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Fin 2024, la région Île-de-France comptait 1,3 million de personnes mal-logées' et 5,6 millions de mètres carrés de bureaux vides - des chiffres record -, soit l'équivalent d'une fois et demie la Défense, le plus grand quartier d'affaires d'Europe, ou d'environ quatre-vingt mille logements de soixante-dix mètres carrés. Pourtant, si d'un côté la production de logements sociaux chute depuis quelques années alors que le nombre de demandeurs dans la région a pratiquement doublé en dix ans', de l'autre, les chantiers de construction de bureaux neufs se poursuivent, et ce malgré le développement du télétravail, dans cette région qui possède le plus grand nombre de bureaux d'Europe. Et tout ça n’arrive pas qu’à Paris, c’est un phénomène que l’on retrouve aux quatre coins de l'hexagone : en pleine crise du logement pour la majorité des gens, d’immenses immeubles voient le jour, pour créer des bureaux, souvent sans trouver preneur à la fin. Mais comment est-ce possible ? Dans son livre Immobilier hors sol, comment la finance s’empare de nos villes, la chercheuse Marine Duros explique ce phénomène méconnu. Elle explique que les bureaux qui fleurissent dans les communes périphériques à Paris par exemple, ne sont parfois qu'un mirage de prospérité économique : “La majorité de ces bureaux sont construits « en blanc», c'est-à-dire sans entreprise destinataire identifiée au démarrage des travaux. Au printemps 2023, sur les cent quarante-neuf chantiers en cours, soit presque deux millions de mètres carrés de bureaux neufs supplémentaires prévus, seulement 25% d'entre eux avaient trouvé des entreprises”. En Île-de-France, fin 2019, alors que plus de 3,3 millions de mètres carrés étaient inoccupés et que la demande de bureaux était en baisse (- 9% par rapport à 2018), presque 2,5 millions de mètres carrés supplémentaires étaient mis en chantier, un niveau jamais atteint dans la région.
Plus le temps passe, plus cette crise s’aggrave. Le nombre de locataires expulsés de leur domicile par la police augmente : 38 000 personnes en 2022, soit une augmentation de 200 % par rapport au début des années 2000. Alors comment expliquer que des millions de mètres carrés de bureaux restent vides et que de nouveaux sortent de terre, dans ces métropoles où la crise du logement ne cesse de s'aggraver ? À qui profite ce désastre social et environnemental, qui en pâtit ?
Journaliste : Salomé Saqué
Le site : https://www.blast-info.fr/
#entretien
By Soutenez Blast, nouveau média indépendant : https://www.blast-info.fr/soutenir
Fin 2024, la région Île-de-France comptait 1,3 million de personnes mal-logées' et 5,6 millions de mètres carrés de bureaux vides - des chiffres record -, soit l'équivalent d'une fois et demie la Défense, le plus grand quartier d'affaires d'Europe, ou d'environ quatre-vingt mille logements de soixante-dix mètres carrés. Pourtant, si d'un côté la production de logements sociaux chute depuis quelques années alors que le nombre de demandeurs dans la région a pratiquement doublé en dix ans', de l'autre, les chantiers de construction de bureaux neufs se poursuivent, et ce malgré le développement du télétravail, dans cette région qui possède le plus grand nombre de bureaux d'Europe. Et tout ça n’arrive pas qu’à Paris, c’est un phénomène que l’on retrouve aux quatre coins de l'hexagone : en pleine crise du logement pour la majorité des gens, d’immenses immeubles voient le jour, pour créer des bureaux, souvent sans trouver preneur à la fin. Mais comment est-ce possible ? Dans son livre Immobilier hors sol, comment la finance s’empare de nos villes, la chercheuse Marine Duros explique ce phénomène méconnu. Elle explique que les bureaux qui fleurissent dans les communes périphériques à Paris par exemple, ne sont parfois qu'un mirage de prospérité économique : “La majorité de ces bureaux sont construits « en blanc», c'est-à-dire sans entreprise destinataire identifiée au démarrage des travaux. Au printemps 2023, sur les cent quarante-neuf chantiers en cours, soit presque deux millions de mètres carrés de bureaux neufs supplémentaires prévus, seulement 25% d'entre eux avaient trouvé des entreprises”. En Île-de-France, fin 2019, alors que plus de 3,3 millions de mètres carrés étaient inoccupés et que la demande de bureaux était en baisse (- 9% par rapport à 2018), presque 2,5 millions de mètres carrés supplémentaires étaient mis en chantier, un niveau jamais atteint dans la région.
Plus le temps passe, plus cette crise s’aggrave. Le nombre de locataires expulsés de leur domicile par la police augmente : 38 000 personnes en 2022, soit une augmentation de 200 % par rapport au début des années 2000. Alors comment expliquer que des millions de mètres carrés de bureaux restent vides et que de nouveaux sortent de terre, dans ces métropoles où la crise du logement ne cesse de s'aggraver ? À qui profite ce désastre social et environnemental, qui en pâtit ?
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