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Robert Malley a été conseiller de trois présidents américains — Bill Clinton, Barack Obama et Joe Biden — et a participé aux grandes tentatives diplomatiques visant à résoudre le conflit israélo-palestinien et à encadrer le programme nucléaire iranien. Son constat est sévère : « On ne peut pas dénoncer l'invasion russe de l'Ukraine, mais ne rien dire des exactions commises par Israël à Gaza ».
Élections de mi-mandat aux États-Unis, élections en Israël, guerre contre l’Iran, l’ancien haut responsable américain brosse le portrait d’un monde totalement bouleversé depuis le 7 octobre 2023.
Fils d’un intellectuel juif égyptien nationaliste arabe et pro-palestinien, Robert Malley a grandi dans un univers marqué par les mouvements anticolonialistes et les luttes de libération. Il rencontre Yasser Arafat alors qu’il est adolescent, il étudie avec le futur secrétaire d’État, Anthony Blinken à Paris et à la faculté de droit avec Barack Obama !
Avec son coauteur Hussein Agha, Robert Malley remet également en question les fondements de plusieurs décennies de négociations israélo-palestiniennes. Selon lui, la solution à deux États, longtemps présentée comme l’unique issue possible, est devenue une promesse déconnectée de la réalité de l’occupation et de la colonisation. « Sortons de cette paresse intellectuelle et politique qui consiste à dire “on connaît la solution.” Non, on ne la connaît pas. Si on la connaissait, on y serait parvenu. »
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Nicolas Dubé évolue depuis plus de vingt ans dans les coulisses de la révolution informatique. Ingénieur de formation, il a commencé à travailler sur l’intelligence artificielle au début des années 2000, avant de consacrer sa carrière à la conception de superordinateurs parmi les plus puissants de la planète. Aujourd’hui vice-président chez Intel, il raconte dans cet épisode un parcours qui l’a mené des laboratoires de l’Université Laval jusqu’au laboratoire mythique d’ Oak Ridge, aux États-Unis, où il a participé à la mise au point de Frontier, le premier superordinateur à franchir la barre de l’exascale. « Un milliard de milliards de calculs par seconde », explique-t-il pour donner la mesure de cette puissance.
Cette course à la puissance de calcul est aussi devenue une course géopolitique. Nicolas Dubé revient sur la rivalité technologique entre les États-Unis et la Chine, sur les puces devenues un enjeu de souveraineté et sur le rôle stratégique des centres de données. Il raconte notamment les dessous parfois rocambolesques de la mise en service de Frontier, jusqu’à la découverte d’algues dans son système de refroidissement — un problème qui a failli mettre en péril l’un des ordinateurs les plus coûteux jamais construits. Pour lui, l’enjeu dépasse largement la performance informatique : « To outcompete, you need to outcompute » — pour être plus compétitif, il faut être capable de faire davantage de calcul.
Mais au-delà de la compétition entre puissances, cette puissance de calcul pourrait transformer notre capacité à comprendre et à agir sur le monde. Modélisation climatique, prévision des phénomènes météorologiques, jumeaux numériques, fusion nucléaire : l’intelligence artificielle et le supercalcul pourraient accélérer des découvertes encore difficiles à imaginer. Nicolas Dubé se montre également résolument optimiste face aux craintes entourant l’IA. « À la base, les AI, c’est pas maléfique, mais pas bienveillant non plus », dit-il, rappelant que les objectifs donnés aux systèmes sont ultimement définis par des humains. Dans cet épisode, il nous plonge ainsi au cœur d’une révolution technologique où se croisent science, énergie, sécurité nationale et rapports de force géopolitiques.
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À quelques semaines de l’élection québécoise, Charles Milliard vient défendre sa vision et son projet pour le Québec. Le chef du Parti libéral du Québec aborde de front les grands enjeux qui marquent la campagne : logement, immigration, construction, langue française et relations avec le reste du Canada. Il confirme son ambition de construire 100 000 logements supplémentaires par année et plaide pour un changement de culture dans la manière de bâtir au Québec : « Il faut arrêter d’acheter cheap au Québec parce que quand on achète cheap, il faut réparer dix ans plus tard. »
Sur la question de l’immigration, Charles Milliard appelle à davantage de nuance dans un débat qu’il juge particulièrement sensible. S’il reconnaît les limites de la capacité d’accueil du Québec et la nécessité d’une meilleure répartition des demandeurs d’asile au Canada, il refuse d’en faire l’explication de tous les problèmes. « Le message, c’est que les immigrants, c’est la source de tous nos problèmes », dit-il en évoquant certains discours politiques, avant d’ajouter : « Le ton est important. Je crois au ton en politique. »
Un échange qui mène aussi à la situation des Haïtiens détenteurs d’un statut temporaire aux États-Unis et à la capacité du Québec à leur ouvrir ses portes.
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À quelques jours du déclenchement de la campagne électorale québécoise, Ruba Ghazal avance avec une ambition assumée : « Moi, je travaille pour devenir première ministre. C’est ce que je veux faire. C’est à ça que j’aspire. » La co-porte-parole de Québec solidaire, qui publie également Les gens du pays viennent aussi d’ailleurs, revient dans cet épisode sur un parcours personnel marqué notamment par le désir d’avoir des enfants et le deuil de ne pas en avoir eu.
Économie, fiscalité, services publics, éducation, logement, immigration : la députée défend une conception de l’État qui ne s’oppose pas au marché, mais refuse de lui abandonner les commandes. À rebours de plusieurs clichés, elle refuse de faire de l’argent le mal absolu. Et contrairement à la campagne de 2022, la gauche solidaire tend aujourd’hui la main aux Québécois dont le patrimoine est inférieur à 25 millions de dollars. Pas question de tondre ces électeurs qui forment peut-être la nouvelle classe moyenne !
Sur l’immigration, elle plaide pour une politique d’intégration résolument francophone et refuse de faire reposer sur les femmes le devoir « d’avoir des trâlées d’enfants » pour soutenir la démographie. Face à la menace d’expulsion de milliers d’Haïtiens des États-Unis, elle affirme sans détour que le Québec a la responsabilité morale d’en accueillir s’ils se présentent à la frontière.
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Éric Duhaime aborde cette nouvelle campagne électorale sous un jour inédit. Plus assuré qu'en 2022, où il admet avoir été « un chef débutant », le leader conservateur se montre prêt, aguerri... et lucide. Malgré la confiance retrouvée qu'il affiche, il le reconnaît d'emblée : il ne sera pas le prochain premier ministre du Québec.
Ce renoncement au pouvoir suprême ne l'empêche pas de vouloir secouer le paysage politique. Derrière le chef résolu qui prône « Oser pour vrai », la réduction de l'État et un marché libéré, se dévoile un homme profondément marqué. Son passage en Irak, qui lui laisse encore aujourd'hui un choc post-traumatique et des insomnies tenaces, éclaire d'une lumière intime ses réflexions sur la vulnérabilité et la résilience.
De sa charge contre le bilan de la CAQ et le « fédéralisme toxique » d'Ottawa à sa lecture des tensions dans l'Ouest canadien, Éric Duhaime fait sauter la langue de bois. Un entretien sans filtre avec un chef qui a appris de ses erreurs et choisit de jouer cartes sur table.
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À l’heure où la guerre entre Israël, les États-Unis et l’Iran bouleverse une nouvelle fois l’équilibre du Moyen-Orient, Charles Enderlin livre une analyse sans concession des choix stratégiques de l'État hébreu et de leurs conséquences. Ancien correspondant de France 2 à Jérusalem pendant plus de trente ans, fin observateur du conflit israélo-palestinien, il revient sur les erreurs de Benjamin Netanyahu, le traumatisme du 7 octobre et l'enlisement d'une région où, selon lui, les logiques idéologiques l'emportent désormais sur toute perspective politique. « La coexistence existe dans la vie quotidienne. Le problème, c'est la coexistence politique. »
Dans cet entretien, Charles Enderlin démonte les mécanismes qui, selon lui, ont conduit Israël à la catastrophe. Il décrit un gouvernement qu'il juge prisonnier d'une vision messianique, explique pourquoi le Hamas a été sous-estimé pendant des années et affirme que la réponse militaire ne pourra jamais, à elle seule, résoudre le conflit. « On ne combat pas le fondamentalisme en tapant dessus. Ça se combat par la politique et par la diplomatie. » Il revient également sur les accusations de crimes de guerre à Gaza, les dérives de la colonisation en Cisjordanie et la profonde crise démocratique que traverse aujourd'hui la société israélienne.
Au fil de cette conversation, l'ancien journaliste évoque aussi les fractures internes d'Israël, la montée des extrémismes religieux, les pressions exercées contre les voix critiques et les inquiétudes d'une partie de la population face à l'avenir du pays. Sans céder aux simplifications, Charles Enderlin dresse le portrait d'un Israël profondément transformé et lance un avertissement : « On a cru qu'on avait la grippe. En fait, on avait le cancer. »
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À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, Nicolas Dupont-Aignan défend une vision radicalement souverainiste de l’avenir. De l’Union européenne à la guerre en Ukraine, en passant par la dette publique, la liberté d’expression et les institutions démocratiques, l’ancien député d’Essonne dresse le constat d’un pays qu’il juge en déclin et plaide pour une rupture profonde avec ce qu’il appelle le « système » politique actuel. « La France est devenue un protectorat de l’Union européenne, des États-Unis, de la Chine et de l’Allemagne », affirme-t-il, tandis qu’il appelle les Français à « reprendre leur liberté individuellement et collectivement ».
Le candidat de Debout la France revient longuement sur la guerre en Ukraine, sujet sur lequel il assume une position très minoritaire dans le paysage politique français. Convaincu que l’Europe s’est engagée dans une impasse stratégique, il dénonce ce qu’il considère comme une instrumentalisation du conflit et plaide pour un rapprochement futur entre l’Europe et la Russie. « Le vrai danger aujourd’hui pour l’Occident, c’est la Chine, ce n’est pas la Russie », soutient-il, tout en accusant les dirigeants européens d’avoir « sauté à pieds joints dans un piège géopolitique ». Une analyse qui s’inscrit dans sa critique plus large de la mondialisation, de l’OTAN et du fonctionnement des institutions européennes.
Défenseur d’un Frexit assumé, partisan du référendum d’initiative citoyenne et favorable à un débat national sur la peine de mort, il affirme vouloir replacer la souveraineté populaire au cœur de la vie publique. Derrière les controverses, Nicolas Dupont-Aignan dit vouloir préparer le pays aux grands défis du XXIe siècle : intelligence artificielle, révolution numérique, réindustrialisation et crise démocratique.
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À l’heure où le retour des rapports de force entre grandes puissances remet la dissuasion nucléaire au cœur de l’actualité, Contact vous entraîne dans un univers aussi secret que stratégique : celui des sous-marins nucléaires. Ancien commandant du Saphir et du Triomphant, le vice-amiral d’escadre Didier Maleterre ouvre les écoutilles d’un monde où l’on disparaît pendant des semaines sous les océans, sans nouvelles de ses proches, avec pour mission ultime de garantir la paix par la menace de la riposte. « Lorsqu’on ferme le sas et qu’on plonge, on se coupe délibérément du monde », raconte-t-il, décrivant une aventure humaine autant qu’un défi technologique.
Au fil de cet entretien, Didier Maleterre décrypte aussi la profonde transformation des conflits contemporains. Guerre en Ukraine, tensions avec l’Iran, rivalité entre les États-Unis et la Chine, explosion des drones et de l’intelligence artificielle : selon lui, les armées occidentales sont confrontées à une nouvelle réalité stratégique. « On est dans un monde darwinien où il y a des prédateurs et des herbivores. Soit vous vous adaptez, soit vous disparaissez », résume-t-il. Un regard sans détour sur une époque où le nucléaire, que beaucoup croyaient relégué à la Guerre froide, redevient un élément central des équilibres internationaux.
Mais derrière les doctrines militaires et les considérations géopolitiques se cache une question plus intime : comment vit-on avec la responsabilité potentielle de l’arme absolue? De la vie quotidienne à bord d’un sous-marin aux procédures qui encadrent un éventuel ordre de tir, l’ancien commandant raconte la discipline, le doute et le sens du devoir qui animent les équipages. « Si on est obligé de mettre en œuvre l’arme nucléaire, c’est qu’on n’a pas dissuadé. C’est un échec ».
Une plongée rare dans les coulisses de la dissuasion française, où la technologie, le facteur humain et la politique se rejoignent dans une même quête : empêcher que l’impensable ne se produise.
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Nous recevons Frédéric Martel à l’occasion de la parution de son livre Occidents. Après plusieurs années d’enquête et plus d’une centaine de voyages à travers le monde, il dresse une cartographie inquiétante des forces politiques, idéologiques et médiatiques qui contestent le modèle démocratique occidental. De Vladimir Poutine à Xi Jinping, en passant par les réseaux proches du Hamas, du Hezbollah ou encore de Donald Trump, Frédéric Martel raconte une « bataille mondiale des idées » où se croisent propagande, récits identitaires et guerre culturelle. « Derrière le mot Occident, il y a le mot démocratie », affirme-t-il.
Au fil de l’entretien, l’auteur revient aussi sur sa méthode d’enquête, qui l’a conduit aussi bien dans les cercles intellectuels russes qu’auprès de figures de la droite radicale américaine. Une immersion totale qui donne au livre des allures de reportage géopolitique sous haute tension. « Ces gens-là veulent nous détruire et je pense qu’on sous-estime la menace », lance-t-il, en évoquant les stratégies d’influence menées contre les démocraties libérales. Frédéric Martel défend l’idée que la guerre contemporaine se joue désormais autant dans les récits que sur les terrains militaires : « Le contrôle du narratif est aujourd’hui l’enjeu fondamental. »
Mais l’échange dépasse rapidement la seule géopolitique. Il est aussi question des limites de nos démocraties, de la montée des populismes, du rôle des réseaux sociaux et de la fragilité de l’État de droit face aux tentations autoritaires. À travers des débats nourris sur Marine Le Pen, Viktor Orbán ou encore les « techno bros » de la Silicon Valley, Frédéric Martel plaide pour une défense assumée des valeurs démocratiques. « On ne peut pas être en désaccord sur l’État de droit », insiste-t-il dans une conversation dense, passionnée et profondément politique.
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À l’heure où les tensions autour de l’Iran atteignent un nouveau sommet, le diplomate français Jacques Audibert nous ouvre les coulisses des négociations nucléaires menées pendant plus de cinq ans avec Téhéran. Ancien directeur des affaires politiques au Quai d’Orsay et acteur central du fameux accord de Vienne, il raconte de l’intérieur la mécanique complexe des discussions avec le régime iranien, les rapports de force entre grandes puissances et les fragilités d’un équilibre aujourd’hui en miettes. « Quand vous négociez avec les Iraniens, vous n’avez jamais un interlocuteur, vous avez toutes les factions du régime autour de la table. », explique-t-il.
Dans cet entretien dense, Jacques Audibert déconstruit plusieurs idées reçues sur l’Iran et sur l’échec de la stratégie occidentale depuis le retrait américain du JCPOA. Il revient notamment sur les tensions entre alliés occidentaux, le rôle souvent méconnu de la diplomatie patiente et les erreurs stratégiques qui, selon lui, ont aggravé la situation actuelle. « L’utilisation de la force n’a conduit nulle part. », tranche-t-il.
Audibert livre aussi une réflexion plus large sur la diplomatie contemporaine, les limites du rapport de force et les risques d’une escalade incontrôlée au Moyen-Orient. Entre anecdotes inédites sur les négociations secrètes, analyse du rôle de Donald Trump et regard inquiet sur le sort du peuple iranien, cet épisode de Contact propose une plongée rare dans les arcanes du pouvoir international. « Les diplomates sont les derniers à se parler avant la guerre et les premiers à se reparler après. ».
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Stéphan Bureau mène de longs entretiens avec des invités qui pensent, créent ou façonnent notre monde. Dans l’air du temps sans être dans l’actualité brûlante, Contact se veut une tribune plurielle…
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