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Or


L'Europe, et l’Union Européenne en particulier, doit affronter les plus grands défis qu’elle ait rencontrés depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale . Nous, Européens, devons faire face à une guerre sur notre sol avec un ennemi déclaré, la Russie ; notre meilleur allié, les Etats-Unis, souhaite le déclin de l’Union, nous méprise et convoite certains de nos territoires tandis que la Chine sape inexorablement les bases de notre puissance industrielle. Cette trilogie est enfin unie pour dénoncer les valeurs que nous portons et pour réduire au maximum notre influence dans le monde.
Est-ce trop tard ? L’Europe est-elle en train de sombrer ? Devons-nous accepter d’entrer dans le siècle de l’humiliation européenne ? Peut-on encore résister et où chercher le salut ?
Notre pause géopolitique nous entraîne aujourd’hui à vous parler d’eau ; l’eau source de toute vie, creuset des plus grandes civilisations, un capital essentiel pour les hommes, leur environnement, leurs activités… L’eau porte en elle la clé de notre survie collective et mérite bien notre intérêt. Notre planète bleue est en réalité un vaste océan salé mais les hommes ont besoin d’eau douce. Si l’on exclut la calotte glaciaire, l’eau douce accessible ne représente que 0, 5 % de l’eau présente sur terre ; elle est fournie par le cycle naturel de l’eau, présente dans les précipitations, lacs, fleuves, glaciers et nappes souterraines. C’est là l’or bleu, dont l’humanité ne peut se passer. Or la consommation d’eau douce a été multipliée par 5 dans la seconde moitié du XXe siècle alors que la population mondiale était multipliée par 2 et depuis la consommation continue de progresser d’1% par an. A la fin de l’année 2026 se tiendra aux Emirats Arabes Unis, une conférence mondiale sur l’Eau co-organisée par le Sénégal. Ce sera la 3e : La première avait été organisée en 1977, la seconde en 2018, c’est dire que longtemps, la question de l’eau n’a guère mobilisé. Les choses changent-elles ? En janvier dernier, l’ONU a tiré la sonnette d’alarme, publiant un rapport affirmant que la planète est entrée « dans l’ère de la faillite hydrique mondiale ». Nous consommons plus d’eau que la Terre ne peut en produire tous les ans, puisant de manière irréversible dans nos stocks. En quoi les conditions de vie des hommes en sont-elles en seront-elles affectées ? L’humanité pourra-t-elle disposer au XXIe siècle de l’eau dont elle a besoin, en quantité comme en qualité ?
L’Indonésie est le « plus méconnu des grands pays ». Grand il l’est en effet, car les îles de l’Inde ( le sens littéral du mot Indonésie) rassemble 285 millions d’habitants (4e rang mondial) sur 1, 9 million de km². Or cet Etat, qui semble invisible sur la scène internationale, est pourtant un pays hors norme, qui accumule les superlatifs : le plus grand archipel au monde, le plus volcanique, un pays confronté à des défis environnementaux considérables à l'image du tsunami de 2004 qui y fit 170 000 victimes, une mosaïque humaine dont les habitants parlent plus de 500 langues différentes, pratiquent 6 religions et où l’Islam dominant en fait le plus grand pays musulman du monde. Enfin la plus grande ville du monde est aujourd’hui Jakarta, une capitale en train de couler ! Découvrons donc ce pays, potentiel pilier du Sud global et du monde Indo-pacifique.
Je vous propose aujourd’hui de revenir en Europe, notre continent qui, depuis février 2022, vit partiellement au rythme de la guerre. Une guerre qui, par sa durée, peut se comparer à la Première guerre mondiale, une guerre de tranchée aussi dont la ligne de front ne bouge que marginalement au profit des Russes.
V. Poutine, nous l’avons vu dans notre précédent podcast consacré à la guerre de l’information, mène contre l’Union européenne et l’Otan une guerre hybride, notre ennemi est identifié et déclaré. Certes, quelques rares pays au sein de l’OTAN comme de l’UE, La Hongrie au premier chef, considèrent qu’il faudrait mieux chercher un arrangement avec la Russie, mais il s’agit bien de cas isolés. C’est dans cet environnement que les Européens doivent faire face depuis un an à un allié et partenaire qui inquiète. Quelle garantie de sécurité représentent désormais les Etats-Unis pour les pays de l’OTAN ? Plus les mois passent, plus les attaques de Trump se multiplient et plus des voix s’élèvent en Europe pour inciter nos dirigeants à admettre l’inéluctable : notre lien privilégié avec les Etats-Unis n’est plus. L’Europe doit acter la rupture et en tirer les conséquences.
C’est dans ce contexte et après avoir proposé en avril dernier un numéro sur la sécurité européenne que je vous emmène aujourd’hui en Pologne. Très hostile à la Russie, pays de la ligne de front, c’est-à-dire ayant frontière commune avec elle, nous y reviendrons, ce pays fait reposer sa sécurité sur trois piliers extérieurs : son appartenance à l’UE, son appartenance à l’OTAN enfin sa relation privilégiée avec les Etats-Unis. Que deviennent ces assurances à l’heure des critiques incessantes et répétées de l’administration Trump contre les Européens ? Autrement dit comment peut-on toujours être résolument atlantiste dans le désordre international généré par D. Trump ? Or la réponse à cette question impacte l’avenir de la Pologne mais aussi de l’UE.
Analyser les jeux d'influences étrangères sur le continent africain est un beau sujet d’étude géopolitique qui permet de confronter les représentations et les mémoires, oh combien divergentes, des différents acteurs. Que représente l’Afrique pour le monde ? Un risque majeur d’instabilité, un continent marqué par des conflits et une violence endogène ? La source de migrations déstabilisantes pour les pays riches voisins ? Une terre de ressources stratégiques à investir ? Une région pivot du XXIe siècle qui en 2050 rassemblera ¼ de l’humanité et en 2100 un tiers ? Et qu’en pensent les Africains ? se perçoivent-ils potentiellement gagnants de l’intérêt croissant de multiples partenaires extérieurs ? ou aspirent-ils d’abord et surtout à retrouver une pleine souveraineté qui leur a historiquement fait défaut ? Ces questions sont cruciales pour un continent qui n'a jamais été coupé du monde, hier comme aujourd'hui ; un continent divers par ses 54 États, mais qui entend tourner la page de l'époque post-coloniale et aspire à un développement, une émergence qui peinent à advenir.
La guerre de l'information désigne le fait qu’un État recourt à la subversion, l’intimidation , les pressions, la désinformation pour imposer un comportement au niveau national ou manipuler l’opinion à l’étranger. C’est une guerre invisible, qui n’a ni début, ni fin, mais il s’agit bien d’une guerre. Elle a ses combattants (acteurs publics et privés) et un champ de bataille : l’infosphère, terme qui inclut tous les réseaux sociaux, les médias numériques comme ceux plus traditionnels de la presse et de l’audiovisuel. Or les réseaux sociaux se sont imposés comme le vecteur principal d’information, dépassant largement les journaux télévisés ou la radio. L’information circule en flux continu et la prolifération des sources d’information, la difficulté à distinguer entre événements et interprétation, entre faits et opinions, l’appel constant à nos émotions : tout cela engendre le sentiment qu’il est très difficile de s’informer sans s’épuiser et fournit un cadre propice aux opérations de manipulation. Sommes-nous conscients de cette guerre ? Qu’est ce qui au fond est en jeu ? le contrôle de nos cerveaux ? la survie de nos démocraties ? la domination des relations internationales ? Essayons donc d'y voir plus clair.
Le Mexique ne fait souvent la une des médias que lorsque l'on évoque la violence des cartels de la drogue. Pourtant, à bien des égards, il mérite notre intérêt. Pays énigmatique et surprenant à plus d'un titre, avec à sa tête une présidente à la popularité remarquable, il sait - jusqu'à présent- se faire respecter par son encombrant voisin du Nord, avec lequel il est depuis bien longtemps très lié au point d'apparaître plus nord-américain que latino-américain. L'emprise des cartels sur le territoire et la société empêcheront-elles l'émergence du Mexique comme pays clé du Sud global ?
700 millions d’individus dans le monde ne mangent pas à leur faim, estimation en 2024 de la FAO, l’organisation pour l’alimentation et l’agriculture. Qui sont ces affamés et pourquoi ce constat alors que la terre produit suffisamment de biens alimentaires pour répondre aux besoins de tous ses habitants et nous sommes, il faut le rappeler, 8, 2 milliards à vivre sur notre planète.
Erreur à 29:10 : Plus de la moitié des pays vivaient dans un régime démocratique au début du XXIe siècle (et non pas du XXe siècle).
Même éloignées de nous, les régions polaires nous concernent tous. Un seul exemple : début 2025, la banque internationale de Svalbard annonçait avoir reçu plus de semences que jamais en 2024. De quoi s’agit-il ? Svalbard est un archipel, le plus septentrional de la Norvège, à 1300 km au nord du cercle polaire arctique, son île la plus connue est l’ile du Spitzberg. Là, dans une ancienne mine de charbon a été créée en 2008 la réserve mondiale de semences du Svalbard, une chambre forte souterraine, qui conserve à – 18° en permanence un échantillon des graines de toutes les cultures vivrières de la planète afin de préserver la diversité génétique de notre terre. Une sorte d’arche de Noé de la biodiversité en quelque sorte. Alors que la FAO estime que les 3/4 des variétés de légumes domestiques ont été perdues depuis les années 1990 à cause de la monoculture, les banques de semences tentent d’empêcher que d’autres variétés soient perdues à jamais, notamment du fait des évolutions climatiques. Ainsi, sur l’année 2024, la chambre forte mondiale du Svalbard a reçu 65 000 échantillons de semences, un record. Il existe certes des banques nationales ou régionales de semences mais la toundra arctique offre un climat idéal et sûr pour le stockage, c’est une sorte de sauvegarde supplémentaire pour toutes leurs collections et une garantie pour notre futur.
Aussi plongeons-nous, un peu, dans ces océans glacés. Sont-ils vraiment des objets géopolitiques, c’est-à-dire des territoires au cœur de rivalités de puissance ? Qu’est ce qui les rend si attractifs ? Quelle est ici l’incidence des effets du dérèglement climatique ?
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