Lien vers la version vidéo du podcast : https://youtu.be/y7-Ii53WU-8Elvira est un titre culte pour une communauté de quarantenaires biberonnés au cinéma de genre. Si en 1988, le film fait grand bruit au marché du film à Cannes et semble intéresser les investisseurs, le bide du long-métrage aux USA va pousser les producteurs à distribuer directement le film en vidéo dans la plupart des pays. Dans l’hexagone, le film aura le droit à une sortie technique dans deux salles parisiennes avant d’être proposé en VHS et diffusé sur Canal+.Elvira est une création de l’actrice Cassandra Peterson qui s’est fait connaître aux USA grâce à la station de télévision KHJ de Los Angeles où elle présentait des films d’horreur (souvent libres de droits). Reconnaissable à son look inspiré par la Vampira d’Ed Wood ou la Morticia de la Famille Adams, elle est devenue célèbre avec ses remarques sarcastiques sur les films qu’elle présentait et pour ses blagues potaches. Dotée d’une poitrine aux proportions généreuses qu’elle met en valeur dans des tenues sexy, Elvira n’est pourtant pas une simple playmate gothique. En effet, Cassandra Peterson a développé un personnage fort qui assume sa sexualité tout en dénonçant le machisme et la pudibonderie ambiante. Ainsi, le film Elvira maîtresse des ténèbres qui la met en scène est à ce titre une réjouissante comédie, où elle n’hésite pas à maltraiter les machos et remettre en cause l’Amérique bien pensante.Le film s’ouvre sur les images d’un show d’Elvira à la télévision. Elle commente les images d’un long-métrage produit par Roger Corman et intitulé « It Conquered the world » qui met en scène un monstre qui a la forme d’une carotte. À noter que la société de production derrière le film Elvira a appartenu longtemps à Roger Corman, ce qui explique les hommages rendus au papa de la série B durant tout le film. Après avoir tourné son émission, la jeune femme rencontre le nouveau directeur de la chaîne. L’homme se conduit comme un pourceau et essaye de profiter d’elle, mais un solide uppercut de la part de la jeune femme le fera vite détaler. Licenciée, elle part vers la petite ville de Farewell où elle doit toucher un héritage. Dans cette bourgade peuplée par de nombreux arriérés, elle fera vite comprendre aux machos du coin qu’elle dispose de son corps comme elle le souhaite à coup de talon aiguille bien placé et de remarques cinglantes.