"Dieu pourvoira !"
Il était une fois un jeune homme chrétien, passionné de foi et d’espérance, qui s’apprêtait à franchir une étape importante de sa vie : rencontrer pour la première fois les parents de celle qu’il espérait bientôt appeler sa fiancée.
La jeune femme et lui partageaient une foi ardente en Jésus-Christ, une vision commune de l’avenir, nourrie de prières, de confiance et de promesses bibliques. Mais cette rencontre s’annonçait… délicate. En effet, les parents de la jeune fille n’étaient pas seulement non-croyants : ils étaient communistes convaincus, profondément ancrés dans une idéologie où la foi n’avait pas sa place, où seul le concret comptait.
Le jeune homme arrive, le cœur battant mais confiant. Après quelques politesses échangées, le père, un homme droit, austère, au regard tranchant comme une lame, l’invite dans son bureau. Il referme la porte d’un geste solennel, puis le fixe droit dans les yeux.
— Jeune homme, dit-il d’un ton sec, vous souhaitez épouser ma fille. Très bien. Mais j’ai quelques questions simples à vous poser. D’abord… quel est votre métier ?
Le jeune homme, sans perdre son calme, avec un sourire paisible, répondit :
— Je n’en ai pas encore… mais Dieu y pourvoira aussi.
Le père tique. Il marque un silence, cherche une réaction dans ce visage serein. Rien. Il poursuit :
— D’accord… mais avez-vous au moins un appartement pour vivre avec elle ?
— Non, pas encore. Mais Dieu y pourvoira aussi.
Les sourcils du père commencent à se froncer.
— Très bien… soupire-t-il. Et une voiture ? Pour la conduire, la transporter… vous avez une voiture ?
— Non plus. Mais Dieu pourvoira, répète-t-il simplement.
L’homme reste un instant figé, l’air de chercher s’il s’agit d’une blague. Mais non. Le jeune homme est parfaitement sérieux. Serein. Presque lumineux.
Sans ajouter un mot, le père se lève, ouvre la porte du bureau, sort dans le salon où sa femme et sa fille l’attendent, en pleine conversation. Il les regarde, pensif, puis dit doucement, à moitié pour lui-même :
— C’est étrange… Je crois que ce garçon m’appelle Dieu !