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« La sororité, c’est tendre la main plutôt que fermer les yeux sur la douleur d’une femme. »
Rim a 50 ans, née à Avignon, et c’est grâce à Maëva qu’elle a découvert le féminisme. Avant cette rencontre, elle croyait avoir compris l’essentiel : l’égalité était pour elle une question d’éducation, de permis de conduire, de travail, comme si le combat avait déjà été gagné par les générations précédentes et qu’il suffisait d’attendre patiemment que les choses s’améliorent. Mais au contact de Maëva, elle réalise qu’elle n’avait en réalité qu’effleuré la surface.
Sa première action militante se déroule presque par hasard : Maëva lui propose de venir tenir une échelle lors d’une pose de banderole devant le palais de justice. Ce geste modeste se révèle pour elle une révélation. Elle découvre l’énergie tranquille, la cohésion et la détermination des Amazones, et comprend que même un petit acte contribue à quelque chose de grand. Quand elle voit le sourire de Gisèle Pélicot à la vue d’une banderole, elle mesure le sens profond de son engagement : « on a fait quelque chose d’utile ».
Rim participe ensuite à des collages, à une matinée d’audience et à diverses actions collectives. Elle raconte l’ambiance joyeuse des collages en hommage à une Iranienne disparue, le sentiment d’appartenir à une ruche d’abeilles construisant ensemble, et la force des rencontres avec des féministes venues de toute l’Europe, notamment d’Espagne.
Le procès bouleverse son regard sur le monde. Elle se rend compte qu’elle avait longtemps banalisé les faits divers, pensant ne rien pouvoir y faire. Avec les Amazones, elle apprend que chaque voix compte, que les femmes peuvent occuper l’espace public et agir. Elle décrit un mélange d’amertume et de fierté après le verdict : colère face aux plaidoiries sexistes et aux verdicts insuffisants, mais joie d’avoir porté une voix collective et d’avoir dit « écoutez-nous ».
Cette expérience transforme sa vie quotidienne : elle regarde désormais différemment les pièces de théâtre, les affiches, les discours médiatiques, et repère les injustices sexistes qu’elle ne voyait pas avant. Elle transmet ce qu’elle a appris à ses enfants, à ses amies, et même à sa mère de 80 ans, qu’elle a finalement réussi à intéresser et à entraîner avec elle.
Pour Rim, la sororité signifie tendre la main, refuser la compétition entre femmes et déconstruire la haine qu’on leur a inculquée dès l’enfance. Elle parle d’un basculement intérieur : au lieu de rivaliser ou de s’ignorer, apprendre à s’aimer et à se soutenir. Ce procès lui a donné la conviction que rien n’est perdu, qu’il n’est jamais trop tard, et que chaque femme, à tout âge, peut contribuer à changer la donne.
By Les Amazones d'Avignon« La sororité, c’est tendre la main plutôt que fermer les yeux sur la douleur d’une femme. »
Rim a 50 ans, née à Avignon, et c’est grâce à Maëva qu’elle a découvert le féminisme. Avant cette rencontre, elle croyait avoir compris l’essentiel : l’égalité était pour elle une question d’éducation, de permis de conduire, de travail, comme si le combat avait déjà été gagné par les générations précédentes et qu’il suffisait d’attendre patiemment que les choses s’améliorent. Mais au contact de Maëva, elle réalise qu’elle n’avait en réalité qu’effleuré la surface.
Sa première action militante se déroule presque par hasard : Maëva lui propose de venir tenir une échelle lors d’une pose de banderole devant le palais de justice. Ce geste modeste se révèle pour elle une révélation. Elle découvre l’énergie tranquille, la cohésion et la détermination des Amazones, et comprend que même un petit acte contribue à quelque chose de grand. Quand elle voit le sourire de Gisèle Pélicot à la vue d’une banderole, elle mesure le sens profond de son engagement : « on a fait quelque chose d’utile ».
Rim participe ensuite à des collages, à une matinée d’audience et à diverses actions collectives. Elle raconte l’ambiance joyeuse des collages en hommage à une Iranienne disparue, le sentiment d’appartenir à une ruche d’abeilles construisant ensemble, et la force des rencontres avec des féministes venues de toute l’Europe, notamment d’Espagne.
Le procès bouleverse son regard sur le monde. Elle se rend compte qu’elle avait longtemps banalisé les faits divers, pensant ne rien pouvoir y faire. Avec les Amazones, elle apprend que chaque voix compte, que les femmes peuvent occuper l’espace public et agir. Elle décrit un mélange d’amertume et de fierté après le verdict : colère face aux plaidoiries sexistes et aux verdicts insuffisants, mais joie d’avoir porté une voix collective et d’avoir dit « écoutez-nous ».
Cette expérience transforme sa vie quotidienne : elle regarde désormais différemment les pièces de théâtre, les affiches, les discours médiatiques, et repère les injustices sexistes qu’elle ne voyait pas avant. Elle transmet ce qu’elle a appris à ses enfants, à ses amies, et même à sa mère de 80 ans, qu’elle a finalement réussi à intéresser et à entraîner avec elle.
Pour Rim, la sororité signifie tendre la main, refuser la compétition entre femmes et déconstruire la haine qu’on leur a inculquée dès l’enfance. Elle parle d’un basculement intérieur : au lieu de rivaliser ou de s’ignorer, apprendre à s’aimer et à se soutenir. Ce procès lui a donné la conviction que rien n’est perdu, qu’il n’est jamais trop tard, et que chaque femme, à tout âge, peut contribuer à changer la donne.