Les mots, les remèdes

Comment écrivez-vous "porte-clés" au pluriel ?


Listen Later

Mercredi, orthographe : pour que les mots aient de la tenue.

Orthographe, grammaire, conjugaison, correction de l’expression : quelques remarques réunies dans six rubriques, une feuille de route pour vous aider à écrire sans fautes.

Soyez attentif : ces remarques vous seront également utiles si vous souhaitez faire la dictée qui aura lieu demain jeudi.

1. Les homophones grammaticaux

Penchons-nous d’abord sur les homophones grammaticaux, ces mots-outils que l’on emploie sans cesse pour construire correctement les phrases et qui sont sources d’erreurs quand leur prononciation est semblable.

Aujourd’hui, différencions  sans, s’en et c’en.  

S’en et c’en se trouvent toujours à gauche d’un verbe.

A. S’en peut être remplacé par m’en (dans ce cas, mettre le pronom je dans le reste de la phrase).

Par exemple : « Les moufles, par grand froid, il n’oublie jamais de s’en munir.

        →  Les moufles, par grand froid, je n’oublie jamais de m’en munir. »

B. C’en peut être remplacé par cela en.

Par exemple : « C’en est trop / C’en est fait de lui / C’en est fini.

      →  Cela en est trop / Cela en est fait de lui / Cela en est fini. »

C. Sans, qui est une préposition (comme à ou de), s’emploie dans tous les autres cas. Sans se trouve à gauche d’un nom (« sans moufles »), d’un pronom (« sans elle »), d’un verbe à l’infinitif (« sans contester »).

Pour ceux qui souhaiteraient aller plus loin : révisez également les homophones se / ce (épisode 23), ses / ces (épisode 4).

Nous connaissons le plus souvent ces règles, mais nous ne les appliquons pas toujours quand nous écrivons, ce qui est du plus mauvais effet. Cela peut même être source de confusion parfois. Donc, relisons-nous !

2. L’orthographe lexicale

Attention à l’orthographe de la locution jusqu’à ce que.

N’oubliez pas la cédille sous le c du nom glaçon au risque de lire « glakon ».

Lorsque tout est suivi d’un verbe au gérondif (c’est-à-dire un verbe au participe présent se terminant par -ant précédé de la préposition en  : « en chantant, en éternuant, … »), il reste invariable. C’est un adverbe. Un adverbe n’est jamais indispensable dans une phrase : on le rajoute. Dans cette tournure tout en, on pourrait donc l’enlever.

Exemple : « Tout en marchant, il réfléchit » → « En marchant, il réfléchit ».

Réécoutez l’épisode 43 pour réviser l’orthographe des noms féminins se terminant par -té ou -tié.

3. La correction de l’expression

La préposition jusque est surtout employée suivie de la préposition à dans la locution jusqu’à.

Elle garde sa forme entière avec le -e final lorsqu’elle est suivie d’autres prépositions que à ou d’un adverbe : « jusque chez toi, jusque tard ».

Évidemment, si la préposition ou l’adverbe qui suivent commencent par une voyelle, le -e final de jusque est élidé (c’est-à-dire remplacé par une apostrophe) : « jusqu’en février, jusqu’alors, jusqu’ici ».

Il n’y a donc aucune raison de dire « jusque lundi ». On dit « jusqu’à lundi ».

4. Les accords 

Après la locution la plupart, l’accord au pluriel s’applique, que le nom pluriel qui suit la locution la plupart soit exprimé ou pas.

Exemple : « La plupart prenaient le bus / La plupart des voyageurs prenaient le bus ».

Attention à l’accord du verbe avec le sujet lorsqu’un mot pluriel se trouve entre les deux. Dans la phrase « Le professeur les félicitait », ne soyez pas tenté.e de mettre une marque de pluriel à la fin du verbe félicitait sous prétexte que le mot qui précède est le pronom pluriel les. Soyez méthodique : repérez le sujet en posant la question « Qui est-ce qui fait l’action du verbe féliciter ? »→  réponse : le professeur ; donc, félicitait reste au singulier, -ait.

Quand un nom composé, c’est-à-dire formé de deux mots liés par un trait d’union, comporte un verbe suivi d’un nom (un porte-clés, un sèche-cheveux, etc.), le verbe reste toujours invariable. → des porte-clés, des sèche-cheveux, etc.

5. Les terminaisons difficiles

C’est la fameuse terminaison en « é » ou « è » à la fin des verbes qui donne lieu au plus grand nombre de fautes grossières. Malheureusement, elles peuvent pénaliser la personne qui les écrit. Essayons donc de maîtriser cette difficulté.

Dans l’épisode 43, nous avons rappelé que lorsque deux verbes se suivent, le deuxième est à l’infinitif. De la même façon, lorsque le verbe se terminant par le son est précédé d’une préposition (à, de, par, pour, sans, chez, sur, sous, en, …), il se termine par l’infinitif -er.

Exemple : « sans parler, il est interdit de tricher, pour se concentrer, … ».

6. Conjugaison

Pour terminer cet épisode, un rappel sur la conjugaison au plus-que-parfait.

Nous avons révisé la conjugaison à l’imparfait dans l’épisode 43.

Au plus-que-parfait, le verbe est composé d’un auxiliaire, être ou avoir, conjugué à l’imparfait, suivi du participe passé du verbe concerné.

Ex : « Il avait toujours skié, elles avaient toujours pensé que, … ».

Je vous donne rendez-vous demain pour une petite dictée qui vous donnera l’occasion d’appliquer les règles révisées dans cet épisode.

Pour nous suivre :

- le podcast « Les mots, les remèdes » accessible sur votre plateforme d'écoute préférée et auquel vous pouvez vous abonner ;

- le blog Isaghis ;

- les comptes Instagram @les_mots_les_remedes et @isaghisblog.

...more
View all episodesView all episodes
Download on the App Store

Les mots, les remèdesBy Isabelle Brun