P: Bonjour fabian !
F: Bonjour Pablo ! C'est bizarre qu'il n'y ai pas de musique. Ah voilà !
Sud Radio, la Minute du Coach.
P: Si, si elle a reconnu nos voix, elle arrive. C'est l'heure de la minute du coach sur Sud Radio. Soyez toutes et tous les bienvenus. Etes-vous bas de plafond ?
F: Etes-vous bas de plafond ? Oui !
P: On n'y va pas de main morte hein ?
F: Non ! Cette idée de minutes me vient d'un échange que j'ai eu hier avec un ami, qui m'expose la situation suivante et dans laquelle certains auditeurs risquent fort de se retrouver. Il me dit voilà je suis pas très heureux dans mon travail. Il est maçon de formation, il n'a pas beaucoup de diplômes. Je suis convaincu qu'aujourd'hui, avoir un diplôme est certes un atout mais pas forcément toujours. Mais soit, lui il le prends comme un handicap et il n'est pas très heureux dans sa fonction et il aimerait en changer mais il n'en change pas. Pourquoi ? Parce que ce métier est stable, cela lui offre une sécurité financière, une grande stabilité.
P: Il n'est pas épanoui.
F: Mais il n'est pas épanoui. Et donc il est complètement coincé, il se sent coincé pour être plus juste et quand je j'évoque dans le titre la notion de "bas de plafond", en réalité je pense au plafond de verre et aux limites que nous nous prescrivons nous mêmes.
C'est exactement ce qu'il fait. Il se prescrit limites et il me dit, il me décrète, il me déclare: à partir du moment où j'ai un travail sécurisant financièrement même si je ne l'aime pas je ne prends pas le risque d'en changer. A quoi j'ai rétorqué : cet argument pourrait tenir si tu étais immortel, mais justement si tu étais immortel, il ne tiendrait absolument pas mais à partir du moment où tu es mortel, finit, alors ne pas être fou est une folie pure. Alors être raisonnable est absolument, parfaitement, déraisonnable. Et ce que je veux pointer ici c'est la
faculté que nous pouvons avoir parfois à nous prescrire des limites qui sont
impossibles à dépasser dès que la limite vient de moi.
En tant que coach, je suis désemparé face à un de mes clients qui se fixe lui même la limite et qui n'est absolument pas prêt à transpercer ce plafond de verre.
P: Que faut-il faire alors ? Sortir de sa zone de confort ?
F: Oui et déjà, je l'ai souvent pointé à ce micro: changer les mots. Par exemple il me dit: "Je suis quelqu'un qui a besoin de sécurité". C'est pas exactement les mots mais ça aurait pu être ça.
P: C'est l'idée
F: Et je lui dis tiens quelle est la couleur de tes yeux.Alors je vais le faire avec toi Pablo, quelle est la couleur de tes yeux ?
P: brun
F: Et bien, tu peux dire : "Bonjour, je suis Pablo, j'ai les yeux bruns". Ça tu peux dire. Quelle est ta taille ? Tu mesures combien Pablo ?
P: 1 m 70
F: 1 mètre 70. Tu peux dire: "je suis Pablo, je mesure 1 mètre 70". Et encore tu pourras pas le dire toute ta vie parce qu'à un moment donné tu vas sûrement te tasser. Mais si tu dis
par exemple: "Je suis Pablo, je suis soupe au lait", moi en tant que coach je vais dire: "non, ça ça ne tient pas". Parce que, que tes yeux soient brun, que tu mesures 1 mètre 70 certes. Que tu sois soupe au lait, ça mon ami, ça peut se travailler mais à partir du moment où tu le décrète avec le verbe être : je suis, Pablo, la personne soupe au lait, moi là dessus contre ça je ne puis
rien du tout. C'est une limite quasiment infranchissable donc tout commence par le langage.Et ici il m'expliquait en somme, je lui dis d'ailleurs, tu es comme la mouche au fond du bocal elle ne sait pas qu'il suffit de monter à la verticale pour s'en extraire. Tu ne le sais pas non plu, tu t'imposes une limite que aucun coach ne pourra te permettre de franchir tant que tu ne l'aura pas décidé.