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Voici le propos de Geert Goiris, commissaire de l’exposition.
Cette vidéo monochrome sans son, tournée à Ostende, constitue le point de départ de cette présentation de la collection. L’image est grisâtre et un peu floue. Cette simplicité trompeuse n’enlève rien à la radicalité de l’œuvre, un long plan séquence qui montre une scène sans artifice. Dujourie ne se laisse pas tenter par des points de vue ou des mouvements de caméra virtuoses. La position de la caméra vidéo mesurée avec minutie et surtout le maniement de l’appareil qu’en fait Dujourie en tant qu’artiste/modèle/spectatrice donnent toute sa force à l’œuvre.
Ce que l’artiste nous offre, c’est sa fascination pour l’instant présent. Son personnage n’évolue pas ou à peine. Le temps passe sans que rien d’essentiel ne change. J’observe avec intérêt la façon dont elle parvient à évoquer une telle élégance et une telle richesse de sentiments rien qu’avec son corps, une chambre et une caméra vidéo fixe.
L’apparition de Dujourie n’est pas un spectacle : on regarde un corps conscient de lui-même, dans un état de tranquillité et d’équilibre. Ce corps n’accomplit rien, il n’est pas soumis à la pression de produire ou de consommer. Il s’agit d’un corps vide, qui s’ennuie peut-être, mais qui demeure actif et réfractaire, frais, sensuel et par-dessus tout autonome.
Passion de l’été pour l’hiver décrit l’aspiration à l’inaccessible. Ce qui est loin de nous, nous attire – l’impossibilité n’est jamais un obstacle dans les histoires d’amour. Le corps peut sembler passif, mais le titre suggère un désir passionné. Vue de l’extérieur, cette tempête intérieure reste invisible.
By M LeuvenVoici le propos de Geert Goiris, commissaire de l’exposition.
Cette vidéo monochrome sans son, tournée à Ostende, constitue le point de départ de cette présentation de la collection. L’image est grisâtre et un peu floue. Cette simplicité trompeuse n’enlève rien à la radicalité de l’œuvre, un long plan séquence qui montre une scène sans artifice. Dujourie ne se laisse pas tenter par des points de vue ou des mouvements de caméra virtuoses. La position de la caméra vidéo mesurée avec minutie et surtout le maniement de l’appareil qu’en fait Dujourie en tant qu’artiste/modèle/spectatrice donnent toute sa force à l’œuvre.
Ce que l’artiste nous offre, c’est sa fascination pour l’instant présent. Son personnage n’évolue pas ou à peine. Le temps passe sans que rien d’essentiel ne change. J’observe avec intérêt la façon dont elle parvient à évoquer une telle élégance et une telle richesse de sentiments rien qu’avec son corps, une chambre et une caméra vidéo fixe.
L’apparition de Dujourie n’est pas un spectacle : on regarde un corps conscient de lui-même, dans un état de tranquillité et d’équilibre. Ce corps n’accomplit rien, il n’est pas soumis à la pression de produire ou de consommer. Il s’agit d’un corps vide, qui s’ennuie peut-être, mais qui demeure actif et réfractaire, frais, sensuel et par-dessus tout autonome.
Passion de l’été pour l’hiver décrit l’aspiration à l’inaccessible. Ce qui est loin de nous, nous attire – l’impossibilité n’est jamais un obstacle dans les histoires d’amour. Le corps peut sembler passif, mais le titre suggère un désir passionné. Vue de l’extérieur, cette tempête intérieure reste invisible.