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Or


Après 3 ans d'enquête et 33 épisodes, l'heure est au bilan : qu'ai-je appris au fil des rencontres et des échanges ? Qu'ai-je compris sur nos impasses ? Quelles sont les perspectives qui s'ouvrent ? Et, surtout, quels espoirs pour demain ?
Dans cet épisode, je synthétise les principaux enseignements que j'ai tirés des témoignages recueillis. Illustrés par quelques extraits particulièrement signifiants bien entendu !
Cet épisode n'est pas la fin de l'enquête... c'est plutôt le début de sa suite.
Qu'est ce qu'une "vie bonne", au 21è siècle, dans un monde en réchauffement ? Comment redéfinir les cadres qui guident nos actions, alors que tant de paradigmes qui semblaient intangibles sont brutalement remis en question ? Comment savoir si nos démarches sont réellement éthiques, quand nos référentiels sont bouleversés et que l'avenir apparaît si incertain ?
Au moment de clore 3 années d'enquête, et de démarrer 2025, j'ai voulu donner la parole à un témoin capable d'esquisser non pas une, mais plusieurs pistes pour que chacun puisse s'approprier l'interrogation sur notre avenir commun, et, surtout, puisse se mettre en action. Avec les six "portes" qu'elle propose, Cécile Renouard offre la démonstration qu'il reste possible de changer les choses, à condition de savoir non pas tant vers quoi on veut aller, que vers où on ne veut surtout pas dériver : Oikos, Ethos, Nomos, Logos, Praxis et Dynamis, autant de points de départ pour enraciner sa propre compréhension de ce qui se joue, et pour peser dans les transformations en cours.
Jusqu'où peut aller la fascination pour le progrès techno-scientifique ? Faut-il distinguer la recherche du "bien vieillir" de la recherche du "ne pas vieillir" ? Les parathlètes d'aujourd'hui sont-ils les cyborgs de demain ? Et nos petits-enfants porteront-ils tous des implants électroniques pour améliorer leurs performances cognitives et physiques ?
Si l'objectif ultime des transhumanistes - à savoir l'immortalité - peut encore provoquer des réactions sceptiques, cet épisode démontre que l'imaginaire de l'humanité augmentée est bien plus répandu qu'on ne pourrait le penser au premier abord. Pour autant, un avenir tourné vers la quête de longévité et de performance est-il un avenir désirable ? Comment donner sens à une vie dont la mort ne serait plus l'horizon ultime ?
En retraçant avec la chercheuse Cécilia Calheiros l'histoire de ce courant de pensée, cet épisode permet de mieux comprendre en quoi le transhumanisme est le témoin le plus éclatant d'une hypermodernité n'ayant plus que sa propre accélération comme horizon éthique et philosophique.
Et si les religions avaient une responsabilité dans le dérèglement climatique ?
Dit autrement, le récit proposé par les grandes traditions spirituelles sur la place de l'Homme dans la Nature explique-t-il notre indifférence à l'égard de la destruction du vivant ? Y a-t-il un lien entre le dualisme Homme/Nature proposé par les récits de la création, et notre manière de considérer la planète comme un simple fournisseur de ressources à exploiter ?
Grâce au témoignage de Michel-Maxime Egger, écothéologien engagé, auteur du récent ouvrage
Peut-on dès lors croire en un "Advenir" qui comblerait notre quête de reliance spirituelle autrement que par une course effrénée aux bien matériels ?
Impossible d'enquêter sur l'Avenir sans se pencher sur le phénomène Chat GPT, et, plus largement, sur l'irruption de l'Intelligence Artificielle dans nos vies.
Au-delà de l'aspect ludique qui peut exister lorsqu'on demande à une IA la meilleure recette de cuisine possible avec les restes du frigo, ou qu'on essaye de produire une image représentant une célébrité dans une posture fâcheuse, l'intelligence artificielle générative vient bousculer notre rapport à la machine et au progrès technologique.
Faut-il y voir une menace pour le libre-arbitre humain, à force d'algorithmes complexes devenus des "boîtes noires", même pour leurs concepteurs ?
Faut-il craindre que le "grand remplacement" soit avant-tout celui du salarié par la machine ?
Ou, au contraire, peut-on voir dans l'intelligence artificielle une réponse possible à des défis scientifiques et techniques ouvrant de nouvelles perspectives, pour le meilleur ?
Comme pour chaque innovation, il est impossible de se prémunir de risques qui ne se dévoileront que progressivement, et par l'usage. Pour autant, il importe de comprendre dès à présent de quoi l'intelligence artificielle est le nom, et quelles sont les perspectives ouvertes aujourd'hui.
Sommes-nous à l'aube d'une nouvelle phase d'expansion de l'humanité, cette fois-ci au-delà des limites terrestres?
Notre avenir ressemblera-t-il au contenu de nos livres de science-fiction ? Allons-nous dans les siècles qui viennent coloniser d'autres planètes, organiser des convois spatiaux humains vers l'inconnu, mettre en place des bornes frontières dans le vide sidéral, maîtriser le déplacement dans l'espace-temps ?
La conquête spatiale fascine, et le renouveau des programmes visant à ramener les hommes sur la Lune ne doit rien au hasard. Les rivalités géopolitiques classiques vont-elles se transposer au-delà de l'atmosphère ? Doit-on croire aux promesses des tycoons qui voient dans l'exploitation des ressources lunaires et martiennes la solution à l'affaiblissement des ressources terrestres ?
Pour démêler le vrai du faux et distinguer entre fantasmes et réalité, cet épisode explore avec Alban Guyomarc'h
Juin 2024.
Il est temps de faire un troisième bilan de l'enquête, et d'essayer de résumer toute la richesse des témoignages et informations recueillies depuis un an.
Dans un contexte politique national nauséabond, il est plus que jamais nécessaire de trouver des raisons d'espérer, en regardant de plus près ce qui bouge, et qui témoigne d'une mue encore peu perceptible, mais réelle, de notre système.
Quoi qu'on nous matraque toute la journée, l'Avenir en réalité nous appartient, si tant est que l'on veuille bien prendre le risque de s'en saisir. Ce qui implique de questionner nos croyances, nos intangibles; d'accepter que d'autres systèmes seraient possibles, moyennant un accompagnement dans la transition qu'aucun pouvoir politique n'a pour le moment le courage de nommer, et encore moins d'envisager de façon concrète.
Face à l'affaiblissement de l'impulsion politique, c'est par petites touches, à des niveaux infra, que les changements commencent à poindre.
Reste à les constituer en système alternatif, cohérent, sans faire l'impasse sur des développements technologiques hyper rapides qui vont certainement contribuer à l'implosion finale de notre cadre de référence, devenu obsolète.
Les progrès continus des sciences depuis 4 siècles ont transformé nos façons de vivre, nous ont permis d'améliorer notre santé, notre confort matériel, d'aménager les territoires, et même d'aller jusque dans l'espace.
Ils ont aussi produit la bombe atomique, les armes chimiques, les moteurs diesel. Ils ont permis aux industries de s'étendre, et à la civilisation consumériste de prospérer... jusqu'à franchir les limites planétaires.
Responsables, mais pas coupables ? Faudrait-il empêcher les chercheurs de chercher - et de trouver, au motif que le produit de leurs recherches peut avoir des conséquences néfastes pour l'humanité ? Ou, au contraire, miser plus que jamais sur les découvertes scientifiques pour réussir à décarboner notre économie et infléchir la trajectoire climatique ?
A l'heure où les progrès techniques, notamment en matière d'Intelligence Artificielle, font entrevoir la possibilité de ruptures anthropologiques fondamentales, j'ai voulu comprendre comment se "fabriquait" la science, et quels liens elle entretenait avec le fonctionnement de l'économie. Peut-on réellement parler de "découvertes" ? Le monde préexiste-t-il, et n'attend-il que les scientifiques pour révéler ses lois intangibles ?
Ou, en réalité, les savoirs ne sont-ils pas intimement représentatifs de l'imaginaire d'une époque, de ses préoccupations, des objectifs qui lui paraissent plus valables que d'autres ? Pourquoi étudie-t-on plutôt tel domaine, que tel autre ? Et quelles sont les "nouvelles frontière scientifiques" à explorer, pour améliorer nos perspectives d'avenir ?
En quoi les bouleversements climatiques rebattent-ils les cartes de la géopolitique mondiale ?
Derrière des enjeux évidents, comme l'accès à l'eau ou autres ressources naturelles vitales, quels sont les nouveaux points d'achoppement dans les relations internationales ? Et peut-on imaginer que la gouvernance mondiale héritée de 1945, va se trouver bouleversée ou remise en question par le changement de paradigme climatique ?
Alors que la guerre est revenue sur le continent européen depuis 2 ans, que les dépenses mondiales d'armement n'ont jamais été aussi hautes, que nombre de pays africains tournent le dos aux anciennes puissances pour se rapprocher, qui de la Chine, qui des Russes, faut-il craindre de nouvelles destabilisations dans un avenir proche?
Comment repenser la protection des populations et des territoires dans ce nouveau contexte ? Comment se libérer des dépendances créées par le libre-échange, qui affaiblissent les marges de manoeuvre géopolitiques, au nom de la sauvegarde des intérêts économiques ?
Dans cet épisode, l'enquête s'intéresse aux répercussion stratégique potentielles d'un changement de politique économique, qui ferait de la sobriété un nouvel élément de la notion de Puissance.
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