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http://polaroid41.com/la-vie-des-hommes/
Lundi 28 septembre 2020 - 16h13.
« Telle est la vie des hommes. Quelques joies très vite effacées par d’inoubliables chagrins. Il n’est pas nécessaire de le dire aux enfants ». J’ai appris cette phrase de Marcel Pagnol quand j’étais jeune adolescent sans trop savoir pourquoi. J’avais l’impression qu’elle m’enseignait quelque chose d’important, de vital. Elle me faisait gagner du temps puisque l’homme qui l'avait écrite était âgé. Il me montrait la voie du haut de sa sagesse et me mettait en garde. La vie qui m’attendait allait donc comporter des joies et des chagrins. Des joies qu’il faudrait s’empresser de vivre puisque les chagrins viendraient à coup sûr pour tout balayer sur leur passage. Mais tout en prétendant qu’il n’est pas nécessaire de le dire aux enfants, il me le confiait à moi, qui n’avait que douze ans à l’époque. Et peut-être qu’alors sans vraiment le savoir je décidais d’être heureux, autant que possible. J’ai la chance d’être né dans une famille unie et sous des latitudes qui permettent d’aspirer au bonheur. Être conscient de ça c’est déjà se réjouir. Je fais le métier que j’ai choisi, je vis dans un endroit que j’ai choisi avec la femme que j’ai choisie et nous avons choisi d’avoir des enfants, trois. J’avais même décidé que ce serait trois filles et j’ai été exaucé. Et tout ce chemin a eu lieu quasiment sans chagrin. C’est là qu’intervient la chance. Je ne sais toujours pas qui remercier pour ça, d’autant plus que je ne crois en rien, alors merci la chance. Puisque Marcel Pagnol m’encourage à capitaliser des joies et des bonheurs pour plus tard, quand le chagrin pointera son nez, ben c’est ce que je fais. Je l’ai bien croisé plusieurs fois dans les allées d’un cimetière le chagrin, mais il ne m’a pas repris mes joies, pas pour l’instant. Je le croise aussi régulièrement dans les nouvelles du monde, la tristesse me submerge, je pose un genou à terre, je pleure, je reprends mon souffle et je me remets en marche. La semaine dernière une amie de ma fille a enterré son papa. Il avait quarante et un an et elle douze. Lors de la cérémonie, elle et sa grande sœur ont remercié leur père d’avoir été l’homme qu’il était et d’avoir passé ces années auprès d’elles. Rien qu’en écrivant ces mots les larmes me montent aux yeux : c’est à ça qu’on reconnaît un inoubliable chagrin. Cette fillette ne peut pas avoir vécu suffisamment de joies pour encaisser un chagrin de ce type. Il va lui falloir un courage inouï pour se remettre en marche.
Alors voilà miss, je vais te parler de cette phrase de Marcel Pagnol, et te proposer de la réécrire. Tu en as le droit, à ton âge on n’est pas censé vivre un inoubliable chagrin. Telle est donc la vie des hommes. Un inoubliable chagrin, que tu surmonteras j’en suis certain, pour profiter de l’interminable liste des bonheurs qui t’attendent tout au long de ta future vie de femme. On t’embrasse.
By Polaroid 415
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http://polaroid41.com/la-vie-des-hommes/
Lundi 28 septembre 2020 - 16h13.
« Telle est la vie des hommes. Quelques joies très vite effacées par d’inoubliables chagrins. Il n’est pas nécessaire de le dire aux enfants ». J’ai appris cette phrase de Marcel Pagnol quand j’étais jeune adolescent sans trop savoir pourquoi. J’avais l’impression qu’elle m’enseignait quelque chose d’important, de vital. Elle me faisait gagner du temps puisque l’homme qui l'avait écrite était âgé. Il me montrait la voie du haut de sa sagesse et me mettait en garde. La vie qui m’attendait allait donc comporter des joies et des chagrins. Des joies qu’il faudrait s’empresser de vivre puisque les chagrins viendraient à coup sûr pour tout balayer sur leur passage. Mais tout en prétendant qu’il n’est pas nécessaire de le dire aux enfants, il me le confiait à moi, qui n’avait que douze ans à l’époque. Et peut-être qu’alors sans vraiment le savoir je décidais d’être heureux, autant que possible. J’ai la chance d’être né dans une famille unie et sous des latitudes qui permettent d’aspirer au bonheur. Être conscient de ça c’est déjà se réjouir. Je fais le métier que j’ai choisi, je vis dans un endroit que j’ai choisi avec la femme que j’ai choisie et nous avons choisi d’avoir des enfants, trois. J’avais même décidé que ce serait trois filles et j’ai été exaucé. Et tout ce chemin a eu lieu quasiment sans chagrin. C’est là qu’intervient la chance. Je ne sais toujours pas qui remercier pour ça, d’autant plus que je ne crois en rien, alors merci la chance. Puisque Marcel Pagnol m’encourage à capitaliser des joies et des bonheurs pour plus tard, quand le chagrin pointera son nez, ben c’est ce que je fais. Je l’ai bien croisé plusieurs fois dans les allées d’un cimetière le chagrin, mais il ne m’a pas repris mes joies, pas pour l’instant. Je le croise aussi régulièrement dans les nouvelles du monde, la tristesse me submerge, je pose un genou à terre, je pleure, je reprends mon souffle et je me remets en marche. La semaine dernière une amie de ma fille a enterré son papa. Il avait quarante et un an et elle douze. Lors de la cérémonie, elle et sa grande sœur ont remercié leur père d’avoir été l’homme qu’il était et d’avoir passé ces années auprès d’elles. Rien qu’en écrivant ces mots les larmes me montent aux yeux : c’est à ça qu’on reconnaît un inoubliable chagrin. Cette fillette ne peut pas avoir vécu suffisamment de joies pour encaisser un chagrin de ce type. Il va lui falloir un courage inouï pour se remettre en marche.
Alors voilà miss, je vais te parler de cette phrase de Marcel Pagnol, et te proposer de la réécrire. Tu en as le droit, à ton âge on n’est pas censé vivre un inoubliable chagrin. Telle est donc la vie des hommes. Un inoubliable chagrin, que tu surmonteras j’en suis certain, pour profiter de l’interminable liste des bonheurs qui t’attendent tout au long de ta future vie de femme. On t’embrasse.