renvoyer dans l'enfer des camps de torture libyens les survivant·es qui ont échappé à cet enfer. Si vous pensez que j'exagère, regardez cette interview de Cécile Allegra, infatigable témoin sur le sujet, notamment avec ses documentaires "Voyage en barbarie" et "Le chant des vivants"
    - le mardi 23 juin, des membres de la Commission Européenne, accompagnés de représentants de 15 pays, ont déroulé le tapis rouge à des membres des talibans afghans, une organisation terroriste faut-il le rappeler. Pourquoi? Pour discuter de l'expulsion des réfugié·es afghan·es. Rappelez-vous en la prochaine fois que les mêmes viendront verser des larmes de crocodile sur le sort des femmes afghanes!

    Celle dont je vais vous parler aujourd'hui avait quitté les rivages de l'enfance, mais elle avait à peine 21 ans quand elle est morte noyée au large de l'île italienne de Lampedusa. Morte d'avoir voulu vivre son rêve.

    Pour le 41ème portrait des chères oubliées, voici l'histoire de Samia Yusuf, Omar, la course ou la vie.

    4 ans avant sa mort, elle était devenue la femme la plus rapide de Somalie et avait représenté son pays dans l'épreuve du 200 m des Jeux Olympiques de Pékin, à l'été 2008.

    Cette histoire m'a profondément bouleversé, et j'espère que le récit que j'en fais ici sera à la hauteur du courage de cette femme, comme de celui de toutes celles et ceux qui prennent la route de l'exil, en quête d'une vie meilleure.

    Prenez soin de vous et surtout des autres

    Guillaume

    12 min
  • Rachel Carson, la voix de la nature

    Bonjour à toutes et à tous,


    Pour le 40ème portrait des chères oubliées, voici l'histoire de Rachel Carson, la voix de la nature. Figure majeure de l'écologie politique, elle est notamment connue pour son livre Printemps silencieux qui démontre les ravages des pesticides sur la biodiversité et la santé humaine.

    Le hasard de l'ordre de publication fait parfois bien les choses. Car il y a à peine quelques jours, dans la nuit du 29 au 30 juin, le Sénat a voté la loi d'urgence agricole, réintroduisant au passage l'autorisation de l'acétamipride, tant pis pour les 2 millions de personnes qui avaient signé la pétition contre la loi Duplomb.

    Nous serons d'accord sur au moins un point, il y a urgence à réformer en profondeur notre système agricole

    - Effondrement du nombre de fermes, passé de plus d'un millions à la fin des années 80 à moins de 350 000 aujourd'hui, une chute qui se poursuit , avec un âge moyen des agriculteurices de 57 ans


    - Empoisonnement généralisé aux pesticides. Les enfants sont particulièrement touchés, avec la multiplication des clusters de cancers pédiatriques et l'augmentation des maladies chroniques, dont souffrent aujourd'hui 15% des enfants et adolescents en France (3 millions de jeunes)
    - Prix trop bas imposés par la grande distribution et les coopératives agricoles pour permettre aux agriculteurices de dégager un revenu décent malgré des semaines de travail harassantes. Alors que l'image de la profession ne cesse de se dégrader, comment s'étonner que 2 d'entre elles et eux en moyenne se suicident chaque jour?

    - Conséquences déjà désastreuses du réchauffement climatique sur les récoltes et les élevages, alors que les épisodes caniculaires sont amenés à devenir de plus en plus fréquents et intenses à l'avenir. Et là-dessus n'en déplaise à certains, la clim ne pourra rien y faire...
    C'est un système à bout de souffle, qui ne tient qu'en broyant les femmes et hommes et en saccageant la terre et la nature

    Face à ce constat, on pourrait s'attendre à ce qu'une loi d'urgence agricole s'attaque à ces sujets. Que nenni!En revanche, le texte voté au Sénat comprend un certain nombre de reculs écologiques et démocratiques majeurs:

    - Moins de démocratie dans la gestion de l'eau pour faciliter l'installation de méga bassines. Des bassines qui permettent de détourner une ressource vitale pour toutes et tous au profit de quelques-uns, puisque seuls 6% des agriculteurices irriguent leurs cultures
    - Diminuer la protection des captages d'eau potable, alors que 20% de ces derniers ont été perdu ces dernières années du fait d'une pollution trop élevée, et que l'état général de nos rivières est très inquiétant
    - Faciliter la destruction des zones humides, alors que ces dernières permettent de retenir l'eau naturellement, de réguler son cycle et de maintenir la fraîcheur par exemple en cas de canicule
    - Faciliter encore plus l'industrialisation de l'élevage, au mépris des ravages causés par cette dernière sur la santé humaine et la nature. Sans parler de la souffrance des animaux dont des millions sont morts lors de la dernière canicule
    - Et donc réintroduction de l'acétamipride et du flupyradifurone, insecticides néonicotinoïdes, une mesure déjà prévue dans la loi Duplomb et qui avait été censurée par le Conseil d'Etat.  


    Rachel Carson est morte il y a 62 ans, et si vous lisez Printemps Silencieux, ce que je vous recommande vivement, vous verrez qu'elle avait tout compris.
    Qu'on ne s'y trompe pas une seule seconde. Les marchands de mort savaient très bien ce qu'ils faisaient à l'époque, et ils le savent tout aussi bien aujourd'hui.

    La question qui se pose est de savoir si nous saurons les empêcher de détruire chaque jour un peu plus les conditions de vie sur cette planète.

    Tout en redonnant ses lettres de noblesse au métier d'agriculteurice, ces femmes et ces hommes qui travaillent chaque jour d'arrache pied pour que nous puissions nous nourrir

    15 min
  • Phulan Devi, la reine des bandits

    Bonjour à toutes et à tous,Pour le 38ème portrait des chères oubliées, voici l'histoire de Phulan Devi, la reine des bandits.

    C'est un portrait qui comporte des scènes très dures, si les sujets du viol et des violences sexuelles sont activants pour vous, prenez d'abord soin de vous et sentez-vous libre d'arrêter ici votre lecture.

    J'ai écrit ce texte il y a bientôt deux ans. De mémoire c'était le troisième, après ceux d'Alice Guy, l'inventrice du cinéma et de Ching Shih, la plus grande pirate de tous les temps. Je suis ému de retrouver ce texte et de vous le partager, au vu de tout le chemin parcouru depuis.

    Phulan Devi fait partie de ces nombreuses oubliées que j'ai découvertes grâce à la formidable BD de Pénélope Bagieu "Culottées". Un ouvrage majuscule, sans doute ma principale référence avec le livre de Titiou Lecoq "Les grandes oubliées". Chose amusante, je me suis d'ailleurs rendu compte en travaillant à la page consacrée aux anniversaires des oubliées que Titiou Lecoq et Pénélope Bagieu étaient jumelles astrales, nées toutes les deux un 22 janvier.

     L'histoire de Phulan Devi est la seule de celles racontées par Pénélope Bagieu que je n'ai pas pu lire avec ma fille. Je sais que je devrai un jour parler avec elle du viol et des violences sexuelles, bien plus tôt que ce que j'aimerais. D'abord et avant tout pour la protéger, dans une société où l'impunité est encore la règle pour les pédocriminels. Mais pas encore...

    Malgré les horreurs qu'elle a subies, c'est une histoire fascinante que celle de Phulan Devi: la vie de hors la loi, l'amour, la vengeance sanglante à la manière de l'héroïne de Kill Bill, la rédemption, la fin tragique. Pour le meilleur et pour le pire, il arrive souvent que la vie dépasse la fiction.

    Bonne écoute, prenez soin de vous et surtout des autres

    10 min
  • Marie Marvingt, la fiancée du danger

    Pour le 37ème portrait des chères oubliées, voici l'histoire de Marie Marvingt, la fiancée du danger.


    Un portrait rédigé et lu par Gwendoline Maziere, son deuxième après celui de Gwendolyn Brooks, la poétesse aux 1000 couleurs


    Merci et bravo à elle!

    11 min
  • Angela Rostas, pas de minute de silence pour toi

    Bonjour à toutes et à tous,


    Pour le 36ème portrait des chères oubliées, voici l'histoire d'Angela Rostas, pas de minute de silence pour toi.


    Vous n'avez peut-être jamais entendu parler d'elle.


    Son nom, son histoire et son sourire éblouissant me seraient aussi restés totalement inconnus sans la mort du militant néo-nazi Quentin Deranque le 14 février dernier, lors d'une rixe à Lyon avec des militants antifascistes.


    Après la honteuse minute de silence que lui a offert l'Assemblée Nationale, alors que son activisme néo-fasciste était déjà connu, ont fleuri sur les réseaux les visages de celles et ceux qui, tué·es par des militants d'extrême droite, n'avaient pas eu le droit à cet honneur. Dont celui d'Angela Rostas, mère de famille Rom de 40 ans, victime d'un assassinat raciste alors qu'elle était enceinte de 7 mois.


    Il existe très peu d'informations sur sa vie, et je remercie du fond du cœur Eric Roset et Coline de Senarclens qui ont connu Angela de son vivant et ont bien voulu corriger la première version de mon texte. Tout comme Saimir Mile de La voix des Rroms pour les paragraphes évoquant l'anti tsiganisme et le génocide tsigane


    Je suis d'ailleurs heureux de pouvoir publier ce portrait cette semaine, à quelques jours de la fête de l'insurrection tsigane qui aura lieu ce samedi 16 mai à partir de 12h30 devant la basilique Saint-Denis, et qui est justement dédiée cette année à la mémoire d'Angela Rostas.


    Cette célébration annuelle commémore la révolte des prisonniers roms à Auschwitz-Birkenau, le 16 mai 1944.


    Il y eut deux révoltes d'ampleur dans le plus tristement célèbre des camps d'extermination nazis.


    Celle des Sonderkommmandos, ces unités de travail composées de prisonniers juifs dans leur très grande majorité, dont le rôle était de trier les affaires des déporté·es massacré·es et de brûler leurs cadavres dans les crématoriums du camp. Une histoire dont je vous reparlerai bientôt, car derrière le courage insensé de ces prisonniers se cache encore une incroyable histoire d'oubliées.


    Et donc celle des prisonnières et prisonniers Roms. Le 15 mai 1944, les 6000 Roms du camp sont averti·es que les Nazis planifient leur extermination. Le 16 mai 1944, plus de 600 prisonnières et prisonniers roms ne se présentent pas à l'appel habituel du matin, mais se barricadent dans leurs baraquements. Elles et Ils s'étaient introduits au préalable dans un entrepôt de matériel pour s'armer de marteaux, de pioches et de pelles, et avaient démonté les parties en bois de leurs couchettes pour fabriquer des armes. Lorsque les SS rentrèrent dans les baraquements, elles et ils cherchèrent à se saisir de leurs mitraillettes.
    Aucun Rom n'est mort dans les chambres à gaz ce jour-là. Craignant une révolte à l'échelle du camp, les nazis transférèrent 3000 Roms vers d'autres camps, ne laissant à Auschwitz que 3000 femmes, enfants, malades et vieillards. Elles et ils seront gazé·es le 2 août 1944, luttant jusqu'à leur dernier souffle contre leur extermination

    La contre-vérité historique qui voudrait que les Juifs et les Juives n'aient pas résisté face à la Shoah l'est tout autant pour les Tsiganes. Aucun peuple n'a jamais accepté son extermination sans lutter de toutes ses forces, malgré l'écrasante supériorité de ceux qui voulaient les détruire.


    N'oublions jamais leur immense courage.


    Et rappelons nous toujours qu'hier comme aujourd'hui, le racisme tue aussi certainement que les balles et les bombes.


    Prenez soin de vous et surtout des autres


    Guillaume

    15 min

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Ce podcast rassemble des lettres écrites à des femmes illustres et injustement méconnues par l'Histoire. Artistes, aventurières, femmes d'Etat, militantes, sportives, résistantes ou scientifiques, je vous invite à découvrir leurs formidables aventures pour les tirer de l'oubli.