Pendant qu’on se remettait d’une journée passée à se dorer la pilule sous le soleil de l’été, certains parlementaires eux étaient au boulot. Alors que la France oscille entre Covid et vacances bien méritées, l’assemblée profite de ce répit pour adopter en douce en deuxième lecture le projet de loi de bioéthique.
La méthode est vieille comme le monde, elle n’en n’est pas moins scandaleuse. Outre l’ouverture de la PMA pour toute sur laquelle je me suis maintes fois exprimé sur cette antenne, l’interruption médicale de grossesse, l’IMG, se voit désormais autorisée dans des circonstances nouvelles, celles de la détresse psychosociale. Autrement dit, avant, vous pouviez avorter jusqu’au 9 mois de la grossesse à condition que l’enfant à naître soit atteint d’une affection d’une particulière gravité reconnue comme incurable au moment du diagnostic ou que la poursuite de la grossesse mette en péril grave la santé de la femme enceinte. On était déjà en face d’un flou sémantique autour de l’affection grave et incurable. Et là on rajoute la détresse psychosociale. Autrement dit, la mort de l’enfant est devenue légale si la mère est en détresse psychosociale. Bonne chance pour les juges quand ils devront se prononcer sur l’évaluation de ladite détresse.
Accodrons à la députée Marie-Noëlle Battistel l'intention d'entendre la détresse des femmes enceintes comme celles en situation de violences conjugales par exemple. Et il ne faut jamais oublier effectivement les souffrances de ces femmes en détresse. Mais cette douleur ne peut pas, ne peut jamais, ne pourra jamais justifier que l’on tue un enfant de 9 mois parce que sa mère souffre. Qu’est-ce que c’est cette façon de faire. On répond au drame par un assassinat ? Vous avez déjà vu à quoi ressemble un enfant à 9 mois de grossesse ? Moi j’ai plusieurs enfants nés à 8 mois. Je peux vous dire que qu’à cet âge-là vous ne vous posez pas la question de la potentialité de la vie ou du statut de l’embryon. Il faut appeler les choses par leur nom. Enlever la vie à un enfant quelles qu’en soient les raisons, c’est un infanticide. C’est la détresse des femmes qui a motivé l’amendement ? Très bien. Que faisons-nous pour aider ces femmes ? Plutôt que de s’acharner sur l’enfant à naître, qu’attendons-nous pour aider ces femmes, qui oui, sont, en détresse. C’est à ça que les députés devraient s’atteler. A ces maisons d’accueil de femmes, qui sont bien souvent soutenues ou crées par des associations pro-vie. C’est très grave ce qui se passe ici. Quand les représentants du peuple votent une libéralisation de l’infanticide, c’est qu’on vit des heures très graves. Nous ne pouvons plus feindre l’ignorance. Alors mobilisons-nous pour que le Sénat ait le courage d’être le dernier rempart face à cette folie.
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