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« Ce que j’ai vu là-bas, c’était ma propre histoire : des hommes entre eux, complices, jouissant du corps d’une femme détruite. »
Valérie, connue sous le nom de Valérie Tender, vit au Québec. Militante et artiste abolitionniste, elle s’engage depuis 2017 contre la prostitution et la pornographie. Survivante de la prostitution, elle relie son combat à sa propre histoire de violences sexuelles et d’exploitation. Son parcours l’a conduite à tisser des liens forts avec des militantes européennes, notamment les Amazones d’Avignon, qu’elle considère comme des sœurs de lutte.
En 2024, elle entreprend une tournée de conférences en Europe, organisée avec des collectifs féministes. Hébergée par des femmes pour éviter les hôtels qui lui rappellent ses traumatismes, elle découvre l’existence du procès Pélicot et s’y rend à Avignon. Ce procès la bouleverse profondément : elle y voit le reflet exact de son vécu, notamment à travers Dominique Pélicot, qu’elle compare à son propre père, voyeur et abuseur. Elle dénonce la « culture pornoprostitutionnelle » dans laquelle ces crimes s’enracinent — un système où les hommes trouvent leur plaisir dans la destruction des femmes.
Valérie parle d’une « homophilie masculine » qui unit les hommes dans la violence et la complicité. Selon elle, la pornographie fabrique des hommes déviants, nourrit la misogynie et sert de fondement à la prostitution.
Elle raconte ensuite son histoire personnelle : son père, voyeur obsessionnel, l’a exposée à la pornographie dès l’enfance et est devenu plus tard son chauffeur lorsqu’elle était prostituée. Sa demande d’indemnisation a été rejetée par la justice québécoise, les faits étant antérieurs à la loi de 2021 qui reconnaît la prostitution comme une violence. Elle continue de se battre pour faire reconnaître ces crimes.
Valérie évoque également sa rupture avec sa famille, notamment avec sa mère qui n’a jamais voulu reconnaître les violences subies. Bisexuelle, elle choisit aujourd’hui de ne plus fréquenter d’hommes, par fidélité à ses convictions et par instinct de survie.
Pour elle, la sororité est une évidence : comprendre les femmes malgré leurs différences, se soutenir dans la douleur, éviter les divisions. Elle cite son amie Betty, emprisonnée au Maroc, comme modèle de courage et de solidarité féministe.
Enfin, Valérie conclut sur une note d’espérance : elle croit en la force de chaque femme pour transformer le monde, en commençant par se reconnecter à son corps et à son esprit. Pour elle, la lutte féministe passe par la guérison, la lucidité et la solidarité entre femmes.
By Les Amazones d'Avignon« Ce que j’ai vu là-bas, c’était ma propre histoire : des hommes entre eux, complices, jouissant du corps d’une femme détruite. »
Valérie, connue sous le nom de Valérie Tender, vit au Québec. Militante et artiste abolitionniste, elle s’engage depuis 2017 contre la prostitution et la pornographie. Survivante de la prostitution, elle relie son combat à sa propre histoire de violences sexuelles et d’exploitation. Son parcours l’a conduite à tisser des liens forts avec des militantes européennes, notamment les Amazones d’Avignon, qu’elle considère comme des sœurs de lutte.
En 2024, elle entreprend une tournée de conférences en Europe, organisée avec des collectifs féministes. Hébergée par des femmes pour éviter les hôtels qui lui rappellent ses traumatismes, elle découvre l’existence du procès Pélicot et s’y rend à Avignon. Ce procès la bouleverse profondément : elle y voit le reflet exact de son vécu, notamment à travers Dominique Pélicot, qu’elle compare à son propre père, voyeur et abuseur. Elle dénonce la « culture pornoprostitutionnelle » dans laquelle ces crimes s’enracinent — un système où les hommes trouvent leur plaisir dans la destruction des femmes.
Valérie parle d’une « homophilie masculine » qui unit les hommes dans la violence et la complicité. Selon elle, la pornographie fabrique des hommes déviants, nourrit la misogynie et sert de fondement à la prostitution.
Elle raconte ensuite son histoire personnelle : son père, voyeur obsessionnel, l’a exposée à la pornographie dès l’enfance et est devenu plus tard son chauffeur lorsqu’elle était prostituée. Sa demande d’indemnisation a été rejetée par la justice québécoise, les faits étant antérieurs à la loi de 2021 qui reconnaît la prostitution comme une violence. Elle continue de se battre pour faire reconnaître ces crimes.
Valérie évoque également sa rupture avec sa famille, notamment avec sa mère qui n’a jamais voulu reconnaître les violences subies. Bisexuelle, elle choisit aujourd’hui de ne plus fréquenter d’hommes, par fidélité à ses convictions et par instinct de survie.
Pour elle, la sororité est une évidence : comprendre les femmes malgré leurs différences, se soutenir dans la douleur, éviter les divisions. Elle cite son amie Betty, emprisonnée au Maroc, comme modèle de courage et de solidarité féministe.
Enfin, Valérie conclut sur une note d’espérance : elle croit en la force de chaque femme pour transformer le monde, en commençant par se reconnecter à son corps et à son esprit. Pour elle, la lutte féministe passe par la guérison, la lucidité et la solidarité entre femmes.