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Un rêve du petit matin, resté dans ma mémoire tandis que je me réveillais. Rêve de vie politique, que suscite probablement cette période d'élection, mais où apparaissent, brouillés ou non, d'autres élements, déliés de ce contexte : Marie-Claire, rencontrée il y a quelques semaines lors de ma randonnée dans le désert, avec laquelle j'échangeais, il y a deux jours, à propos de la musique de Gurdjieff et qui apparaît ici jouant avec des CD-roms [!], mais aussi, pesant sur le rêve comme une interrogation à battre et à rebattre, la question lancinante au bureau de savoir s'il est préférable, quand on modifie un texte, de faire apparaître clairement les modifications ou s'il vaut mieux livrer un document propre et à lire d'un oeil neuf.
Puis, traversant tout cela, l'extraordinaire prétention du rêveur (comme on dirait le narrateur), qui apparaît dans l'ensemble du rêve et de son récit mais éclate tout spécialement à la fin, quand je m'interroge en mon for intérieur (et sans oser, me semble-t-il, exposer publiquement le choix) sur la question de savoir qui, d'Edgard Pisani ou de moi, devra signer la tribune publiée dans Le Monde.
"Apprendre à s'effacer", me disait hier l'aimée. Le chemin n'est pas encore terminé...