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Or


« C’était un geste de sororité, simple, silencieux, mais important. »Émilie, 44 ans, vit à Sète. Mère de deux enfants, elle travaille dans le domaine de la pédagogie. Avant le procès Pélicot, elle ne se considérait pas comme militante : son féminisme était individuel, centré sur sa propre expérience d’injustice. Son engagement collectif naît peu à peu, notamment grâce à sa rencontre avec les Amazones d’Avignon, avec lesquelles elle participe ponctuellement à des actions comme les collages ou les manifestations contre les violences faites aux femmes.
Sa première expérience féministe forte remonte à un autre procès, celui d’un homme ayant violenté son ex-compagne, amie d’Émilie. Ce jour-là, elle découvre la violence symbolique et institutionnelle du système judiciaire, et comprend l’importance d’une présence féministe dans les tribunaux. C’est dans cette continuité qu’elle s’engage pour le procès Pélicot, qu’elle perçoit immédiatement comme un moment historique.
Habitant loin d’Avignon, elle pense d’abord ne pas pouvoir s’y rendre. Mais un imprévu professionnel lui laisse quelques jours libres : elle prend alors un billet de train et se rend spontanément aux audiences, animée par une impulsion viscérale. Elle raconte l’émotion d’assister à l’audition de Gisèle Pélicot et la frustration d’avoir été expulsée du tribunal pour avoir simplement tenté de montrer un panneau de soutien. Pour elle, ce geste, même invisible, relevait d’un acte de sororité, d’un lien silencieux entre femmes.
De retour à Sète, elle poursuit son engagement à distance : elle rejoint le groupe WhatsApp des Amazones pour suivre le procès au jour le jour et réalise seule un collage féministe sur une place de marché, resté plusieurs mois visible.
Le procès la bouleverse profondément. Elle dit avoir ressenti du dégoût, de la honte, et surtout une perte de confiance durable envers les hommes. Mais elle en retire aussi une conscience aiguë des rapports de domination et de la nécessité de croire la parole des femmes. Pour elle, la sororité est le versant féminin de la solidarité : accueillir chaque femme telle qu’elle est, au-delà des différences, pour s’épauler et se croire mutuellement.
Aujourd’hui, Émilie reste marquée par le procès, qu’elle décrit comme une épreuve mais aussi un tournant : une fin de naïveté et un début de lucidité. Elle dit avoir désormais « les bonnes lunettes » pour voir le patriarcat partout où il s’exerce, et elle espère que la honte a enfin commencé à changer de camp.
By Les Amazones d'Avignon« C’était un geste de sororité, simple, silencieux, mais important. »Émilie, 44 ans, vit à Sète. Mère de deux enfants, elle travaille dans le domaine de la pédagogie. Avant le procès Pélicot, elle ne se considérait pas comme militante : son féminisme était individuel, centré sur sa propre expérience d’injustice. Son engagement collectif naît peu à peu, notamment grâce à sa rencontre avec les Amazones d’Avignon, avec lesquelles elle participe ponctuellement à des actions comme les collages ou les manifestations contre les violences faites aux femmes.
Sa première expérience féministe forte remonte à un autre procès, celui d’un homme ayant violenté son ex-compagne, amie d’Émilie. Ce jour-là, elle découvre la violence symbolique et institutionnelle du système judiciaire, et comprend l’importance d’une présence féministe dans les tribunaux. C’est dans cette continuité qu’elle s’engage pour le procès Pélicot, qu’elle perçoit immédiatement comme un moment historique.
Habitant loin d’Avignon, elle pense d’abord ne pas pouvoir s’y rendre. Mais un imprévu professionnel lui laisse quelques jours libres : elle prend alors un billet de train et se rend spontanément aux audiences, animée par une impulsion viscérale. Elle raconte l’émotion d’assister à l’audition de Gisèle Pélicot et la frustration d’avoir été expulsée du tribunal pour avoir simplement tenté de montrer un panneau de soutien. Pour elle, ce geste, même invisible, relevait d’un acte de sororité, d’un lien silencieux entre femmes.
De retour à Sète, elle poursuit son engagement à distance : elle rejoint le groupe WhatsApp des Amazones pour suivre le procès au jour le jour et réalise seule un collage féministe sur une place de marché, resté plusieurs mois visible.
Le procès la bouleverse profondément. Elle dit avoir ressenti du dégoût, de la honte, et surtout une perte de confiance durable envers les hommes. Mais elle en retire aussi une conscience aiguë des rapports de domination et de la nécessité de croire la parole des femmes. Pour elle, la sororité est le versant féminin de la solidarité : accueillir chaque femme telle qu’elle est, au-delà des différences, pour s’épauler et se croire mutuellement.
Aujourd’hui, Émilie reste marquée par le procès, qu’elle décrit comme une épreuve mais aussi un tournant : une fin de naïveté et un début de lucidité. Elle dit avoir désormais « les bonnes lunettes » pour voir le patriarcat partout où il s’exerce, et elle espère que la honte a enfin commencé à changer de camp.