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Or


À l’approche de cette fête de Noël, une histoire juive me revient en mémoire. Elle est racontée par ce grand écrivain francophone que fut Edmond Fleg, un des principaux fondateurs de l’Amitié judéo-chrétienne.
Dans un de ses livres intitulé Jésus raconté par le Juif Errant, Edmond Fleg affirme que tout Juif, qu’il soit croyant ou non, qu’il le sache ou qu’il l’ignore, espère la venue du Messie d’Israël. Selon lui non seulement cette espérance est indéracinable, mais elle se fait d’autant plus forte que les malheurs s’acharnent sur le peuple juif. À l’appui de cette affirmation, il cite un passage du Talmud méditant sur la ruine du Temple de Jérusalem. Quatre rabbins gravissent ensemble la montagne où se dressait autrefois le Temple dans sa splendeur, et qui n’est plus maintenant que désolation. Et voici le récit :
Nous venions d’apercevoir un chacal, bondissant hors du Saint des Saints en ruine. Nous pleurions. Mais [l’un d’entre nous, Rabbi] Akiba, riait.
Nous lui demandions : « Pourquoi ris-tu ? » Il nous demandait : « Pourquoi pleurez-vous ? »
« Eh quoi ? [lui répondions-nous] Du saint lieu nous voyons bondir le chacal, et nous ne pleurerions pas ? »
« C’est justement pourquoi je ris, répondit Akiba. [Un prophète] a dit : "Jérusalem ne sera plus qu’un monceau de décombres" ; et [un autre prophète a dit plus tard] : "de nouveau, sur les places de Jérusalem, les vieux et les vieilles s’assoiront, leurs bâtons à la main, et les filles avec les garçons, danseront leurs danses". Tant que la première de ces paroles ne s’était pas réalisée, je pouvais douter de l’autre ; mais maintenant qu’elle s’est montrée véridique, dans la seconde aussi je vois la certitude ! »
À l’image de l’espérance d’Abraham, l’espérance d’Israël a appris dans les épreuves à tenir ferme « contre toute espérance » selon l’expression de l’épître aux Romains. Au terme d’une année si éprouvante et si difficile, je vous souhaite d’y penser en priant devant la crèche. J’y pensais moi-même tout récemment devant les restes calcinés de l’abbaye Saint-Georges sur laquelle nous avions fondé tant d’espoirs que l’incendie faisait partir en fumée. Abraham, notre père dans la foi, sans qui l’Enfant Dieu ne serait pas né tant de siècles plus tard. Abraham, notre père devant Celui en qui il a cru, qui « donne la vie aux morts et appelle le néant à l’existence » : « Espérant contre toute espérance, il tint ferme… Devant la promesse divine, il ne succomba pas au doute mais il fut fortifié par la foi et il rendit gloire à Dieu » (Romains 4, 17-20).
Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
By Mgr Francis BestionÀ l’approche de cette fête de Noël, une histoire juive me revient en mémoire. Elle est racontée par ce grand écrivain francophone que fut Edmond Fleg, un des principaux fondateurs de l’Amitié judéo-chrétienne.
Dans un de ses livres intitulé Jésus raconté par le Juif Errant, Edmond Fleg affirme que tout Juif, qu’il soit croyant ou non, qu’il le sache ou qu’il l’ignore, espère la venue du Messie d’Israël. Selon lui non seulement cette espérance est indéracinable, mais elle se fait d’autant plus forte que les malheurs s’acharnent sur le peuple juif. À l’appui de cette affirmation, il cite un passage du Talmud méditant sur la ruine du Temple de Jérusalem. Quatre rabbins gravissent ensemble la montagne où se dressait autrefois le Temple dans sa splendeur, et qui n’est plus maintenant que désolation. Et voici le récit :
Nous venions d’apercevoir un chacal, bondissant hors du Saint des Saints en ruine. Nous pleurions. Mais [l’un d’entre nous, Rabbi] Akiba, riait.
Nous lui demandions : « Pourquoi ris-tu ? » Il nous demandait : « Pourquoi pleurez-vous ? »
« Eh quoi ? [lui répondions-nous] Du saint lieu nous voyons bondir le chacal, et nous ne pleurerions pas ? »
« C’est justement pourquoi je ris, répondit Akiba. [Un prophète] a dit : "Jérusalem ne sera plus qu’un monceau de décombres" ; et [un autre prophète a dit plus tard] : "de nouveau, sur les places de Jérusalem, les vieux et les vieilles s’assoiront, leurs bâtons à la main, et les filles avec les garçons, danseront leurs danses". Tant que la première de ces paroles ne s’était pas réalisée, je pouvais douter de l’autre ; mais maintenant qu’elle s’est montrée véridique, dans la seconde aussi je vois la certitude ! »
À l’image de l’espérance d’Abraham, l’espérance d’Israël a appris dans les épreuves à tenir ferme « contre toute espérance » selon l’expression de l’épître aux Romains. Au terme d’une année si éprouvante et si difficile, je vous souhaite d’y penser en priant devant la crèche. J’y pensais moi-même tout récemment devant les restes calcinés de l’abbaye Saint-Georges sur laquelle nous avions fondé tant d’espoirs que l’incendie faisait partir en fumée. Abraham, notre père dans la foi, sans qui l’Enfant Dieu ne serait pas né tant de siècles plus tard. Abraham, notre père devant Celui en qui il a cru, qui « donne la vie aux morts et appelle le néant à l’existence » : « Espérant contre toute espérance, il tint ferme… Devant la promesse divine, il ne succomba pas au doute mais il fut fortifié par la foi et il rendit gloire à Dieu » (Romains 4, 17-20).
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