D’où ça vient : Les Miroirs ?
S’il est un objet du quotidien
que le contexte en cours vous incite
à regarder tous les matins
pour maintenir l’illusion d’une visite
il est dans votre salle de bain
invisible dès lors qu’il fait noir
les Romains les faisaient en étain
c’était alors un objet d’art
mais au fait, d’où ça vient,
les miroirs ?
Dans la Bible déjà, on trouve des références
à des plans d’eau sombres et calmes
utilisés pour consulter son reflet.
On sait aujourd’hui que dès 6000 av J.-C.
l’obsidienne, sorte de verre volcanique
était poli pour devenir réfléchissant.
Les premiers miroirs en cuivre remontent à -4000 en mésopotamie
et sont toujours là un millénaire plus tard en Egypte
et encore mille ans plus tard en Chine.
L’Empire romain développe la technique
avec de l’étain, du cuivre, de l’argent, de l’or ou encore du plomb.
L’apparition du verre manufacturé fait débat, entre le 1er et le 3e siècle.
Ce matériau résout le problème des miroirs purement métalliques :
ils s'oxydaient rapidement et devaient être polis régulièrement.
Les premiers miroirs modernes, une couche de verre sur une plaque de métal,
sont de petits bijoux, des amulettes que l’on porte autour du cou.
Inspiré par la Chine, les fabricants européens de la Renaissance,
mettent au point les miroirs de verre recouverts d’étain et de mercure,
qui feront la fortune de Venise au XVIe siècle.
Les miroirs sont alors des objets de luxe et le resteront jusqu’au XIXe siècle.
C’est le chimiste allemand Justus von Liebig qui réalise le gros coup :
en 1835, il remplace l'étain et le mercure par du nitrate d’argent réduit,
c’est le processus d’argenture, qui permet de créer des miroirs
bien plus abordables et bien moins toxiques.
Outre les familles aisées, les coiffeurs sont les premiers à s’en emparer.
Au XXe siècle, les miroirs en pied s’affirment comme un standard dans les chambres
puis dans les salles de bains.
A l’image du mythe de Narcisse, la démocratisation des miroirs
accompagne une véritable révolution de l’image de soi, de l'esthétique et des cosmétiques.
Sans miroir, l’appareil photo n’aurait jamais pu être inventé, pas plus que les écrans divers.
En zoologie voire en philosophie, on utilise le miroir pour apprécier un degré de conscience.
Symboliquement, le miroir est associé à la vérité mais aussi à une porte vers un monde parallèle, comme dans la suite d’Alice au pays des merveilles : De l’autre côté du miroir.