Philosophie – Gabrielle Halpern

La philosophie médiévale


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Les Présocratiques, Platon , Aristote, les Stoïciens, l’épicurisme, le néoplatonisme, voici achevé notre tour de la philosophie antique. Elle est marquée nous l’avons vu par une interrogation de l’homme à la fois sur la composition du cosmos et la connaissance de l’homme. Les Dieux n’y tiennent pas une grande place. 

Il en va tout autrement de la philosophie médiévale à laquelle nous intéresserons à partir d’aujourd’hui. La philosophie médiévale en Occident est avant tout marquée par sa rencontre avec le christianisme à la fois par ces sujets d’interrogation mais aussi à travers ses représentants qui sont presque tous des clercs. Cela ne signifie pas qu’elle soit exempte de polémiques. Au contraire celles-ci n’en seront que plus aigues posant souvent la question des rôles respectifs de la foi et de la connaissance.

On peut grossièrement diviser la philosophie médiévale en deux grandes périodes : la Patristique et la Scolastique. 

La Patristique qui s’étend du Ier au IVè siècle de notre ère, qui appartient donc encore à l’Antiquité, est dominée par ceux qu’on nomme les Pères de l’Eglise. Ceux-ci s’appuient sur la philosophie pour édifier la doctrine de l’Eglise et combattre à la fois le paganisme et la gnose. 

A la fin de l’Antiquité, en général datée en 529, qui marque la fermeture définitive de l’Académie platonicienne sur ordre de l’Empereur Justinien converti au christianisme, s’ouvre une période intermédiaire durant laquelle les clercs se préoccupent de recopier les manuscrits antiques et de constituer des bibliothèques dans les monastères. 

Les débuts de la Scolastique datent du IXème siècle, ce qu’on appelle en général la Renaissance carolingienne. Le terme vient du latin scola, école et désigne les lettrés qui enseignent dans les monastères mais aussi à la cour de l’Empereur Charlemagne . Elle va trouver à s’épanouir à partir du XIème siècle dans les Universités, notamment à l’Université de Paris qui regroupe les quatre facultés : philosophie, théologie, droit et médecine. La scolastique devient une méthode de discussion, les disputationes, mais aussi d’examen des questions philosophiques selon une démarche rationnelle. Les grandes figures de la scolastique sont Boèce et Thomas d’Aquin au XIIIè siècle. 

La scolastique se divise elle-même en deux périodes. 

-ce qu’on appelle la première scolastique (XI-XIIème siècles) voit se dérouler la Querelle des Universaux. Les philosophes s’affrontent sur le fait de savoir si les universaux renvoient à une réalité ou s’ils n’existent que dans la pensée. 

-Vient ensuite la haute scolastique qui correspond au XIIIème siècle à la redécouverte  des manuscrits d’Aristote, qui caractérise l’entreprise de Thomas d’Aquin, sa Somme. On voit également se développer des courants mystiques avec Maitre Eckart. Enfin une scolastique tardive sera illustrée par Guillaume d’Ockham. 

Il faut insister sur le rôle central de passeurs que jouèrent à cette période les philosophes juifs et arabes. C’est en effet par ces derniers, mais aussi par le chemin de Constantinople et du Sud de l’Italie, que les œuvres des philosophes antiques arrivèrent à la connaissance de l’Occident médiéval.

Cela nous montre s’il en était besoin, combien l’échange est au cœur de la civilisation. Cette thèse du rôle de l’islam dans le développement des études philosophiques est discutée jusqu’à aujourd’hui. C’est ce que montrait déjà E. Renan au XIXème siècle dans son histoire du grec en Occident du Vè au XIVè siècle et, plus près de nous, deux spécialistes de la période Philippe Büttgen et Marwan Rashed dans l’ouvrage publié en réponse à S. Gougenheim, Les Grecs , les Arabes et nous. Enquête sur l’islamophobie savante.

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Philosophie – Gabrielle HalpernBy RCJ