DeepTechs
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DeepTechs episodes

  • Le maitre aiguilleur des télécoms internationales

    Ancien dirigeant chez Orange, Alexandre Pébereau a cofondé Tofane Global en 2018 pour consolider le marché des télécommunications internationales. À la tête du groupe, qui s’appuie sur la plateforme iBASIS, aujourd'hui dirigé par Patrick George, il rachète des activités de gros auprès d’opérateurs historiques, dont le néerlandais KPN et l’australien Telstra. Son ambition : bâtir un acteur mondial capable de rivaliser avec les grandes maisons du secteur.

    Ce diplômé de gestion, passé par un MBA aux États-Unis, a découvert les télécoms en participant à la privatisation de Maroc Telecom au début des années 2000. Après sept ans chez Orange à structurer les activités internationales, il se lance dans l’aventure entrepreneuriale. Son métier ? Assurer, dans l’ombre, l’interconnexion des réseaux et l’acheminement des appels, des SMS et des communications mobiles à travers le monde. Un maillon essentiel, notamment pour le roaming, qui permet à un abonné de rester connecté à l’étranger.

    Dans un secteur marqué par le recul de la téléphonie traditionnelle, Alexandre Pébereau mise sur les économies d’échelle, la sécurité des infrastructures et l’expansion géographique. Les tensions géopolitiques renforcent, selon lui, le caractère stratégique de ces réseaux, tandis que les satellites ouvrent de nouveaux marchés. Pour cet entrepreneur, également vice-président de Croissance Plus, la connectivité mondiale reste un métier critique, à la croisée de la technologie, du commerce et de la souveraineté.

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    44 min
  • Faire de la robotique un enjeu de souveraineté

    Cofondateur de Wandercraft, spécialiste des exosquelettes médicaux et désormais des robots humanoïdes, Jean-Louis Constanza veut faire émerger un champion européen capable de rivaliser avec les acteurs chinois et américains. Avec Renault comme partenaire industriel et premier client, la société française mise sur la maîtrise technologique, la production locale et des robots conçus pour travailler réellement. Connue pour ses exosquelettes destinés à aider les personnes à mobilité réduite à retrouver la marche, Wandercraft s’attaque désormais au marché des robots humanoïdes industriels. Deux activités complémentaires, insiste Jean-Louis Constanza : les progrès réalisés sur les machines industrielles doivent aussi bénéficier aux dispositifs médicaux, notamment en matière de moteurs, de logiciels de commande et de sécurité.

    Face aux concurrents chinois, soutenus par des investissements massifs, et aux jeunes pousses américaines très bien financées, Jean-Louis Constanza refuse la démonstration spectaculaire : Wandercraft cherche d'abord à concevoir des robots capables d’exécuter des tâches industrielles avec un taux de réussite suffisant pour fonctionner dans une chaîne de production. Sa différence : associer intelligence artificielle et algorithmes déterministes, tout en limitant les besoins de calcul embarqué. Une stratégie qui vise aussi à préserver la souveraineté technologique et à limiter les dépendances aux fournisseurs étrangers. A plus long terme, il voit aussi dans les robots humanoïdes un moyen de répondre à la pénurie de main-d’œuvre, notamment dans les secteurs de la construction, de l’agriculture et de l’aide aux personnes âgées.

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    51 min
  • Comment se désintoxiquer des énergies fossiles

    Les Européens sont totalement « accros » aux énergies fossiles depuis un siècle. Jean-Yves Stephan est parti de ce triste constat lorsqu'il a cofondé Storio Energy, il y a trois ans. Son entreprise de services énergétiques installe des batteries chez les industriels et dans le gros tertiaire, puis les pilote par intelligence artificielle. Avec, à la clé, une énergie propre et de substantielles économies sur la facture d'électricité.

    Une batterie de 10 MW, facturée environ 2 millions d’euros, permet, dit-il, d’économiser entre 500 000 et 1 million d’euros de gaz par an, un investissement amorti en un à trois ans. La facture d’électricité d’un site baisserait en moyenne de 15 à 30 %.

    Pour lui, l’Europe est freinée par un défaut d’investissement dans ce domaine, mais la cause est loin d'être perdu. Storio prépare une levée de fonds pour ouvrir prochainement un ou deux pays européens.

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    43 min
  • Quand les marques apprennent à parler aux IA

    Quand un internaute demande un conseil d'achat à ChatGPT, les équipes de Joan Burkovic ne sont généralement pas loin. Le CEO et cofondateur de Getmint aide les entreprises à être visibles dans les réponses des intelligences artificielles. Le constat est simple : les recherches migrent de Google vers les assistants conversationnels, et les marques n’ont souvent jamais clairement expliqué aux IA quels besoins leurs produits satisfont. Résultat : elles ne sont pas recommandées. Sur les centaines de pages qu’une IA consulte, seules 2 % appartiennent à la marque citée ; le reste vient de sources externes, presse, avis clients, vidéos. Le travail de SEO est à réinventer : un sport d’équipe, qui remet le marketing au centre.

    Getmint est née sans produit défini, portée par deux cofondateurs qui travaillent avec lui depuis plus de dix ans, déjà à ses côtés dans la fintech Bridge. Un prototype annoncé sur LinkedIn en juin 2025 attire un millier d’inscrits. Suivent les premiers clients, puis une levée de fonds. Aujourd’hui, Accor, L’Oréal, BNP, BPCE ou Lacoste figurent parmi ses clients. Paradoxe : ce sont les grands groupes, et non les petites structures agiles, qui ont foncé sur le sujet.

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    42 min
  • La lumière, cuirasse digitale du soldat 2.0

    Ingénieur de formation, Benjamin Azoulay a fait une bonne partie de sa carrière chez Philips, dans l'éclairage. En 2016, il rejoint Oledcomm, start-up de quinze personnes fondée en 2012 et gérée comme un laboratoire de R&D. Son pari : le Li-Fi, une technologie de communication sans fil qui utilise la lumière visible ou infrarouge, au lieu des ondes radio du Wi-Fi, pour transmettre des données. La jeune entreprise ambitionne de transformer 14 milliards d'ampoules en points d'accès. Mais rivaliser avec la toute puissance du Wi-Fi est mission impossible : dès 2020, il comprend que le grand public sera bien plus long à conquérir.

    Le salut vient de la défense et du spatial. En Ukraine, qui émet en radio est repéré puis frappé par un drone FPV en quelques secondes. Le faisceau infrarouge, étroit et insensible au brouillage, crée une bulle de connectivité d'un kilomètre sans radiofréquence. Certifiée sur des réseaux classifiés en France et en Allemagne, la technologie équipe déjà deux brigades et une division françaises. Sa puce souveraine, gravée à Crolles, rend la rétro-ingénierie longue et coûteuse.

    Sélectionnée par l'accélérateur Diana de l'Otan, seule française parmi quinze lauréats sur 3 600 candidats, l'entreprise est implantée à Colorado Springs et prépare une levée de 10 millions d'euros. Prochain terrain : le ferroviaire, annoncé début 2027. Sa recette : Gérer le cash, garder des plans B et résoudre « 365 problèmes par an ».

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    34 min
  • La réalité augmentée vertueuse

    Quand Meta et Google multiplient caméras et assistants conversationnels dans leurs lunettes connectées, la start-up française Engo a choisi l'épure : pas de caméra, pas d'IA embarquée, pas de connexion permanente au réseau. Son fondateur, Eric Marcelin-Dibon, revendique cette sobriété comme un atout face à la déconvenue des Google Glass, dont il a suivi de près les tâtonnements dès 2012.

    Son pari : des lunettes de réalité augmentée dédiées au sport d'endurance et aux disciplines à risque, course à pied, vélo, plongée, parapente, qui retranscrivent les données d'une montre connectée directement dans le champ de vision. Un budget de poids extrêmement contraint, 15 grammes tout compris, impose des choix technologiques : un écran OLED courbe vingt fois moins gourmand en énergie que les modèles concurrents, pour tenir toute une journée sans recharge.

    L'entreprise s'est arrimé à l'écosystème Garmin, source de 70 % de sa clientèle, tout en diversifiant vers Apple Watch pour limiter sa dépendance. Assemblage et propriété intellectuelle restent à Grenoble, loin des tentations de rétro-ingénierie.

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    44 min
  • "L'IA va générer une création de richesse phénoménale"

    Entrepreneur récidiviste et citoyen engagé : ainsi se définit Denis Payre. Côté business, il est à l'origine de l'une des plus belles réussites françaises dans l'univers de la Tech avec Business Objects, introduit au Nasdaq puis cédé au géant allemand SAP. Il a récidivé avec Kiala, premier réseau indépendant de points relais en Europe : 7 000 relais en dix ans, 50 % de croissance annuelle, une réponse au casse-tête du dernier kilomètre. UPS finit par le racheter ; le service est devenu UPS Access Point, présent dans quelque 140 pays.

    Côte engagement, il a lancé l'association Croissance Plus puis sa version européenne, Entrepreneurs for Growth. Pour tenter de faire bouger les lignes politiques en France, il fonde en 2013 Nous Citoyens — 12 000 adhérents payants en deux mois — avant de passer la main pour retrouver sa famille et le monde de l'entreprise. Depuis 2016, il développe des stations de transfert d'énergie par pompage : des batteries à eau centenaires, opposées au tout-lithium et à la dépendance chinoise. Ses terrains de jeu, les îles françaises et l'Arizona, où la Nation Navajo et les data centers appellent des projets d'un gigawatt. Il aura fallu huit ans pour arracher un cadre réglementaire français.

    Sa recette ? La persistance, et une peur de l'échec convertie en carburant.

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    51 min
  • La solution d'IA française qui dope les créatifs de la pub

    Bienvenue dans la 5e Saison de DeepTechs. Pour le premier épisode de cette nouvelle édition, nous recevons Rudy Lellouche, cofondateur d'Aive, un spécialiste français de l'ntelligence artificielle appliquée à la vidéo. Il a fondé l'entreprise à Paris en février 2019 avec Olivier Reynaud.

    Rudy a créé sa première boite en 2004, SoonNight.com, alors qu'il était encore étudiant en classe préparatoire. Il a ensuite rebondi dans plusieurs startup comme Keyfetch, SoonWeb ou Placeminute Pro. Fin 2015, il rejoint la direction d'Adyoulike, avec pour mission de transformer l'entreprise et d'accélérer sa croissance en France et à l'international ; il y reste quatre ans, jusqu'au rachat d'Adyoulike.

    C'est en 2019 qu'il cofonde Aive avec Olivier Reynaud, ancien cofondateur de Teads (rachetée par Altice), les deux hommes formant, selon Reynaud, "le binôme parfait", l'un créatif, l'autre ingénieur. Aive développe une technologie propriétaire baptisée MGT (Multimodal Generative Technology), combinant IA générative, IA analytique et analyse multimodale, pour automatiser la post-production vidéo et décliner automatiquement un contenu selon les formats, canaux et objectifs. L'entreprise s'est officiellement lancée sur le marché en janvier 2024 et a levé 12 millions d'euros pour viser une place de leader mondial sur ce segment.


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    43 min
  • Pourquoi 75% des métiers vont devoir s’adapter face à l’IA

    Stéphane Bout, directeur associé senior chez McKinsey et responsable de QuantumBlack, AI by McKinsey, dresse le portrait d'une IA en pleine mutation. D'un usage calculatoire réservé à quelques experts, elle est devenue, avec ChatGPT puis les agents autonomes apparus en 2024, un outil déployé par plus de 90% des grandes entreprises. McKinsey applique la recette à lui-même, avec 45 000 consultants épaulés par 20 000 à 25 000 agents IA.

    Mais l'adoption massive ne garantit pas l'impact : une minorité seulement d'entreprises observe des gains réels sur ses résultats. En cause, des pilotes dispersés qui ne passent jamais à l'échelle, et une IA plaquée sur des processus inchangés plutôt qu'utilisée pour les réinventer. Stéphane Bout cite un cycle de développement logiciel ramené de deux semaines à 24 heures grâce à une nouvelle répartition des tâches entre humains et agents.

    Les entreprises les plus performantes misent sur l'IA au service de la croissance plutôt que de la seule productivité, dont les gains s'érodent avec la diffusion de la technologie. Trois leviers de différenciation émergent : personnaliser les modèles avec des données propriétaires, se repositionner sur des points de contrôle stratégiques de la chaîne de valeur, et maîtriser le coût des agents, via l'AI FinOps.

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    38 min
  • Orasio, acteur stratégique de la vidéo intelligente

    Après avoir cofondé la licorne française PayFit, Florian Fournier a choisi un terrain radicalement différent : la sécurité et la défense. Lancée début 2025, sa nouvelle entreprise, Orasio, développe des solutions d'intelligence artificielle capables d'analyser des flux vidéo pour les forces de sécurité, les armées et les infrastructures critiques européennes.

    Son objectif : offrir une alternative européenne aux technologies américaines, chinoises ou israéliennes qui dominent aujourd'hui le marché de la « vidéo intelligente ». Les logiciels d'Orasio peuvent détecter en temps réel des événements tels qu'un départ de feu, une intrusion, un drone ou un comportement suspect, mais aussi analyser a posteriori des centaines d'heures d'enregistrements vidéo dans le cadre d'enquêtes judiciaires.

    L'entreprise a récemment annoncé le déploiement de ses technologies auprès de la police nationale et de la gendarmerie françaises. Sa particularité : toutes les données sont traitées localement, sur les infrastructures des clients, sans passer par le cloud, afin de garantir la confidentialité et la souveraineté des informations sensibles.

    Soutenue notamment par le chercheur en intelligence artificielle Yann LeCun, Orasio revendique également une approche éthique stricte, refusant certains contrats jugés incompatibles avec le respect des libertés publiques. Un positionnement qui pourrait faire de la jeune pousse française un acteur stratégique de la sécurité européenne.

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    47 min

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