✝️ Credo

Est descendu aux enfers


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« Crucifié, mort et enseveli : il est descendu aux enfers » — le salut jusqu’au cœur de la mort

Le Credo insiste avec force sur le réalisme de la mort de Jésus : crucifié, mort, enseveli, et descendu aux enfers. Ces précisions ne sont ni accessoires ni symboliques. Elles disent jusqu’où Dieu est allé pour sauver l’homme — jusque dans l’expérience intégrale de la mort.

La mort du Christ s’inscrit au cœur de la Pâque juive, mémoire de la libération d’Israël hors de l’esclavage d’Égypte. Selon la chronologie de l’Évangile de Jean, Jésus meurt au moment même où l’on immole les agneaux dans le Temple : il est l’Agneau véritable, celui qui porte le péché du monde. Sa mort n’est pas accidentelle : elle accomplit l’Écriture et révèle le sens ultime de l’Alliance.

Déposé hâtivement dans le tombeau avant l’entrée du sabbat, le corps de Jésus connaît le grand silence du Samedi saint. Cette mise au tombeau affirme sans équivoque la réalité de sa mort : Jésus ne feint pas, ne joue pas la mort, ne disparaît pas symboliquement. Il meurt réellement dans son humanité. Son corps inanimé repose dans le tombeau, sans perdre toutefois l’union à sa divinité — raison pour laquelle il ne connaîtra pas la corruption.

Mais le Credo va plus loin encore : « il est descendu aux enfers ». Cette affirmation ouvre un mystère souvent mal compris. Les « enfers » — au sens biblique du Shéol — ne désignent pas l’enfer de damnation, mais l’état d’existence où les morts sont privés de la vision de Dieu. C’est là que descendaient, avant le Christ, justes et injustes indistinctement.

En entrant dans la mort, le Christ descend jusque dans ce lieu d’absence de Dieu. Il va rejoindre l’humanité captive depuis l’origine, enfermée par le péché et la mort. Selon la prédication apostolique, il y libère les justes de l’Ancien Testament : patriarches, prophètes, tous ceux qui vivaient dans l’attente de la promesse. Les portes de la mort sont brisées de l’intérieur.

La descente aux enfers manifeste l’extrême profondeur de l’abaissement du Fils et prépare son exaltation. Toute la mission du Christ se déploie comme une grande descente — du Père jusqu’aux enfers — suivie d’un relèvement glorieux. Désormais, la mort est transformée : elle n’est plus une prison close, mais un passage ouvert par le Christ.

C’est là une bonne nouvelle radicale : aucun lieu de l’existence humaine n’échappe au salut. Même la mort est visitée, traversée, vaincue. À partir de la Pâque, la destinée humaine est définitivement partagée : le refus définitif de Dieu mène à l’enfermement sur soi qu’est l’enfer au sens strict, tandis que l’accueil du salut ouvre à la communion avec Dieu, au paradis.

Confesser que le Christ est « mort et descendu aux enfers », c’est proclamer que le salut ne s’arrête pas aux limites du visible et du vivant. Il rejoint l’homme là où nul ne pouvait plus descendre pour l’en délivrer.

🎙️ Un podcast des dominicains de Bordeaux

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✝️ CredoBy Dominicains de Bordeaux