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Nous discutions hier, au bureau, avec Nadia, d'un discours d'Emmanuel Macron. Nous ne partagions pas le même point de vue mais étions d'accord sur le fait qu'au bout du compte et à la fin du jour, seule comptait l'intention et, plus précisément, la pureté de l'intention.
Il y a, semble-t-il, des personnes qui savent sonder les cœurs et les âmes des proches et des personnes qu'elles aiment et qui devinent, décryptent ou lisent les intentions. C'est le cas du curé de campagne de Georges Bernanos qui voit la haine tapie au fond du cœur de la comtesse, cette haine qui la ronge et qui tout envahit ; c'est le cas de celle que j'aime et qui mieux que moi me connaît.
Mais à qui n'a pas ce don (don qui, plus qu'un don, est peut-être un travail d'amour et d'attention , - c'est ce que je me dis parfois), l'intention est cachée. Et rien n'est plus ressemblant à une intention pure qu'une intention qui ne l'est pas. Ce sont les mêmes gestes, les mêmes paroles - tout est identique hors l'intention, qui est secrète.
Et pourtant, selon que l'intention est pure ou ne l'est pas, tout change. Tout est pareil, et pourtant tout est changé.
Etre sans arrière pensée. Pas forcément univoque mais sans arrière pensée, sans autre intention que celle qui est dite, sans autres fins que celles qui sont exposées et offertes : une seule couche, sans double-fond et sans épaisseur : de la simplicité.
Dépouiller, dépouiller et dépouiller encore. Jusqu'à trouver ce qui ne peut plus être épuré, ce qui ne peut plus être purifié.
Une sorte de haïku.