Ayant grandie en banlieue parisienne, à Saint-Cyr L’école, une petite ville des Yvelines, Hannah a assisté à sa mutation assez spectaculaire. Enclenchée au début des années 2000, et qui s’accélère depuis, Hannah se souvient de l’enthousiasme de ses proches à l’idée de voir leur ville se développer, notamment avec l’installation d’un supermarché en face de chez elle.
Quelque temps après, elle a été mise au courant du premier départ d’un de ses copains d’école. Il partait vivre ailleurs, avec ses parents, car leur maison avait été rachetée à prix d’or. A sa place fleurissait de grandioses “Villa Carla”, “Villa Annabella”, toutes identiques. Le bâti ancien a ainsi commencé à être gommé, oublié et la ville s’est uniformisée, à coup de bâtiments de catalogues. Puis c’est au tour de ses parents, de recevoir des coups de fils de promoteurs, c’est acté : ils veulent la maison.
Ses parents refusent, une fois, deux fois mais les appels continuent. C’est à ce moment-là que les doutes arrivent : ”Allons-nous être les seuls à refuser ? Allons-nous être la seule maison restante au milieu d’immeubles ? Et finalement, si ce n’était pas le moment de partir ?”
Partant de constats personnels alarmants, son expérience l’a amené à envisager le réemploi comme une alternative à nos modes actuels de production de la ville. Aujourd’hui architecte, Hannah se confronte aux questions techniques, économiques, sociologiques, sémantiques et architecturales que le réemploi dans le monde de la construction soulève. Elle nous raconte l’histoire de sa maison et les réflexions qu’elle a entamé à ce moment-là.