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â ïž Cet article contient des spoilers !
đ§ Dans la version audio, retrouvez une analyse de chaque Ă©pisode.
Synopsis
Et si Tarzan et Jane, Ulysse et Pénélope ou encore Roméo et Juliette se lançaient dans une thérapie pour sauver leur couple ?
đŹ Fiche technique
Ils vĂ©curent heureux est une comĂ©die de 8x3â diffusĂ©e dĂšs le 11 fĂ©vrier 2026 sur la plateforme TV5MONDE+ et chaque soir du 12 au 19 fĂ©vrier, sur TV5MONDE.
* Production : Lou Delbarre et Yann Goazempis, de NOON (KABO STORY,) et TV5MONDE.
* Scénario et réalisation : Juliette Fayet
đ Avec : Roxane Bret (Juliette & Jane), Johann Cuny (Tarzan & Ulysse), Juliette Fayet (Carmen & Emma Bovary), Bertrand Goncalves (Roi Arthur & Charles Bovary), Sidi Mejai (Lancelot, Don JosĂ© & Le Prince Florian), InĂšs Melab (PĂ©nĂ©lope & Eve) , Fanny Ruwet (GueniĂšvre & Blanche Neige), Noam Sinseau (RomĂ©o & Adam) et la voix dâAnne-Clotilde Rampon (la psy).
đ Audiences : Pas dâinfo sur les audiences.
đ Analyse
Un concept fort : la démythification par la thérapie
La sĂ©rie Ils vĂ©curent heureux repose sur un principe simple et efficace : confronter des couples mythiques Ă une thĂ©rapie conjugale contemporaine. Le dĂ©calage entre figures patrimoniales et langage actuel constitue le moteur comique principal.Chaque Ă©pisode transpose un couple iconique, de RomĂ©o et Juliette Ă Blanche-Neige, dans un cadre contemporain : le cabinet dâune psy.
* Démythification : les passions tragiques deviennent des problÚmes de communication.
* Anachronisme assumé : visio pour Ulysse, sexto pour Emma Bovary, langage et expressions de jeunes pour Roméo et Juliette.
* Universalité des problématiques : fidélité, jalousie, routine, dépendance affective, précipitation.
LâidĂ©e est forte et immĂ©diatement exploitable en comĂ©die courte.
Une lecture contemporaine des dynamiques de couple
DerriÚre la comédie, la série esquisse une cartographie des tensions amoureuses modernes :
* Intensité fusionnelle (Roméo & Juliette)
* Couple ouvert et désir latent (Arthur / GueniÚvre / Lancelot)
* Relation à distance et infidélité (Ulysse & Pénélope)
* Désillusion romantique (Emma & Charles)
* Fantasme vs. réalité (Tarzan & Jane)
* Liberté vs. possession (Carmen & Don José)
* Routine originelle (Adam & Ăve)
* Précipitation amoureuse (Blanche-Neige & le Prince)
On pourrait aller encore plus loin en reliant ces couples Ă de vĂ©ritables styles dâattachement ou Ă des schĂ©mas relationnels identifiĂ©s en psychologie. Cela donnerait une couche analytique supplĂ©mentaire et renforcerait la cohĂ©rence globale.
Les mécaniques comiques dominantes
Les ressorts qui fonctionnent le mieux:
* Ironie dramatique : le spectateur comprend ce que le personnage ignore (triangle Roi Arthur / GueniĂšvre / Lancelot).
* Comique de caractÚre : naïveté de Charles Bovary, de Blanche-neige et le prince, intensité adolescente de Roméo et Juliette.
* Jeu corporel : particuliĂšrement efficace dans Tarzan & Jane.
* Inversion dâautoritĂ© : la psy perd parfois le contrĂŽle (RomĂ©o & Juliette, Carmen & Don JosĂ©).
Ces épisodes fonctionnent quand le conflit est clair, lisible et incarné physiquement.
Les limites :
* Episodes souvent assez bavards : plusieurs scĂšnes expliquent plus quâelles ne montrent.
* Ressorts répétitifs : infidélités, naïveté, frustration sexuelle.
* Sous-texte parfois insuffisamment exploitĂ© : certains renversements pourraient ĂȘtre plus poussĂ©s.
* DĂ©pendance Ă la rĂ©fĂ©rence culturelle : sans connaĂźtre Madame Bovary ou le mythe dâUlysse, une partie du comique sâattĂ©nue.
La sĂ©rie est souvent plus efficace quand elle sâappuie sur le jeu et le visuel plutĂŽt que sur lâexplication verbale.
La psy, personnage-pivot mais peu incarné
La psy sert de point dâancrage contemporain, de porte dâentrĂ©e pour le spectateur et est rĂ©vĂ©lateur des contradictions.
Mais son statut reste parfois flou :
* Elle est tantĂŽt compĂ©tente, tantĂŽt elle-mĂȘme objet de comique ayant un comportement peu professionnel (acceptant le flirt de Carmen et les conseils de RomĂ©o et Juliette au sujet de son propre couple).
* Elle pourrait proposer plus dâexercices concrets.
* Il aurait Ă©tĂ© intĂ©ressant quâelle soit encore plus incarnĂ©e, quâelle ait des mĂ©thodes peu orthodoxes, quâelle soit trop impliquĂ©e et quâelle prenne partie.
Elle fonctionne comme point dâancrage mais aurait mĂ©ritĂ© a ĂȘtre un peu plus caractĂ©risĂ©e.
Quelle cible ?
La sĂ©rie semble viser un public young-adulte (rĂ©fĂ©rences sexuelles, satire conjugale) et public cultivĂ© (rĂ©fĂ©rences littĂ©raires et mythologiques), une cible finalement assez niche. La dĂ©pendance aux rĂ©fĂ©rences peut restreindre lâaccessibilitĂ©. Certains Ă©pisodes sont immĂ©diatement comprĂ©hensibles (Blanche-Neige, Arthur), dâautres nĂ©cessitent une culture littĂ©raire plus solide (Emma Bovary).
Forces :
* Concept clair et fort !
* Le générique !
* Bons comédiens !
* Costumes réussis !
* Démythification efficace.
* Des chutes réussies.
Limites :
* Ăpisodes parfois trop longs : Le format peine parfois Ă maintenir pleinement lâattention du spectateur. Un dĂ©coupage en sketchs plus courts (45 secondes Ă 1 min 30), alternant plusieurs couples au sein dâun mĂȘme Ă©pisode, aurait peut-ĂȘtre permis de dynamiser le rythme et de renforcer lâefficacitĂ© comique.
* AprĂšs lâexposition du conflit, certains Ă©pisodes peinent Ă se renouveler, donnant une impression de linĂ©aritĂ© et de prĂ©visibilitĂ©.
* Certains Ă©pisodes se rĂ©vĂšlent plus aboutis que dâautres, notamment parce que plusieurs reposent sur des ressorts comiques similaires (infidĂ©litĂ©, naĂŻvetĂ©).
* Une psy qui aurait pu ĂȘtre plus incarnĂ©e.
Questions qui restent en suspens :
* Pourquoi ces personnages en particulier ? Sâagit-il uniquement dâun choix narratif ou existe-t-il aussi des contraintes ou enjeux de droits derriĂšre cette sĂ©lection ?
* Pourquoi avoir opté pour un langage contemporain uniforme ? Ce choix crée un décalage comique efficace, mais pourquoi ne pas avoir exploré les registres linguistiques propres à chaque époque ?
* Pourquoi ne pas situer clairement lâĂ©poque de la thĂ©rapie ? Ancrer la sĂ©rie dans un contexte temporel prĂ©cis aurait pu renforcer certains enjeux (actualitĂ© politique dans lâĂ©pisode Carmen & Don JosĂ©, question du consentement dans Blanche-Neige, etc.) et donner davantage de cohĂ©rence Ă lâunivers.
* Pourquoi les couples quittent-ils systématiquement la séance sans payer ?
Conclusion
Ils vĂ©curent heureux fonctionne particuliĂšrement bien quand la sĂ©rie assume pleinement son absurditĂ© et son anachronisme visuel. Elle perd un peu en puissance lorsquâelle explicite trop ses enjeux au lieu de les faire exister par le jeu.Le concept est solide. Il gagnerait Ă ĂȘtre encore plus tranchant et plus psychologiquement structurĂ©. On en redemande : davantage de couples, davantage de situations, tant le format court, encore trop rare sur nos chaĂźnes linĂ©aires, mĂ©rite dâĂȘtre explorĂ©. Une proposition stimulante, portĂ©e par des comĂ©diens aguerris, qui donne envie dâaller plus loin.
Regardez-lĂ ICI
By ChloĂ© Storchâ ïž Cet article contient des spoilers !
đ§ Dans la version audio, retrouvez une analyse de chaque Ă©pisode.
Synopsis
Et si Tarzan et Jane, Ulysse et Pénélope ou encore Roméo et Juliette se lançaient dans une thérapie pour sauver leur couple ?
đŹ Fiche technique
Ils vĂ©curent heureux est une comĂ©die de 8x3â diffusĂ©e dĂšs le 11 fĂ©vrier 2026 sur la plateforme TV5MONDE+ et chaque soir du 12 au 19 fĂ©vrier, sur TV5MONDE.
* Production : Lou Delbarre et Yann Goazempis, de NOON (KABO STORY,) et TV5MONDE.
* Scénario et réalisation : Juliette Fayet
đ Avec : Roxane Bret (Juliette & Jane), Johann Cuny (Tarzan & Ulysse), Juliette Fayet (Carmen & Emma Bovary), Bertrand Goncalves (Roi Arthur & Charles Bovary), Sidi Mejai (Lancelot, Don JosĂ© & Le Prince Florian), InĂšs Melab (PĂ©nĂ©lope & Eve) , Fanny Ruwet (GueniĂšvre & Blanche Neige), Noam Sinseau (RomĂ©o & Adam) et la voix dâAnne-Clotilde Rampon (la psy).
đ Audiences : Pas dâinfo sur les audiences.
đ Analyse
Un concept fort : la démythification par la thérapie
La sĂ©rie Ils vĂ©curent heureux repose sur un principe simple et efficace : confronter des couples mythiques Ă une thĂ©rapie conjugale contemporaine. Le dĂ©calage entre figures patrimoniales et langage actuel constitue le moteur comique principal.Chaque Ă©pisode transpose un couple iconique, de RomĂ©o et Juliette Ă Blanche-Neige, dans un cadre contemporain : le cabinet dâune psy.
* Démythification : les passions tragiques deviennent des problÚmes de communication.
* Anachronisme assumé : visio pour Ulysse, sexto pour Emma Bovary, langage et expressions de jeunes pour Roméo et Juliette.
* Universalité des problématiques : fidélité, jalousie, routine, dépendance affective, précipitation.
LâidĂ©e est forte et immĂ©diatement exploitable en comĂ©die courte.
Une lecture contemporaine des dynamiques de couple
DerriÚre la comédie, la série esquisse une cartographie des tensions amoureuses modernes :
* Intensité fusionnelle (Roméo & Juliette)
* Couple ouvert et désir latent (Arthur / GueniÚvre / Lancelot)
* Relation à distance et infidélité (Ulysse & Pénélope)
* Désillusion romantique (Emma & Charles)
* Fantasme vs. réalité (Tarzan & Jane)
* Liberté vs. possession (Carmen & Don José)
* Routine originelle (Adam & Ăve)
* Précipitation amoureuse (Blanche-Neige & le Prince)
On pourrait aller encore plus loin en reliant ces couples Ă de vĂ©ritables styles dâattachement ou Ă des schĂ©mas relationnels identifiĂ©s en psychologie. Cela donnerait une couche analytique supplĂ©mentaire et renforcerait la cohĂ©rence globale.
Les mécaniques comiques dominantes
Les ressorts qui fonctionnent le mieux:
* Ironie dramatique : le spectateur comprend ce que le personnage ignore (triangle Roi Arthur / GueniĂšvre / Lancelot).
* Comique de caractÚre : naïveté de Charles Bovary, de Blanche-neige et le prince, intensité adolescente de Roméo et Juliette.
* Jeu corporel : particuliĂšrement efficace dans Tarzan & Jane.
* Inversion dâautoritĂ© : la psy perd parfois le contrĂŽle (RomĂ©o & Juliette, Carmen & Don JosĂ©).
Ces épisodes fonctionnent quand le conflit est clair, lisible et incarné physiquement.
Les limites :
* Episodes souvent assez bavards : plusieurs scĂšnes expliquent plus quâelles ne montrent.
* Ressorts répétitifs : infidélités, naïveté, frustration sexuelle.
* Sous-texte parfois insuffisamment exploitĂ© : certains renversements pourraient ĂȘtre plus poussĂ©s.
* DĂ©pendance Ă la rĂ©fĂ©rence culturelle : sans connaĂźtre Madame Bovary ou le mythe dâUlysse, une partie du comique sâattĂ©nue.
La sĂ©rie est souvent plus efficace quand elle sâappuie sur le jeu et le visuel plutĂŽt que sur lâexplication verbale.
La psy, personnage-pivot mais peu incarné
La psy sert de point dâancrage contemporain, de porte dâentrĂ©e pour le spectateur et est rĂ©vĂ©lateur des contradictions.
Mais son statut reste parfois flou :
* Elle est tantĂŽt compĂ©tente, tantĂŽt elle-mĂȘme objet de comique ayant un comportement peu professionnel (acceptant le flirt de Carmen et les conseils de RomĂ©o et Juliette au sujet de son propre couple).
* Elle pourrait proposer plus dâexercices concrets.
* Il aurait Ă©tĂ© intĂ©ressant quâelle soit encore plus incarnĂ©e, quâelle ait des mĂ©thodes peu orthodoxes, quâelle soit trop impliquĂ©e et quâelle prenne partie.
Elle fonctionne comme point dâancrage mais aurait mĂ©ritĂ© a ĂȘtre un peu plus caractĂ©risĂ©e.
Quelle cible ?
La sĂ©rie semble viser un public young-adulte (rĂ©fĂ©rences sexuelles, satire conjugale) et public cultivĂ© (rĂ©fĂ©rences littĂ©raires et mythologiques), une cible finalement assez niche. La dĂ©pendance aux rĂ©fĂ©rences peut restreindre lâaccessibilitĂ©. Certains Ă©pisodes sont immĂ©diatement comprĂ©hensibles (Blanche-Neige, Arthur), dâautres nĂ©cessitent une culture littĂ©raire plus solide (Emma Bovary).
Forces :
* Concept clair et fort !
* Le générique !
* Bons comédiens !
* Costumes réussis !
* Démythification efficace.
* Des chutes réussies.
Limites :
* Ăpisodes parfois trop longs : Le format peine parfois Ă maintenir pleinement lâattention du spectateur. Un dĂ©coupage en sketchs plus courts (45 secondes Ă 1 min 30), alternant plusieurs couples au sein dâun mĂȘme Ă©pisode, aurait peut-ĂȘtre permis de dynamiser le rythme et de renforcer lâefficacitĂ© comique.
* AprĂšs lâexposition du conflit, certains Ă©pisodes peinent Ă se renouveler, donnant une impression de linĂ©aritĂ© et de prĂ©visibilitĂ©.
* Certains Ă©pisodes se rĂ©vĂšlent plus aboutis que dâautres, notamment parce que plusieurs reposent sur des ressorts comiques similaires (infidĂ©litĂ©, naĂŻvetĂ©).
* Une psy qui aurait pu ĂȘtre plus incarnĂ©e.
Questions qui restent en suspens :
* Pourquoi ces personnages en particulier ? Sâagit-il uniquement dâun choix narratif ou existe-t-il aussi des contraintes ou enjeux de droits derriĂšre cette sĂ©lection ?
* Pourquoi avoir opté pour un langage contemporain uniforme ? Ce choix crée un décalage comique efficace, mais pourquoi ne pas avoir exploré les registres linguistiques propres à chaque époque ?
* Pourquoi ne pas situer clairement lâĂ©poque de la thĂ©rapie ? Ancrer la sĂ©rie dans un contexte temporel prĂ©cis aurait pu renforcer certains enjeux (actualitĂ© politique dans lâĂ©pisode Carmen & Don JosĂ©, question du consentement dans Blanche-Neige, etc.) et donner davantage de cohĂ©rence Ă lâunivers.
* Pourquoi les couples quittent-ils systématiquement la séance sans payer ?
Conclusion
Ils vĂ©curent heureux fonctionne particuliĂšrement bien quand la sĂ©rie assume pleinement son absurditĂ© et son anachronisme visuel. Elle perd un peu en puissance lorsquâelle explicite trop ses enjeux au lieu de les faire exister par le jeu.Le concept est solide. Il gagnerait Ă ĂȘtre encore plus tranchant et plus psychologiquement structurĂ©. On en redemande : davantage de couples, davantage de situations, tant le format court, encore trop rare sur nos chaĂźnes linĂ©aires, mĂ©rite dâĂȘtre explorĂ©. Une proposition stimulante, portĂ©e par des comĂ©diens aguerris, qui donne envie dâaller plus loin.
Regardez-lĂ ICI