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Or


« Je me réfugie dans l’Évangile comme dans la chair de Jésus-Christ » : ces paroles sont d’Ignace d’Antioche, un des premiers auteurs chrétiens, martyr à Rome au tout début du deuxième siècle. Il les a écrites dans sa lettre aux habitants de Philadelphie (Phil V, 1). Pour lui, l’Évangile n’est pas un texte, même si à cette époque les évangiles sont déjà rédigés. L’Évangile est la parole vivante et agissante de Jésus, qui ne peut être enfermée dans aucun texte comme le dit Jean l’évangéliste : « Jésus a accompli encore beaucoup d’autres choses. Si on les écrivait une à une, j’imagine que le monde ne contiendrait pas les livres qui en seraient écrits » (Jean 21, 25). Et la parole vivante et agissante de Jésus est comme sa « chair », c’est-à-dire le sacrement de sa Personne. Il y a continuité entre elle et l’Eucharistie.
« Se réfugier » dans l’Évangile, c’est y trouver son abri, son port d’attache contre les tempêtes, ce qui donne sens à ce que l’on fait et à ce que l’on subit. C’est aussi, selon une image que j’aime particulièrement, se réfugier dans les plaies du Sauveur qui sont devenues glorieuses dans la résurrection : « Porte ta main et entre dans mon côté, dit Jésus à Thomas, ne sois pas incrédule mais croyant ! » (Jean 20, 27). Car le lieu de la blessure est le lieu d’où jaillit la vie.
Ces réflexions ne sont évidemment pas sans rapport avec les nouvelles blessures infligées à l’Église par les révélations touchant Michel Santier, ancien évêque de Créteil. En écrivant « l’Église », qu’on n’imagine pas que je ne parle que de ce qu’il est convenu d’appeler « l’institution ». Car ces blessures sont d’abord celles des victimes, membres du Corps de l’Église et pour qui un prêtre devenu plus tard évêque a été fauteur de scandale. Ces blessures sont celles causées par l’instrumentalisation d’un sacrement, le sacrement de pénitence, où se rejoignent et communiquent le sanctuaire de l’intimité des personnes et le sanctuaire de la miséricorde de Dieu.
Mais Ignace d’Antioche continue, imperturbable : « Je me réfugie dans l’Évangile comme dans la chair de Jésus-Christ… et dans les Apôtres comme dans l’assemblée des prêtres de l’Église. » Et dans une autre de ses lettres, il écrivait : « Sans les apôtres et les prêtres, on ne peut parler d’Église » (Tralliens III, 1).
Église, qui es-tu pour que le pire puisse se trouver en toi et qu’on doive pourtant te dire sainte ? Apôtres, qui êtes-vous pour que sans vous on ne puisse parler d’Église ? Et surtout, qui peut oser affirmer que la vie peut encore l’emporter sur les blessures ? Qui, sinon Celui-là même dont les blessures sont devenues le lieu de notre guérison ?
Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
By Mgr Francis Bestion« Je me réfugie dans l’Évangile comme dans la chair de Jésus-Christ » : ces paroles sont d’Ignace d’Antioche, un des premiers auteurs chrétiens, martyr à Rome au tout début du deuxième siècle. Il les a écrites dans sa lettre aux habitants de Philadelphie (Phil V, 1). Pour lui, l’Évangile n’est pas un texte, même si à cette époque les évangiles sont déjà rédigés. L’Évangile est la parole vivante et agissante de Jésus, qui ne peut être enfermée dans aucun texte comme le dit Jean l’évangéliste : « Jésus a accompli encore beaucoup d’autres choses. Si on les écrivait une à une, j’imagine que le monde ne contiendrait pas les livres qui en seraient écrits » (Jean 21, 25). Et la parole vivante et agissante de Jésus est comme sa « chair », c’est-à-dire le sacrement de sa Personne. Il y a continuité entre elle et l’Eucharistie.
« Se réfugier » dans l’Évangile, c’est y trouver son abri, son port d’attache contre les tempêtes, ce qui donne sens à ce que l’on fait et à ce que l’on subit. C’est aussi, selon une image que j’aime particulièrement, se réfugier dans les plaies du Sauveur qui sont devenues glorieuses dans la résurrection : « Porte ta main et entre dans mon côté, dit Jésus à Thomas, ne sois pas incrédule mais croyant ! » (Jean 20, 27). Car le lieu de la blessure est le lieu d’où jaillit la vie.
Ces réflexions ne sont évidemment pas sans rapport avec les nouvelles blessures infligées à l’Église par les révélations touchant Michel Santier, ancien évêque de Créteil. En écrivant « l’Église », qu’on n’imagine pas que je ne parle que de ce qu’il est convenu d’appeler « l’institution ». Car ces blessures sont d’abord celles des victimes, membres du Corps de l’Église et pour qui un prêtre devenu plus tard évêque a été fauteur de scandale. Ces blessures sont celles causées par l’instrumentalisation d’un sacrement, le sacrement de pénitence, où se rejoignent et communiquent le sanctuaire de l’intimité des personnes et le sanctuaire de la miséricorde de Dieu.
Mais Ignace d’Antioche continue, imperturbable : « Je me réfugie dans l’Évangile comme dans la chair de Jésus-Christ… et dans les Apôtres comme dans l’assemblée des prêtres de l’Église. » Et dans une autre de ses lettres, il écrivait : « Sans les apôtres et les prêtres, on ne peut parler d’Église » (Tralliens III, 1).
Église, qui es-tu pour que le pire puisse se trouver en toi et qu’on doive pourtant te dire sainte ? Apôtres, qui êtes-vous pour que sans vous on ne puisse parler d’Église ? Et surtout, qui peut oser affirmer que la vie peut encore l’emporter sur les blessures ? Qui, sinon Celui-là même dont les blessures sont devenues le lieu de notre guérison ?
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