Jeanne Gohier est analyste sur la finance du climat chez Fideas Capital, qui propose aux Européens d’investir « Smart for Climate », c’est-à-dire de prendre en compte les enjeux du réchauffement climatique dans leurs placements.
Nous parlons aujourd’hui du secteur financier. Avec tous les produits financiers bas-carbone ou responsables que l’on voit apparaître, est-ce qu’on peut dire que la finance s’est mise au vert ?
Il y a depuis longtemps de belles initiatives qui existent, comme les PRI, les Principes pour l’Investissement Responsable, ou l’initiative Climate Action 100, lancée par des investisseurs pour convaincre les 100 entreprises les plus émettrices de gaz à effet de serre à diminuer leurs émissions. Ces initiatives sont louables mais jusqu’à maintenant elles étaient encore insuffisantes.
Seulement depuis deux ans, on voit que le mouvement de l’investissement responsable est en plein essor. De plus en plus d’acteurs financiers communiquent activement sur leur prise de conscience du changement climatique, et proposent des produits d’investissement ou d’épargne qui sont dits verts, ou responsables.
Alors les motivations pour cet engagement peuvent être très variées : est-ce que c’est une recherche de profit en plus ? un effet de mode ? un engagement altruiste véritable ? Ce qui est sûr, c’est que la finance verte accélère, même s’il reste encore beaucoup de chemin à faire : seuls 15% des investisseurs se fixent aujourd’hui des objectifs liés au climat.