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« En groupe, on est fortes, en groupe, on a des idées, en groupe, on se sent protégées. »
Rebecca, 55 ans, travaille comme accompagnante d’élèves en situation de handicap (AESH), un métier mal payé et très féminisé. Mère célibataire d’une fille de 17 ans, elle raconte un parcours marqué par la précarité et les violences sexistes. Son engagement féministe remonte à la naissance de sa fille, mais trouve un véritable ancrage lorsqu’elle rejoint les Amazones d’Avignon. Elle y découvre enfin un collectif qui partage ses valeurs et agit concrètement contre le patriarcat.
Ses prises de conscience remontent plus loin : à 24 ans, lors de sa première expérience professionnelle, elle a subi un harcèlement sexuel intense de la part d’un supérieur. À l’époque, ce délit n’existait pas encore dans la loi, et elle n’a reçu aucun soutien, ni de sa responsable ni de sa mère. Cette expérience, qu’elle qualifie d’« enfer », a durablement marqué son rapport au travail et à la confiance envers les hommes.
Quand elle entend parler de l’affaire Pélicot par les Amazones, elle décide de s’engager activement : prises de notes à l’audience, comptes rendus, collages, actions symboliques comme la pose de banderoles sur les remparts. Le procès la bouleverse profondément : elle y découvre une violence masculine systémique, une haine partagée, une misogynie si ordinaire qu’elle en devient terrifiante. En visionnant une des vidéos des viols, elle dit avoir ressenti « une infinie tristesse », la vision d’une femme « réduite à un corps ».
Rebecca analyse cette violence comme un rite viril collectif, une homophilie d’hommes cherchant à s’affirmer entre eux en détruisant une femme. Elle dénonce aussi l’inaction et l’hypocrisie du système judiciaire français, qui maltraite les victimes et banalise les violences sexuelles.
Dans le collectif, Rebecca découvre la sororité — une solidarité bienveillante entre femmes qui lui redonne confiance et lui permet de se projeter autrement. Ce soutien l’a aidée à envisager une reconversion comme monitrice-éducatrice, avec un véritable statut. Elle dit que cette expérience lui a redonné « la conscience de sa valeur » et la force de se relever.
Son féminisme s’enracine aussi dans la transmission : elle veut que sa fille puisse vivre dans un monde plus juste, même si elle reste pessimiste. Elle constate la violence croissante que subissent les jeunes filles, notamment sur les réseaux sociaux, et redoute que la génération suivante ne soit pas plus libre que la sienne. Mais malgré tout, elle garde l’espoir que la prise de conscience soit une arme — la première étape vers la liberté.
By Les Amazones d'Avignon« En groupe, on est fortes, en groupe, on a des idées, en groupe, on se sent protégées. »
Rebecca, 55 ans, travaille comme accompagnante d’élèves en situation de handicap (AESH), un métier mal payé et très féminisé. Mère célibataire d’une fille de 17 ans, elle raconte un parcours marqué par la précarité et les violences sexistes. Son engagement féministe remonte à la naissance de sa fille, mais trouve un véritable ancrage lorsqu’elle rejoint les Amazones d’Avignon. Elle y découvre enfin un collectif qui partage ses valeurs et agit concrètement contre le patriarcat.
Ses prises de conscience remontent plus loin : à 24 ans, lors de sa première expérience professionnelle, elle a subi un harcèlement sexuel intense de la part d’un supérieur. À l’époque, ce délit n’existait pas encore dans la loi, et elle n’a reçu aucun soutien, ni de sa responsable ni de sa mère. Cette expérience, qu’elle qualifie d’« enfer », a durablement marqué son rapport au travail et à la confiance envers les hommes.
Quand elle entend parler de l’affaire Pélicot par les Amazones, elle décide de s’engager activement : prises de notes à l’audience, comptes rendus, collages, actions symboliques comme la pose de banderoles sur les remparts. Le procès la bouleverse profondément : elle y découvre une violence masculine systémique, une haine partagée, une misogynie si ordinaire qu’elle en devient terrifiante. En visionnant une des vidéos des viols, elle dit avoir ressenti « une infinie tristesse », la vision d’une femme « réduite à un corps ».
Rebecca analyse cette violence comme un rite viril collectif, une homophilie d’hommes cherchant à s’affirmer entre eux en détruisant une femme. Elle dénonce aussi l’inaction et l’hypocrisie du système judiciaire français, qui maltraite les victimes et banalise les violences sexuelles.
Dans le collectif, Rebecca découvre la sororité — une solidarité bienveillante entre femmes qui lui redonne confiance et lui permet de se projeter autrement. Ce soutien l’a aidée à envisager une reconversion comme monitrice-éducatrice, avec un véritable statut. Elle dit que cette expérience lui a redonné « la conscience de sa valeur » et la force de se relever.
Son féminisme s’enracine aussi dans la transmission : elle veut que sa fille puisse vivre dans un monde plus juste, même si elle reste pessimiste. Elle constate la violence croissante que subissent les jeunes filles, notamment sur les réseaux sociaux, et redoute que la génération suivante ne soit pas plus libre que la sienne. Mais malgré tout, elle garde l’espoir que la prise de conscience soit une arme — la première étape vers la liberté.