Ervé se révèle être un écrivain, un vrai, qui sait être tour à tour poétique et cru. "Cas social de naissance" comme il se présente lui-même, enfant de la DASS, puis SDF, Ervé a toujours eu en lui la passion miraculeuse de l'écriture. Refuge d'autant plus vital quand Ervé a vécu dans la rue. En une cinquantaine de fragments, Ervé raconte d'où il vient, son enfance sans père ni mère dans le Nord de la France, un fardeau qui l'a poussé inexorablement vers la marginalité et la vie dans la rue dont il parle avec une foudroyante lucidité. Les pages les plus émouvantes sont consacrées aux deux filles d'Ervé, Élise et Lou, et à leur mère ! Ça peut paraître fou mais vivre dans la rue n'empêche pas les rencontres ni l'amour. Une femme, Claire, a voulu arracher Ervé à sa marginalité. Mais, lui qui n'a jamais connu de vie de famille est incapable d'en construire une. L'appel de la rue reste le plus fort même si le lien affectif avec celles qu'il surnomme ses deux poumons est intact.