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Grimper à ton niveau max : technique contre la peur


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Aujourd’hui, je te fais une vidéo pour partager avec toi une méthode assez bluffante que j’ai, non pas découverte, mais redécouverte, ce week-end en falaise. C'est une méthode qui va t’aider à te libérer du stress, quand tu te prépares à grimper une voie au-dessus de ton niveau max. Cette méthode marche super bien, c'est un truc de fou !
 
La méthode anti-peur que j'ai découverte en grande voie
 
En fait, cette technique, je l’avais découverte malgré moi, il y a quelques années. Laisse-moi te raconter comment. J’étais en grande voie. J’étais avec ma partenaire de grimpe. On décide de partir sur une voie qui était censée être dans le 6B, si je me rappelle bien. C’était déjà un peu notre niveau max.
On monte, on monte et à un moment donné, on se retrouve à un endroit où il y a plein de relais. C’est une grosse vire et là on s’aperçoit que la voie qu’on veut faire est fermée. Pourquoi ? Parce qu’il y avait un arbre qui menaçait de s’écrouler. Donc il y avait un écriteau qui disait : « Tu ne peux pas y aller ». En bref, tu te débrouilles comme tu  veux, mais tu ne peux pas passer par là.
On sort le topo et on regarde. Autour de nous, eh ben, on n’avait rien de plus facile. En fait, c’était la voie la plus facile de ce secteur. C’est-à-dire qu’il y avait peut-être possibilité de traverser comme ça à l’horizontale sur la vire et de sortir plus loin... Mais on n’était pas sûrs. C’était sablonneux. C’était un peu pourri.
Évidemment, pour corser le tout, le soleil commençait à se coucher. On était pris par le temps. Il nous restait à peu près une heure de jour et au-dessus de nous on avait que du 6C. On est là, on se regarde... En gros, il n’y a pas 36 000 solutions. Il fallait partir dans le 6C et il fallait le sortir parce qu’il allait bientôt faire nuit et qu’on était là, coincés, comme des idiots. On ne pouvait même pas redescendre parce qu’il n’y avait pas de lignes de rappels en dessous de nous.
 
J'ai dû me concentrer sur le temps...
 
J’ai pris mon courage à deux mains et je suis parti. J’étais tellement dans la volonté de sortir vite, j’étais tellement concentré sur la variable temps parce que je voyais le soleil qui déclinait et qu’il fallait absolument sortir avant la nuit, que j’ai grimpé ce 6C sans m’en rendre compte. Je me suis rendu compte que j'étais dans un 6C bien sûr, mais j'étais tellement focus sur le temps et sur l'action avec en tête : " Il faut passer coûte que coûte " que j'ai tiré. Et que finalement, c'est passé.
En fait, je suis passé et je n’ai pas vraiment tiré au point (un petit peu, mais bon pas tant que ça). Je l’ai passé. Je l’ai sorti sans avoir peur. Sans toute la pression qui irait autour d’un 6C en grande voie. Parce que c’était vraiment mon niveau max à l’époque. Sans ça, je ne me serais pas lancé dedans. Si je l’avais fait, ça m’aurait vraiment stressé. Le soir, j’étais vraiment hyper content et hyper fier de moi. Mais sur le coup, je n’ai pas bien réalisé ce qu’il s’était passé. Je croyais que c’était juste une énorme performance.
Après coup, j’ai commencé à y réfléchir. Ça a été un peu le déclencheur de tout ce qui a suivi. C’est-à-dire de toute ma recherche de compréhension par rapport au mental en escalade. Plus tard, je suis allé voir un coach : un coach sportif d’escalade. Je lui ai raconté toute l'histoire. Pour moi, c'est de là que tout est parti. C’est comme ça que j’ai commencé à évoluer sur le mental. Je me retrouve aujourd’hui à avoir fait des progrès énormes alors que je grimpe même moins qu’à l’époque. Je n’ai toujours pas fait de muscu, je n’ai toujours pas fait d'entraînements spécifiques avec un plan sur plusieurs mois. J’ai juste amélioré mon mental. Aujourd’hui, je me fais tous les jours un petit peu plus plaisir. C’est juste un truc de malade !
Du coup, ce que j’ai fait ce week-end, c’est que j’ai recréé volontairement cette expérience.
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