Éclats d'Évangile

La prière du pauvre traverse les nuées (Ben Sirac 35/20-22)


Listen Later

C’est encore un enseignement sur la prière que nous livre l’évangile de ce dimanche. La parabole du juge et de la veuve nous a rappelé, la semaine dernière, la nécessité de prier sans cesse, sans se décourager (Luc 18/1-8). Aujourd’hui, la parabole suivante met en scène l’attitude de deux hommes, un pharisien et un publicain qui montent au temple de Jérusalem pour prier. Les deux hommes se distinguent surtout par leur renommée dans la société de l’époque. Le pharisien est un homme religieux, observateur scrupuleux de la loi, pratiquant exemplaire de sa religion. Le publicain qui collecte l’impôt au profit de l’occupant Romain est considéré comme un collaborateur, un voleur parce qu’il a tendance à se servir sur le dos des contribuables. En un mot, c’est un pécheur. Il a mauvaise réputation. Il est exclu de la communauté religieuse parce que sa présence provoquerait une impureté pour tout le monde. Leur prière est toute différente. Dans l’attitude d’abord. Le pharisien se tient debout, sûr de lui. Le publicain n’ose même pas s’approcher, ni lever les yeux et reste à distance. Il se frappe la poitrine en reconnaissant son état de pécheur. Le pharisien est imbu de sa justice et sa situe au-dessus des autres hommes qu’ils considèrent comme des pécheurs dont il faut se séparer comme ce publicain dans le temple. Le contenu de leurs prières est également tout différent. Le pharisien se vante devant Dieu. Il étale ses observances religieuses extérieures?; le jeûne, la dîme et pense ainsi construire sa justice au lieu de la recevoir. Aurait-il oublié, comme Jésus le rappelle à un autre moment que la miséricorde vaut mieux que les sacrifices, que la religion est d’abord une affaire de coeur?? En fait, il ne demande rien à Dieu, il fait de l’autosatisfaction. Le publicain au contraire, est conscient de son péché. Il implore la miséricorde et la tendresse de Dieu. Il n’a rien à offrir sinon sa pauvreté. Il rejoint l‘attitude des privilégiés de Dieu dont parle la première lecture?: celle du pauvre, démuni devant ce Dieu «?qui écoute la prière de l’opprimé, ne méprise pas la supplication de l’orphelin, ni la plainte répétée de la veuve?» (Ben Sirac 35/20-22). Le pharisien, aveugle sur Dieu, reste prisonnier de sa religion sclérosée au lieu de s’ouvrir à l’amour gratuit et universel de son Dieu pour tous les hommes. Il se croit juste alors que c’est Dieu qui justifie, qui disperse les orgueilleux, renverse les puissants de leurs trônes et élève les humbles.

Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

...more
View all episodesView all episodes
Download on the App Store

Éclats d'ÉvangileBy Marie-Noëlle SIMONET