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Épisode 1 : Le Miroir de Vaugirard
Paris, 1897. Sous les réverbères au gaz de la rue de Vaugirard, un vent doux charriait des parfums de tabac blond, de croissants tièdes… et d’électricité statique.
Le docteur Émile Varnier, professeur de physique à la Sorbonne, marchait à grands pas, tenant sous son bras une valise en cuivre gravée à l’acide. À l’intérieur : un miroir. Mais pas un miroir ordinaire. Un miroir fabriqué dans une boucle de quartz polymorphe, récupéré lors d’un accident ferroviaire… qui n’avait pas encore eu lieu.
C’est dans son salon tapissé de velours grenat, entouré de fioles lumineuses et de horloges en apnée, qu’il ouvrit enfin la valise. Il déposa le miroir sur un trépied d’onyx et murmura :
— "Montre-moi demain."
Le miroir ne réfléchit pas son visage, mais une silhouette inconnue : une femme aux yeux d’argent, vêtue d’un corset phosphorescent, marchant dans un Paris où les dirigeables flottaient comme des cygnes au-dessus de l’Opéra Garnier. Elle s’arrêta net, regarda le docteur droit dans les yeux, à travers le temps, et articula silencieusement un mot :
— "Fuyez."
Le miroir se brisa aussitôt. À ses pieds, Varnier ne vit que du verre, et son propre reflet — vieilli, abîmé… changé.
Ce soir-là, il nota dans son carnet une seule phrase :
"La science éclaire l’avenir, mais parfois elle l’éblouit."
Le lendemain, le journal annonçait l’ouverture prochaine d’une ligne de métro automatique… sans conducteur. Et dans une ruelle de Vaugirard, on retrouva un fragment de verre noirci, encore tiède.
By XavierÉpisode 1 : Le Miroir de Vaugirard
Paris, 1897. Sous les réverbères au gaz de la rue de Vaugirard, un vent doux charriait des parfums de tabac blond, de croissants tièdes… et d’électricité statique.
Le docteur Émile Varnier, professeur de physique à la Sorbonne, marchait à grands pas, tenant sous son bras une valise en cuivre gravée à l’acide. À l’intérieur : un miroir. Mais pas un miroir ordinaire. Un miroir fabriqué dans une boucle de quartz polymorphe, récupéré lors d’un accident ferroviaire… qui n’avait pas encore eu lieu.
C’est dans son salon tapissé de velours grenat, entouré de fioles lumineuses et de horloges en apnée, qu’il ouvrit enfin la valise. Il déposa le miroir sur un trépied d’onyx et murmura :
— "Montre-moi demain."
Le miroir ne réfléchit pas son visage, mais une silhouette inconnue : une femme aux yeux d’argent, vêtue d’un corset phosphorescent, marchant dans un Paris où les dirigeables flottaient comme des cygnes au-dessus de l’Opéra Garnier. Elle s’arrêta net, regarda le docteur droit dans les yeux, à travers le temps, et articula silencieusement un mot :
— "Fuyez."
Le miroir se brisa aussitôt. À ses pieds, Varnier ne vit que du verre, et son propre reflet — vieilli, abîmé… changé.
Ce soir-là, il nota dans son carnet une seule phrase :
"La science éclaire l’avenir, mais parfois elle l’éblouit."
Le lendemain, le journal annonçait l’ouverture prochaine d’une ligne de métro automatique… sans conducteur. Et dans une ruelle de Vaugirard, on retrouva un fragment de verre noirci, encore tiède.