
Sign up to save your podcasts
Or


La Métaphysique n’est pas un mot inventé par Aristote.
Il vient du fait que dans la première édition des ses œuvres les écrits traitant des principes universels ont été classés après ceux qui traitaient de la physique. Ils ont donc été désignés comme des écrits meta physica , après la Physique, ce qui est derrière la Nature
Or c’est dans sa Métaphysique qu’Aristote se sépare de son maître Platon. On connaît d’ailleurs une partie de l’enseignement de Platon par ce que nous en rapporte Aristote. Rappelez-vous la fresque du peintre Raphaël, L’Ecole d’Athènes , qui orne les murs du Vatican. L’on y voit Platon indiquer le ciel tandis qu’Aristote indique au contraire la terre. A la différence de Platon, Aristote refuse la séparation entre les Idées et le monde sensible. La coupure que définissait Platon entre les Idées et le sensible est transposée pour Aristote à l’intérieur de notre monde, le seul réel. Elle distingue un monde céleste et régulier du monde sublunaire, situé en dessous de la Lune qui lui est contingent et livré au hasard.
L’intelligible est donc partie de ce monde et doit être compris à partir de lui. Quant au sensible c’est lui que vise désormais la connaissance. Pour lui la substance (ousia) des choses ne peut résider qu’en elles-mêmes.
Il distingue, lui, entre la matière et la forme. Tout ce qui existe réunit une matière sous une certaine forme. C’est selon une loi du devenir que ce qui est matière devient, prend forme.
Aristote affirme que dans la matière , l’essence existe en puissance (dunamis) et que dans la forme elle se réalise, devient réalité.
La chose manifeste donc ce qu’elle est, son essence, non pas dans une Idée mais à travers les stades successifs de sa réalisation.
Ceci implique que toute chose tende vers un but, vers la pleine réalisation de soi. Le but se dit en grec telos, ce qui a donné le terme téléologie qui va vers son but (à ne pas confondre avec théologie)
Les philosophies de l’histoire que l’on voit surgir à partir du XIXème siècle, le marxisme en particulier, seront désignées comme téléologiques. Ainsi le marxisme vise-t-il l’émancipation du prolétariat qui marquera la fin de l’histoire
Si tout développement présente un but, il répond aussi à des causes. Aristote en distingue 4 sortes.
Mais il explique également que la matière peut résister à sa mise en forme en raison de ses propres caractéristiques, ce qui produit alors du hasard, ce qu’on appelle « accident » ou contingent.
Tout comme les éléments qui passent de la matière à la forme par la dynamis, notre monde est caractérisé par la physique aristotélicienne comme se déployant de la matière à la forme suprême qui est l’Un, pur esprit mais aussi la cause première de la mise en mouvement du monde. Aristote dira Premier Moteur.
L’ensemble des causes s’enchaîne ensuite comme la mise en relation à partir de ce Premier Moteur qui lui est immobile.
Ainsi donc Dieu s’il donne l’impulsion n’intervient-il pas dans le monde. Il lui est indifférent. Le monde ne tourne que parce que la matière aspire à devenir forme.
De la même façon le Dieu d’Aristote ne saurait être pensé en dehors de son essence. Dieu est en réalité pensée de soi-même.
On pourrait voir dans Aristote le précurseur de cette « théologie négative » qu’on retrouve chez Maïmonide lorsque celui-ci refuse d’accorder des attributs à Dieu, de le concevoir selon des caractéristiques humaines de l’anthropologiser.
Il ne faudrait pas déduire de la présence d’un Premier Moteur qu’Aristote fasse dépendre tout ce qui existe d’un enchaînement de causes à effets. Il ne déduit jamais les catégories à partir de la première d’entre elles. Le monde n’est jamais expliqué à partir d’un principe unique. La richesse de la pensée d’Aristote tient au fait qu’elle intègre la différence et la polysémie et les juge nécessaires pour son explication du monde.
By RCJLa Métaphysique n’est pas un mot inventé par Aristote.
Il vient du fait que dans la première édition des ses œuvres les écrits traitant des principes universels ont été classés après ceux qui traitaient de la physique. Ils ont donc été désignés comme des écrits meta physica , après la Physique, ce qui est derrière la Nature
Or c’est dans sa Métaphysique qu’Aristote se sépare de son maître Platon. On connaît d’ailleurs une partie de l’enseignement de Platon par ce que nous en rapporte Aristote. Rappelez-vous la fresque du peintre Raphaël, L’Ecole d’Athènes , qui orne les murs du Vatican. L’on y voit Platon indiquer le ciel tandis qu’Aristote indique au contraire la terre. A la différence de Platon, Aristote refuse la séparation entre les Idées et le monde sensible. La coupure que définissait Platon entre les Idées et le sensible est transposée pour Aristote à l’intérieur de notre monde, le seul réel. Elle distingue un monde céleste et régulier du monde sublunaire, situé en dessous de la Lune qui lui est contingent et livré au hasard.
L’intelligible est donc partie de ce monde et doit être compris à partir de lui. Quant au sensible c’est lui que vise désormais la connaissance. Pour lui la substance (ousia) des choses ne peut résider qu’en elles-mêmes.
Il distingue, lui, entre la matière et la forme. Tout ce qui existe réunit une matière sous une certaine forme. C’est selon une loi du devenir que ce qui est matière devient, prend forme.
Aristote affirme que dans la matière , l’essence existe en puissance (dunamis) et que dans la forme elle se réalise, devient réalité.
La chose manifeste donc ce qu’elle est, son essence, non pas dans une Idée mais à travers les stades successifs de sa réalisation.
Ceci implique que toute chose tende vers un but, vers la pleine réalisation de soi. Le but se dit en grec telos, ce qui a donné le terme téléologie qui va vers son but (à ne pas confondre avec théologie)
Les philosophies de l’histoire que l’on voit surgir à partir du XIXème siècle, le marxisme en particulier, seront désignées comme téléologiques. Ainsi le marxisme vise-t-il l’émancipation du prolétariat qui marquera la fin de l’histoire
Si tout développement présente un but, il répond aussi à des causes. Aristote en distingue 4 sortes.
Mais il explique également que la matière peut résister à sa mise en forme en raison de ses propres caractéristiques, ce qui produit alors du hasard, ce qu’on appelle « accident » ou contingent.
Tout comme les éléments qui passent de la matière à la forme par la dynamis, notre monde est caractérisé par la physique aristotélicienne comme se déployant de la matière à la forme suprême qui est l’Un, pur esprit mais aussi la cause première de la mise en mouvement du monde. Aristote dira Premier Moteur.
L’ensemble des causes s’enchaîne ensuite comme la mise en relation à partir de ce Premier Moteur qui lui est immobile.
Ainsi donc Dieu s’il donne l’impulsion n’intervient-il pas dans le monde. Il lui est indifférent. Le monde ne tourne que parce que la matière aspire à devenir forme.
De la même façon le Dieu d’Aristote ne saurait être pensé en dehors de son essence. Dieu est en réalité pensée de soi-même.
On pourrait voir dans Aristote le précurseur de cette « théologie négative » qu’on retrouve chez Maïmonide lorsque celui-ci refuse d’accorder des attributs à Dieu, de le concevoir selon des caractéristiques humaines de l’anthropologiser.
Il ne faudrait pas déduire de la présence d’un Premier Moteur qu’Aristote fasse dépendre tout ce qui existe d’un enchaînement de causes à effets. Il ne déduit jamais les catégories à partir de la première d’entre elles. Le monde n’est jamais expliqué à partir d’un principe unique. La richesse de la pensée d’Aristote tient au fait qu’elle intègre la différence et la polysémie et les juge nécessaires pour son explication du monde.