Français dans le Monde (FDLM)

Disparitions à l’étranger : Le travail de l’ARPD


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Avez-vous déjà réfléchi à ce que vous feriez si un de vos proches disparaissait à l’étranger ?

Comment réagiriez-vous face à l’incertitude et aux difficultés liées à la recherche d’une personne dans un pays étranger? Dans cet épisode de 10 minutes, nous abordons ce sujet délicat et complexe qui touche de nombreuses familles, souvent démunies face à de telles situations.

Notre invité est Caroline Fauster, responsable de la cellule internationale de l’ARPD, l’Assistance de Recherche de Personnes Disparues. Avec une expérience riche et une connaissance approfondie des systèmes internationaux, Caroline partage son expertise sur la manière dont son organisation aide les familles à retrouver leurs proches disparus, qu’il s’agisse de disparitions inquiétantes ou volontaires. Elle explique également le rôle crucial des bénévoles expatriés dans cette mission.

Dans cet épisode, nous plongeons dans le fonctionnement de l’ARPD, qui collabore étroitement le Ministère de l’Europe & des Affaires Etrangères avec les ambassades, les consulats et un réseau de bénévoles à travers le monde pour localiser les personnes disparues. Caroline nous éclaire sur les procédures à suivre en cas de disparition inquiétante et sur le droit à disparaître, un concept méconnu mais essentiel. Nous explorons également des cas concrets, comme celui de Ludovic Caroff, disparu au Portugal, pour illustrer les défis et les succès de cette mission humanitaire.

https://www.arpd.fr/fr

Transcription IA du podcast :

Bienvenue dans 10 minutes, le podcast des français dans le monde, pour aider tous ceux qui se préparent ou qui vivent de près ou de loin la mobilité internationale. Je suis Gauthier Saïs et j’ai le plaisir de passer 10 minutes avec Caroline Foster, responsable de la cellule internationale de l’ARPD, l’assistance de recherche de personnes disparues. 10 minutes.
Sujet difficile, puisqu’une disparition, c’est déjà difficile quand ça se passe dans son propre pays. Imaginez quand ça se passe à l’étranger. Pour en parler, Caroline de la RPD est avec moi aujourd’hui. Une association qui aide les familles. Bienvenue Caroline sur l’antenne de la radio des Français dans le Monde.
Merci beaucoup, Gauthier. Nous allons ensemble évoquer ce sujet. Comme je disais, un Français disparu à l’étranger, compliqué pour les familles restées en France, difficile d’avoir des informations. Votre rôle, justement, c’est, avec des gens sur le terrain, d’essayer de collecter un maximum de données, voire de retrouver la personne, puisqu’on va évoquer ensemble les deux situations de disparition inquiétantes ou volontaires, sachant qu’en France, on a un droit à disparaître. Le droit à disparaître est international.
Dans n’importe quel pays, on a un droit à disparaître. Il y a en effet d’abord les disparitions inquiétantes qui font que les familles doivent déjà déclarer la disparition inquiétante auprès des gendarmes ou des commissariats. Ensuite, nous les dirigeons vers le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. qui prend en charge la disparition inquiétante et contacte les ambassades et les consulats. Voilà, ça c’est la première démarche.
Concernant les disparitions inquiétantes, on parle plutôt du coup de mineurs ou de personnes qui sont en difficulté, des personnes qui ont besoin d’assistance? Oui c’est ça, ce sont les personnes qui sont par exemple sous tutelle ou curatelle ou les personnes qui ont des problèmes psychologiques, schizophrénie, maladie d’Alzheimer, etc. Les personnes qui partent comme ça et que l’on ne retrouve pas, qui ne sont pas capables de se prendre en charge. Alors justement, de façon pratique, si quelqu’un nous écoute et que ça arrive une disparition dans son entourage alors qu’il se trouve à l’étranger, le réflexe donc c’est l’ambassade ou le consulat et en même temps pour la famille restée en France, c’est d’aller au commissariat ou en gendarmerie où ils doivent recevoir cette information. Ils ne peuvent pas refuser de prendre l’information.
Il faut faire une déclaration pour disparition inquiétante. et il y a un article de loi depuis 2019 qui fait qu’ils sont dans l’obligation de prendre ces déclarations et de toute manière pour pouvoir ensuite approcher le ministère des affaires étrangères il faut pouvoir l’avoir cette déclaration donc il ne faut pas hésiter et d’ailleurs s’il y a vraiment un souci nous on intervient on les appelle et on dit écoutez là On a besoin du papier, donc ils le font. Alors de votre côté, vous allez ensuite lancer des avis de recherche avec de nombreux relais sur les réseaux et vous avez aussi au sein de la cellule internationale de l’ARPD tout un réseau de Français expatriés à travers le monde. Voilà, c’est ça, on recrute régulièrement d’ailleurs les bénévoles qui sont intéressés pour nous donner un coup de main, des Français qui vivent à l’étranger, ce qui nous permet d’avoir des relais un peu partout et des personnes qui connaissent les différentes cultures, les différentes langues aussi. parce que parfois il est très pratique de pouvoir, quand on a quelqu’un de perdu en Thaïlande par exemple, on est bien content d’avoir un français.
On a une française en Thaïlande en ce moment qui connaît bien le pays où elle habite et donc qui peut nous donner un bon coup de main. Bien sûr parce qu’il y a la barrière de la langue, il y a les différences culturelles, enfin c’est des systèmes juridiques qui sont différents donc il faut connaître un peu. tout simplement pouvoir relayer aussi auprès des télévisions ou des radios locales. Bien sûr. C’est bien pratique.
Caroline, je reviens sur le sujet des disparitions volontaires. Donc avec ce droit à disparaître, certains ont envie d’une nouvelle vie, vont laisser leur passé derrière eux et se construire un nouvel avenir. Mais donc ça, on a le droit de le faire. Vous, vous pouvez parfois retrouver ces personnes, mais sans remonter d’informations aux familles. Exactement.
On prévient les familles que disparaître est un droit et qu’à partir de là, alors là on parle des disparitions qui ne sont pas inquiétantes, c’est des disparitions volontaires, mais à partir du moment où l’on retrouve la personne, on peut très bien, soit on contacte la personne et on lui demande si elle veut se retrouver ou pas, donc dans ce cas là c’est un oui ou un non, si elle dit non ou si on ne la contacte pas mais que l’on voit que tout va bien, Les parents savent qu’on leur dira, écoutez, tout va bien, il va bien, il n’est pas en détresse, mais on ne donnera ni adresse, ni numéro de téléphone, ni même le pays où se trouve la personne. Mais au moins, la famille sait qu’elle est vivante et qu’elle va bien. Et c’est le principal, c’est ce qu’ils recherchent, c’est s’assurer que leur être cher va bien et qu’il n’est pas en détresse, à la rue, décédé ou autre. Alors Caroline, à ce jour, en mars 2026, à peu près 1000 personnes seraient actuellement en situation de disparition. Le taux de réussite est plutôt bon, tu me disais en préparant cette interview.
Les 1000 personnes, c’est un chiffre donné par le ministère de l’Europe et des affaires étrangères et ça ne concerne pas que ce genre de disparition, c’est aussi les homicides, les accidents, les Français qui arrivent quelque chose à l’étranger. Nous, au niveau de notre cellule, ça fait deux ans qu’on fonctionne et on a à peu près un taux de 60% de réussite. pour retrouver les personnes. Donc c’est plutôt encourageant. Alors l’ARPD, le lien pour vous contacter est disponible dans le descriptif de ce podcast, se penche actuellement sur le cas de Ludovic Carof, un français qui était au Portugal et qui a disparu le 9 février dernier à Monte Rolando.
Je ne suis pas sûr de dire le bon terme. Comment concrètement l’ARPD aujourd’hui déploie son dispositif pour rechercher ce monsieur? J’ai quatre enquêteurs sur l’affaire. J’ai deux personnes qui connaissent bien le Portugal, une personne qui connaît l’Espagne et l’autre qui connaît l’ensemble plus la France parce qu’on pense que Ludovic peut très bien. Alors Ludovic a des problèmes cardiaques et il a des problèmes cognitifs.
et il est parti avec son van et il a tout laissé derrière lui. Donc sans médicaments c’est très compliqué et de ce fait comme c’est le problème des gens qui se déplacent, là au moins on a des personnes qui vont pouvoir jalonner tout le parcours s’ils décidaient de remonter jusqu’en France. Le Portugal, la Galice, l’Espagne et ensuite la France. J’ai suivi un peu leur organisation, là ils se sont dispatchés sur toi tu fais les avis de recherche, toi tu appelles les commissariats, voilà. Chacun fait selon ses connaissances et ses compétences et c’est comme ça que l’on arrive à boucler la boucle.
Sur l’antenne de la radio des français dans le monde en décembre dernier, on revenait sur la disparition de Clément Benville à Rabat au Maroc, des nouvelles? Non aucune, aucune, c’est très compliqué, il y a des cas malheureusement où… bon et puis il y a des pays où c’est pas simple non plus. Et nous, on n’est pas implanté partout encore. Il y a de nombreux pays où on aimerait bien avoir des personnes, des membres qui pourraient nous aider sur place parce que ce n’est pas simple.
Mais par exemple, vous voyez, les pays de l’Est, on n’a aucun souci. La Croatie, au début, j’avais très peur par rapport à ces pays-là. Je me suis dit, ça va être compliqué. Mais le relais des expatriés français là-bas fonctionne très bien. On a déjà trouvé quelqu’un en Croatie.
Il y a le cas de Lola sur cette zone du monde en Bosnie actuellement. Alors il y a Lola Matelé, on pense que c’est un accident. On pense, mais bon, tant qu’on n’aura pas retrouvé le corps, elle a disparu dans une zone en faisant un trek, mais c’est dans une zone où il y a énormément de trafic en tous genres. Et donc, tant qu’on n’aura pas retrouvé un corps, les parents se disent qu’elle a peut-être été kidnappée. Actuellement, les deux pays sont en train de travailler, les deux autorités sont en train de travailler sur ce dossier-là.
Et nous, dans ce cas-là, on soutient la famille, mais bien évidemment, on n’intervient pas. C’est le rôle du gouvernement français et du gouvernement bosniaque. Pour conclure Caroline, on va lancer deux appels. Ceux qui ont autour d’eux une disparition qu’on peut considérer comme inquiétante peuvent vous contacter et si des personnes veulent rejoindre l’association pour vous aider dans les recherches, nous avons des auditeurs aux quatre coins du monde, ils peuvent également entrer en contact avec vous. Exactement, il y a le site ARPD.fr et sur le site ARPD.fr il y a les liens soit pour déposer une candidature, soit pour déposer une demande d’aide.
Très clair. Merci beaucoup, Caroline. Bon courage dans vos recherches. Je vous remercie beaucoup à vous aussi. Au revoir.

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Podcast n°2680 (mars 2026)

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