Porté par Laurent Lafitte, Alter Ego explore les dérives de l’ego à travers un postulat aussi simple qu’efficace : celui du double. Alex mène une existence banale, presque effacée, jusqu’à l’arrivée d’un voisin qui n’est autre que son parfait sosie — en mieux. Plus charismatique, plus séduisant, plus accompli, ce double agit comme un révélateur brutal de ses propres frustrations.
Le film repose en grande partie sur la performance de Laurent Lafitte, qui relève avec précision le défi du double rôle. Par un jeu nuancé et une véritable maîtrise corporelle, il parvient à distinguer clairement deux personnalités opposées, évitant ainsi l’écueil de la simple démonstration technique.
La mise en scène épouse cette dualité en instaurant une atmosphère volontairement décalée, flirtant avec l’absurde et le malaise. Le traitement visuel — notamment à travers un grain d’image singulier — renforce cette impression d’étrangeté, comme si le réel lui-même se fissurait sous le poids de la paranoïa du personnage.
À ses côtés, Blanche Gardin apporte un contrepoint intéressant, bien que son rôle reste en retrait face à la performance centrale.
Si le film séduit par son ton audacieux et son humour grinçant, il peine toutefois à surprendre sur la durée. Le développement narratif, relativement prévisible, atténue l’impact de son concept initial pourtant prometteur.
Une proposition singulière, portée par un acteur en pleine maîtrise, mais qui aurait gagné à pousser plus loin ses ambitions dramaturgiques.