Nova le matin

Le Brésil veut privatiser une partie de ses plages paradisiaques


Listen Later

En France, le domaine public maritime, c’est-à-dire la mer et les plages, est reconnu comme inaliénable depuis un arrêt du Conseil d'État de 1858. Autrement dit, personne ne peut en devenir propriétaire. 

C’est la même chose dans plein d’endroits dans le monde, au Brésil par exemple, connu pour ses 7 500 km de côtes et de plages paradisiaques. Sauf qu’au Brésil, des élus envisagent très sérieusement d’en privatiser une partie.

Le Sénateur brésilien Flavio Bolsonaro, fils aîné de l’ancien président d’extrême droite, Jair Bolsonaro, a de la suite dans les idées. L’élu porte haut et fort un projet de révision constitutionnelle afin de privatiser une partie des plages du pays. 

À l’heure actuelle, ces plages appartiennent au Gouvernement et sont gérées par la marine. Le projet de révision constitutionnelle que le Sénateur défend, avec d’autres élus de droite et d’extrême droite, vise à créer un « Cancún brésilien », en référence au pôle touristique mexicain et ses grands complexes hôteliers. Mais pour y aboutir, il doit parvenir à changer la Constitution du pays, ce qui n’est pas ridicule au regard des enjeux financiers de l’opération et des pressions du secteur immobilier.

Si les Députés ont déjà validé le projet, dans les faits, cela ne va pas être si simple à réaliser, car depuis que le projet de l’élu a été révélé et que les Députés l'ont validé en première lecture, on assiste au Brésil à une levée de bouclier

La pression populaire s’organise de tous côtés contre le projet de Flavio Bolsonaro, et la polémique ne retombe pas, notamment sur les réseaux sociaux où les défenseurs de l’environnement, très remontés, se déchainent. Ces derniers rappellent notamment que, partout dans le monde où ce type de projet a abouti, il a ouvert la porte à toujours plus de privatisations et à une occupation croissante des zones côtières.  

Si jamais le projet de révision constitutionnelle est adopté malgré tout, son application pourrait être remise en cause par la justice, qui pourrait bien considérer qu'il s'agit là d'une violation de principes fondamentaux de la Constitution sur la préservation de l'environnement. Affaire à suivre.

Quant à nous, nous ne manquerons pas de vous tenir au courant de cette affaire.

Photo : Plage de Copacabana, Mauro PIMENTEL / AFP

Distribué par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

...more
View all episodesView all episodes
Download on the App Store

Nova le matinBy Radio Nova