Né à Toulouse en 1961, on ne présente plus vraiment Werber : plus de douze millions de livres vendus dans une trentaine de langue depuis 1993, peu ou prou un roman par an et, tout comme Star Wars, il est un peu à part à mes yeux dans la grande famille de la science fiction.
Schématiquement la SF, c'est quoi ? Extrapoler des concepts à partir de théories scientifiques et construire autour une fiction qui porte une réflexion sur notre présent.
Le point fort de Werber selon moi c'est ça : la pertinence de ses reflexions, portées par une écriture efficace, un symbolisme récurrent, des personnages relativement interchangeables.
Personnages qui vivent régulièrement des effondrements, comme dans Demain les chats ou Troisième humanité, des pandémies, des confinements, et s'en sortent bien souvent par la solidarité et l'ouverture d'esprit, comme dans Les Fourmis ou Le miroir de Cassandre. Ils progressent par l'audace et l'échange, comme dans Les Thanatonautes, auxquels il faut ajouter la tolérance et l'amour, comme dans L'Ultime secret, amour qui s'étend bien au delà des relations interpersonnelles, jusqu'au vivant et même à l'environnement en général, comme dans le cycle des Dieux.
L'amour enfin de soi même, et c'est un prérequis absolu de l'harmonie chez Werber, dans La boite de Pandore mais aussi dans le Livre du voyage, un ouvrage très court, proche du conte philosophie cher à Saint-Exupéry ou à Paulo Coelho par exemple, véritable traité de poche de l'introspection et de l'amour de soi-même que je vous conseille vivement de lire, en ces temps propices à la réflexion sur soi-même et sur tout ce qui nous entoure.