Le chant de l'histoire

Le chant de l'histoire

By Le Chant de L'Histoire, chanson actuelle, chanson rétro, chanson poétique, chanson socialeEducationMusicMusic History
Download on the App Store

Le chant de l'histoire episodes

  • C.d.C.#56 1975 Le chien pouilleux et la louve : David McNeil – Annkrist – Bernard Lavilliers – Antoine Candélas

    C.d.C.#56 1975 Le chien pouilleux et la louve : David McNeil - Annkrist - Bernard Lavilliers - Antoine Candélas
    1975 Le chien pouilleux et la louve - Contexte historique

    Le chien pouilleux et la louve. Au tournant des années des années 1960 et 1970, un mouvement revivaliste a produit en Bretagne ce que l’on a qualifié de « folk song breton », de « progressive folk breton », de « folk celtique » ou encore de « Celtic pop music », en quoi l'on peut voir une déclinaison locale de la contre-culture américaine.

    La pratique amateur du folk est favorisée au Centre américain du boulevard Raspail à Paris par l’organisation de Hootenannies, animés par Lionel Rocheman, de 1964 à 1972.

    S’y produisent assidument quelques dizaines d’amateurs de musique folk américaine et anglaise, et également des Bretons de Paris : les guitaristes Bernard Benoît et Dan ar Braz, la chanteuse Maripol, le harpiste Alan Stivell dès janvier 1966.

    Au début de l’année 1972, Pete Seeger adresse une lettre ouverte, intitulée « Ne vous laissez pas coca-coloniser », aux « jeunes gens qui, au-dehors des États-Unis, sont fortement attirés par la musique folk et pop de ce pays ». Mettant en évidence trois sortes de musiques américaines :- une issue du peuple soumis, - une autre émanant de la classe dirigeante, attachée à endormir ce peuple - une dernière, subtil mélange des deux premières Seeger invite les jeunes à s’inspirer de la démarche des folksingers américains pour mettre en valeur leur propre musique folklorique, sans négliger celles d’autres pays.

     

    Biographie de David McNeil - Le chien pouilleux et la louve
    Enfance et formation de David McNeil

    David McNeil, chantauteur et romancier étasunien, naît à New York en 1946. Son père est le peintre Marc Chagall, exilé alors au EUA depuis 1941 du fait des persécutions nazies. Sa mère est Virginia Haggard Mc Neil, gouvernante, engagée après la mort de la femme du peintre en 1944.

    « Je suis né quand ma maman est tombée amoureuse de mon papa Chagall. Elle était toujours mariée avec John McNeil. À l'époque, les divorces étaient très difficiles et Mc Neil y était réticent. C'est la raison pour laquelle je ne m'appelle pas Chagall mais Mc Neil ».

    En 1949, la famille retourne en France. David y passe ses premières années avec ses parents et sa demi-sœur Jean, fille de Virginia et de son mari. Mais en 1952, sa mère rompt avec Marc Chagall et part vivre en Belgique avec ses deux enfants et se remarie.De son côté Marc Chagall se remarie aussi, avec Valentina (Vava) Brodsky. David McNeil revient vivre chez son père lorsque le nouveau mari de sa mère tombe malade.Cependant Vava, que David appelle « la Gorgone » le tient éloigné de la maison, comme elle le fait pour Ida, la fille ainée de Chagall.

    « J'en voulais à mon père de ne pas taper du poing sur la table en disant « Je veux voir mes enfants », et je préfère dire pusillanime parce que lâche n'est pas un mot que j'aime. Mais lui était dans sa magie et j'ai mis longtemps à lui pardonner. Longtemps. La raison pour laquelle je lui pardonne, c'est parce qu'avec son talent il a rendu heureux tellement des gens ».

    De ce fait, il est placé en pensionnats durant une dizaine d'années. Cette expérience répétée de l'internat n'engendre pourtant ni soumission ni repli durable. Elle favorise l'apprentissage d'une stratégie de survie : la fuite. McNeil le formule sans emphase « Si ça ne me plaît pas, je n'y vais pas ».À quinze ans, David est inscrit au lycée français de Bruxelles. L'appartement de sa mère étant trop petit, il loge en chambre d'étudiant. C'est la première fois qu'il habite un lieu sans y être enfermé :

    « J'allais au lycée français et le soir, comme je ne dormais pas chez mes parents, j'allais au cinéma. Je marchais dans les rues, je m'achetais des cornets de frites place Flagey… c'était la vraie vie ! Au lycée français de Bruxelles j'ai découvert une chose magique. J'ai découvert un lycée mixte, ce qui change tout, parce que même à quinze ans tu comprends la séduction et le jeu de la séduction. Et mon dieu, c'est un bonheur ! Je m'y suis plu ».

    Ensuite, il vit un temps à Londres chez sa demi-sœur Jean où, dans les clubs de jazz, il a ses premiers contacts avec la culture musicale.

    Début de la carrière artistique de David McNeil

    À la fin des années 60, David McNeil écrit des chansons sans projet de carrière précis, d'abord en anglais. Il aborde la chanson comme une pratique légère, compatible avec son mode de vie instable et peu enclin à la planification. Il se produit dans des lieux modestes à Bruxelles, à la frontière de l'amateurisme et des circuits alternatifs. Cependant deux rencontres vont jouer un rôle décisif dans sa structuration :- d'abord celle de Deroll Adams, joueur de banjo et figure du folk étasunien, installé en Belgique. Ce dernier lui transmet une conception narrative de la chanson : raconter des histoires plutôt que livrer ses états d'âme- puis ensuite celle de Jo Dekmine, directeur du Théâtre 140 qui va jouer le rôle de passeur. Dekmine perçoit très tôt la singularité de ces chansons et offre à McNeil une scène, une légitimité. C'est lui qui l'encourage à rencontrer Pierre Barouh à Paris.

    David McNeil avait déjà enregistré trois (mauvais) 45 tours chez Philips Belgique. Mais son véritable baptême discographique se fait sous l'égide de l'étiquette Saravah. Ce cadre artisanal libertaire et peu hiérarchisé correspond parfaitement à l'état d'esprit de David McNeil au début des années 70. Il y enregistrera trois albums.Sur le plan musical, ces albums doivent beaucoup aux collaborations mises en place notamment par Pierre Barouh. Aussi la présence de Jean-Pierre Auffredo, fidèle compagnon de studio, est-elle importante et celle du guitariste Jack Treese déterminante.Une écriture musicale, à la fois sobre et souple qui laisse toute sa place au récit et à la diction. Mieux vaut moins de notes mais que celles-ci, en plus du son, produisent du sens !

    [ source : Hexagone n° 40 ]

    Discographie 1968 / 1979 de David Mc-Neil

    1968 Deux 45 tours : Don't let your chance go by & Indigo (Philips)1969 Un 45 tours : Linda (Philips)1972 Un 33 tours : Group Captain Crash (Saravah)1974 Un 33 tours : L'assassinat (Saravah)1975 Un 33 tours : J'ai déjà fait mon arche… (Saravah)1976 Un 45 tours : Tous les bars de Babylone (Saravah)1977 Un 45 tours : B.O.F. Blues jeans (RCA)1978 Un 33 tours : Funky-punky (RCA)1979 Un 33 tours : Roule baba cool (RCA)

    Chansons de la 1ère partie : Le chien pouilleux et la louve : Chien pouilleux

    02:50 David McNeil         : J'ai déjà fait mon arche     : David McNeil : 197506:45 Claude Antonini  : Je vous salue hirondelles : Paol Keineg - Claude Antonini : 197510:55 Daniel Slimak      : Chien pouilleux                  : Daniel Slimak - Yves Keusch : 1975

    Annkrist & Kristen Noguès
    Biographie d’Annkrist.  Le chien pouilleux et la louve
    Enfance et formation d’Annkrist

    Anne-Christine le Goaër, alias Annkrist, chantautrice française, naît en 1949 à Bizerte (Tunisie). Son père est un marin breton de la marine nationale affecté à la base stratégique de Bizerte. Après l’indépendance de la Tunisie, la famille retourne à Brest. C’est donc à huit ans que la petite Anne-Christine découvre la Bretagne. Son enfance sera marquée par la maladie et la séparation d’avec sa famille.

    À l’adolescence, elle habite le quartier du Polygone, à Brest, où vivent des Gitans, des blousons noirs et des ouvriers.

    « Les garçons y sont un peu plus beaux qu’ailleurs, les filles un peu plus belles, de la beauté d’Esmeralda. » Cette ville, ce quartier ont « beaucoup contribué à l’écriture et à la sonorité de mes chansons ».

    Le dimanche après-midi, son père ouvre la maison au voisinage, vient y chanter qui veut. Annkrist y joue ses propres chansons, en s’accompagnant à la guitare. Elle va les chanter aussi dans les kermesses, au stade de foot, dans les cantines. La chanteuse fait aussi sensation au « Club Folk » où s’invente alors la scène brestoise. C'est ainsi qu'elle aura l'occasion d'y rencontrer Gérard Delahaye, futur fondateur de la coopérative Névénoé

    Elle entre à l’école des Beaux-Arts. À 20 ans, diplôme en poche, elle part enseigner le dessin du côté de Lyon, Saint-Étienne et Valence, où elle s’intéresse à la sauvegarde des artisanats populaires en perdition, broderie de jais, dentelle au fuseau. Surtout, par le biais du CNRSH (Sciences Humaines) elle trouve un emploi à Niamey, au Niger. Elle sillonne alors les déserts du Tassili, du Ténéré et du Tanesrouf.

    Début de la carrière de chanteuse d'Annkrist

    Mais quand Annkrist revient en Bretagne, c’est pour se déterminer réellement comme chanteuse :

    « C’était en 72, mais il y avait plus de dix ans que j’écrivais des chansons et six ou sept ans que je les chantais en public. La chanson a toujours été un état chez moi ; j’ai toujours chanté et toujours mes chansons »

    En effet, Annkrist déteste l’interprétation, sauf cas exceptionnels. De fait, elle débute dans la chanson au moment de la grande vague du folk :

    « Je tombais mal. On me demandait de chanter du folk et je ne voulais pas car je trouvais malhonnête de le faire alors que je ne connaissais pas la langue. […] J'ai horreur de ça, et puis ça ne me plaît pas de ne pas être authentique du tout. On ne vit qu'une fois et je tiens à chanter mes chansons. »

    Philippe Anciaux, chantauteur wallon se souvient :

    « Ça devait être dans les années 70. Mon ami Jacques-Ivan Duchesne et moi-même, Philippe Anciaux, avons été invités pour notre plus grande joie à chanter à Morlaix dans le Finistère [ à "la fête à l'ennemi intérieur"]. Pour nous, les Wallons, retrouver nos frères bretons est toujours une grande fête ! […]

    Ainsi donc, à Morlaix, j'étais en première place, car je voulais découvrir cette Annkrist artiste et poète sur scène. Ce fut un choc ! Un cri ! Une force poussée par des paroles puissantes et douloureuses, sans concession à la vie ! Elle chantait des mots comme on les dit simplement, mais ensoleillés d'une poésie tellement présente, des mots qui n'étaient pas enrubannés de cette poésie dégoulinante qu'on retrouve chez les patauds, des mots puissants, jetés au cœur comme crachés au malheur et soulignés par cette voix douloureuse, et ces cheveux de feu.

    Je suis resté cloué à mon siège tout le spectacle. Jamais je n'avais entendu une artiste de ce gabarit, de cette trempe, elle déclouait mes pensées faciles de p'tit bourgeois bien pensant, elle m'emmena dans son monde à elle que je pouvais faire mien. Et le voyage ne fut pas facile… »

    Annkrisk rejoint Névénoé

    De nombreuses chansons en poche, Annkrist rejoint Névénoé, un collectif d’artistes basé à Morlaix. Elle y fait la rencontre de la harpiste Kristen Noguès, avec qui elle formera sur scène un duo très soudé.Alain-Gabriel Monot, professeur de lettres à l’Université de Bretagne occidentale, journaliste, écrira :

    « Avec Kristen Noguès, {Annkrist] se produit régulièrement en 1974. Et c'est comme si le blues entrait en majesté dans les salles de concerts finistériennes, minuscules le plus souvent, où les deux musiciennes font entendre la beauté altière du mal profond de vivre qui les habite, retourné en boule de splendeur. »

    En juillet 1975, son premier album sort chez Névénoé. Tous les musiciens du collectif participent à l'enregistrement, tissant des arrangements folk-rock derrière la voix déchirée de l'artiste au meilleur de son art.

    Six mois plus tard, sur la route qu’elle a prise pour répondre à l’invitation de Jean-Louis Foulquier sur France Inter, la voilà victime d’un terrible accident de la route.

    [sources : blog d'Annkrist - Livre "Annkrist" éditions Goater]Biographie à suivre…

    Chansons de la 2ème partie : Le chien pouilleux et la louve : Pourquoi on devient louve

    17:32 Daria de Martynoff : Pourquoi on devient louve : Daria de Martynoff : 197520:02 Annkrist                    : Par la rue haute, d'abord   : Annkrist (Anne-Christine Le Goaër) : 197525:09 Guy Monfaur            : Noroit (La mer du nord)     : Guy Monfaur : 197528:21                          : Ce n'est pas moi qui chante : Jacques Prévert - Sebastian Maroto : 1975

    Biographie de Bernard Lavilliers (1ère partie). Le chien pouilleux et la louve
    Enfance  de Bernard Lavilliers

    Bernard Oulion, alias Bernard Lavilliers, naît à Saint-Etienne en 1946. Sa mère, Georgette, ancienne institutrice lui apprendra à lire très jeune, à quatre ans. Son père, Claudius, résistant pendant le guerre, est comptable à la Manufacture d'armes de Saint-Étienne (Manu). Bernard se souvient :

    « C'est un vieux communiste de 1936. Il a été leader syndicaliste pendant quarante ans. C'est un type qui est toujours aussi ouvert sur l'extérieur. »

    Pour ses parents, la culture est un droit et un devoir. Toute la famille est accro à la lecture. La musique n'est pas oubliée : la maman joue du piano à la maison ( Brahms, Satie). Le père écoute de la musique cubaine, ce sont ces rythmes cubains que Bernard rencontre en premier et qu'il apprend à aimer. En outre, toute la famille chante. Côté chanson, si la maman, aussi, est portée vers l'afro-cubain et le papa vers Django Reinhardt, c'est ensemble qu'ils chantent « Les feuilles mortes ». Bernard a une jolie voix et il chante aussi dans les repas de famille. La première chanson qui émouvra Bernard est « Comme un soldat » de Francis Lemarque.Tous les dimanche après-midi, les parents amènent leurs enfants au cinéma. Bernard découvre « Les Enfants du paradis » et surtout « Robin des bois ».

    L'enfance de Bernard est ordinaire, sans heurts, dans une grande harmonie familiale. Cependant, à sept ans, Bernard est atteint d'une congestion pulmonaire. Aussi, plutôt que l'envoyer au sanatorium, les parents décident de déménager à la campagne sur les hauteurs de Saint-Etienne. Bernard doit aller à l'école privée de la Fouillousse, il se souvient :

    « il me fallait faire trois kilomètres à pied, le matin, vers 6h30… Je prenais le chemin de l'école, mais souvent je n'y allais pas, carrément. J'avais huit ans et le passais mes journées tout seul dans les bois, avec ma gamelle de midi […] Je me souviens d'un seul instit, au CE1. Un marginal, un écrivain surréaliste au nom de Duperray. Il me foutait une paix royale et disait à ma mère : « Lui, je sens que c'est une autre espèce d'homme, il fait partie des artistes ». Quand j'ai commencé à chanter et écrire, à dix-sept ans, il a été l'un des premiers à venir me voir et à m'encourager par de longues lettres ».

     

     

    L'année suivante, la famille retourne à Saint-Etienne et Bernard est scolarisé à l'école primaire publique, puis au collège, une scolarité sans relief et un peu fade. Bernard en dira plus tard :

    « C'est de la lecture, pas de l'école que proviennent toutes mes connaissances, toute la charge des mots que je possède aujourd'hui, ce qui m'a permis de n'approfondir que les domaines qui m'intéressaient »

    Il n'empêche que c'est la rencontre avec un enseignant hors du commun, Jean Duperray, qui va lui faire découvrir le surréalisme et surtout la cause antifranquiste.

    Bernard Oulion en formation ouvrière à la MAS

    Mais, au terme de cinq ans au collège, le jeune Bernard veut abandonner les études et faire du spectacle. Toutefois, son père le convainc d'entrer d'abord à l'École de formation technique de la Manufacture d'armes de Saint-Etienne (la MAS) pendant trois ans, pour au moins apprendre un métier. Bernard remplira le contrat passé avec son père: il suivra le cursus, obtiendra son CAP, et travaillera un temps en tant que P1. Cependant durant ce temps, le futur Lavilliers n'a qu'une idée en tête : être artiste ! il vient d'ailleurs à l'usine avec sa guitare. Ainsi, il aura l'occasion d'observer les conditions de travail : le bruit, la chaleur, les cadences…. L'usine sera la source de belles inspirations : « Les Barbares », « Fensch vallée »…Il se choisit alors « Lavilliers » comme nom de scène.

    En outre, lors de sa scolarité à la MAS, des camps sont organisés pendant les vacances, qui rassemblent les élèves des différentes écoles d'armement de l'Hexagone. En fin de deuxième année, ce sera un camp de ski nautique et de canoë à Vassivière, dans le Limousin. Luxe insensé en terre prolétaire… mais c'est pour l'armement. Lors de ces rassemblements, chaque école se doit de défendre ses couleurs, notamment lors de soirées spectacles. La MAS trouve en Bernard Lavilliers un atout de poids : l'élève a du coffre, il s'accompagne à la guitare et chante tant du negro-spiritual que La Prière mis en musique par Georges Brassens.C'est à Vassivière que le jeune Lavilliers rencontre son premier public.

    Et c'est pendant sa période d'apprentissage que, le soir, Bernard commence à fréquenter des marginaux et des étudiants, en particulier élèves des Beaux-Arts. Ainsi, il fera connaissance d'Alain Meilland, Duk (Pierre-René Massard), Claude Lyonnaz. Toute cette bande vit la nuit. Bernard, lui, n'appartient pas à la bande : le soir il rentre chez ses parents, il commence tôt à l'usine…

    De plus, si Bernard bosse à la Manu la journée, le soir il est élève d'art dramatique au conservatoire. Il y fait la connaissance de René Lecacheur, un prof venu de Paris et devenu la cheville ouvrière de l'association d'éducation populaire Culture et Jeunesse. Bernard est bon élève, aussi Lecacheur, qui désire monter une pièce sur un souvenir tragique de la résistance stéphanoise, lui réserve un des deux premiers rôles dans « Mourir, cette chance ».

    Débuts sur scène de Bernard Lavilliers.

    Au terme de ses trois ans de formation, Bernard Oulion obtient son CAP de tourneur et c'est au grade de P1 qu'il commence à travailler à la Manu.

    « Pour ma mère, je suis devenu un homme quand je suis devenu un travailleur, quand je suis entré à l'usine et que j'ai rapporté des ronds à la baraque […]J'ai commencé à chanter quand je travaillais à l'usine. C'était des fois dans des Amicales Laïques, ou alors je louais un cinéma. Et le dimanche après-midi, je faisais des concerts. Enfin, des concerts, si on peut dire ! Je vendais les billets à l'usine. Les mecs se disaient : « Allez, on va lui faire plaisir. C'était pas cher. - Tu chantes quoi - mes chansons - Oh la la !, merde ! : » Et ils venaient : c'est comme ça que j'ai commencé. Mais c'était pas terrible, ce que je faisais ».

    Par chance, Claudius Oulion, le père de maintenant Bernard Lavilliers, partage son bureau avec un dénommé Francis Lyonnard. Ce dernier est aussi musicien, accordéoniste et membre de la Sacem. Claudius se permet de lui demander un service : celui de bien vouloir consacrer un peu de temps à son artiste de fils, lui donner des conseils, l'aider à structurer sa musique…C'est ainsi que, désormais, Bernard se rend pour de fort studieuses séances chez Francis et Andrée, son épouse, violoniste professionnelle à la Saison lyrique de Saint-Etienne.

    Autre rencontres importantes : celles de Roger Veyre et de Marcel Odouard. Roger est pianiste, en plus d'être professeur d'histoire géographie, Marcel prof. de français. Tous deux sont acteurs au théâtre mais aussi se retrouvent dans un récital «Chansons en marge, de Montéhus à Léo Ferré et Jean Ferrat ». C'est Marcel Odouard qui poussera définitivement Bernard Lavilliers sur la voie de la chanson.

    « Rendez-vous avec la chance », célèbre émission de la radio régionale de l'ORTF doit venir à Saint-Etienne le 17 février 1965 pour une sélection en vue d'élire son « champion de la Loire » qui participera à la finale interrégionale.Il faut venir avec les partitions des deux chansons qui seront interprétées. C'est le branle-bas pour Bernard Lavilliers qui n'a aucune partition à présenter. Bernard consacre une séance de travail chez Francis Lyonnard à l'enregistrement d'un bon nombre de titres. À charge à l'accordéoniste de reporter tout ça sur partition.Bernard remporte la finale interrégionale, de plus il fait la connaissance d'André Lardon, architecte-chanteur, avec lequel se nouera une réciproque et véritable amitié.

    Bernard Lavilliers fraternise avec les réfugiés espagnols.

    En outre, Bernard Lavilliers fait équipe avec un autre complice, André Mellier, un élève à l'École normale qui hésite entre l'enseignement et la chanson. Tous deux font le tour des Amicales Laïques de la région mais aussi des auberges de jeunesse. Le Mouvement Indépendant des auberges de jeunesse (MIAJ) est proche des anarcho-syndicalistes de la CNT, le syndicat révolutionnaire espagnol.La région stéphanoise héberge alors de nombreux Espagnols qui ont lutté contre Franco et ont dû quitter leur pays. Bernard y retrouve Marcel Odouard et Jean Duperray. Ainsi, Bernard Lavilliers fraternise avec les réfugiés espagnols avec lesquels il finit par faire cause commune. Lavilliers sera accueilli par le MIAJ parisien quand il arrivera, fauché et sans point de chute, dans la capitale.

    En ce début d'avril 1966, tout est prêt : Bernard Lavilliers a démissionné de la Manu, les valises sont prêtes et il a son billet de train , un aller simple pour Paris.

    Biographie à suivre…

    [ source : Les vies liées de Lavilliers - Michel Kemper ]

    Discographie 1967 / 1975 de Bernard Lavilliers

    1967 Trois 45 tours : Rose-rêve & La frime & La dernière bouteille (Decca)1968 Un 33 tours    : Chanson pour ma mie (Decca)1970 Un 45 tours    : Camélia blues (Edgar de Lyon) (As de trèfle)1972 Un 33 tours    : Les poètes (Motors)1975 Un 33 tours    : Le Stéphanois (Motors) &         Un 33 tours     : La Fête (participation, 1 titre) (Expression Spontanée)

    Chansons de la 3ème partie : Le chien pouilleux et la louve : La grande marée

    33:09 Maripol                 : Les éthers bleutés : Maripol (Marie-Paul Subié) : 197537:33 Joan-Pau Verdier : Ni diu, ni mestre    : Léo Ferré adapt. Joan-Pau Verdier : 1975 41:13 Bernard Lavilliers : La grande marée   : Bernard Lavilliers : 1975

    Bernard Lavilliers
    Biographie d'Antoine Candélas
    Enfance et formation d'Antoine Candélas

    Antoine Candélas, chantauteur français, naît à Langogne (Lozère) en 1942. Ses parents sont des Républicains espagnols réfugiés en France après la guerre civile.Très attiré par tout ce qui concerne l'enfance, il fait ses études à l'École normale. Il sera instituteur pendant dix ans dans les environs de Perpignan, pratiquant activement les méthodes d'éducation Freinet.

    Puis la chanson pénètrera dans sa maison avec des textes d'une grande richesse, lui, le fils de réfugiés politiques espagnols qui fut « un élève découragé par de mauvaises notes en composition française ».Néanmoins il ne s'avouera jamais vaincu :

    « Je mettais un point d'honneur à être meilleur élève que mes petits copains « bourgeois », car cela faisait la fierté de mon père qui disait toujours : « Les pauvres ne sont pas plus bêtes que les riches, mais ils doivent travailler dix fois plus car rien ne leur est offert » ».

    Début de la carrière artistique d'Antoine Candélas

    Trois ans d'apprentissage, et tout de suite la scène et l'émotion partagée. Espagnol par ses origines, Français par sa culture, Antoine Candélas compose des chansons au carrefour de ces deux influences. L'Espagne est présente dans l'inspiration musicale, la mélodie, le choix de l'instrument d'accompagnement, le ton de la chanson, souvent grave… La France dans le texte, l'écriture.

    En 1975 paraît son premier album autoproduit : Alignements - Raphaëlle. Jacques Canetti le découvrira alors et publiera ses albums suivants

    [ source Paroles & musique n° 16 & 40 ]

    Discographie d'Antoine Candélas

    1975 Un album 33 tours : Alignements - Raphaëlle (autoproduit)1977 Un album 33 tours : Volume 1 Espagnol (Jacques Canetti)1978 Un album 33 tours : Volume 2 Il a semé le paysan (Jacques Canetti)1978 Un album 33 tours : Espagnol, Morosité (8 titres réenregistrés) (Centre d'Art du Verseau)1980 Un album 33 tours : Volume 3 Et puis, y'a moi (Jacques Canetti)1984 Un album 33 tours : Train de banlieue (Ami disc)198? Un 45 tours              : Dieppe (autoproduit)

    Chansons de la 4ème partie : Le chien pouilleux et la louve : Alignements

    48:07 Antoine Candélas : Alignements            : Antoine Candélas : 197553:18 Denis Wetterwald : Un point c'est tout : Denis Wetterwald : 197556:13 Mouloudji              : Allons z'enfants       : Boris Vian - Marcel Mouloudji, Albert Assayag : 1975

    Abonnez-vous au podcast Chant de l'Histoire
    1 hr
  • C.d.H.#55 1975 : La faute au pétrole : Jehan Jonas – Marc Vincent – François Béranger – Daniel Slimak

    C.d.H.#55 1975 : La faute au pétrole : Jehan Jonas - Marc Vincent - François Béranger - Daniel Slimak
    1975 La faute au pétrole : contexte historique

    La faute au pétrole : Le nucléaire est, en France, un sujet tabou. Dans le domaine militaire, il est considéré comme garant de l'indépendance nationale. En 1960, le général de Gaulle a bravé la communauté internationale avec ma première expérimentation française au Sahara alors que les autres pays occidentaux et l'URSS observaient un moratoire.

    Le choix de la non violence marque la lutte antinucléaire qui a commencé contre l'armement atomique dans la gauche des années 1960. Puis elle reprend des couleurs après 1968 avec le refus du tout nucléaire.La première manifestation a lieu à Fessenheim en 1971 et rassemble quelques milliers de participants. Ils sont dix fois plus nombreux l'année suivante. Ainsi, chaque année, un rassemblement calme et silencieux se tient à Fessenheim.

    En 1974, les travaux de terrassements sur le chantier du site nucléaire de Creys-Malville démarrent avant la clôture de l'enquête d'utilité publique. Les nucléairocrates sont très pressés !

    Biographie de Jehan Jonas (2ème partie) : La faute au pétrole

    1ère partie de la biographie de Jehan Jonas

    Jehan Jonas enregistre son premier album 33 tours

    En 1966, grâce à Jean Bourbon, Jehan est accueilli dans de nombreux cabarets parisiens, à la fois rive gauche et rive droite, devant des publics très différents d'un cabaret à l'autre. Ainsi, en juin 1966, sous l'étiquette « Disc'AZ », il enregistre son premier album 33 tours. La sortie du disque est célébrée le 22 octobre au cabaret "L'Écluse". Michel Simon et Suzy Chevet, organisatrice de nombreux galas de soutien au « Monde Libertaire » seront ses parrain et marraine. Jehan accepte toutes les demandes de participation au profit des causes humanitaires de Suzy.

    De fait, trois chansons passent régulièrement à la radio, s'ensuivent aussi les galas d'étés dans les casinos. Mais Jehan Jonas se produit également dans des lieux plus modestes, particulièrement au nord-ouest du pays. Il vient souvent écouter les copains et n'hésite pas à passer derrière le bar pour donner un coup de main aux bénévoles des MJC. En outre, il continue à chanter dans les cabarets parisiens.

    De nombreux articles de presse lui prédisent un avenir et une place importante, justifiée et légitime.En 1967, Jehan passe son examen de compositeur devant la Sacem. Il enregistre son 2ème album 33 tours « À la vie ». Il passe à l'émission de télévision Discorama de Denise Glaser. Cependant, il lui est toujours demandé d'interpréter « Le manège » belle chanson mélancolique, surtout garantie sans vague dans son répertoire de contestataire grinçant.

    Jehan Jonas refuse de nager dans la vague yéyé

    Dans les années 1968-1970 la vague yéyé s'installe et éloigne de la diffusion tous les artistes qui ne se considèrent pas comme des savonnettes. Des hommes d'affaires avisés avaient repéré un pouvoir d'achat chez la jeunesse, nouvelle classe sociale émergente. Ils vont l'exploiter en lui fournissant des idoles édulcorées et aguichantes (cf le podcast « La vague yéyé »). Jehan Jonas ressent l'âpre sentiment d'être arrivé au mauvais moment. Néanmoins, il refuse de nager dans la mélasse de la vague yéyé.

    1968 voit la sortie de son 3ème album 33 tours « L'autre », mais la radio se fait plus distante et pour tout dire, rare, très rare… De fait, les directeurs des lieux de chanson, casinos, salles de spectacle, cèdent aux sirènes des nouveaux « produits formatés » qui inondent les ondes. Jehan en est réduit à refaire la tournée des Maisons de la Culture et des récitals dans les clubs de vacances. Cependant, le public l'y acclame et en redemande.

    En 1969 et 1970 paraissent deux 45 tours : « L'album de famille » et « C'est que t'as vingt ans ».En septembre 1970, Lucien Morisse, celui qui fut un Pygmalion pour plusieurs artistes, se donne la mort. C'est une triple perte pour Jehan : l'ami, le professionnel, le soutien discret mais convaincu.

    Jehan Jonas censuré par Jacques Chancel

    Ainsi, avec la disparition de Lucien Morisse, le silence radio pour les chansons de Jehan s'installe définitivement. La chanson « Pompi… que dalle ! », écrite en 1968, avait déplu souverainement à Jacques Chancel, pape du bon goût policé sur la radio du service public. Ce dernier avait alors qualifié Jehan de « jeune voyou » et l'avait déclaré « Persona non grata » à l'ORTF. Le message est  bien reçu par les programmateurs serviles. L'interdit sera respecté sans mesure. La censure sera totale.

    En 1972 paraît son 4ème et dernier album studio « L'étiquette » édité par la SFPP. Jehan y interprète sa chanson « Pompi… que dalle ! », ultime pied de nez aux censeurs de toutes sortes.En 1973 SFPP fait paraître un album de compilation « Tahiti » regroupant les deux 45 tours de 1969, agrémenté de trois inédits enregistrés à cette période : « Tahiti », « Un homme est mort au crépuscule » & « Plaidoyer pour un futur crétin ».

    De fait, les disques de Jehan étant ignorés sur les ondes, les engagements de spectacles se raréfient encore davantage.

    Jehan Jonas tente de rebondir malgré la censure

    Jehan tente de rebondir malgré la censure : en 1974 et 1975 il crée deux spectacles : l'un « Le Pain des Fous » au Théâtre Daniel Sorano à Vincennes, l'autre « Ce soir… on récalcitre » au cabaret « La Pizza du marais », rue des Blancs Manteaux. Les deux spectacles sont bien accueillis mais, malheureusement, ne parviennent pas à soulever la chape de plomb de la censure.

    Le spectacle « Ce soir… on récalcitre » du 23 mars 1975 sera enregistré et paraîtra sur cd en 2008, publié par l'Association « Second Souffle » de sa femme Laure Cousin.

    Jamais Jehan ne se remettra de l'ostracisme outrancier dont il fut, comme tant d'autres, arbitrairement frappé avant d’être finalement ignoré. Jamais il ne se relèvera de l'injonction qui lui intimait rien moins que de rompre avec son unique passion : La Chanson.

    Jehan décède le 29 avril 1980 d'une tumeur foudroyante au cerveau. Son décès passe quasiment inaperçu.

    ( source : « Une confiscation » de Laure Cousin ]

    Discographie de Jehan Jonas

    1966 Un 33 tours : Comme dirait Zazie (Disc'AZ)1967 Un 33 tours : À la vie (Disc'AZ)1968 Un 45 tours : Comme les autres &          Un 33 tours : L'autre &          Un 45 tours : L'album de famille (Disc'AZ)1970 Un 45 tours : Pont du Point-du-jour (Disc'AZ)1972 Un 33 tours : L'étiquette (SFP)1973 Un 33 tours : Tahiti ( compilations + 3 inédits 1969) (SFP)2003 Quatre cd    : Intégrale + 20 inédits (Second souffle)2008 Un cd            : Ce soir… on récalcitre (spectacle 1975) (Second souffle)2010 Un cd            : Bavure (inédits) (Second souffle)

    Chansons de la 1ère partie : C'est la faute au pétrole

    03:29 Gilles Servat            : C'est la faute au pétrole : Gilles Servat : 197505:00 Jean Mauzac           : Nucléaire de la lune         : Jean Mauzac : 197507:22 Edmond Meunier  : Écologiquement vôtre      : Edmond Meunier - Gaby Verlor : 197611:20 Jehan Jonas            : Je suis au paradis (*)         : Jehan Jonas : 1975

    (*) version retravaillée avec une suppression de la réverbération excessive dans l'enregistrement originel

    Jehan Jonas
    Jehan Jonas
    Marc Vincent
    Marc Vincent - Hauts de Seine
    Biographie de Marc Vincent : La faute au pétrole

    Marc Vincent, chantauteur français, naît à Morlaix (Finistère) en 1946. Ses parents étant musiciens, le petit Marc est donc, dès sa prime jeunesse, imprégné de musique ( piano, cornet à pistons & guitare). Un peu plus tard, ce sera le tour de la chanson : Georges Brassens, Félix Leclerc, Pierre Louki & Anne Sylvestre.

    En 1965, il vient à Paris pour suivre les cours de la Fac des Sciences mais, parallèlement, il s'inscrit aux cours d'arts dramatiques de Julien Bertheau et aussi au Petit Conservatoire de Mireille. La Fac des Sciences est à deux pas des cabarets rive gauche, ces deux pas seront vite franchis… Marc Vincent ne tarde pas à se produire à L'Écluse, La Chanson Galande, Le Cheval d'Or, etc…

    Marc Vincent est un chantauteur qui fait volontiers dans l'humour dont il use abondamment mais délicatement. Pince-sans-rire, il joue sur les mots avec imagination et pudeur.

    En 1967, Marc est sélectionné pour participer à la Fine Fleur de la Chanson Française. Il terminera deuxième derrière Jacques Bertin. L'année suivante, il est finaliste des Relais de la Chanson Française.

    Jean-François Jolivalt de la Voix du Nord postfacera son deuxième album de 1975 ainsi :

    « Le timbre de sa voix est agréable, chaud et profond, de ces voix qui touchent l'âme et le cœur par la seule magie de leurs vibrations. Marc Vincent n'hésite pas à donner dans le style farfelu, hermétique ou absurde. Il badine, il sourit et ironise avec beaucoup de finesse sur les hommes et le monde. Cette ironie parfois grinçante nous touche au plus profond de nous-mêmes et nous émeut à l'instant où nous nous y attendions le moins ».

    Discographie vinyle de Marc Vincent

    1969 Un 45 tours             : Le chameau du Finistère (BAM)1971 Un album 33 tours : Opus 15 (BAM)1973 Un 45 tours             : L'horoscope (Alvarès)1975 Un album 33 tours : Hauts de Seine (Merlin)1977 Un album 33 tours : Chansons pour toutes la famille (Merlin)1979 Un album 33 tours : De Charybde en Sheila (Merlin)1981 Un album 33 tours : La journée du petit Alexandre (Enfants) (Merlin)1983 Un album 33 tours : Le tube de l'été - vol. 7 (Merlin)1985 Un album 33 tours : Chanson d'un adolescent - vol. 1 (écrites entre 1960 et 1964) (Merlin)1987 Un album 33 tours : Au pays de Coralie - vol. 8 (Merlin)

    Chansons de la 2ème partie : La faute au pétrole : Hauts de Seine

    17:16 Pierre Tisserand     : Si l'on vivait comme autrefois : Pierre Tisserand : 197520:02 Marc Vincent           : Hauts de Seine                           : Marc Vincent : 197522:14 Mass Devia               : La triste ballade du tourisme  : Mass Dévia - Traditionnel : 197524:48 Gérard Entremont  : Août 1989                                    : Patrice Cramer : 1975

     

    Biographie de François Béranger (2ème partie) : La faute au pétrole

    1ère partie de la biographie de François Béranger

    François Béranger chanteur

    Après le succès du premier 45 tours de François Béranger « Tranche de vie » en 1969, CBS lui fait enregistrer un album 33 tours « Une ville ». Béranger se souvient :

    « La pochette de cet album est un collage de Martine Hussenot qui résume assez bien l'esprit de l'époque : Lénine statufié soutient d'un doigt nonchalant le logo de la multinationale CBS… À moins que le geste veuille dire : je vous l'ai bien mis. Des petites filles fraîches lessivent le socle de la statue, sous le regard d'un clown hilare et inquiétant. Devant elles, un tas de pavés qui n'attendent qu'à être lancés. Quelques fleurs y poussent. Plus loin, un CRS énorme charge un petit homme, tout seul sur le quai désert d'une gare de banlieue […]Avec ce premier 30cm je fais l'expérience désagréable de la façon dont les producteurs travaillent : vous donnez vos maquettes et quelques semaines plus tard on vous convoque au studio pour enregistrer la voix…Vous découvrez alors ce que sont devenues vos chansons, triturées par des arrangeurs inconnus - parfois de talent - mais avec qui aucun dialogue ne s'est jamais établi. Je me sens trahi par mon inexpérience ».

     

    Néanmoins, ce premier album va trouver son public. Mais, pour le second album « Ça doit être bien », François, pour avoir une formule musicale cohérente, impose le groupe étasunien Mormos. Cependant l'inspiration et le son du groupe ont vingt ans d'avance, aussi le disque piétine commercialement. De plus Béranger veut tout comprendre du fonctionnement de la production, ce qui agace fortement CBS. Ainsi, c'est d'un commun accord qu'a lieu la séparation.Finalement, en 1972, François Béranger rejoint L'escargot-Sibécar, une petite société de production où il restera 10 ans et enregistrera 8 albums studio.

    François Béranger sur scène

    François Béranger est tétanisé à l'idée de monter sur scène mais la demande du public est de plus en plus pressante. Voilà ce qu'il en dit :

    « Chanter devant des gens est la seule justification - s'il en faut une - de ce métier. Pratiquer la scène, c'est être confronté à la diversité permanente : aucun concert n'est semblable à un autre; aucun public n'est le même qu'hier. La décontraction, la confiance en soi, la faculté d'improviser viennent avec l'expérience.J'ai commencé raide comme un bout de bois, enchaînant mes chansons sans transition, sans présentation, aussi à l'aise qu'un ours sur un fil. Mais prudemment! Avec deux ou trois chansons d'abord. Puis un quart d'heure, une demi-heure, une heure.

    Une façon progressive de vérifier que les gens ne s'emmerdent pas puisqu'ils en redemandent! Finalement, après trois ans d'expérimentation sur le tas, je mis au point mon standard de croisière : un spectacle de deux heures. L'ours bourré de trac des débuts découvrit que chanter est un plaisir physique. Le plaisir de donner de la voix. De se donner tout simplement ».

     

    De plus, en 1973, Béranger rencontre Jean-Pierre Alarcen, guitariste génial, qui avait cependant l'intention d'arrêter le métier. Ses expériences passées l'avaient dégoûté du showbiz. Son projet était, alors, de faire des livraisons avec son camion (reliquat, avec la sono, d'un groupe qui n'avait pas marché). C'est un pur et dur, résolu à ne pas transiger avec l'idée qu'il a de la musique.

    François Béranger commence alors son « ère électrique » avec Alarcen. Une centaine de concerts par an, festivals, fêtes politiques, galas de soutien. Béranger et son groupe sont partout.Onze personnes : ça coûte cher. Mais le prix modeste des places que Béranger impose est compensé par un public nombreux.Finalement, en 1978, après un mois de spectacles à l'Élysée-Montmartre et quelques concerts, le groupe Alarcen et François Béranger se séparent. Ils ont fait le tour de la question.

    En 1975 paraît le 4ème album de Béranger « L'alternative »

    [ source : Bio perso « Je suis né, je mourirai » ]

    Discographie 1969 / 1982 de François Béranger

    1969 Un 45 tours         : Tranche de vie (Gémini)1970 Un 33 tours         : Une ville (CBS)1971 Un 33 tours         : Ça doit être bien (CBS)1973 Deux 45 tours     : BOF L'An 01 & Tango de l'ennui (L'Escargot)1974 Deux 33 tours     : Rachel & Le monde bouge &          Un 45 tours         : La fin des saisons (L'Escargot)1975 Un 33 tours         : L'alternative (L'Escargot)1977 Double 33 tours : En public (L'Escargot)1978 Un 33 tours         : Participe présent (L'Escargot)1979 Un 33 tours         : Joue pas avec mes nerfs (L'Escargot)1980 Un 33 tours         : Article sans suite (L'Escargot)1982 Un 33 tours          : Da capo (L'Escargot)

    Chansons de la 3ème partie : La faute au pétrole : Paris-lumière

    31:50 Alain Dayan             : Nagazaki                                        : Alain Dayan - Maurienval : 197535:49 François Béranger : Paris-lumière (intro raccourcie) : François Béranger - Jean-Pierre Alarcen : 1975

    François Béranger & Mormos
    François Béranger - L'alternative
    Daniel Slimak
    Daniel Slimak2
    Biographie de Daniel Slimak : La faute au pétrole
    Enfance et formation de Daniel Slimak

    Daniel Slimak, chantauteur, poète et écrivain français, naît à Vesoul en 1939. Son père Rodolphe, venu de Tchécoslovaquie avait épousé Alice Guesnel en 1929. Durant la guerre, Vesoul est bombardé puis occupé par la Wehrmacht. Les conditions de vie sont très difficiles chez les Slimak. Daniel se souvient :

    « À cette époque, nous vivions entassés dans deux pièces, une cuisine et une chambre attenante. Nous étions quatre enfants et nos parents nous avaient installés dans deux lits, celui des filles et celui des garçons. À mon réveil, c'est moi qui l'ai trouvé [ son frère cadet] mort à mes côtés… ».

    Une mort qui le marquera profondément.

    Pour le soustraire au climat de violence dû à la guerre, les Slimak décident de confier leur fils à une tante qui vit en zone libre, aux environs de Grenoble. Daniel y passe ses journées à l'école dans une institution religieuse.

    La guerre terminée, il revient à Vesoul. Le mode de vie modeste et laborieux de la famille lui laisse, très tôt, toute liberté de passer l'essentiel de son temps dans les rues avec ses copains.Élève turbulent, il s'intéresse néanmoins au français :

    « Chez nous, il n'y avait qu'un seul livre, un vieux Larousse jauni qui avait depuis longtemps perdu sa couverture. Dès que j'ai su lire, j'en ai fait mon livre de chevet. Quant à l'aide que mes parents m'apportaient à ma scolarité, c'était des coups de pieds au cul lorsqu'une appréciation décevante concernant ma discipline figurait sur mon carnet de notes ».

    Daniel Slimak à l'École Militaire

    Exaspérés par les frasques de leur fils, mais toutefois désireux de le voir poursuivre des études, ses parents l'inscrivent au concours d'entrée à l'École Militaire Préparatoire d'Aix-en-Provence. Là-bas, espèrent-ils, on lui inculquera l'esprit de discipline qui lui fait tant défaut. Et puis, en échange d'un engagement ultérieur dans l'armée, les études sont gratuites, ce qui convient au mieux au budget familial.

    Marche au pas cadencé, parcours du combattant, salut obligatoire du drapeau et des supérieurs lui font découvrir les joies de l'armée. C'est pourtant dans ce milieu peu propice à la littérature que Daniel va se trouver une vocation d'écrivain. En effet, c'est pour échapper à ce monde, qui ne le retient que par la force du contrat signé par ses parents, qu'il va se créer un univers plus tendre de mots et de rimes.

    À douze ans, il est remarqué par son professeur de français. Ce dernier le fait entrer au salon littéraire de madame Paléard, réunissant artistes et écrivains célèbres dont Jean Giono. Le jeune poète en uniforme y reçoit un accueil attentif et admiratif. L'écriture, dès lors, devient pour Daniel Slimak une bouée à laquelle il s'accroche pour survivre dans cette caserne si différente du monde qu'il vient de découvrir.C'est alors que le cercle de madame Paléard édite ses premiers textes. Encouragé par l'expérience, il adresse un manuscrit au jury parisien du Prix Paul Valéry qui lui décerne le trophée à l'automne 1953. Il a 14 ans.

    Daniel Slimak le réfractaire

    Néanmoins le système militaire n'est pas parvenu à réduire son indiscipline impénitente. Depuis son arrivée à l'école, les conseils de discipline se sont succédé, conduisant invariablement Slimak en cellule de punition. En sept ans, il passera huit fois devant le conseil de discipline et écopera de 128 jours de cellule !

    « L'adolescence un jour m'ouvrit les yeuxMort pour la France pour ça faut être vieuxJ'avais quinze ans et j'avais des idéesMon adjudant vous m'avez bien aidé ! »

    En 1958, baccalauréat en poche, il prépare le concours d'entrée à Saint-Cyr. Invitée à défiler sur les Champs-Élysées à l'occasion du 14 juillet, toute l'école prend le train. Une altercation avec deux officiers lui ordonnant de laisser sa place assise lui vaut d'être enfermé à son arrivée. Sorti de sa cellule, le temps de la parade, Daniel Slimak quitte les rangs à la hauteur du Palais Bourbon et court en direction de la gare de l'Est. Sa décision est prise : il vient de déserter.

    Début de la carrière d'enseignant de Daniel Slimak

    Daniel Slimak n'est pas reçu les bras ouverts à son retour à Vesoul. Son père, exaspéré annonce qu'il ne remboursera pas le contrat qui le lie à l'armée. Il n'en a, d'ailleurs, pas les moyens. Daniel a maintenant 19 ans et doit subvenir à ses besoins. Commence alors le difficile apprentissage de la débrouille et mille petits boulots plus mal payés les uns que les autres. Jusqu'au jour où il apprend qu'on recrute remplaçant pour occuper le poste d'une institutrice en congé maternité. C'est ainsi qu'il se retrouve quelques semaines plus tard et sans la moindre formation « maître d'école » dans un petit hameau de la Haute-Saône. La classe unique ne compte pas moins de 43 élèves de quatre à quinze ans !Enseigner devient vite une activité passionnante dans laquelle Daniel Slimak s'engage complètement. En outre, il portera toujours une attention affectueuse aux derniers de la classe.En août 1959, Daniel se marie avec Françoise. Leur première fille naîtra un an plus tard.

    Mais en septembre 1960, il reçoit une convocation militaire, on a besoin de lui dans les Aurès :

    « Tant en Allemagne qu'en Algérie, pendant 28 mois, j'ai retrouvé cet entourage de sous-officiers alcooliques que je connaissais bien, parmi lesquels rares étaient ceux qu'intéressait l'aspiration des Algériens à vivre libre ».

    En mai 1968, Daniel Slimak s'engage entièrement : deux mois de grèves, de manifestations et de participation à diverses assemblées générales. Il partage avec d'autres - des amis, des inconnus - un beau rêve collectif. Lorsque ça se termine, Daniel a de la peine à se réveiller. Rien n'a véritablement changé et le train-train habituel retrouve ses droits, impose à nouveau ses obligations. L'euphorie se transforme en désespoir et en tentative de suicide. Il s'en sortira avec l'aide du docteur Lévy, psychanalyste à Neufchâtel :

    « Comme l'avait été ma rencontre avec madame Paléard, celle du docteur Lévy a été essentielle. Au fil de mes consultations, il m'a appris à vivre avec mes angoisses et mes différences. Il m'a dit un jour « Vous n'êtes pas malade, vous êtes un artiste ». J'avais à ce moment-là besoin de cette reconnaissance. Si la vie est une succession de paliers, celui qu'il m'a aidé à franchir en me disant cela a été des plus importants : m'accepter comme artiste ! ».

    Début de la carrière artiste de Daniel Slimak

    Daniel Slimak rentre chez lui, convaincu dès lors que le sens de sa vie est de s'arracher, par l'art, à la banalité du quotidien. Il reprend la plume et sa guitare bien décidé, cette fois, à se faire entendre.Ainsi, début 1970, il passe dans les cabarets parisiens. Seul sur scène, accompagné à la guitare, il interprète des textes méticuleusement rimés. Cinq ou six accords, deux ou trois arpèges habillent sobrement les chansons parlant de seigneurs, de manants et de princesses; autant de personnages d'une geste ancienne proposée comme parabole de nos amours modernes.

    Les années 1971/1972 sont une période fertile en inspirations. Il commence à être entouré de musiciens : d'abord Alain Bron, contrebassiste, élève du collège où Daniel vient d'être nommé. Puis surtout Nelly Widmer, une collègue, pianiste de formation classique. Sa contribution à la définition de l'univers du chanteur s'avèrera très importante. Jean-Claude Jeannin, un gamin de 14 ans, amène son accordéon. Yves Keusch tricote sur sa guitare des picking de haute volée. Ce dernier présentera à Daniel le groupe « Trial » qui accompagnera un temps les récitals du chanteur.

    Ainsi soutenu dans sa démarche musicale, Daniel Slimak va rapidement tracer les nouveaux contours d'un univers bien moins consensuel que ses premières chansons d'amour : la vie et les luttes ouvrières, la dénonciation de la guerre et des injustices sociales, le cynisme politique etc…

    En 1975, c'est l'ouverture, à Besançon, d'un studio d'enregistrement qui le conduit à franchir le pas de la production. Il s'y enferme 15 jours en août avec ses musiciens pour enregistrer onze titres. Ainsi naît son premier album éponyme.

    [ source : Quand l'oiseau meurt, la chanson reste - Céline & Gérard Lambert ]

    Discographie de Daniel Slimak

    1975 Un 33 tours : Daniel Slimak (autoproduit)1977 Un 33 tours : Entre l'aimer et le maudire (autoproduit)1980 Un 33 tours : Complainte du pauvre Jean (autoproduit) 1992 Un cd : Voyages (autoproduit)

    Chansons de la 4ème partie : La faute au pétrole : Les p'tites sœurs de charité

    47:33 Alice Farot          : L'ombre de la ville                  : Alice Farot - Christian Ruiz : 197550:54 Daniel Slimak     : Les p'tites sœurs de charité : Daniel Slimak : 197553:06 Serge Reggiani   : Si tu me paies un verre         : Bernard Dimey - Cris Carol : 197555:29 Patrick Font        : La grande Jaja                         : Patrick Font - Minou Drouet : 197558:24 Claude Antonini : Il pleut sur la ville                   : Paol Keineg - Claude Antonini : 1975

    Abonnez-vous au podcast Chant de l'Histoire
    1 hr
  • C.d.H.#54 1975 Année internationale de la Femme : Anne Sylvestre – Jean Sommer – Claude Antonini – Pia Colombo
    C.d.H.#54 1975 Année internationale de la Femme : Anne Sylvestre - Jean Sommer - Claude Antonini - Pia Colombo
    1975 Année internationale de la femme : Contexte historique

    Se développant dans différents pays du monde occidental à partir de la fin des années 1960, le mouvement des femmes fait l'objet d'une reconnaissance internationale. 1975 est déclaré « Année internationale de la femme » par l'ONU qui organise, à Mexico, la première conférence pour les femmes. Son bilan est très mitigé, mais Gisèle Halimi, avocate et grande figure des combats pour les femmes tempérait :

    « C'est excellent comme démarche psychologique. [Au cours de cette année,] les femmes savaient qu'elles existaient en tant que telles, qu'elles avaient des problèmes spécifiques. Et si l'année internationale de la femme n'avait servi qu'à cela, eh bien, je dirais "Bravo à l'Année internationale de la femme" ».

    Néanmoins, en Islande, des représentantes de diverses associations et organisations de femmes décident de se saisir de l'occasion pour faire entendre leurs revendications. Elles décident d'une action de le 24 octobre, journée des Nations Unies, date anniversaire de l'entrée en vigueur de la Charte des Nations Unies.Le 24 octobre, ce sont 25 000 femmes qui se rassemblent dans la capitale, Reykjavik (11% de la population) tandis qu'une vingtaine de manifestations ont lieu ailleurs sur l'île. Ouvrières d'usines de poisson, institutrices et agricultrices, femmes au foyer et artistes, le mouvement est massif. Le New-York time relate :

    « Les journaux ont fermé parce que les dactylos étaient des femmes, les théâtres ont fermés parce que les comédiennes ne travaillaient pas. Les banques sont restées ouvertes seulement parce que des cadres ont remplacé les guichetières. Avec leurs femmes naviguant dans la ville pour le rassemblement, beaucoup d'hommes d'affaires ont été obligés de prendre leurs enfants avec eux au travail… ».

    Et les choses ont dû évoluer : l'Islande est maintenant en tête du classement des pays les plus égalitaires au monde !

    [ sources : Fakir N° 123 ]

    Nouvelle version du podcast : les titres maintenant sont directement accessibles en cliquant sur leur horodatage (en rouge), d'attendre quelques secondes et le lecteur diffusera la chanson choisie.

    Biographie d'Anne Sylvestre (2ème partie) : 1975 Année internationale de la femme

    Première partie de la biographie d'Anne Sylvestre

    Création des Fabulettes par Anne Sylvestre

    Anne Sylvestre devient maman d'une petite Alice en décembre 1960. Ainsi c'est tout naturellement qu'elle commence à fredonner des petites chansons pour son enfant. Elle se souvient :

    « J'ai commencé à en écrire après la naissance de ma deuxième fille Philomène. Par plaisir, puisqu'elles venaient naturellement comme les autres chansons et aussi parce que des parents, des instituteurs me le demandaient. Et je n'ai aucune honte à le dire, lorsque je suis devenue ma propre productrice en 1973, ce sont les Fabulettes qui m'ont fait vivre ».

    Mais, retour en 1963, alors que sa carrière semblait décoller, elle était passée, pendant des semaines, à l'Olympia en 62, avec succès. Au point que Coquatrix lui avait dit qu'elle pourrait discuter son cachet lorsqu'elle reviendrait. Hélas la déferlante yéyé arrive et lorsque Anne revient voir Coquatrix, il ne la reçoit pas. Anne retourne donc aux tournées des MJC et aux programmations du PCF.Elle enregistre un dernier 33 tours chez Philips, Berceuse pour moi, puis elle part chez Meys.. Anne se souvient des problèmes rencontrés lors du changement de maisons de disques :

    « J'ai d'abord été neuf ans sous contrat chez Philips, puis trois ans dans une maison plus petite, chez Meys…J'ai eu des problèmes avec les deux ! Neuf ans chez Philips c'était trop long ! À la fin on ne s'entendait plus très bien, mais elle n'a pas voulu me laisser partir. Et il y a eu un procès quand j'ai sorti un disque ailleurs… Les contrats des producteurs sont léonins : l'artiste n'a aucun droit et tous les devoirs ! Et les contrats d'éditeurs qui y sont liés sont carrément du chantage. J'ai ainsi une quantité de chansons éditées ailleurs… Si je les enregistre, ces éditeurs toucheront la moitié de mes droits d'auteurs. Or je n'ai pas les moyens de produire mes disques si je récupère mes droits, puisque je les remets dans la production.

    J'ai décidé d'être productrice en 1973, après avoir eu tous ces problèmes et être restée plus de deux ans sans maison de disque… »

    1973, un nouveau départ pour Anne Sylvestre

    1973 voit un nouveau départ pour Anne Sylvestre :

    « … un Sicilien fou, Salvatore Picciotto, m'a convaincue de remonter sur scène. Il a loué le Théâtre des Capucines pour y programmer de la chanson et m'a proposé d'y faire un récital. Je n'avais rien à perdre et ne pouvait d'ailleurs me permettre de perdre un sou. Mais il m'a rassurée : « Ça ne vous coûtera pas un centime et si l'on gagne de l'argent, on partagera ».[…] Je m'étais dit : on va voir si le public vient, si la presse se déplace. On a rempli pendant un mois, la presse et venue, et on a même gagné des sous ! ».

    La presse en dira, par exemple :

    « Anne suscite les sourires et l'émotion, se confie, pouffe, témoigne sur des sujets surgis du quotidien, et ouvre un espace au débat public, sur le droit des femmes à disposer de leur corps, avec une chanson très forte : « Non, tu n'as pas de nom ». Le public la [cette parole] reçoit  et la porte ».

    Sa carrière est relancée, tournées et passages à Paris s'enchaînent : Théâtre des Champs-Élysées, Théâtre de la Renaissance, Théâtre Montparnasse…

    [sources Paroles & musique N°30 - Chorus n° 24 - Je chante magazine n° 19 - Hexagone n°1 ]

    Discographie d'Anne Sylvestre 1967 / 1975 (sans les compilations)

    1967 Un 33 tours : N°5 Berceuse pour moi (Philips)1968 Un 33 tours : Mousse (Meys)1969 Un 33 tours : Aveu &          Deux 45 tours : Fabulette 1 & 2 (Meys)1970 Deux 45 tours : Voile blanche & Fabulettes 3 (Meys)1971 Un 33 tours : Abel, Caïn, mon fils (Meys)1972 Un 45 tours : Chansons pour… (Sylvestre)1973 Deux 45 tours : Mercredisque 1 & 2 (Sylvestre)1974 Un 33 tours : Les pierres de mon jardin &          Deux 45 tours : Mercredisque 3 & ABCDisque 1 (Sylvestre)1975 Un 45 tours : Mercredisque 4 &          Un 33 tours : Une sorcière comme les autres (Sylvestre)

    Chansons de la 1ère partie : 1975 Année internationale de la femme : Une sorcière comme les autres

    02:50 Brigitte Fontaine & Areski : La citrouille : Brigitte Fontaine; Areski Belkacem : 197506:52 Annkrist                                : Ma tête       : Annkrist : 197508:55 Anne Sylvestre                     : Une sorcière comme les autres : Anne Sylvestre : 1975

    Anne Sylvestre
    Anne Sylvestre - Une sorcière comme les autres
    Jean Sommer - Je chante
    Jean Sommer - Je chante2
    Biographie de Jean Sommer
    Enfance et formation de Jean Sommer

    Jean Sommer, chantauteur français naît en 1943. Son milieu familial, pauvre, inculte, surtout soucieux de sa sécurité matérielle ne le prédestine pas à une carrière artistique. Cependant c'est ce à quoi il rêve :

    « Pour moi, c'était un bonheur de pouvoir devenir artiste, pour « mon monde » c'était un malheur… Cela implique que j'ai dû faire face à beaucoup de gêne, lutter contre de nombreux freins. Si tu n'as pas quelqu'un autour de toi qui, sans même t'encourager, au moins t'admet, c'est très très lourd à porter, une passion. Et encore plus lourd si tu n'as pas reçu les codes intellectuels te permettant de supporter l'hostilité ambiante. »

    Cette passion irraisonnée pour la chanson date du jour où, lorsqu'il avait 16 ans, un cousin l'avait emmené pour la première fois dans un music-hall parisien. Il se souvient :

    « J'ai été fasciné, et à partir de ce moment-là c'est devenu comme un besoin irrépressible. J'ai tout commencé au point zéro, sans connaissances littéraires ni musicales, ni philosophiques, sans rien quoi. […] J'ai dû me cacher en fin d'adolescence pour apprendre la musique à 19 ans. J'ai travaillé pour m'acheter ma première guitare, je me suis mis à lire.La première famille artistique que j'ai trouvée, c'était à Mouffetard il y a une dizaine d'années, avec des gens comme Jean-François Panet, Henri Dès et d'autres… »

    Jean Sommer lit beaucoup mais écoute aussi la radio. Georges Brassens est l'un des seuls à l'émouvoir mais il aime aussi certaines chansons de Charles Aznavour et de Gilbert Bécaud, avant de découvrir Léo Ferré.

    Débuts de la carrière artistique de Jean Sommer.

    Jean Sommer commence à chanter dans le cabaret de Monique Morelli qui est un peu devenue sa mère en chanson. Cette dernière l'aide beaucoup et aussi le bouscule quand il le faut :

    « Je chantais trois-quatre chansons quand j'arrivais au bout, parce que je m'engueulais souvent avec les gens. J'avais des problèmes de contact, je n'étais pas du tout sûr de moi. Je pouvais mal interpréter certaines attitudes et alors, comme j'étais teigneux, je me braquais et je sortais de scène ! »

    Cependant, de cabarets en cabarets, de contacts en contacts, il finit par rencontrer Gérard Meys. Ce dernier lui permet d'enregistrer trois 45 tours. Ainsi, en 1968, le premier « Jardin de France » obtient le prix de l'Académie Charles Cros. Puis, en 1969, Jean Sommer effectue une grande tournée à travers la France avec Jean Ferrat. Ensuite, en 1970 il chante à Bobino, en première partie de Gilles Vigneault.

    Jean Sommer seul-en-scène avec « Attention à ce type-là »

    Finalement, en décembre 1971, il se décide à voler de ses propres ailes en créant un seul-en-scène « Attention à ce type-là »:

    « Je construis ça depuis un an, dès que j'ai su que je pouvais avoir Mouffetard pour la fin de l'année.C'était un peu une gageure que de penser à un spectacle pour un homme seul avec sa guitare. Mais je pense qu'on peut y arriver en mettant bien en place les éléments dynamiques et les respirations, et puis en travaillant d'arrache-pied. Maintenant que c'est fini, je crois que les résultats, dans l'ensemble, sons bons ».

    Malheureusement, ce spectacle qui est une fresque tour à tour drôle, tendre, caustique, sensible, qui va de la création du monde aux récentes manifestations de l'hégémonie étatsunienne n'a que très peu d'échos médiatiques. Néanmoins Lucien Nicolas en dira :

    « Ceux qui n'ont pas vu Jean Sommer au Théâtre Mouffetard, du 19 novembre au 17 décembre [1971], n'auront certainement pas l'occasion de le regretter, puisque les échos qui leur en sont parvenus par la presse ont été minces, par la radio ou la télévision nuls. On ne pourra leur en vouloir. Par contre, ceux qui ont fait de la curiosité leur métier, et qui sont certainement animés par un amour impatient de la chanson, puisqu'ils ont choisi la noble tâche d'en tenir le public informé, ceux-là sont de la meilleure foi du monde responsables d'une grave faute professionnelle par abstention dont, au demeurant, personne ne leur demandera jamais compte… »

    En 1975, il entre chez Philips où il enregistrera trois 33 tours. Le premier, Je chante, étant à nouveau récompensé par l'académie Charles Cros.

    [ Source : Paroles et musique n° 15 ]

    Discographie 1968 / 1978 de Jean Sommer

    1968 Un 45 tours : Jardin de France (Meys)1969 Un 45 tours : Printemps (Meys)1970 Un 45 tours : Noël (Meys)1972 Un 45 tours : La nouvelle génération (Autoproduit)1973 Un 33 tours : Adieu la mer est belle (Mouloudji)1975 Un 33 tours : Je chante (Philips)1976 Un 33 tours : Homme des villes (Philips)1977 Un 33 tours : Le blues du chien (Philips)1978 Un 45 tours : Farandole (Philips)

     

    Chansons de la 2ème partie : 1975 Année internationale de la femme : Moi pour ne pas mourir

    19:22 Jean Sommer         : Moi pour ne pas mourir   : Jean Sommer : 197522:47 Pauline Julien         : Litanie des gens gentils    : Pauline Julien - Richard Grégoire : 197526:33 Denis Wetterwald : Le cul entre deux chaises : Denis Wetterwald : 1975

    Biographie de Claude Antonini
    Jeunesse et formation de Claude Antonini

    Claude Antonini, chantautrice française naît à Belfort en 1946. Elle se souvient de sa jeunesse :

    « De ma jeunesse en Lorraine, j'ai surtout conservé des images et des odeurs : celles de la bergamote et de la prune… Je me souviens également des chansons que j'écoutais en cachette sur le phono familial. De « Gare au gorille » par exemple… Plus tard, en Bretagne, je me suis rendu compte combien la chanson avait joué un rôle dans ma perception du monde. »

    En Bretagne, Claude commence à chanter dans les petits lieux. Ces années d'apprentissage seront les bienvenues quand, installée à Paris dans le quartier Montparnasse, elle ira frapper aux cabarets de la rive gauche.

    Elle est sélectionnée pour la Fine Fleur de la chanson française de Luc Bérimont.En 1972, elle obtient une maîtrise d'histoire de l'art tout en effectuant une tournée en Belgique puis en Allemagne, en Suisse et en Algérie.

    Rencontre du poète breton Paol Keineg

    Cependant, c'est à Paris qu'elle rencontre le poète breton Paol Keineg. Séduite par son « côté rimbaldien », elle met en musique plusieurs de ses poèmes et lui consacre son premier album 33 tours en 1975 :

    « En réalité, une simple bande de travail que la maison Alvarez acceptera d'éditer suite à des démêlés personnels avec un producteur malhonnête. Heureusement mon jeu de guitare initial fut enrichi sur le disque grâce à la participation de Jean-François Gaël… ».

    Serge Dillaz, de la revue Chorus, en dira :

    « À réécouter cet album - empreint d'une touchante sincérité - on comprend mieux l'osmose entre le poète et la chanteuse; et le coup de foudre poétique qui, sous peu, va embraser le cœur partisan de Claude Antonini.« Je veux repousser l'étroitesse du temps » ou « Nous nous préparons à l'avènement d'une parole de silex » prennent valeur de symbole pour celle qui, désormais, va consacrer ses multiples activités à la défense et au rayonnement d'une poésie libératrice… ».

    Dire, mettre en musique et chanter les poètes qui, partout dans le monde, se sont levés pour témoigner « contre les réducteurs de têtes non conformes, contre l'architecture de toutes les prisons subtiles ou non, et toutes les entreprises pourvoyeuses de la détresse », tel est le souci essentiel de Claude Antonini, qui va sur les chemins de la chanson vivante.

    Discographie vinyle de Claude Antonini

    1975 Un 33 tours : Chante Paol Keineg (BAM / Alvarez)1977 Un 33 tours : Le cœur partisan (Alvarez)1981 Un 33 tours : Ma fille a mal tourné (Vendémiaire)1986 Un 33 tours : Cri-ratures (participation) (CRAC)

    Chansons de la 3ème partie : 1975 Année internationale de la femme : Je revois les assemblées de femmes

    31:37 Julos Beaucarne        : C'est le premier jour : Liliane Wouters - Julos Beaucarne : 197533:07 Claude Antonini        : Je revois les assemblées de femmes : Paol Keineg - Claude Antonini : 197535:44 Jacques Bertin           : Paroisse                     : Jacques Bertin : 197538:55 Zette                           : Hyde Park                   : Jacques Prévert - Sebastian Maroto: 197541:49 Francesca Solleville  : Le plus beau de moi : Henri Gougaud - Jean Ferrat : 1975

    Claude Antonini
    Claude Antonini - chante Paol Keineg
    Pia Colombo
    Pia Colombo chante Ferré 75
    Pia Colombo chante Léo Ferré 75

    Par une lettre du 16 avril 1974 adressée à « Mon cher Eddie » Léo Ferré rompt avec Barclay. Le contrat non renouvelé l'empêche d'enregistrer pendant deux ans chez un autre éditeur comme interprète. De ce fait, Ferré fait paraître chez CBS un « Ferré muet… dirige Ravel et Ferré ». Et pour contourner l'interdiction contractuelle paraît l'album « Pia Colombo chante Ferré 75 ». Sur le verso duquel on peut lire :

    « Pia… Pia… À l'école et à la messe, on me disait Pie Jesu. C'était une chanson triste. Pia… Pia… C'est la joie grave sous les cheveux rouges et puis cette voix de là-bas… Mais où ça ? Allez-y donc voir…Cette voix qu'elle me prête, Pia, pour chanter mes chansons de 1975… Dans un disque où je l'accompagne.C'est tout.Une autre fois, je te dirai comment, passant des merveilles devant la boutique de la Musique, une autre fois, je te dirai pourquoi je ne puis chanter, cette année, mes chansons nouvelles.On voulait me mettre à genoux, et moi, à genoux, je m'y mets lorsque je veux bien.La décence, c'est la première limite de l'indulgence… Alors admettons que je sois indulgent.Pia, les canailles nous regardent, mais elles ne nous entendront pas, ni toi… ni moi. C'est bien le moins que nous leur devons.Achète ce disque, passant, achète ce disque, parce que cette voix c'est la mienne, cette année.Merci Pia ! »

     

    Chansons de la 4ème partie : 1975 Année internationale de la femme : Love

    47:38 Claude Nougaro  : Lettre ouverte de Julos Beaucarne : Julos Beaucarne - Vandershueren : 197549:39 Pia Colombo        : Love                                                      : Léo Ferré : 1975

    Abonnez-vous au podcast Chant de l'Histoire
    1 hr
  • C.d.H.#53 1970-1977 Rock progressif français
    C.d.H.#53 1970-1977 Rock progressif français : Mahjun - Albert Marcœur - Magma - Alice
    1970-1977 Rock progressif français : Contexte historique

    Le festival de Woodstock aux E.U.A. et ceux de Wight au R.U. ont fait rêver les amateurs de rock en France mais certainement pas Raymond Marcellin, le sinistre de l'intérieur, ancien vichyste recyclé dans le gaullisme . Ce dernier ne goûte pas du tout ce genre de divertissements, générateurs, à ses yeux de débauches illimitées « sexe, drogue et rock'n'roll ». De plus, à Aix, le prix d'entrée est excessif, ce qui amène une partie du public à forcer les barrières et entrer sans payer. Florence Tamagne résume bien le problème :

    « Le festival pop reposait sur un paradoxe : mise en scène de l’idéal hippie pacifiste et libertaire, expression supposée de la contre-culture contre la consommation de masse, il n’en devait pas moins répondre à des impératifs minimums d’organisation et de rentabilité, sauf à disparaitre. »

    Cependant, entre les 24 et 28 octobre 1969, le festival d'Amougies, en partenariat avec le magazine Actuel avait pu avoir lieu… en Belgique. Frank Zappa était le maître d'une cérémonie qui réunissait Pink Floyd, Gong, Ame Son, Soft machine, Captain Beefheart, etc… du très beau monde !

    À l'issue de l'été 1970, un manifeste sera rédigé par plusieurs groupes sous l'intitulé le FLIP (*) afin d'essayer d'éclaircir les rapports entre organisateurs, artistes et public. Sans effet, mais il aura le mérite de préciser la place du Pop dans la nouvelle culture émergente. (à l'époque on disait « Le Pop » mais le terme a été vite récupéré par les marchands de soupe)

    * FLIP : Front de Libération et d'Intervention Pop

    [ source : d'après Rock'o'rico 25 ans de culture rock en France de Christian-Louis Eclimont ]

    Histoire du groupe Maajun

    Jean-Louis Lefebvre, alias Jean-Louis Mahjun, chanteur - compositeur français fonde le groupe Maajun en 1969. Avec ses compères, Jean-Pierre Arnoux, Cyril Lefebvre, Alain Roux et Roger Scaglia, ils considèrent que : « la musique n'est qu'une manifestation artistique du bruit ambiant ».

    En 1971, ils réussissent à enregistrer un album « Vivre la mort du vieux monde » par un réseau de relations et en une seule prise. Vogue, la compagnie, s'attendant à un album de pop-rock gentillet et l'ayant écouté, refuse de le sortir. En effet, Maajun est membre du FLIP - à l'époque on ne parlait pas de musique rock mais de la Pop, (le rock étant limité au rock'n roll) - dont le manifeste est :

    « La Pop, c'est autre chose qu'un marché, c'est une autre façon de vivre qui passe nécessairement par la contestation radicale de la société bourgeoise, de ses lois, de l'aliénation qu'elle secrète et qui, hydre à mille têtes, nous étouffe tous… »

    Le groupe multiplie les concerts et gagne l'adhésion du public. La maison de disque finit par sortir l'album à très peu d'exemplaires. Mais Maajun se sépare à la parution de cet album.

    Suite : Le groupe Mahjun

    Jean-Louis Lefebvre et Jean-Pierre Arnoux fondent alors le groupe Mahjun. Ils font paraître deux albums chez Saravah. Comme ils sont le seul groupe chez Saravah, ils sont amenés à accompagner régulièrement Jacques Higelin, Jean-Roger Caussimon et David Mc Neil. En particulier lors du Festival de Carpentras en 1972, en soutien à la maison de disques dont les finances sont au plus bas. Le groupe disparaît au début des années 80. Mais Jean-Louis Lefebvre va entamer une carrière solo sous le nom de Jean-Louis Mahjun.

    Discographie de Mahjun ( 1971 / 1979 )

    1971 Un 33 tours : Vivre la mort du vieux monde (Maajun) (Vogue)1973 Un 33 tours : Le jus de la figue (Saravah)1974 Un 33 tours : Fils à Colin-Maillard (Saravah)1977 Un 33 tours : Happy French Band (RCA)1979 Un 33 tours : Par les temps qui courent (CBS)

    Chansons de la 1ère partie : 1970-1977 Rock progressif français : Sec beurre cornichons

    02:51 Gong                     : Radio Gnome                  : David Allen : 197103:18 Mahjun                  : Sec beurre cornichons : Jean-Pierre Arnoux - Jean-Louis Lefebvre : 197707:48 Dashiell Hedayat : Chrysler                           : Dashiell Hedayat : 1971

    Albert Marcœur
    Albert Marcoeur - C'est raté, c'est raté
    Biographie d'Albert Marcœur
    Formation musicale d'Albert Marcœur

    Albert Marcœur, chanteur musicien et compositeur français inclassable, naît à Dijon en 1947 .Il étudie la clarinette au Conservatoire National de Musique et d'Art Dramatique de Dijon entre 1958 et 1966.Ainsi, au lycée, il joue de la clarinette dans plusieurs groupes : d'abord The Jazz Babies (1963) puis The Lake's men 1&2 ( 1965 et 1967).

    Albert Marcœur est passionné par la musique, sa seule envie c'est de travailler avec des cuivres, de mélanger rock, rythm n'blues et il ne sait quoi. Il désire expérimenter, composer sa propre musique.

    Début de la carrière professionnelle d'Albert Marcœur

    D'abord, il trouve du travail au studio Frémontel à Le Fidelaire (Eure). Jacques Denjean, propriétaire du studio, avait besoin de musiciens sur place pour éviter à sa clientèle les allers-retours Paris / Le Fidelaire.C'est ainsi qu'avec ses camarades Patrice Tison (Guitares), François Bréant (Claviers), Pascal Arroyo, Albert Marcœur forme un groupe Les Kapak. Albert officie à la batterie.

    Quand le studio est libre, ils peuvent composer et enregistrer. Et ainsi apprendre, corriger les maladresses et les imperfections. En outre, Albert peut découvrir le multipiste et se familiariser avec les techniques d'enregistrement. Ce qui va être déterminant pour la suite de sa carrière.En 1974 paraît son 1er album C'est raté, c'est raté. Un album très original.

    Discographie 1974 / 1979 d'Albert Marcœur

    1974 Un 33 tours : C'est raté, c'est raté (Atlantic / WEA)1976 Un 33 tours : Album à colorier (Atlantic / WEA)1979 Un 33 tours : Armes & cycles (Philips)

    Chansons de la 2ème partie : 1970-1977 Rock progressif français : Le père Grimoine

    17:30 Albert Marcœur       : Le père Grimoine              : Albert Marcœur : 197621:00 Triangle; Stéphane Grappelli : Éloge de la folie : Triangle : 197325:53 Komintern                : Fou, roi, pantin                   : Arthur Rimbaud - Komintern : 1971

    Histoire du groupe Magma
    Enfance et formation de Christian Vander

    Christian Vander, batteur, pianiste et compositeur français, naît à Nogent-sur-Marne en 1948. Son père, Maurice Vander est le célèbre musicien qui composa une bonne partie des musiques de Claude Nougaro.Dans un premier temps, Christian est élevé par son oncle et sa tante. Pour toute musique, il écoute de l'accordéon à la radio, jusqu'au jour où sa mère lui apporte quelques disques classiques et de jazz. Il est particulièrement marqué par « Le sacre du printemps » d'Igor Stravinski.Un peu plus tard, lorsqu'il vient habiter chez sa mère, il découvre le jazz et en particulier John Coltrane :

    « À partir de l'âge de onze ans, mon pain c'était Coltrane. Lorsque je l'écoutais, j'oubliais tout le reste ».

    Sa mère étant très liée au milieu du jazz, Christian voit défiler chez elle de nombreux musiciens, notamment Elvin Jones, le batteur de Coltrane. À la suite de cette rencontre, il décide d'apprendre, mais faute d'instrument, il doit se contenter de caisses ou de lessiveuses. Quelques temps plus tard, il a l'occasion de rencontrer Chet Baker qui se prend d'amitié pour l'adolescent. Chet passe plusieurs jours avec Christian pour lui faire travailler ses schémas rythmiques et puis s'arrange pour lui procurer une vraie batterie (volée au Chat qui pêche, une boîte de jazz de la rue de la Huchette à Paris paraît-il).

    Finalement, à quinze ans, l'apprenti batteur se met à fréquenter les clubs de jazz parisiens où il revoit Elvin Jones. Ensuite Christian Vander fait ses premières armes dans différents groupes.

    Création de Magma

    Début 1969, Christian Vander est sollicité par le bassiste Laurent Thibault pour jouer de la musique d'ambiance dans les casinos. Or, un jour, au lieu de jouer la soupe demandée, les musiciens sèment la panique en se lançant dans un free jazz sauvage. Christian, derrière sa batterie fulmine et se met à pousser des hurlements. L'idée d'une groupe naît à ce moment-là.

    Pour enrichir celui-ci, Christian recrute Claude Engel (Omega plus) et Klaus Basquiz (chanteur de Blues Convention).Uniweria Zekt Magma Composedra Arguezdra, alias Magma donne son premier concert au Rock'n'roll Circus, où il est remarqué par le pianiste classique Karl Knutt qui se propose comme mécène.

    De fait, Magma signe chez Philips et 1970, et publie un 1er album éponyme qui va créer une énorme polémique, impossible à résumer dans ce contexte. Les gens intéressés peuvent se référer au livre « Magma » de Philippe Gonin. 

    Chansons de la 3ème partie : 1970-1977 Rock progressif français : Kobaïa is de Hündin

    32:53 Bernard Verley; Catharsis            : Démocratie              : Arthur Rimbaud - Yves de Roubaix : 197236:51 Bernard Ilous; Patrice Décuyper : Non : Bernard Ilous; Patrice Décuyper : 197140:28 Magma                    : Kobaïa is de Hündin : Christian Vander : 1973

    Magma - Kobaia1
    Alice - Arrêtez le monde
    Full Moon ensemble
    Histoire du groupe Alice

    Alice est un groupe de rock français à l'existence brève et au personnel très fluctuant.En 1969, après le festival d'Amougies où ils se sont rencontrés, Jean-Pierre Auffredo et Claude Olmos (Alan Jack Civilization) s'unissent à Sylvain Duplant et Jean Falissard (We Free). Alan Suzan les rejoindra plus tard en décembre,.Le groupe Alice est alors créé, ce nom fait allusion au roman de Lewis Caroll « Alice au pays des merveilles ». Une chanson de leur premier 45 tours de 1970 « De l'autre côté du miroir » y fait d'ailleurs référence.

    En 1971, premier changement de personnel d'Alice

    En 1971, premier changement de personnel d'Alice : Bruno Besse (We Free) prend la place de Olmos et Doudou Weiss (Devotion) celle de Falissard.Un premier album paraît chez Byg Records. Jacques Vassal en dira :

    « Ce disque, enregistré dans un célèbre studio de Londres, Le Marquee, produit d'emblée une impression très favorable auprès des connaisseurs, en dépit d'une gravure et d'un pressage assez médiocres. Il reste un album plein d'inventions et d'originalité dans le choix des mélodies et de leur mise en valeur instrumentale ».

    L'étiquette Byg étant confrontée à de gros problèmes financiers, le groupe doit s'arrêter avant d'avoir vraiment pu s'imposer. Néanmoins il fait paraître un nouveau 45 tours.

    Reformation d'Alice en 1972

    Mais, en 1972, Alain Suzan reforme le groupe avec Alain (Doudou) Weiss, Luc Bertin (orgue), Paul Semama (guitare) et Ian Jels (guitare).Ainsi, à l'automne 1972 paraît le magnifique album, en bonne partie instrumental, « Arrêtez le Monde » chez Polydor. Cet album est doublé d'une version anglaise titrée « All Ice », les titres chantés ayant été traduits par Ian Elfs.

    Malheureusement le succès n'est pas au rendez-vous et le groupe se sépare définitivement. Cependant, avant de se séparer, ils participent à la comédie rock « Gomina » de 1974.

    [ Source : Encyclopédie du rock français - Français si vous chantiez de Jacques Vassal - Recherches sur la toile ]

    Discographie d'Alice

    1970 Deux 45 tours : De l'autre côté du miroir & Le nouveau mondeUn 33 tours : Alice (Byg Records)1971 Un 45 tours : Je voudrais habiter le soleil (Byg Records)1972 Un 33 tours : Arrêtez le monde ( + une version anglaise All Ice) (Polydor)Un 45 tours : Quelqu'un qui t'aime (Polydor)

    Chansons de la 4ème partie : 1970-1977 Rock progressif français : Arrêtez le monde

    46:41 Schizo; Gilles Deleuze : Le voyageur : Friedrich Nietzsche - Richard Pinhas : 197251:00 Full Moon Ensemble : Samba miaou (extrait) : Bob Kaufman - Joseph Dejean : 197055:29 Alice : Arrêtez le monde (1) : Alain Suzan : 1972

    Abonnez-vous au podcast Chant de l'Histoire
    1 hr
  • C.d.H.#52 1970-1977 Rock français des années 1970 : Au Bonheur des Dames – Mama Béa (2) – Valérie Lagrange – Téléphone
    C.d.H.#52 1970-1977 Rock français des années 1970 : Au Bonheur des Dames - Mama Béa (2) - Valérie Lagrange - Téléphone
    Rock français des années 1970 : Contexte historique

    Rock français des années 1970. Le regretté Edgar Morin a analysé le phénomène « rock » dans « On ne connaît pas la chanson » en 1965In: Communications, 6, 1965. Chansons et disques. pp. 1-9. :

    « Le caractère originaire du rock est non seulement la frénésie musicale, mais la frénésie existentielle ; les premiers ensembles de rock ressentent une véritable rage de vivre, où la plupart se perdent, où ne se sauvent et triomphent que ceux qui abandonnent le désordre existentiel pour entrer dans le système commercial, qui exige un minimum de régularité de vie, ne serait-ce que pour honorer les engagements et respecter les horaires. En Angleterre, la grande vague rock jaillit des faubourgs de Liverpool, dans une jeunesse marginale entre le prolétariat et le gang. En France, le rock était dédaigné par les grandes maisons et c'est autour des juke boxes de banlieue que spontanément, sauvagement des groupes musicaux se sont constitués. En France, la source, fut, comme en Angleterre, marginale et faubourienne.

    Ainsi, à la source du rock, il y a un mouvement qui ne naît nullement du cœur de l'industrie culturelle : il naît en marge : en marge musicalement des musiques courantes, des grands groupes noirs et blancs, en marge socialement des classes sociales, avec une tendance faubourienne « voyou » ; il y a dans cette musique intensément et frénétiquement rythmée un ferment dionysiaque, panique, une force explosive… il y a peut-être une stimulation forte au ferment de rébellion qui est dans toute adolescence. »

    Biographie d'Au Bonheur des Dames : Rock français des années 1970
    Au Bonheur des Dames : composition originelle

    Au Bonheur des Dames est un groupe de rock parodique français formé à Paris en 1972. Au départ, il est composé de :

    •  Eddick Ritchtchell : chant ( Vincent Lamy )
    •  Sharon Glory: chant ( Philippe Veauvilliers )
    •  Jimmy Freud : chant
    •  Ramon Pipin : chant & guitare ( Alain Ranval )
    •  Chick Béru : guitare d'accompagnement
    •  Shitty Télaouine : basse ( Daniel Dollé )
    •  Rita Brantalou : guitare ( Jacques Pradel )
    •  Gépetto Ben Glabros & Ulric Danone : cuivres
    •  Hubert de la Motte Fifrée : batterie
    •  Dominique Esnault)
    •  Wolfgang Lion : piano
    •  Costric 1er : paroles (Alain Magniette )
    • Au Bonheur des Dames: définition humoristique du groupe

      Alain Magniette, le parolier du groupe définit le groupe ainsi :

      « La musique de « Au Bonheur des Dames », musique élaborée s'il en fut, recrée les conditions phénoménologiques d'un univers purement utopique où se mêlent, dans ses accents empruntés aux recherches contemporaines à base de free-jazz, d'orphéon périgourdin et de mambo-rock, à la fois la plénitude de la sonorité astrale et la légèreté de thèmes évidemment vivaldiens.Cette synthèse qui s'inspire donc d'une démarche esthétique volontairement hermétique, dépasse cette tendance sur sa gauche et légèrement de biais, pour s'hypertrophier en une densité apocalyptique où l'on devine les obsessions existentielles de la Mort, de l'Amour et des malabars…Au Bonheur des Dames est une sorte de chant grégorien futuriste pour lequel les moines auraient condensé John Cage, Gloria Lasso et Bugs Bunny ».

      En 1973, leur reprise du titre « Oh ! les filles », adaptation d'une chanson de Martin Robbinson, par Eddie Vartan, déjà interprétée par « Les Pingouins » en 1962 remporte un immense succès public.

      Cependant, suite au succès modéré de leur album suivant « Coucou maman » (1975), Alain Ranval, Daniel Dollé & Dominique Esnault quittent le groupe et fondent « Odeurs ». Puis après « Halte là » Jacques Pradel s'en va à son tour, laissant seul Vincent Lamy comme membre du groupe original.

      Chansons de la 1ère partie : Rock français des années 1970 :  Ego-dames

      02:18 Rocky Gonzalès                : Barnum Circus  : Maurice Vander - Rudi Révil : 197103:08 Les Chacals de Béthune  : Eddie, sois bon : Chuck Berry, adapt. Claude Moine : 197105:33 Au Bonheur des Dames  : Ego-dames        : Ramon Pipin : 197310:09 Jacques Higelin                 : Boxon                 : Jacques Higelin - Simon Boissezon : 197413:33 Brigitte Fontaine              : Pour le patron   : Brigitte Fontaine : 1972

      Au bonheur des dames
      Au bonheur des dames
      Les chacals de Béthune
      Mama Béa
      Mama Béa - La folle
      Biographie de Mama Béa (2ème partie)

      1ère partie de la biographie de Mama Béa À la fin des années 1960, lorsque Béatrice Tékielski était venue à Paris, elle avait découvert le rock, en particulier Janis Joplin et Jimi Hendrix. Il faut dire qu'à cette époque, ces artistes n'étaient pas diffusés à la radio, les ondes étant cannibalisée par la variété du show-biz. Pour pouvoir écouter du rock, il fallait habiter dans le nord de la France pour avoir accès aux radios pirates anglo-saxonnes (radio Caroline par exemple puis radio Campus à Lille à partir du début des années 1970).

      Ainsi, Béatrice se rend compte que l'on peut chanter des trucs intelligents sur un support musical rythmique. De plus, écoutant le disque de Robert Charlebois avec Louise Forestier, elle prend conscience que cela peut se faire en français.Donc, après avoir enregistré son premier album, Béatrice tourne beaucoup et particulièrement dans les milieux féministes. Ainsi, en 1972, le 45 tours « Résurrection », rescapé d'un second album SFP, témoigne de cette période.Puis en 1973 Béatrice s'entoure d'un groupe « Ego » :

      « Malheureusement, ça n'a pas tenu plus de six mois, manque d'argent, ils se sont découragés, et j'ai dû continuer seule. Je voulais prouver que c'était possible quand même. Alors j'ai fait des spectacles seule, à la guitare amplifiée avec des effets spéciaux. Puis à la vraie guitare électrique, par souci d'avoir un son plus sûr ; la guitare électrique, c'est vraiment fait pour ça ».

      Naissance du deuxième album de Mama Béa : La Folle

      C'est alors que fin 1976, Yan More et Béa rencontrent Jean-Louis Tersiguel , patron de l'étiquette Isadora. Le double album « La Folle » va naître. Joël Dugrenot, bassiste et arrangeur de l'album se souvient :

      « Tersiguel m'appelle et me dit qu'il vient de rencontrer une nana, une dingue. Il me demande d'organiser son délire en studio. Nous nous sommes enfermés aux studios Clarens, à Vincennes, et ça a été très très vite : le double en huit jours, presque sans dormir. Béa est très renfermée. Ses seuls moments de liberté, c'était quand elle chantait : il se passait alors quelque chose de puissant. Le reste du temps, Yan faisait tout, se mêlait de tout »

      La Folle marque néanmoins le début du succès fou pour Béatrice devenue de Mama Béa. Ce mélange d'électricité, de jazz-rock et de chanson, la place dans le peloton de tête du rock avec Bernard Lavilliers Lavilliers et Jacques Higelin.

      Ainsi, en avril 1977 Mama Béa participe au premier Printemps de Bourges. De plus, cette année-là, elle fera paraître « Il faudrait rallumer les lumières dans ce foutu compartiment »Puis, en 1978, c'est la parution de « Pour un bébé robot » qui reçoit le Prix Charles Cros. En outre elle passe à l'Olympia à l'automne.

      RCA rachète Mama Béa à Isodora

      En 1979 RCA rachète Mama Béa à Isodora. En cadeau de bienvenue, la compagnie fait paraître « Visages » un album qui comprend 6 chansons remixées, tirées du double 33 tours « La Folle », cadeau ou opportunisme ?Néanmoins, cette année-là paraît « Le chaos ». Dans cet album, elle se trouve un partenaire de guitare en la personne de Robert Baccherini.

      Yan More est toujours plus présent, techniquement, médiatiquement. Écran aussi. Mama Béa finit par s'en apercevoir :

      « … En plus, à ce moment-là, si je m'exprimais sur scène, au dehors j'étais complètement repliée sur moi-même : donc il y avait toujours quelqu'un qui répondait à ma place, dans les interviews, les rapports avec les organisateurs de spectacles. Et ce quelqu'un a abusé de ce pouvoir que je lui confiais. Au début, je ne me rendais compte de rien, je ne savais sur ce qu'on pensait de moi, que ce que, lui, voulait m'en dire. Et ce qu'il m'en disait était orienté pour valoriser son rôle et me faire croire que je n'étais capable de rien sans lui… ».

      Une emprise dont Mama Béa ne sortira pas sans casse !

      [ sources Paroles & musique n° 43 - Chorus n° 11 ]

      Discographie 1971 / 1979 de Mama Béa

      1971 Un 33 tours       : Je cherche un pays (Béatrice Tékielski) (SFP)1972 Un 45 tours        : Résurrection (SFP)1977 Double 33 tours : La Folle &         Un 33 tours          : Faudrait rallumer les lumières… (Isadora)1978 Un 33 tours         : Pour un bébé robot (Isadora) &                                        : Participation au disque Le printemps de Bourges (RCA) 1979 Un 33 tours         : Visages (remix 6 chansons de La Folle) (RCA) &          Un 33 tours         : Le chaos (RCA)

      Chansons de la 2ème partie : Rock français des années 1970 : Les pissenlits

      16:18 Alain Kan                      : Une espèce de Lolita… toute verte : Alain Kan - Laurent Thibault : 197520:09 Dynastie Crisis            : Réveille-toi  : Geza Fenzl - Jacques Mercier : 197224:24 Mama Béa Tekielski : Les pissenlits : Mama Béa Tekielski : 1977

       

      Biographie de Valérie Lagrange
      Enfance et formation de Valérie Lagrange

      Danielle Charaudeau, alias Valérie Lagrange, chantautrice et actrice française naît à Paris en 1942. Ses parents sont quincailliers. Les études ne la passionnant pas, elle se présente à un casting pour le film de Claude Autan-Lara « La jument verte ». Ce dernier, séduit, convaincu de son talent, doit demander la permission à ses parents qui acceptent à contre-cœur. La jeune fille de 17 ans est mineure.C'est dans ce film, où plusieurs scènes se passent dans une grange, qu'elle prend Valérie Lagrange comme pseudonyme.Débute alors une première carrière au cinéma où elle figure au générique de nombreux films. Cependant son idéal est insatisfait.

      Débuts de Valérie Lagrange dans la chanson

      « Les années 60, se souvient-elle, c'était le rock, Paul Anka, Les Platters, Elvis Presley, Bill Haley, Chuck Berry, une musique qui me transportait ! ».

      Elle se lance donc dans la chanson.

      Ainsi, en 1964, elle enregistre un premier 45 tours chez Philips avec deux chansons de Pierre Barouh / Francis Lai. Elle rencontre Serge Gainsbourg, qui, dans un style très latino, écrit pour elle » La Guérilla » son premier succès.Puis, en 1966, elle enregistre un album entier dirigé par Jorge Milchberg, le fondateur de « Los Incas ». Cet album original par son style et son contenu mêle titres originaux et grands classiques. Par exemple, elle interprète « La chanson de Tessa » en duo avec Jean-Pierre Kalfon.

      Après mai 68, Valérie Lagrange abandonne l'industrie du spectacle et quitte Philips. C'est pour elle une parenthèse enchantée, la vie communautaire et les voyages initiatiques hippies, mais aussi, l'époque des festivals pop (Amougies et Wight). Ainsi, en 1972, Valérie part en Papouasie-Nouvelle-Guinée jouer dans le film « La vallée » de Barbet Schroeder.Finalement, en 1975, elle fait la rencontre de Ian Jelfs, guitariste du groupe Alice. Ils partent tous deux en tournée avec Graeme Allwright. Puis c'est la manche à la terrasse des cafés et des restaurants :

      « On avait environ 60 chansons à notre répertoire : Dylan, Donovan, les Stones entre autres. Et puis les nôtres. On s'en sortait avec 200F par jours. On vivait chez un cousin, pas de loyer à payer… Certains soirs, des gens me reconnaissaient : « Mais vous êtes bien Valérie Lagrange ? » Eh bien oui… et après ? L'argent ainsi récolté nous a permis de réaliser une maquette que nous avons présentée à Virgin. Après douze ans de marginalité, en 1980, nous avons sorti « Faut plus me la faire », un album qui a bien marché ».

      [ source Chorus n° 9 & Recherches sur la toile ]

      Discographie de Valérie Lagrange

      1964 Un 45 tours     : Paris-Wellington1965 Deux 45 tours : La guérilla & Encore un jour de notre amour1966 Un 33 tours    : Moitié ange, moitié bête &          Un 45 tours    : Ce que je suis1970 Un 45 tours    : I love you so1973                          : Chœurs dans l'album Olympia de Graeme Allwright1974                          : Participation à l'album Pour les orphelins du Viet-Nam1977 Un 45 tours    : Si ma chanson pouvait

      Chansons de la 3ème partie : Rock français des années 1970 : Si ma chanson pouvait

      30:59 Bernard Lavilliers  : Les Barbares                 : Bernard Lavilliers : 197635:54 Valérie Lagrange   : Si ma chanson pouvait (version reggae) : Valérie Lagrange : 197739:55 Gérard Manset     : Il voyage en solitaire     : Gérard Manset : 1975

      Valérie Lagrange - Si ma chanson pouvait
      Le Groupe Téléphone
      Le groupe Téléphone
      Membres du groupe Téléphone

      Jean-Louis Aubert, né en 1954, va, en 1970, voir les Who. Il commence alors à poser ses premiers accords de guitare avec le groupe Masturbation puis accompagne quelques temps Valérie Lagrange. Peu de temps après, il fait la connaissance de Louis Bertignac et de Richard Kolinka.Louis Bertignac, né en 1954, se prend de passion très tôt pour la guitare et tente d'imiter son idole, Jimi Hendrix. Après avoir accompagné Jacques Higelin dans son album Irradié, il participe au groupe Shakin'Street en compagnie de sa petite amie, la bassiste Corine Marienneau.Richard Kolinka est batteur dans un groupe de pop, Semolina

      Naissance du groupe Téléphone

      Le 12 novembre 1976, ce groupe improvisé doit donner un concert au Centre américain du boulevard Raspail. Ils ne jouent ensemble que depuis le 1er novembre 1976 mais ils avaient décidé que ce serait seulement une formation éphémère pour le concert du 12. Néanmoins, du 2 au 11 novembre, ils répètent beaucoup dans la cave des parents de Richard Kolinka.Le jour du concert, ils jouent quelques compositions de Jean-Louis Aubert dont Hygiaphone et Métro (c'est trop !) et des reprises de rock anglais (Stones, Who). L'accueil public est excellent. De plus, les quatre musiciens déclarent avoir ressenti entre eux une alchimie mystérieuse et excitante. En fin de compte, ils décident de rester ensemble.

      Téléphone commence à écumer les MJC, les soirées dansantes et rapidement les salles de spectacles. Le 28 décembre, ils passent au Gibus, prestigieux club parisien. En outre, Jean-Louis Foulquier les reçoit  à l'émission « Studio de nuit » de France Inter.

      Premiers succès de Téléphone

      En 1977 l'ascension du groupe est fulgurante :

      •  le 26 mars, à l'initiative de la RATP, le groupe donne un concert gratuit au métro République. Il en résulte le blocage de la ligne 11.
      •  le 2 mai, ils assurent la 1ère partie d'Eddie and the Hot Rods au pavillon de Paris, leur volant la vedette 
      • Le 7 juin ils jouent à l'Olympia en 1ère partie de Television. Le concert remporte un très grand succès et les critiques de la presse sont enthousiastes.
      • En juin, il enregistre un 45 tours en public au Bus Palladium. Le disque, pourtant sorti sans autre promotion que les concerts, remporte un succès très encourageant.Un mois plus tard, à la suite d'un article de Rock & Folk, Téléphone signe un contrat de trois albums chez Pathé-Marconi.

        En conséquence le 25 novembre, paraît leur premier album éponyme, toujours sans autre promotion que les concerts. L'année suivante, enfin soutenu par la maison de disques cet album devient disque d'or.

        Consécration du groupe Téléphone en 1979

        En 1979, le deuxième album « Crache ton venin » est celui de la consécration ; il finit disque de platine

        À la fin de l’année 1979 Téléphone a déjà sorti deux albums, vendus respectivement à 100 000 et 300 000 exemplaires. Ils sortent d’une tournée française reconduite pour l’été 1979 se concluant à la fête de l’Humanité, le 8 septembre, devant 100 000 personnes.

        Le succès fulgurant de Téléphone permet d’éclairer l’histoire du rock français des années soixante-dix. D’abord, en tant que symbole, Téléphone est une porte d’entrée idéale pour évoquer la nouvelle génération de groupes de rock français apparus dans la seconde moitié de la décennie. De plus, de par les réactions que la réussite du groupe suscite, ce succès reflète bien la situation du rock français. Téléphone met en cause les certitudes selon lesquelles le rock ne peut pas être chanté en français.

        [ sources : Encyclopédie du Rock français - Téléphone, premier groupe de rock français ? (Alexandre Desport-Duhard) - Wikipédia ]

        Discographie de Téléphone 1977 / 1979

        1977 Un 45 tours : Hygiaphone (Tapioca) &         Un 33 tours : Téléphone (Pathé Marconi)1979 Un 33 tours : Crache ton venin (Pathé Marconi)

        Chansons de la 4ème partie : Rock français des années 1970 : Métro (c'est trop !)

        46:13 Hubert-Félix Thiéfaine : Rock-autopsie             : Hubert-Félix Thiéfaine : 197849:45 Catherine Ribeiro         : Une infinie tendresse : Catherine Ribeiro - Patrice Moullet : 197555:38 Téléphone                     : Métro (c'est trop !)       : Jean-Louis Aubert - Téléphone : 197l

        Abonnez-vous au podcast Chant de l'Histoire
        1 hr
      • C.d.C.#51 1974 Magouille Blues : Michel Grange – Pia Colombo – Senthaclos – Plume Latraverse
        C.d.C.#51 1974 Magouille Blues : Michel Grange - Pia Colombo - Senthaclos - Plume Latraverse
        1974 Magouille Blues : Contexte social

        1974 Magouille Blues. La politique du logement avec la construction de grands ensembles amène à réunir dans un même espace les milieux populaires. Le relogement dans l'habitat moderne nécessite d'adopter un nouveau style de vie. Comme les commerces de proximité sont inexistants, il faut posséder une voiture et un réfrigérateur pour conserver les produits frais.La spirale de d'endettement et des loyers impayés pousse donc les sociétés H.L.M. à réduire les frais d'entretien. Les cadres puis les employés, puis les ouvriers qualifiés commencent à quitter les grands ensembles.La politique « d'accession à la propriété », lancée par Giscard d'Estaing, accélère le mouvement. Dénonçant les « grands ensembles inhumains », l'État encourage la production industrialisée de maisons individuelles à bon marché ( les chalandonnnettes) . La fraction supérieure des classes populaires peut alors devenir propriétaire au prix d'un endettement colossal.Ce fut l'un des moyens les plus efficaces pour démobiliser les forces sociales qui s'étaient soulevées en Mai 68.Les aides accordées à l'accession à la propriété furent autant de ressources enlevées aux sociétés H.LM., diminuant la possibilité d'entretien des bâtiments. la boucle était parfaite.

        [Source : Une histoire populaire de la France - Gérard Noiriel ]

        Biographie de Michel Grange
        Enfance et formation de Michel Grange

        Michel Grange, chantauteur français naît le 14 juillet 1946 dans le département de la Loire. Ses parents sont instituteurs au Coteau puis à Roanne.Pas de télé à la maison mais le poste familial a permis à Michel de découvrir Georges Brassens, Pierre Louki, Francis Lemarque et Léo Ferré.Michel est nul en musique, mais l'envie de gratter du Georges Brassens le tarabuste. Alors il s'y met à l'aide des petits formats et des tableaux d'accords.

        Puis, étudiant à Lyon, Michel Grange fréquente très vite les lieux de chansons. Il y rencontre Michel Corringe, Pierre Delorme et Michèle Bernard. Avec cette dernière, il va commencer à tourner pas mal. Ainsi,  ils vont fonder le Collectif Azergues avec Isabelle Fontana, Alain Meilland, Michel Roger, André Tavernier qui regroupe de jeunes chantauteur.e.s de la région.

        Mais, pour faire bouillir la marmite, Michel Grange fait des suppléances comme maître auxiliaire en français car il a une licence de Lettres.Cependant, en 1974, Bruno Carlucci, de la Compagnie de la Satire, lui propose d'y travailler avec Michèle Bernard, il n'hésite pas longtemps.En 1974 , parait son premier album « Entre chien et loup ».

        [ source : Michel Grange ]

        Discographie de Michel Grange

        1974 Un 33 tours : Entre chien et loup (Azergues)1977 Un 33 tours : Le temps des crises (Avec Michèle Bernard) (Discovale)1983 Un 33 tours : Allumette ( Opéra-rock, participation) (RCA)1985 Un 33 tours : Les cent printemps des poètes (Participation) (JAM)1986 Un 33 tours : Bruant super star ( Avec Alain Bert) (JAM)2001 Un CD           : Hommage à Léo (Participation) (Autoproduit)2009 Un CD           : Dites (Autoproduit) 2009 Un CD          : En scène (Autoproduit)

        Chansons de la 1ère partie : 1974 Magouille Blues : La chanson, ma chanson

        02:52 Frédérik Mey       : Le politicien                        : Frédérik Mey : 197406:13 André Georgian  : Uniformités                        : André Georgian : 197410:37 Michel Grange    : La chanson, ma chanson : Michel Grange : 197413:52  Jean Vasca         : Écoutez                                : Jean Vasca : 1974

        Michel Grange
        Michel Grange - Collectif Azergues 1978
        Pia Colombo
        Pia Colombo - les communistes
        Pia Colombo - Les blés
        Biographie de Pia Colombo (2ème partie) :

        1ère partie de la biographie de Pia Colombo

        Séparation du couple Pia Colombo / Maurice Fanon et retour au théâtre

        En 1963, le couple que Pia Colombo forme avec Maurice Fanon se sépare. Ce dernier lui avait écrit « L'écharpe » qu'il avait enregistré dans son 1er album « Avec Fanon » puis Pia l'avait enregistré à son tour dans « Chanson pour Marilyn » en 1964.Pia Colombo se tourne alors vers d'autres auteurs (Claude Gauthier, Christian Arabian, Leny Escudero…). De plus, elle renoue avec le théâtre, ce qui lui permet d'échapper aux effets dévastateurs de la vague yéyé qui emporte alors nombre de ses camarades chanteurs.

        Mais la chanson est encore présente : Pia joue le personnage de Jenny Smith dans « Grandeur et décadence de la ville de Mahagonny » (Brecht) au TNP . Elle y chante « Comme on fait son lit on se couche » qui deviendra l'une de ses chansons fétiches.

        Pia Colombo enfin sur la scène de l'Olympia

        Lorsqu'elle partage l'affiche de l'Olympia avec Alain Barrière en 1967, Pia est consciente que c'est grâce au TNP, à Brecht et Kurt Weill qu'elle en retrouve le chemin. Avec le retour sur une grande scène, elle a l'impression d'atteindre son objectif de toujours : s'exprimer devant un large public.Puis elle tourne quatre semaines en URSS et ensuite au Canada pour la première fois.

        À nouveau, en janvier 1968, elle retrouve la scène de l'Olympia avec Charles Aznavour. De ce spectacle sera tiré son premier album 30 cm où l'on trouve la première version de « Le Métèque » de Georges Moustaki. Un an plus tard son auteur rencontrera un succès mondial avec cette chanson dont personne ne voulait.Cependant, ce second passage ne lui apporte pas la dimension à laquelle elle peut prétendre. Pia Colombo ne franchit pas la barre qui sépare l'estime du vedettariat.

        Pia Colombo chante Bertolt Brecht et Kurt Weill au TNP

        Alors, en avril 1969, Pia Colombo chante à nouveau Bertolt Brecht et Kurt Weill au TNP avec dix musiciens dirigés par Karel Trow. Ce chef-d'œuvre paraîtra en disque. Elle reçoit le Grand prix de l'Académie de la Chanson (catégorie interprète). Ainsi, en 1970, elle chantera Brecht à Milan, ville d'origine de son père, à Cuba, aux EUA et à travers l'Hexagone.En 1971, Maurice Fanon réapparaît parmi ses auteurs en compagnie d'Henri Gougaud, et de Jacques Yvart dans son album « Un pays » chez BAM. Cependant, c'est album « Les blés » de 1974 qui scelle les retrouvailles artistiques avec Fanon.Mais, en 1975, Léo Ferré, qui vient de dénoncer son contrat avec Barclay, est empêché d'enregistrer avant un certain délai. Aussi demande-t-il à Pia Colombo de lui prêter sa voix pour son nouvel album « La jalousie » :

        « Achète ce disque, passant, achète ce disque parce que cette voix, c'est un peu la mienne cette année. Merci Pia ! »

        [ sources :  Chorus n° 15 & 36 ]

        Discographie 1965 / 1980 de Pia Colombo

        1965 Trois 45 tours : Un soir de mai + Le vampire de Düsseldorf + À casa d'Irène (Festival)1967 Deux 45 tours : Sur les vingt + Arrête-toi (Disc' AZ)1968 Un 33 tours     : À l'Olympia (Disc' AZ)1969 Un 33 tours     : Chante Bertolt Brecht et Kurt Weill au TNP (Disc' AZ)1971 Un 33 tours     : Un pays (BAM)1974 Un 45 tours    : Les Communistes /         Un 33 tours     : Les blés (Meys)1975 Un 45 tours    : Sol-soleil (Meys) /         Un 33 tours     : Chante Ferré 75 (Jalousie) (CBS)1980 Deux 33 tours : Requiem pour un temps présent (WEA)

        Chansons de la 2ème partie : 1974 Magouille Blues

        18:36 François Béranger     : Magouille blues      : François Béranger : 197424:43 Pia Colombo               : Les Communistes  : Maurice Fanon : 197427:29 Jean-Michel Caradec : Mai 68                      : Jean-Michel Caradec : 1974

        Senthaclos

        Senthaclos est un groupe de rock politique sarthois créé par Jean-Pierre Permanne (vocal) avec Daniel Bance (vocal, guitare acoustiqueà), Thierry Mabire (basse), Patrice Bourdin (accordéon), Gérard Chervin (Percussions) & Didier Chervin (guitare).

        Dans le livre « Il y a des années où l'on a envie de ne rien faire », Maxime Delcourt écrit :

        « … Chansons des colères effleure un fantasme que peu d'auteurs peuvent se vanter d'avoir approché, touchant à ce que la chanson engagée connaît de plus précieux : le contre-pied, l'ouverture aux déluges électriques du rock. Orchestrant un son bien plus solide que la société qu'il décrit, Jean-Pierre Permanne et sa bande refusent d'accorder un quelconque crédit à l'eschatologie marxiste, à laquelle ils n'ont jamais cru : on ne peut pas renverser le système, seulement tenter de mieux l'habiter.Dès lors, Chansons des colères est plus qu'un simple titre, c'est un cri de guerre, une façon d'encourager l'auditeur à ne pas renoncer, à ne pas baisser les bras… ».

        Discographie de Senthaclos

        1973 Un 45 tours : Assaisonnements… (sous le nom de Santa Claus) (SDPP)1974 Un 33 tours : Chansons des colères (Vendémiaire)1977 Un 33 tours : 4 mars (Vendémiaire)1978 Un 33 tours : Prisons (participations) (Vendémiaire)

        Chansons de la 3ème partie : 1974 Magouille Blues : Ma ville grand vent

        33:44 Senthaclos         : Ma ville grand vent                          : Jean-Pierre Permanne - Senthaclos : 197437:36 Jacques Higelin : Est-ce que ma guitare est un fusil : Jacques Higelin - Simon Boissezon : 197442:41 Jean-Roger Caussimon : Musique légère                    : Jean-Roger Caussimon - Francis Livon : 1974

        Senthaclos
        Senthaclos - Chansons des colères
        Plume Latraverse
        Plume Latraverse - Plume pou digne
        Biographie de Plume Latraverse

        Michel Latraverse, alias, Plume Latraverse, chantauteur et écrivain québécois , naît à Montréal en 1946. Il grandit dans un milieu modeste.D'abord peintre, se cherchant un nom de plume, il signe simplement "Plume".Puis il fait du rock au début des années 1960 et, en 1964, commence à composer des chansons d'inspiration folk qu'il chante dans des sous-sols d'églises et des boîtes à chanson comme le Prag et le Café catastrophe à Montréal.

        Plume Latraverse et La Sainte Trinité

        À l’été 1969, Plume Latraverse, fait partie du groupe de jeunes impliqués dans les événements entourant la Maison du pêcheur, à Percé. Fondée entre autres par Paul Rose, futur membre du Front de libération du Québec (FLQ), cette auberge devient rapidement le point de ralliement de la jeunesse contre culturelle du Québec. Ce mouvement, qui se propage dès le début des années 1960, se caractérise par un rejet de la culture dominante et du système de valeurs officiel, et par la recherche de nouvelles libertés.

        La présence de ces jeunes à Percé suscite méfiance et réticence chez bien des habitants. Le conseil municipal, craignant que la réputation de la petite ville gaspésienne en soit affectée, adopte au cours de l’été une motion pour fermer la Maison du pêcheur. Les jeunes sont expulsés, avec l’aide des pompiers qui arrosent et condamnent le lieu.

        Lors de cet été mémorable, Plume Latraverse, Pierre Léger et Pierre Landry fondent le groupe La Sainte-Trinité. À Montréal, la formation musicale ouvre une salle de spectacle au sous-sol de l’hôtel Iroquois du Vieux-Montréal. Cette salle, nommée Le Bon Dieu, accueille les spectacles extravagants des trois musiciens. On peut lire dans la presse :

        « L'atmosphère générale est détendue, même joyeuse… mais [où] vous risquez de ne pas vous […] sentir à votre aise si vous avez trente ans et une cravate au cou ».

        C’est dans ce contexte que Plume Latraverse fait entendre ses premières chansons, à la fois poétiques, vulgaires et contestataires, qui caractériseront l’ensemble de son œuvre. Le groupe La Sainte-Trinité fera paraitre un unique album en 1971 « Triniterre ».

        Plume Latraverse se lance dans une carrière solo

        Finalement Plume Latraverse se lance dans une carrière solo. En 1974 paraît donc son 1er album solo « Plume pou digne », dans un silence assourdissant de la presse spécialisée de ce côté de l'Atlantique. De fait, en 1981, on pourra lire dans la revue Paroles et musique :

        « … Bien sûr, ces afficionados éclairés devaient se compter sur les doigts d'une seule main, à en juger par les trois ou quatre lignes généreusement parues à cette date dans la presse spécialisée. Faut dire que Plume ne correspondait guère à l'image du chanteur de Presqu'Amérique affirmant son identité québécoise : « Je me moquais un petit peu de cette vague de nationalisme, parce que j'étais un juif errant, me promenant d'un pays à l'autre. Je ne me sentais pas impliqué dans la res publica, l'affaire publique. D'ailleurs je préfère toujours l'affaire humaine, res humana » … ».

        Il faudra attendre 1978 et la publication en France de « Les plus pires succès de Plume » pour que la presse hexagonale lui porte attention :

        « Stupeur, stupéfaction, fascination, comme dirait Achille Talon : du Monde de la Musique à Charlie-Hebdo, en passant par le Nouvel Observateur, c'est le choc, la découverte, la claque dans le dos. Bref la reconnaissance de l'intelligentsia. »

        Jean-Claude Coulié écrira très justement :

        « Le « clochard de la chanson québécoise » chante avec humour la révolte et la liberté dans un univers sordide et provocateur, parsemé de bruitages et autres borborygmes.Il ne prend pas son mépris au sérieux, introduit une dimension de sabordage joyeux, telle une décharge publique sur la moquette impeccable . 

        [ source : Plume Latraverse et l’envol de la contre-culture québécoise  - Paroles et musique n°8 ]

         
        Discographie 1971 / 1975 de Plume Latraverse

        1971 Un 33 tours : Trinitere ( avec La Sainte Trinité) (Zodiaque)1973 Un 33 tours : B.O.F. La tendresse ordinaire (participation - 2 titres)1974 Un 33 tours : Plume pou digne (Deram)         Un 45 tours : Bossa-mota (Deram)1975 Un 33 tours : Le vieux show son sale (Deram)         Un 33 tours : Pommes de route (avec Cassonade) (Deram)

         

        Chansons de la 4ème partie : 1974 Magouille Blues : Métropole BBQ

        48:38 Jacques Yvart         : Le jeune homme et la mer   : Jacques Yvart : 197451:45 Anne Vanderlove  : Liberté, Libertad, Freedom   : Anne Vanderlove : 197455:28 Roger Lahaye        : Chanson à François                : Arlette Chaumorcel - Roger Lahaye : 197458:25 Plume Latraverse : Métropole BBQ                       : Pierre Landry - Plume Latraverse : 1974

        Abonnez-vous au podcast Chant de l'Histoire
        1 hr
      • C.d.C.#50 1974 Ubu au pouvoir : Dick Annegarn – André Georgian – Frédérik Mey – Guy Demaysoncel
        C.d.C.#50 1974 Ubu au pouvoir : Dick Annegarn - André Georgian - Frédérik Mey - Guy Demaysoncel
        1974 Ubu au pouvoir : Contexte historique

        Ubu au pouvoir. En 1974, l'élection de Valéry Giscard d'Estaing à la présidence de la République marque un coup d'arrêt dans les réformes sociales en faveur des classes populaires.Certes sous son septennat furent adoptées des lois sociétales liées à la condition féminine et à l'abaissement de l'âge de la majorité.Néanmoins le libéralisme du nouveau président ne franchit pas les portes des entreprises.

        L'insubordination ouvrière entraîne des formes de résistance moins spectaculaires que les grèves, mais tout aussi efficaces : l'absentéisme, le " turn over ", le sabotage contribuent à faire chuter la productivité des entreprises et donc le taux de profit. C'est pour cela que le patronat doit accepter de prendre au sérieux la critique du taylorisme. Ses éminences grises lui conseillent alors de remplacer le mot « ouvrier » par « opérateur » puis d'imposer peu à peu la « flexibilité »…

        [ source Monde Diplomatique ]

        Biographie de Dick Annegarn : Ubu au pouvoir
        Enfance et formation de Dick Annegarn

        Benedictus Albertus Annegarn, alias Dick Annegarn, est un chantauteur néerlandais qui chante principalement en français. Il naît en 1952 à La Haye.. Mais lorsqu'il a six ans, la famille déménage à Bruxelles, son père étant traducteur pour le Marché Commun. Ainsi, le petit Benedictus y fréquente l'École européenne :

        « On y était regroupé par nationalités. L'enseignement se faisait dans la langue maternelle. Le français, je l'ai surtout appris dans les cours de récréation »

        Ensuite, il s'inscrit en faculté d'agronomie à l'Université de Louvain. Il commence alors à apprendre la guitare sur celle de son frère et à écrire des textes de son cru, d'abord en anglais.Finalement, il choisit le français et s'installe à Paris en 1972.

        Début de Dick Annegarn au Centre Américain de Paris

        Après avoir chanté aux terrasse des bistrots et dans les couloirs du métro, Dick (c'est ainsi qu'il se fait maintenant appeler) fréquente les hootenannies du Centre américain du boulevard Raspail. Ainsi, chaque mercredi soir, il y croise des vedettes en herbe (Bill Deraime et Hervé Cristiani notamment). Il y présente déjà un répertoire des plus insolites. Jacques Vassal en dira :

        « Son style de guitare est heurté et très « rentre-dedans », brouillon mais brillant toujours. Et il progresse aussi vite qu'il joue. Annegarn chante d'une voix plutôt rauque et râpeuse, avec de temps à autre des intonations à la Richie Havens, des histoires d'un comique incroyable ( Le rasoir). Blues, rock ou folk, on ne sait plus très bien, mais peu importe : le Hollandais volant est sur orbite ! ».

        Dick Annegarn enregistre son 1er album

        Présenté par Maxime Le Forestier à Jacques Bedos (Polydor), Dick Annegarn enregistre bientôt son premier album qui parait en 1974.Mais on le contraint à enregistrer ce qu'il considère comme de simples exercices de style : Bébé éléphant et Sacré géranium. Malgré ces pochades, un titre remporte l'adhésion du public : Bruxelles. Néanmoins, la maison de disque ne considère Dick Annegarn que comme « le hippie de service » et lui suggère le port d'une boucle d'oreille…

        « La marginalité, au bout du compte, devenait une opération de marketing. Renaud et Lavilliers commençaient à faire de l'argent.. On rêvait partout de rafler le pactole sur le dos des artistes, sans pour autant prendre trop de risques. Enregistré dans de mauvaises conditions, en trois jours à peine, mon disque, par exemple, n'avait coûté que trois briques, trente mille francs… Pour le second, j'ai donc réclamé une mise de fond comparable à ce qui se faisait à l'époque. Pour toute réponse, on m'a rétorqué sans état d'âme que c'était trop cher pour un alibi culturel ! ».

        La même année paraît son 21ème album " Je te vois" dont les arrangements sont très marqués par l'influence funeste des variétés.

        [sources : Chorus n° 22 - Français si vous chantiez de Jacques Vassal ]

        Chansons de la 1ère partie : Ubu au pouvoir

        02:51 Henri Tachan         : Le grand méchant loup   : Henri Tachan : 197405:42 Catherine Ribeiro : La petite fille aux fraises : Catherine Ribeiro - Patrice Moullet : 197410:46 Gilles Servat          : Litanies pour l'an 2000    : Gilles Servat : 197414:08 Dick Annegarn      : Ubu                                     : Dick Annegarn : 1974

        Dick Annegarn
        Dick Annegarn - Sacré géranium
        André Georgian en Algérie
        André Georgian
        André Georgian - Enregistrement en studio
        Biographie d'André Georgian
        Enfance et formation d'André Georgian

        André Poliautre, alias André Georgian, chantauteur français naît en 1939 à Lille dans une famille modeste. Son père est un ouvrier, libre penseur, amateur de belles-lettres et anticlérical. Sa mère, une pure ch'timi est croyante mais subtile et dotée d'un bel humour. La famille vit dans le quartier ouvrier de Fives. Pendant la guerre, ce quartier a été bombardé et éventré par les Allemands en raison de son activité industrielle.

        Amoureux des mots dès son plus jeune âge (grâce à la bienveillance et aux encouragements de deux maîtres d’école qui lui font découvrir Rimbaud, Verlaine, Apollinaire, Verhaeren…), André se met à écrire à l’âge de 8 ans. Un besoin précoce et essentiel de s'exprimer, comme il le dira souvent.Sensible également à la musique et plus particulièrement à la chanson, il chante dans les années 1950 au Cercle Saint Louis où il remporte (déjà) des concours. Et, à 12 ans, sur un poste à galène il écoute tout ce qui passe dans ses écouteurs : opérettes, informations, pièces radiophoniques, concerts classiques, chanteurs…

        En outre, vers l’âge de 14 ans, il découvre, sur les ondes d’Europe 1, le jazz de Louis Armstrong (dont il écrira : « Cher Louis, tu as éclairé ma vie avec le soleil cuivré du jazz ») ainsi que Django Reinhardt.De même il se passionne pour la guitare, par l’intermédiaire d’un certain Arthur Smith et de son fameux titre « Guitar Boogie » (qui tournait en boucle à l’époque dans les juke boxes).

        André Georgian crée un premier groupe

        Ainsi, 3 ans plus tard, André Poliautre (pas encore Georgian) crée un premier groupe qui chante des airs dans le style scout et country. Remarqué par la Maison Berger (apéritifs), il touche alors ses premiers cachets qui lui permettent l’achat de sa toute première guitare.

        Mais, en juillet 59, il est appelé à l'armée. Sportif et curieux, il a eu l’opportunité de réaliser ses premiers sauts à Lille grâce à une préparation militaire. Il rejoint donc le 13ème Régiment de dragons parachutistes à Tarbes. Il y emmène sa guitare et fait l’apprentissage du swing aux côtés de deux autres appelés, un clarinettiste et un batteur de jazz dans le civil. Les Jex Brothers sont nés. Puis c'est l'Algérie et il restera marqué à vie par la guerre.De cette expérience, il rapportera une superbe mélodie traditionnelle entendue à la radio. Il l’apprendra à la guitare et l’appellera « Sahara 61 »

        De retour en France après 28 mois d’Algérie, il intègre en décembre 1962, l’orchestre « Blue Soul Stompers » fondé et dirigé par le clarinettiste Gérard Delsalle, qui fut aussi le créateur du Hot club de Lille.Les Blue Soul Stompers sont engagés en novembre 1963 pour jouer au cours de la Nuit des Arts et Métiers en compagnie du trompettiste américain Peanuts Holland. C’est lors de cet événement qu’il rencontre Danielle. Ils se marient en 1965 et fondent une famille. Dans son livre « Qu'est-ce qu'une vie dans la galaxie du temps » (hommage à Danielle édité par la ville de Lille en 2013), André écrira :

        « J’étais artiste, mais grâce à toi, je le suis devenu à temps complet ».

        André Georgian participe à la finale de la « Fine fleur de la chanson française »

        C'est ainsi qu'en 1967, remarqué à Paris par le poète Luc Bérimont, André chante ses premières chansons (« Pépé », « Dadidou ») en première partie du concert de Félix Leclerc à Bobino, lors de la finale de la « Fine fleur de la chanson française ».

        Puis, en 1968, il participe à divers concours et tournois de chansons en Belgique et en France et obtient la 3ème place au Grand prix de la jeunesse organisé par La Voix du Nord pour sa chanson « Ballade à Pierrot ».

        Il devient auteur-compositeur-interprète professionnel en 1969. Et se choisit alors le nom de Georgian, en hommage au grand Georges Brassens, l’un de ses maîtres.

        Carrière artistique professionnelle d'André Georgian

        Dès 1971 André Georgian entame des tournées dans l’Hexagone, ainsi qu’en Belgique, Allemagne, Hollande, au Luxembourg et en Suisse. Sur scène, il croise de nombreux artistes : Mouloudji, François Béranger, Isabelle Aubret, les jazzmen Stéphane Grapelli, Marc Laferrière, Maxime Saury…

        On commence à l'entendre sur les ondes, de Radio Quinquin (radio pirate de la CGT dans le Nord) à Europe 1, en passant par France Culture. On le voit aussi plusieurs fois sur FR3.

        Enfin, en 1973, André enregistre son premier 33 tours « Vivre en 73 » produit par Roger Auffrand et sa maison de disques « L’oiseau bleu ». En 1974 suit un deuxième album, « L’oiseau du nouvel âge ». Ses chansons témoignent pour certaines d'une époque (« Vivre en 1973..., mon Dieu c'est compliqué »). Mais beaucoup sont intemporelles, comme « Le vigneron » qui aurait certainement plu à Brassens.

        En mai 1975, Il est programmé en première partie de Claude Nougaro au palais Rameau de Lille. Ce dernier est accompagné de son pianiste Maurice Vander, qui, lui-même a joué avec Django Reinhardt. André écrira plus tard : « Vous imaginez mon bonheur, je me produisais sur la même scène que celui qui représentait pour moi le sommet de la chanson française ».

        Militant, André participe à la création d’ « Action Chanson », ainsi qu’à de nombreux meetings du PS, du PC, du PSU. On l'applaudit à la « Fête de l'Humanité » en 1977.

        Discographie d'André Georgian

        1973 Un 33 tours : Vivre en 73… (L'oiseau Bleu)1974 Un 33 tours : L'oiseau du nouvel âge (L'oiseau Bleu)

        Documents biographiques

        Biographie fournie par la famille d'André Georgian

        Présentation d'André Georgian par lui-même

        Sahara 61 par André Georgian et son fils Manu

        [source : famille d'André Georgian (merci à elle ! ) ]

        Chansons de la 2ème partie : Ubu au pouvoir : Journée porte ouverte en enfer

        18:40 André Georgian     : Journée porte ouverte en enfer : André Georgian : 197421:20 Marie-Paule Belle  : Deux heures du matin                 : Françoise Mallet-Joris, Michel Grisolia - Marie-Paule Belle : 197424:18 Pia Colombo          : Menus propos              : Maurice Fanon - Gérard Jouannest : 197426:16 Mélina Mercouri   : La veuve du colonel     : Henri Meilhac, Ludovic Halévy - Jacques Offenbach : 1974

         
         
         Biographie de Frédérik Mey
        Enfance et formation de Frédérik Mey

        Reinhard Friedrich Mey, chantauteur bilingue germano-français, naît à Berlin en 1942. Son père est avocat, sa mère institutrice.Très jeune, Reinhardt s'intéresse à la musique et apprend le piano, la guitare et la trompette de façon autodidacte. Il est élève au Collège français de Berlin où il crée un groupe de musique skiffle influencé par le folk étatsunien., le « Rotten Radish Skiffle Guys ».

        Puis, à 19 ans, après avoir passé le baccalauréat français et son équivalent allemand, l'Abitur. Il est engagé dans un laboratoire berlinois avant d’entreprendre des études en management qu’il abandonne très vite. Il forme alors un autre groupe « Les Trois Affamés » mais il décide assez vite de se produire en solo sur les scènes allemandes sous le nom de Reinhardt Mey.

        Début de la carrière artistique française de Frédérik Mey

        C'est ainsi qu'en 1967, il représente l'Allemagne à la Coupe d’Europe du Tour de Chant organisée à Knokke-Le-Zoute (Belgique). L'équipe allemande affronte alors celles de Grande-Bretagne, de France, de Belgique et des Pays-Bas. Les allemands se classent cinquième sur six mais sa prestation vaut à Reinhardt de signer un contrat avec le producteur français Nicolas Péridès.

        Pour la France, comme nom de scène, il décide de franciser son deuxième prénom (Friedrich) en Frédérik. Un premier 45 tour paraît cette année-là : La mort du pauvre homme.

        La production discographique de Frédérik Mey ne rencontrera pas de grands succès mais elle sera appréciée par les amateurs de bonne chanson. En effet, Frédérik apporte un soin tout particulier à la qualité de ces textes pleins d'humour. Cependant, la causticité de certaines chansons a dû gêner l'extrême sensibilité servile de quelques programmateurs…

        Discographie française de Frédérik Mey

        1967 Un 45 tours : Vol.1 La mort du pauvre homme (Péridès)1968 Un 45 tours : Vol.2 C'était une bonne année je crois (Péridès)1970 Un 45 tours : Une cruche en pierre (Péridès)1972 Un 33 tours : Vol.1 Approche ton fauteuil du mien (compil + 3 inédits) (Péridès)1972 Un 33 tours : Vol.2 Les bulles de savon (Péridès)1974 Un 33 tours : Vol.3 Les lumières se sont éteintes (Péridès)

        [source : Internet ]

        Chansons de la 3ème partie : Ubu au pouvoir : La mappemonde

        32:41 Glenmor                : Le temps de la colère                            : Glenmor : 197436:14 Anne Vanderlove : Quand Vietnam s'appelait Indochine : Anne Vanderlove : 197439:39 Frédérik Mey        : La mappemonde                                    : Frédérik Mey : 197441:57 Julos Beaucarne  : Je me souviens /                                      : Julos Beaucarne42:15                               : À vous mes beaux messieurs /             : Nazim Hikmet, adapt. Hasas Gureh - Julos Beaucarne44:10                               : Une zone de haute pression                : Julos Beaucarne : 1974

         

        Frédérik Mey
        Frédérik Mey
        Guy Demaysoncel en 1969
        Guy Demaysoncel en 1974
        Biographie de Guy Demaysoncel

        Guy Demaysoncel, chantauteur français, naît en 1946 à Maisoncelles-du-Maine. Très jeune il est intéressé par le cirque :

        « Gamin, j'ai assisté à une représentation de cirque. C'était en 1965. Ça m'a chamboulé. J'ai tout de suite été attiré par les gens du voyage et du spectacle, les saltimbanques en quelque sorte ».

        D'abord, à l'école, avant le plaisir de lire il découvre celui d'écrire. Un plaisir formel : celui de laisser vagabonder la plume sur une feuille blanche, de jouer avec elle.Néanmoins, pour rassurer ses parents, il passe un CAP de photographe. Ce qui ne l'intéresse pas du tout.Le goût de la scène le taraude (il fait le clown aux côtés de son ami, Jacques Texier) et commence l'apprentissage de la guitare à 17 ans.Puis il s'essaie dans les radios crochets. Amoureux des mots, qu'ils soient poésie ou prose, Guy compose, gratte chante et convainc.Les exigences de plume de René Char et de Flaubert le séduisent et vont le conduire à travailler le vocabulaire et la syntaxe de façon aussi sérieuse qu'un numéro de cirque.

        Début de la carrière artistique de Guy Demaysoncel

        En 1968, Guy fait paraître un premier 45 tours « Les Bohémiens ! » mais il est également clown blanc et animateur lorsqu'il expose ses maquettes de cirque :

        « pour faire découvrir l'émotion de ce vide circulaire du lendemain qui laisse la place au rêve et à l'espoir ».

        En 1970, Guy est finaliste des « Numéros 1 de demain ». De fait, cela lui vaudra de chanter à l'Olympia au cours d'un Musicorama consacré à Michel Polnareff. Chanteur d'écriture avant tout, Demaysoncel privilégie le voyage intérieur. Comme au trapèze, les enchaînements se succèdent pour créer l'image et le mouvement. D'après lui, le dénominateur commun entre l'écriture et le cirque est l'errance.

        Discographie « vinyle » de Guy Demaysoncel

        1968 Un 45 tours : Les Bohémiens ! (Choravox)1969 Un 45 tours : Le faire-part (Choravox)1974 Un 33 tours : Chansons d'outre cordes (La Clepsydre)1982 Un 33 tours : Parole océane (La Clepsydre)1988 Un 45 tours : Aura (La Clepsydre)

         

        Chansons de la 4ème partie : Ubu au pouvoir : La tête qu'on a

        47:32 Guy Demaysoncel               : La tête qu'on a                               : Guy Demaysoncel : 197450:17 Jean-Marie Vivier                 : Réveil                                               : Jean-Luc Juvin : 197452:56 Francesca Solleville             : L'homme rouge est dans la ville : Jean-Max Brua : 197455:53 Jacques-Emile Deschamps : L'estaque                                        : Lluís Llach adapt. Jacques-Emile Deschamps : 1974

        Abonnez-vous au podcast Chant de l'Histoire
        1 hr
      • C.d.C.#49 1974 Complainte de Victor Jara : Jean-Roger Caussimon – Victor Jara – Serge Reggiani – Georges Langford
        C.d.C.#49 1974 Complainte de Victor Jara : Jean-Roger Caussimon - Victor Jara - Serge Reggiani - Georges Langford
        1974 Complainte de Victor Jara : Contexte historique

        Complainte de Victor Jara : En pleine guerre froide, l’expérience de la « voie chilienne vers le socialisme » a duré moins de trois ans (de novembre 1970 à septembre 1973). Elle a néanmoins transformé le pays andin de neuf millions d’habitants et passionné le monde intellectuel et militant, d’un bout à l’autre de la planète.

        Les gauches (autour du Parti socialiste et du Parti communiste), à l’origine, en 1969, de la coalition qui prend le nom d’Unité populaire (UP), proposent une transition vers le socialisme à la fois démocratique et révolutionnaire, institutionnelle, électorale et non armée : il ne s’agit plus de miser sur la guérilla et les kalachnikovs, mais sur la mobilisation des classes populaires et du mouvement ouvrier.

        Se fondant sur ce qu’ils estiment — à tort — relever d’une tradition historique légitimiste de l’armée et d’une certaine flexibilité de l’État chilien, Allende et les siens parient que les militaires respecteront le suffrage universel et qu’il deviendra possible d’imposer la volonté majoritaire à l’oligarchie sans tirer le moindre coup de feu. […]

        Le coup d'État du 11 septembre

        Le matin du 11 septembre 1973, avec l’appui de l’administration Nixon (mais aussi — on le sait aujourd’hui — de la dictature brésilienne ), les différentes branches des forces armées se soulèvent. La gauche se trouve désarmée tant au plan politique que militaire. Et la bataille du Chili prend fin, dramatiquement .

        S’appuyant sur un catholicisme national-conservateur et la doctrine de la sécurité nationale, la dictature civico-militaire ferme le Parlement, réprime dans le sang les syndicats, proclame l’état de siège, pratique la censure.

        Contre le « cancer marxiste », le terrorisme d’État s’abat sur le pays. Durant seize années, les militaires et la police politique torturent des dizaines de milliers de personnes, assassinent plus de 3 200 individus, dont plus d’un millier sont encore aujourd’hui disparus (leurs corps n’ayant jamais été retrouvés).

        [ source Monde Diplomatique ]

        Biographie de Jean-Roger Caussimon (2ème partie) : Complainte de Victor Jara

        1ère partie de la biographie de Jean-Roger Caussimon

        Pierre Barouh & Jean-Roger Caussimon, enregistrement du premier album 33 tours chez Saravah

        En 1966 Pierre Barouh avait écrit les chansons du film "Un homme et une femme" de Claude Lelouch. Ce dernier manquant d'argent, Barouh essaie de débloquer la situation en allant proposer les chansons aux éditeurs de musique qui les refusent. Par dépit, Pierre Barouh décide donc de créer une maison d'édition : Saravah. Néanmoins, Claude Lelouch parvient quand même à boucler son budget.

        La chanson "Un homme et une femme" chantée par Nicole Croisille remporte un immense succès. Pierre Barouh fait alors fortune.

        Avec ce flot d'argent, Pierre décide de faire enregistrer des disques aux amis, Jacques Higelin et Brigitte Fontaine. Et en ce qui concerne Caussimon, il en a dit :

        « Jean-Roger fait partie des gens dont je me suis nourri quand j'avais 15 ou 16 ans, à travers des chansons comme "Comme à Ostende" ou "Le temps du tango". Comme je me suis nourri de Mac Orlan, de Trenet, de Prévert, de Jean Vigo…Les années passaient et j'étais complètement révolté du fait qu'on attribuait ces chansons à Léo Ferré. Un jour, en discutant avec José Artur, je lui ai parlé de Caussimon qui faisait du théâtre à cette époque, c'était un très bon acteur. Et José m'apprend que Jean-Roger Caussimon, étudiant bordelais quand il a débarqué à Paris chantait au Lapin Agile.J'ai donc été le trouver, rue Damrémont dans le 18ème, alors que Saravah existait déjà depuis quelques temps. Je lui ai dis : "Monsieur Caussimon, j'aimerais vous produire un disque". Il avait 52 ans. Et il me répond : "mais, cher monsieur Barouh, vous n'y pensez pas ! Vous allez perdre tout votre argent." Mais j'ai senti, dans le ton, qu'il le souhaitait depuis trente ans et qu'il avait été trop pudique pour le provoquer lui-même… »

        Jean-Roger Caussimon enregistre son premier album

        Ainsi, en septembre 1970, Jean-Roger Caussimon enregistre son premier album au fameux studio Saravah de la place des Abbesses à Montmartre. L'album paraît début 1971, la chanson "Les cœurs purs" va être un grand succès populaire. On pourra lire dans la presse :

        « On ne saurait trouver meilleure illustration, à la fois de la sensibilité de Caussimon et des raisons qui en font un auteur authentiquement populaire, dont les chansons touchent au plus profond, émeuvent au plus intime. »

        C'est alors qu'à l'âge de 52 ans, Jean-Roger Caussimon reçoit le prix Paul Gilson de l'Académie Charles Cros pour son premier album. Un prix qui est décerné aux révélations…Puis les événements s'accélèrent : Jean-Christophe Averty lui consacre une émission de télévision. Jean-Roger passe une semaine au Théâtre du Vieux-Colombier, etc.En outre, durant l'été 1972, au Festival de Carpentras, Jean-Roger Caussimon participe à des concerts de soutien à Saravah dont les finances sont au plus bas.

        « Je suis un saltimbanque, je suis un nomade. Tu connais mon humble petite maison, qu'on n'imagine pas que j'habite un manoir ! Cette petite maison correspond exactement à ce que je veux être, à ce que je suis de façon profonde : elle est modeste, je suis modeste ! Elle a la chance d'être parmi les arbres, face à l'étang, mais je n'ai rien, aucune fortune […]Je dis que je suis un nomade parce que, ma femme ayant les mêmes goûts que moi, nous vivons comme les gens du voyage. Avec la caravane, nous sommes partout chez nous, nous affrontons toutes les saisons, toutes les intempéries, la pluie, la neige.Nous nous nourrissons de produits régionaux - Paulette fait merveilleusement la cuisine - et ce n'est pas de la démagogie. Mais je préfère le camping municipal à l'hôtel. »

        Deuxième album de Jean-Roger Caussimon

         

        Puis en 1973, paraît son deuxième album "À la Seine" qu'il présente à Bobino. De plus, il entame une tournée de son récital dans 17 villes de France. Fidèle à lui-même, il se déplace dans sa vieille caravane :

        « Mon tour de chant terminé, je suis heureux, vraiment, pour une heure ou deux. Paulette, mon épouse que dans le travail j'appelle Alphonsine, son deuxième prénom, revient des éclairages. Elle manie maintenant tout " jeu d'orgue " avec maestria.Nous allons boire un, deux ballons de Côtes du Rhône au café voisin puis nous rentrons chez nous. Petit repas. Une bouteille de vin encore, ou deux. Paulette boit dans mon verre. Nous parlons de la soirée, de nos enfants. Je lui fais part des sujets de chansons que je rêve d'écrire. Je divague un peu ou pas tellement, va savoir. »

         

        En 1974 paraît " Musique légère " son troisième album. Caussimon passe dans un " Musicorama " à l'Olympia et part à nouveau en tournée dans 24 villes de France. En outre il continue au théâtre et au cinéma. Jean-Christophe Averty l'invite deux fois cette année-là, dont une dans "show Caussimon-Clay".  Jean-Roger y chante 14 titres issus des deuxième et troisième 33 tours.

        Discographie "chanson" de Jean-Roger Caussimon
        • 1951 Un 78 tours : Barbarie-Barbara (Decca)
        • 1971 Un 33 tours : Chante Jean-Roger Caussimon (Saravah)
        • 1973 Un 33 tours : À la Seine (Saravah)
        • 1974 Un 33 tours : Musique légère (Saravah)
        • 1975 Un 33 tours : Il fait soleil (Saravah)
        • 1976 Un 33 tours : B.O.F. Le juge et l'assassin (participation) (Saravah)
        • 1977 Un 33 tours : La chanson de l'homme heureux (Saravah)
        • 1978 Un 33 tours : Au Théâtre de la Ville &Un 45 tours : La manche (Saravah)
        • 1979 Un 33 tours : Papy rock (Saravah)1981 Un 45 tours : Un soir de mai (Saravah)
        • 1991 Un CD : Olympia 74 (Saravah)
        • 2010 Un CD : Au Cabaret du Lapin Agile à Montmartre - inédits 1946-1949 &Un CD : Enregistrements inédits (SW Productions)
        • 2011 Un CD : Le vagabond d'automne (SW Productions)
        • [ sources : La Double Vie, mémoires de J.R. Caussimon - Chorus n° 9 - Je Chante ! n° 15 - Paroles et Musique n° 19 & 51]

          Chansons de la 1ère partie : Complainte de Victor Jara : Rue de la Liberté

          02:52 Jean-Roger Caussimon  : Rue de la Liberté    : Jean-Roger Caussimon - Daniel Faure : 197406:33 Jeanne-Marie Sens         : L'enfant du 92ème : Jeanne-Marie Sens - Eric Lowery, Pierre Rapsat : 197409:10 Imago                               : Géronimo                 : Bernard Benguigui - Claude Six : 197413:15 Kirjuhel                            : Angela Davis            : Jean-Frédéric Brossard : 1974

           
           
          Jean-Roger Caussimon avec Jean-Christophe Averty et Paulette
          Jean-Roger Caussimon : sieste en vacances avec le chien Bouboule
          Victor Jara
          Victor Jara et sa famille
          Victor Jara : Canto por travesura
          Complainte de Victor Jara : Biographie de Victor Jara
          Enfance et formation de Victor Jara

          Víctor Lidio Jara Martinez, chantauteur, écrivain et metteur en scène chilien, naît à San Ignacio (ou Quiriquina voire Chillan selon les sources) (région de Ñuble au centre du Chili) en 1932. Ses parents sont des paysans enracinés dans le folklore, locataires d'un "fundo". Sa mère, en plus de se consacrer au travail domestique, joue de la guitare et chante constamment dans la maison..C'est sa maman qui va lui donner la vocation pour la musique mais il est aussi obligé très jeune d'aider son père dans les champs.

          Lorsque Victor a douze ans, la famille déménage à Los Nogales (banlieue de la capitale, Santiago du Chili). Ils cohabitent alors avec la famille Morgado dont les deux fils Julio et Humberto furent les camarades de classes de Victor à l'école primaire.La famille Morgado propose à Victor qui avait abandonné les études, un travail chez un fabricant de meubles. Mais, hélas à l'âge de 15 ans, Victor perd sa maman, ce qui fait exploser le noyau familial.Sur les conseils d'un prêtre, Victor rentre alors au séminaire. Mais deux ans après son admission, il le quitte, s'étant rendu compte de son manque de vocation. Néanmoins cela lui aura donné l'occasion de pratiquer le chant grégorien. Puis il doit effectuer son service militaire.

          Ses obligations militaires terminées, Victor Jara entre dans le chœur de l'Université du Chili pour participer à la création de Carmina Burana. Il entame ensuite un travail de recherche et de collectage du patrimoine folklorique.À l'âge de 24 ans, Jara rejoint la compagnie de théâtre de "Los Mimos de Noisvaner", parallèlement il commence des études de théâtre et de mise en scène à l'École de théâtre de l'université du Chili. Sa situation est très précaire, n'ayant nulle part où dormir il passe ses nuits dans les environs de l'école.

          Débuts de la carrière artistique de Victor Jara

          Enfin, en 1957, Victor Jara rejoint l'Ensemble folk Cuncumèn (Conjunto Cuncumèn) , un groupe folk de l'Université sous la direction de la maestra Margot Loyola. Cuncumèn était alors la plus grande institution folklorique du pays et avait déjà participé à la série d'albums "El folclore de Chile" initiée par Violeta Parra.Ainsi, en 1959 le groupe qui avait décidé d'enregistrer un disque de chansons de Noël (Villancicos Chilenos) se rend compte qu'il manque trois chansons pour le terminer. C'est Victor qui est chargé d'aller demander à Violeta Parra de les leur fournir. Violeta accepte avec gentillesse mais exige que ce soit lui qui chante "Doña Maria le ruego". Elle l'admirait depuis ses débuts et l'avait toujours aidé dans sa carrière.

          Entre 1961 et 1966, Victor Jara mène alors plusieurs activités de front : Directeur artistique et chanteur soliste de Cuncumèn, directeur de l'ITUCH (Institut de Théâtre de l'Université du Chili), professeur d'interprétation à l'Université…

          Victor Jara chantauteur

          Victor Jara a aussi été le directeur artistique de Quilapayún entre 1966 et 1969. En outre il chante comme soliste dans la Peña de los Parra.En 1966, sans quitter le théâtre, il enregistre son premier album solo "Victor Jara". Dans sa courte carrière discographique, il aura le temps d'enregistrer sept albums 33 tours. Le dernier "Canto por Travesura" paraîtra après sa mort.De fait, en 1970, il participe à la campagne électorale de l'Unité Populaire et il fait paraître son quatrième album "Canto Libre". Voici comment Victor se définit alors :

          « Bien plus que chanteur "de protesta", "contestataire", comme on m'a appelé, je me sens comme un ouvrier de la guitare, un chanteur populaire. C'est aussi, j'espère, ainsi que me voit le peuple chilien, parce que lorsque je chante j'essaie de refléter son idéal, ses joies, ses luttes.Notre chanson est folklorique, si par folklore, on entend langage populaire, chant du peuple. Elle est engagée, par conséquent, aux côtés de la lutte de la classe ouvrière, de la jeunesse du prolétariat urbain et rural. Elle est contestataire parce qu'elle porte en elle la dénonciation.Tant qu'il y aura une mentalité bourgeoise, la Nouvelle Chanson aura un rôle à jouer dans la lutte contre celle-ci. Tant que les critères des médias seront des critères commerciaux, nous lutterons pour montrer à notre peuple ce qui nous est propre, ce qui nous appartient, et qui nous identifie, nous rend frère des autres peuples. »

          Assassinat de Victor Jara

          Selon le récit de sa femme Joan, le matin du 11 septembre, Victor entend les nouvelles du coup d'État fasciste téléguidé par Washington. Le président Allende demande que tous les Chiliens se rendent d'urgence sur leur lieu de travail. Victor va donc à l'Université Technique, à l'autre bout de Santiago. Il ne se dérobe pas, malgré l'imminence et l'évidence du danger.Victor Jara est fait prisonnier l'après-midi même, en même temps que cinq ou six mille étudiants et enseignants de l'Université Technique. En tant que l'un des bastions de l'Unité Populaire, celle-ci est l'un des tout premiers endroits de la capitale à être cernés par les tanks. Il a quand même le temps de téléphoner à sa femme en lui recommandant d'être courageuse et de prendre bien soin de leurs deux jeunes enfants.

          Le Stade du Chili converti en camp de concentration

          Victor Jara et ses camarades d'infortune sont alors emmenés au Stade du Chili converti en camp de concentration. Le poète  a été torturé pendant des heures durant les interrogatoires, ses mains écrasées à coup de crosse de fusil, enfermé quatre jours sans nourriture, puis mitraillé. En 2009, ses restes furent exhumés et autopsiés :

          « Selon [les constatations], effectués par le Service médical légal et ratifiés par l’Institut génétique d’Innsbruck, l’artiste est décédé des suites de « multiples fractures dues à des blessures par balle qui ont causé un choc hémorragique dans un contexte homicide » et qu’il a été battu et torturé pendant son séjour dans le stade du Chili, où il a été détenu. Le texte souligne que plus de trente blessures osseuses ont été retrouvées à la suite de fractures causées par des blessures par projectile et d'autres causées par des objets contondants, différentes des blessures par balle. »

          [sources Wikipédia (espagnol) - Paroles et musique n°32 ]

          Chansons de la 2ème partie : Complainte de Victor Jara : Te recuerdo, Amanda

          18:24 Francesca Solleville : Camarade Chili                     : Jean-Max Brua : 197421:33 Pierre Chêne             : Qui dont était cet homme : Pierre Chêne : 197423:56 Gilles Servat              : Gwerz Victor C'hara            : Gilles Servat : 1974  : traduction28:07 Victor Jara                 : Te recuerdo, Amanda         : Victor Jara : 1969 : traduction

          Biographie de Serge Reggiani : Complainte de Victor Jara
          Enfance et formation de Serge Reggiani

          Sergio Reggiani, alias Serge Reggiani, acteur et interprète français, naît à Reggio d'Émilie (Italie) en 1922. Son père, Ferrucio, coiffeur, est un «rouge», il fait partie de ceux dont le nouveau pouvoir fasciste veut se "débarrasser". Donc, pendant l'été 1930, Ferrucio s'exile à Yvetot en Normandie. Sa femme Letizia et son fils Sergio le rejoignent en novembre. Le petit Sergio n'a que huit ans et demi :

          « D'un seul coup, tu abandonnes ton enfance italienne. Tu es obligé de la reconstruire, souvenir par souvenir, parce que tu es entouré de gens qui parlent une langue inconnue, qui ont des gestes inconnus… »

           

          Mais, quelques mois plus tard, les Reggiani vont s'installer à Paris. Après avoir survécu dans des hôtels minables, ils finissent par ouvrir un salon de coiffure dans le quartier populaire de la Porte-Saint-Denis. Le père s'occupant des hommes, la maman frisant les dames (dont la plupart vendaient leurs charmes sur les trottoirs avoisinants). Au contact de cette clientèle au verbe sonore et déluré, le jeune Serge découvre une vie qui le fascine davantage que celle de l'école. Pourtant, il y est toujours premier en français.

          Serge Reggiani découvre la lecture

          À treize ans, Serge commence son apprentissage de coiffeur dans le salon familial. Un jour, il a l'occasion de faire une rencontre curieuse :

          « Je me souviens d'un type que nous connaissions à Reggio. C'était un résistant qui s'appelait Belvini. Les fascistes l'avaient enfermé sur l'île de Lipari, où l'on bouclait tous les prisonniers politiques, et il s'en était tiré à la nage…Je l'ai revu à Paris, quelques années plus tard. Il est entré un soir dans le salon de mes parents, avec une grande valise sous le bras. Il l'a posée sur une chaise, nous a regardés, et a dit :" Sans culture, les gens ne peuvent pas se défendre !" Personne ne comprenait ce qu'il voulait dire, jusqu'au moment où il a ouvert sa valise. Elle était pleine de livres. C'est tout ce qu'il avait amené avec lui, lorsqu'il avait fui l'Italie. Il m'a alors demandé : "Qu'est-ce que tu veux lire en premier ?" J'ai pioché par hasard et je suis tombé sur «Martin Eden» de Jack London. J'aurais pu tomber plus mal… »

          Début de la carrière théâtrale de Serge Reggiani

          L'envie d'être comédien le tenaillait depuis un moment. Ainsi, Serge Reggiani trouve, dans un encart publicitaire, l'annonce de l'ouverture prochaine d'un conservatoire des arts cinématographiques. Il s'inscrit alors au concours d'entrée et y est reçu. Au terme de la première année, Serge obtient un premier prix .

          Serge Reggiani a juste un peu plus de seize ans et continue à faire de la figuration (au théâtre et au cinéma) pour vivre. En outre, de 1939 à 1941, il prépare le Conservatoire national abordant tous les répertoires avec une égale aisance. Serge sortira du Conservatoire avec deux seconds prix : l'un de tragédie, l'autre de comédie. Dès lors, il ne cesse pratiquement plus de jouer.

          Cependant, en 1943, pour échapper au STO mais aussi à l'armée italienne qui le réclame, Serge Reggiani quitte Paris et se réfugie en Haute-Marne, dans une maison appartenant au père d'Yves Allégret. C'est là qu'il fait connaissance de Simone Signoret, sa future partenaire de Casque d'or. Il lui restera toujours lié par une très profonde amitié.À la Libération, de retour à Paris, Serge Reggiani reprend sa carrière de comédien, avec un succès qui ne cessera de croître au fil des ans.Ainsi, vingt ans durant, il se saoule de travail jusqu'à ce que vienne la lassitude et qu'il décide de prendre du recul et de quitter Paris.

          Début de la carrière d'interprète de Serge Reggiani

          Ainsi, en 1963, Serge Reggiani s'installe à Mougins (Alpes -Maritimes) et goûte au plaisir du calme en famille. Cependant, le destin va à nouveau frapper à sa porte. À l'occasion d'une visite chez Simone Signoret, il rencontre Jacques Canetti. Ce dernier a en tête de faire vivre l'œuvre de Boris Vian, mort quatre ans auparavant et dont il dispose d'un stock de chansons inédites. Pour la petite histoire, Canetti avait déjà entendu chanter Reggiani dans une pièce radiophonique en 1962 "L'homme à l'ombrelle blanche".

          Serge Reggiani chante Boris Vian

          Quatre titres de Vian sont d'abord retenus, dont le très parodique « Arthur, où t'as mis le corps ». Et au bout de six mois, un album "Chante Boris Vian" est finalement bouclé. Ce dernier, primé par l'Académie Charles Cros, donne à Reggiani le goût de chanter.En outre, Serge Reggiani fait à nouveau une autre rencontre importante : celle de Barbara dans un spectacle à Caen. Cette dernière demande à Georges Moustaki de venir écouter Serge et d'écrire pour lui.

          Les deux hommes se découvrent et apprennent à se connaître. Georges Moustaki constate que :

          « Je me sentis capable de me substituer à lui pour écrire ce qu'il ressentait, d'être son Cyrano, son trouve-paroles et dénicheur de notes. […] Taureau impétueux, il se lança dans l'aventure avec une flamme qui me rappelait celle de Piaf. Il a imposé nos chansons envers et contre tous les fabricants d'idoles qui n'en revenaient pas d'être battus sur leur propre terrain. »

          De leur collaboration vont naître des joyaux comme : Ma solitude, Sarah, Ma liberté, Votre fille a vingt ans, Madame Nostalgie… De plus les tubes de Reggiani vont remettre Moustaki dans la lumière et lui permettre de pouvoir réenregistrer à nouveau.

          Serge Reggiani, un monument de la chanson

          En outre, de son côté, Barbara va faire répéter Serge Reggiani chez elle, avec son propre pianiste. De plus, elle lui apprend à se tenir derrière un micro et à respirer correctement ( c'est à dire avec le ventre comme un chanteur, et non plus avec la poitrine comme un acteur). Pour l'aguerrir, Barbara l'emmène en tournée, en première partie de son spectacle. Le pari est gagné, le public est acquis à la cause de ce débutant de presque quarante-cinq ans.

          En 1967 son deuxième album de chansons "N°2 - Bobino" rencontre un succès phénoménal. Les ventes s'envolent en quelques semaines et Reggiani se retrouve dans les juke-boxes, à côté des Moody Blues, Beatles et des yéyés à la mode.De plus, il remporte un énorme succès sur la scène de Bobino, des attroupements se forment chaque soir devant le théâtre.Les disques, les spectacles s'enchaînent. Parallèlement Reggiani continue à tourner dans des films, deux par an, au plus. Et ce sont toujours d'assez jolis succès. Serge Reggiani finit par faire figure de monument de la chanson.

          1973 & 1974 : 3 albums consacrés à la poésie

          Mais en 1973, après sept albums consacrés à la chanson, Serge Reggiani se ménage une pause dans sa production de chanteur. Cette année-là il enregistre un disque de textes de poésie consacré à Victor Hugo, Charles Baudelaire, Guillaume Apollinaire…Puis, l'année suivante, il réitère la même expérience avec un double album entièrement consacré à Jacques Prévert où l'on peut écouter ce chef-d'œuvre d'anthologie qu'est « La crosse en l'air ».

          [ sources : Paroles et musique n° 43 - Chorus n° 25 - Je Chante ! n° 9/10 ]

          Discographie « Chansons » 1964 / 1974 de Serge Reggiani
          • 1964 Un album 33 tours : Chante Boris Vian (Canetti)
          • 1967 Un album 33 tours : Album n°2 - Bobino (Canetti)
          • 1968 Un album 33 tours : Et puis + un supplément 17cm 2 titres inclus dans la pochette (Polydor)
          • 1969 Un 45 tours : France lune (Polydor)
          • 1970 Un album 33 tours : Je voudrais pas crever (Polydor)
          • 1971 Un album 33 tours : Rupture (Polydor)1972 Un album 33 tours : Le vieux couple (Polydor)
          • 1973 Un album 33 tours : Bon à tirer &Un album 33 tours : Poètes 1 (texte) (Polydor)
          • 1974 Un double album 33 tours : Poètes 2 et 3 (texte) (Polydor)
          • Chansons de la 3ème partie : Complainte de Victor Jara : L'effort humain

            33:43 Serge Reggiani  : L'effort humain                 : Jacques Prévert, Jeanne Perret - Dimitri Chostakovitch, Jean Musy : 197437:49 Marc Ogeret     : Un jour, un jour                 : Louis Aragon - Jean Ferrat : 197441:48 Pia Colombo     : Il était une fois dans l'est : Maurice Fanon - Gérard Jouannest : 1974

            Serge Reggiani
            Serge Reggiani - Poètes 2&3
            Georges Langford
            Biographie de Georges Langford

            Georges Langford, chantauteur canadien naît à Pictou (Nouvelle-Écosse) en 1948. Il passe son enfance sur l'île du Havre-aux-Maisons de l'archipel des Îles de la Madeleine (Québec). Une petite île de 18 kilomètres carrés, bordée de falaises et de dunes avec un paysage sauvage.Georges doit quitter son île pour poursuivre ses études à Bathurst (Nouveau-Brunswick) où il écrit ses premières chansons.

            Puis au milieu des années 1960, de retour aux îles, Georges Langford ouvre les boîtes à chansons "L'Astrid" puis "Le vieux quai". En outre, en 1967, il participe au film "La noce est pas finie" de Léonard Forest dont il signe la musique.

            Georges Langford crée la chanson  « Le frigidaire »

            En 1970, vivant à Montréal, Georges Langford se distingue dans les boîtes à chansons. De passage à l'émission "Sous mon toit", diffusée par Télé Métropole, il interprète la chanson "Le frigidaire" qui, enregistrée et légèrement modifiée par Tex Lecor en 1971 deviendra un succès international :

            « Le frigidaire provient d’une écriture mouvementée : je roulais dans un autobus à Montréal, sans crayon ni papier, sans guitare il va sans dire. Je pensais aux Îles de la Madeleine, aux Madelinots venus travailler en ville avec un rêve : retourner vivre des jours meilleurs dans leur archipel. Arrivé à destination, j’ai quitté l’autobus avec l’idée principale de la chanson, la mélodie et la moitié des paroles. »

            Tex Lecor en a changé le refrain. Tandis que la version originale disait « Tant que je pourrai toffer dans le frigidaire » ( tant que je pourrai travailler dans une ville froide) Un beau matin, on s'en retournera chez les marins »celle de Tex est « Tant qu'il me restera quelque chose dans le frigidaire […] Un beau matin, on mettra du beurre sur notre pain »

            Georges enregistre « Le frigidaire » en 1973 dans son premier album "Arrangez-vous pour qu'il fasse beau" »

            Chansons de la 4ème partie : Complainte de Victor Jara : Le frigidaire

            48:43 Pauline Julien          : Litanies des gens gentils : Pauline Julien - Richard Grégoire : 197452:46 Georges Langford  : Le frigidaire                       : Georges Langford : 197455:58 Guy Pothier             : La tite toune                     : Gilles Vigneault : 197459:07 Serge Reggiani       : Le contrôleur                    : Jacques Prévert : 1974

            Abonnez-vous au podcast Chant de l'Histoire
            1 hr 2 min
          • C.d.C.#48 1973 Chili Lip Larzac – Leny Escudero – Claude Nougaro – Pierre Selos – Yves Simon
            C.d.C.#48 1973 Chili Lip Larzac - Leny Escudero - Claude Nougaro - Pierre Selos - Yves Simon
            1973 Chili Lip Larzac : Contexte historique.
            1973 Chili

            1973 Chili Lip Larzac. La victoire d'Allende au Chili, le 4 septembre 1970, suscite une immense vague d'espoir. Les 40 mesures du gouvernement prises au tout début du mandat visent à doper la croissance, à redistribuer les richesses, à augmenter les salaires, à approfondir la réforme agraire et encore à placer les principales ressources minières nationales (le cuivre) sous le contrôle de l'État.Le 6 novembre 1970, le président étatsunien Richard Nixon déclare devant de Conseil national de sécurité :

            « Notre principale préoccupation avec le Chili, c'est le fait qu'il [Allende] puisse consolider son pouvoir et que le monde ait l'impression qu'il serait en train de réussir. […] Nous ne devons pas laisser l'Amérique latine penser qu'elle peut prendre ce chemin sans en subir les conséquences. »

            Très tôt, la CIA, l'ambassade des États-Unis mais aussi de puissantes multinationales (en particulier ITT) affectées par les nationalisations conspirent pour abattre en plein vol cette expérience. (Le Monde Diplomatique)

            1973 Lip

            Lip : En avril Lip annonce aux 1300 salariés que des licenciements vont intervenir : « 480 à larguer » la phrase a choqué. On n'était pas encore à une période où on larguait les hommes comme des bêtes. Les administrateurs sont séquestrés. Les cars de CRS encerclent l'usine, puis c'est l'assaut, les portes défoncées.

            « Ça nous a choqué, nous qui avions été si attentifs au cours des grèves précédentes à ne pas rayer un mur. »

            Les administrateurs sont libérés. Alors, parmi les ouvriers, il y en a un qui dit : « et si on prenait les montres ? ». Des voitures sont chargées de montres et partent les planquer.Que faire de toutes ces montres ? On décide de les vendre et de remettre en route l'usine pour en produire de nouvelles, cette fois sans patron. La vente est un énorme succès.

            1973 Larzac

            Larzac : En lutte contre l'extension du camp militaire en 1973 et devant 80 000 personnes réunies au Rajal del Gorp, Bernard Lambert, leader des Paysans-travailleurs, s'écria :

            « Jamais plus les paysans ne seront des Versaillais. C'est pourquoi nous sommes ici pour fêter le mariage des Lip et du Larzac. »

            Les titres sont maintenant directement accessibles en cliquant sur leur horodatage (en rouge), il suffit d'attendre quelques secondes et le lecteur diffusera la chanson choisie.

            Biographie de Leny Escudero : 1973 Chili Lip Larzac
            Enfance et formation de Leny Escudero

            Joaquim Leni Escudero, alias Leny Escudero, chantauteur français naît à Espinal, Navarre (Espagne). Son père est d'origine gitane et sa mère, fille de républicains espagnols, les deux sont presque analphabètes. En 1939, la famille quitte leur pays ravagé par la guerre civile. C'est alors la débâcle : sur les routes, des familles entières fuient les fascistes. Ainsi, Joaquim Leni va perdre la sienne pendant une quinzaine de jours :

            « J'ai passé la frontière tout seul. Mon père était déjà en camp de concentration ( à Argelès, avec des miradors et des barbelés). Le reste de la famille était dans un autre camp, mais de réfugiés. Moi j'étais un clandestin. Déjà ! J'ai été pris dans le no man's land, entre les frontières espagnole et française par un camion de la Croix-Rouge… ».

            Enfin, après la libération du père en 1940, toute la famille se retrouve à Mayenne. Arrivé sans connaître un mot de français, le petit Joaquim Leni manifeste rapidement l'envie d'apprendre la langue :

            « Avec cette sorte de hargne que j'avais, j'apprenais ce que je voulais, j'étais une imprimante, je lisais tout ce qui me tombait sous la main. Au début, le bouquin d'une main, le dictionnaire de l'autre, j'écrivais les mots qui me paraissaient difficiles, avec leurs définitions. Parce que c'était une arme, la langue, et qui était alors tournée contre moi. Donc, cette arme-là, je la voulais. Ce n'était pas par soif d'apprendre, mais vital ! ».

            L'arbre de vie, première chanson de Leny Escudero

            Ainsi, à onze ans, Joaquim Leni écrit sa première chanson «L'arbre de vie». Il obtient son Certificat d'études, puis doit alors travailler. Leni enchaîne petit boulot sur petit boulot : creuser des tranchées, ramasser des betteraves, etc. Escudero veut alors devenir instituteur mais pour s'inscrire au concours de l'École Normale, il faut le Brevet. Qu'à cela ne tienne, il s'y met et le décroche haut-la-main. Mais au moment de préparer le fameux concours, il découvre que « le postulant doit obligatoirement être de nationalité française ». Cependant pour la demander il faut être majeur (21 ans à l'époque). Leni a 17 ans, il renonce donc à l'enseignement et part pour Paris.De nouveau, Escudero retrouve la pelle et la pioche mais décide de devenir carreleur. À force d'un labeur opiniâtre, il devient artisan associé à trois copains et finit par gagner correctement sa vie.Parallèlement, il essaie de placer des textes qu'il a mis en musique. Mais il comprend rapidement que, pour obtenir un résultat, cela nécessite de s'investir à fond. Leni se retire alors de son entreprise au profit de son frère.

            Début de la carrière artistique de Leny Escudero

            Cependant ses chansons sont toujours refusées par les éditeurs :

            « … J'allais présenter mes chansons à des éditeurs et à des artistes et je ne comprenais pas qu'on me les refuse. Je les trouvais au moins aussi belles que celles que j'entendais à la radio… À ce moment-là, j'ai réagi d'une manière assez puérile, je prenais ces refus comme une forme de mépris à l'égard de l'immigré que j'étais… alors que c'était une histoire de fric. Je ne voulais pas comprendre et surtout accepter qu'il valait mieux partager dix millions à deux, en cosignant mes chansons, que zéro tout seul, je croyais qu'ils ne se rendaient pas compte que mes chansons étaient belles. Alors j'ai décidé de les chanter moi-même, pour leur montrer, et j'ai commencé la série des auditions ».

            Donc Leny passe sans succès des auditions. Mais le déclic viendra à l'Écluse où Léo Noël lui dit :

            « Je regrette, nous ne pouvons pas te prendre, nous sommes quatre à décider et je suis le seul à vouloir de toi. Moi je dis que les autres se trompent et je ne veux pas invoquer les raisons pour lesquelles ils se trompent. Mais je sais que tu as du talent, que ça marchera un jour ou l'autre pour toi, et je regrette profondément que tu ne passes pas à l'Écluse ».

            De fait, en 1958 Leny Escudero avait fait une maquette qui atterrit chez Jacques Canetti, directeur artistique chez Philips. Ce dernier l'engage et lui fait signer un contrat d'exclusivité de trois ans.

            « Sur le contrat, il n'y avait aucune référence à l'auteur-compositeur, mais seulement : « La compagnie s'engage à faire enregistrer un LP par an à l'artiste » donc deux super 45 tours . Il y avait en outre une petite clause : « Les titres seront choisis d'un commun accord »… »

            Philips veut que Leny Escudero chante des adaptations états-uniennes

            Or, Philips va lui apporter des adaptations états-uniennes, ce que Leny refuse. Pourtant, à ce moment-là il n'a pas d'argent, il rame comme un fou. Il décharge des camions aux Halles ou sale des ponts à la Villette.Philips met donc Leny "au frigidaire" pendant toute la durée de son contrat.

            Cependant la chance va enfin lui sourire. Réduit à nouveau à tenter de faire interpréter ses chansons par d'autres, Leny Escudero rencontre Jacqueline Néro qui lui conseille de les chanter lui-même. Jacqueline est la femme de Léo Missir, elle le présente alors à son mari.

            En 1962, ce dernier lui fait enregistrer chez Bel Air un super 45 tours, le contrat avec Philips étant achevé. Quatre titres : Ballade à Sylvie / Pour une amourette / Parce que tu lui ressembles / Vingt ans après. C'est le carton, les trois premiers titres deviennent d'immenses succès.Leny Escudero tombe comme un cheveu dans le gloubi-boulga yé-yé.

            Leny Escudero part faire le tour du monde

            En 1965, Leny Escudero est une grande vedette. Il a déjà enregistré sept 45 tours et trois 33 tours. Après des années de vaches maigres, il a la reconnaissance, le succès et l'argent. Cependant, il a une dette de cœur et il tient à la rembourser :

            « Je devais faire quelque chose, j'ai une reconnaissance infinie pour l'École de ma République, pour la communale, je me sens un immigré, toujours. Je n'ai jamais oublié qu'on était arrivés avec des trous dans les mains, j'estimais que je devais beaucoup à l'école. Quand je suis retourné à Mayenne, la première fois, j'ai donné un gala gratuit pour mon école.J'ai toujours eu ce sentiment de devoir. Mais comment rendre ? Où ? Là où il n'y en a pas pour que, comme moi, d'autres puissent apprendre à lire et écrire… ».

            Fin 1965, Leny Escudero part faire le tour du monde. Il reste d'abord un an au Dahomey (maintenant Bénin) où il réalise son projet de construire une école. Il revient toutefois de temps en temps pour enregistrer un tas de chansons qui sortiront ensuite, sans lui. Puis il part en voilier avec un pote avec qui il fait la moitié d'un tour du monde. En outre il voyage partout : Amérique du Sud, Moyen-Orient, États-Unis, URSS, Afrique…Mais il revient en mai 68 :

            « Je ne voulais pas rater ça. Pour moi, 68, ce n'était pas renverser un pouvoir pour en mettre un autre à sa place. Pas du tout. C'était changer la vie. C'était faire en sorte que tout le monde puisse se rencontrer, se parler, communiquer… Pour moi, ça a été une fête merveilleuse. Je veux dire dans ma tête, il n'y a jamais eu la notion de pouvoir, de choses comme ça. Jamais. À aucun moment ».

            Leny fait un tour du monde qui va durer cinq ans

            Finalement, le tour du monde qui devait durer un an va en durer cinq. Cependant les gens du métier ne pardonnent pas à une "idole" de brader sa gloire toute fraîche pour un rendez-vous avec ses rêves de môme. À son retour pour de bon en 1970, Leny Escudero n'a plus de maison de disques. Néanmoins Barclay lui permet de sortir le 33 tours «Escudero 71». Album qui sera récompensé par l'Académie Charles Cros.

            Cependant, en 1971, malgré le prix attribué à son album, Leny Escudero recommence à zéro, en tournée dans les petits lieux avec un seul musicien. Au début, le public n'est constitué que de cinquante à soixante personnes. Mais, au bout de deux ans c'est plein, même dans les grandes salles. Sa carrière est repartie par la scène.En 1973 paraît son album "Vivre pour des idées"

            [ sources : Le Maitron  - Paroles et Musique n° 36 - Chorus n° 18 - Je Chante ! n°4 ]

            Discographie de Leny Escudero
            • 1962 Deux 45 tours : Ballade à Sylvie + L'arbre de vie &          Un 33 tours : Pour une amourette (Bel Air)
            • 1963 Un 45 tours : Tu te reconnaîtras &          Un 33 tours : À Malypense (Bel Air)
            • 1964 Deux 45 tours :Stéphanie (Bel Air) + Merci tout p'tit (Polydor)
            • 1965 Un 33 tours : Rachel (Polydor)         Deux 45 tours : Comme des statues + Un amour est venu (Polydor)
            • 1967 Deux 45 tours : La tête m'en a tant tourné + Remember December &          Un 33 tours : Je t'attends à Charonne (Polydor)
            • 1968 Deux 45 tours : On s'aimera + Simone (Disc Az)
            • 1969 Un 45 tours : Je n'ai pas su t'aimer (Riviera)
            • 1970 Deux 45 tours : Mon inconnue + Malenfrance (Riviera)
            • 1971 Un 33 tours : Escudero 71 (Riviera)
            • 1972 Deux 45 tours : Pour un peu d'amour + À contre amour (Riviera)
            • 1973 Un 33 tours : Vivre pour des idées ( A Malypense /Barclay) &          Un 45 tours : Quand tu seras grand (Riviera)
            • Chansons de la 1ère partie : 1973 Chili Lip Larzac : Vivre pour des idées

              03:45 Philippe Richeux, Annie Nobel : Valparaiso : Annie Nobel - Annie Nobel, Philippe Richeux : 197307:11 Gérard-André    : Victor Jara                           : Gérard André Gaillard : 197309:16 Anne et Gilles   : Para-machin                        : Anne Dubray - Gilles Méchin : 197311:23 Leny Escudero  : Vivre pour des idées          : Leny Escudero - Thierry Fervant : 1973

              Escudero - Ballade à Sylvie
              Leny Escudero - Vivre pour des idées
              Claude Nougaro
              Claude Nougaro - Locomotive d'or
              Biographie de Claude Nougaro : 1973 Chili Lip Larzac
              Enfance et formation de Claude Nougaro

              Claude Nougaro, chantauteur et poète français naît à Toulouse en 1929. Son père, Pierre, gascon, est chanteur d'opéra. Sa mère, Liette, italienne, est professeure de piano. Ses parents sont amenés à se déplacer constamment sur toutes les scènes d'Europe. Le petit Claude est donc élevé par ses grands-parents Cécile et Alexandre. Claude se souvient :

              « La musique, c'est mon père, chantant, et ma mère au piano, répétant l'opéra classique : Massenet, Rossini, Bizet. J'aimais beaucoup les airs, surtout Carmen… À travers mon père, la musique me paraît indissociable d'une action dramatique et d'un texte. »

              Sur le buffet de la cuisine trône un poste de TSF. À douze ans Claude écoute les émissions d'Hugues Panassié sur Radio-Toulouse et se nourrit d'Armstrong, de Bessie Smith et de Glenn Miller. De plus la radio déverse aussi les chansons de Trénet mais surtout les extases de la Môme Piaf.En outre, Claude se réfugie également entre les pages de Rostand, Hugo, Verlaine, Baudelaire et Cocteau :

              « Déjà j'étais passionné par ces grands colosses du verbe, qui possédaient le langage comme une puissance véritablement terrible sur la vie, par ces porteurs du verbe que sont les poètes, qui portent la torche de la parole vivante. »

              Par contre, Claude n'a aucun intérêt pour l'école : Il est bringuebalé d'un établissement à l'autre, de renvois en fugues. L'échec au baccalauréat couronne cette dérive scolaire.En 1947, Claude est apprenti journaliste. Il tente de survivre en signant quelques piges. Puis il se débarrasse de ses obligations militaires en devançant l'appel.

              Claude Nougaro débarque à Paris

              En fin de compte, en mai 1950, Claude Nougaro débarque à Paris où ses parents sont installés : son père est maintenant premier baryton de l'Opéra Garnier.Sans diplômes, Claude est désemparé, il en est même amené à voler des tomates à l'étalage. Il traîne sa douleur, écrasé à l'ombre d'un père « monstrueusement puissant de présence et d'absence ».Au sortir de l'Opéra, Pierre, son père, aime finir la nuit au Lapin Agile. Il ne se fait pas prier pour entonner «Les vieilles de notre pays». Aussi quand Claude s'y présente timidement un soir de 1953 pour y lire un poème, il est reçu à bras ouvert par Paulo, le patron de ce haut lieu. Le public est séduit. Puis, en 1954, il rencontre Audiberti, un poète flamboyant et jubilatoire :

              « Moi qui ai été toujours halluciné par les mots, par le pouvoir de la langue, de sa musique, de son chant, évidemment, je suis tombé amoureux mental d'Audiberti. »

              En outre, à cette époque, Nougaro croise également Brassens et Mouloudji. Il écrit aussi quelques titres pour Marcel Amont et Philippe Clay.

              Début de la carrière artistique de Claude Nougaro.

              Mais, en 1955, Nougaro parvient à vaincre sa timidité et, accompagné par le pianiste du lieu, à oser chanter ses premières chansons au Lapin Agile. C'est là qu'il crée, en 1958, "Il y avait une ville".Et, en 1959 paraissent deux 45 tours sous l'étiquette "Président" publiés par un certain Ted Moura :

              « Un juif pied-noir dont le père avait fait fortune dans le négoce de machines à laver et de réfrigérateurs et qui voulait se lancer dans le disque : il m'avait repéré au Lapin Agile et proposé aussitôt de m'enregistrer. »

              Une première tournée a lieu, en lever de torchon de Dalida mais il faudra attendre 1962 avant que ces traces discographiques ne rencontrent un certain écho.En effet, cette année-là, Nougaro rencontre Michel Legrand, jeune pianiste-compositeur-arrangeur passionné de jazz. L'album qu'ils enregistrent alors pour Philips remporte un vif succès : "Une petite fille" sera le tube de l'été.

              Claude Nougaro rencontre Baden Powell

              Sa carrière est lancée. Les succès s'enchaînent : Cécile, Je suis sous, À bout de souffle, Armstrong…

              Puis à nouveau Claude Nougaro va faire une rencontre déterminante, celle du guitariste brésilien Baden Powell.Il va adapter son "Berimbau" en "Bidonville". Loin des clichés exotiques, il traite des ghettos :

              « Sur la toile sonore de cette musique, j'ai vu projeter les bidonvilles qui entourent Rio. J'ai traduit la musique que me dictaient les images d'un film. Ce sont toujours les chocs émotionnels qui sont à l'origine des transpositions. »

              En ce qui concerne les grandes scènes, en 1969, Claude Nougaro est à L'Olympia pendant 2 semaines en avril (avec «Paris Mai», interdit d'antenne). Ce sera une consécration et donnera son 1er enregistrement public.En 1971, Claude est à Bobino pendant 3 semaines. Puis en 1973 il sera trois semaines au Théâtre de la Ville ("Locomotive d'or" ).

              [ sources : Paroles et musique n° 44 - Chorus n° 12 - Je Chante ! n° 31 ]

              Discographie 1959 / 1973 de Claude Nougaro
              • 1959 Deux 45 tours : Vachement décontracté + Le piano de mauvaise vie (Président)
              • 1962 Un 33 tours : Le cinéma (Philips)
              • 1963 Un 33 tours : Il y avait une ville (réédition des 2 premiers 45 tours + titres inédits de 1959) (National) &          Deux 45 tours : Cécile ma fille + Pauvre Nougaro &           Un 33 tours : N°2 Mon assassin (Philips)
              • 1965 Deux 45 tours : À bout de souffle + Armstrong (Philips)
              • 1966 Un 33 tours : Bidonville &          Un 45 tours : La clé (Philips)
              • 1967 Un 33 tours : Petit taureau (Philips)
              • 1968 Deux 45 tours : La maîtresse + Paris mai (Philips)
              • 1969 Un 45 tours : Homme &          Un 33 tours : Une soirée avec… (double album en public) (Philips)
              • 1970 Deux 45 tours : C'est ça la vie + Il neige (Philips)
              • 1971 Un 33 tours : Sœur âme (Philips)
              • 1973 Un 33 tours : Locomotive d'or (Philips)
              • Chansons de la 2ème partie : 1973 Chili Lip Larzac : On fabrique, on vend & On se paie

                18:43 Jean Édouard Barbe : Hiérarchie                                             :  Jean Édouard Barbe : 197320:20 Claire                           : On fabrique, on vend & On se paie : Claire Martin-Michon : 197323:13 Claude Nougaro         : Montparis                                            : Claude Nougaro : 1973

                Biographie de Pierre Sélos : 1973 Chili Lip Larzac
                Enfance et formation de Pierre Sélos

                Pierre Selosse, alias Pierre Sélos, chantauteur français, naît en 1940 sur la route de l'exode à Toulouse.Pierre Sélos est très discret sur son enfance. Jeune , il est membre de la JOC ( Jeunesse Ouvrière Chrétienne). Il raconte que lors d'un camp de la JOC, il est monté sur scène pour chanter comme un troubadour, en s'accompagnant d'une vieille mandoline sur laquelle il avait ajouté un morceau d'isorel. Cela allongeait l'instrument et lui donnait un air moyenâgeux… Il ne connaissait alors qu'un seul accord.Puis Pierre Sélos fait l'acquisition d'une guitare dont il joue pour faire plaisir aux copains. Il a même l'honneur d'avoir une première mention d'un passage sur scène dans le journal de Brétigny.

                Pierre Sélos travaille dans le milieu socio culturel et des colonies de vacances. Bien que passionné de chansons, Pierre Sélos refuse de "faire" les cabarets. Il n'accepte pas de chanter dans le bruit. C'est ainsi qu'il n'aura pas l'occasion de connaître les gens du milieu et qu'il sera toujours un peu isolé. Son inspiration est alors très influencée par la religion catholique.

                Début de la carrière artistique de Pierre Sélos

                De fait, Pierre Sélos signe un contrat avec Unidisc, une étiquette spécialisée dans la chanson religieuse et enfantine. Ainsi en 1960, paraît son premier 33 tours "Message" très imprégné de religiosité. Après avoir enregistré deux 45 tours et un deuxième 33 tours chez Unidisc, il signe chez Philips en 1963, en pleine vague yéyé…Son répertoire s'est élargi et s'ouvre à la vie. Ainsi fin 1963, chez Philips, paraît « Quinze ans » son troisième album qui contient de magnifiques chansons : "Quinze ans",  «Avec les Juifs »,  « L'oncle Sam » qui rencontrent un relatif succès.Cela lui vaudra quelques passages en radio et en tv mais il raconte :

                « j'ai eu quelques misères avec les radios et avec la télévision. On n'imagine pas ce que la TV demande parfois à un chanteur. Un jour ils ont dépassé les bornes et j'ai quitté le studio. Depuis, on ne m'a jamais rien demandé… C'était l'époque de ma chanson « L'oncle Sam » qui avait bien marché. »

                Pierre Sélos se décide pour l'autoproduction

                Pierre Sélos est alors quelque peu dégoûté par le show bizness mais aussi par les milieux catholiques qu'il fréquente. Ses chansons montrent que sa foi chrétienne est de plus en plus mise à mal. Ainsi, en 1966, soucieux de liberté, Pierre Sélos se décide pour l'autoproduction et crée alors "L'oiseau Bleu" une maison de disque. Parallèlement, il continue à travailler dans le social, ce qui lui assure sa subsistance et le prévient de toute angoisse.En 1967, il crée la chanson "Vent d'Amérique" que Francesca Solleville chantera longtemps.

                En 1972, dans le cadre de ses activités sociales paraît le disque "Des enfants et des hommes" au dos duquel on peut lire :

                « Les chansons-histoires de ce disque ont été écrites par Pierre Sélos, en collaboration avec des enfants et des adolescents. Elles sont racontées par sept d'entre eux, tour à tour accompagnés par Maurice Montagu (basse et flûte), Jean Boudon (guitare), Georges Morage (accordéon) et Marc Lagrande (batterie) […]Posologie : Ce disque contenant de la vérité à haute dose, et sans excipient vocal ou orchestral, son audition est déconseillée aux sujets atteints de cécité ou de surdité sélectives.L'auteur et l'éditeur ne pouvant, de toute évidence, être tenus pour responsables des faits ou situations ayant entraîné la composition de ces chansons et la réalisation de ce disque, ils déclinent par avance toute responsabilité quant aux malaises que son audition pourrait provoquer. »

                En 1973 paraît "Raison de vivre" avec la participation du jeune elté (Laurent Terrisse)

                Discographie de Pierre Sélos
                • 1960 Un 33 tours : Messages (Unidisc)
                • 1961 Un 45 tours : N°2 T'es louftingue (Unidisc)
                • 1962 Un 45 tours : N°3 L'exilé (Unidisc)
                • 1963 Un 33 tours : N°4 Sur la terre &         Un 45 tours : Et toi tu nous attends (Unidisc) &         Un 33 tours : Quinze ans (Philips)
                • 1965 Un 45 tours : Ma princesse (Philips)
                • 1966 Deux 45 tours : Mon frère m'a dit (ot av / Philips) + Le beatnik (L'Oiseau bleu)
                • 1968 Trois 45 tours : Vent d'Amérique + Réveille-toi + John Peel (L'Oiseau bleu)
                • 1969 Un 45 tours : Le carillon de Bruges (Disques Meys)
                • 1970 Deux 33 tours : L'oiseau bleu + Quinze ans (réed. album 1963 + 3 inédits 1963) (L'Oiseau bleu)
                • 1972 Deux 33 tours : L'armateur + Des enfants et des hommes (majoritairement interprété par des ados) (L'Oiseau bleu)
                • 1973 Un 33 tours : Raison de vivre (interprété par Sélos & elté) (L'Oiseau bleu)
                • 1974 Un 33 tours : Un regard (interprété par elté & Sélos) (L'Oiseau bleu)
                • 1981 Une k7 : Salut ! (Possible)
                • Chansons de la 3ème partie : 1973 Chili Lip Larzac : Chanson du Larzac

                  32:47 Pierre Tisserand       : À l'armée                      : Pierre Tisserand : 197335:21 Dominique Loquais  : Chanson du Larzac    : Collectif Larzac : 197337:33 Claude Marti              : Lo païs que vol viure  : Claude Marti : 197340:20 Yvon Etienne             : Les A.C.                          : Yvon Etienne : 197342:54 Pierre Sélos                : Malgré                          : Pierre Sélos : 1973

                  Pierre Selos
                  Pierre Selos - Raison de vivre
                  Yves Simon
                  Yves SImon - Au pays des merveilles de Juliet
                  Biographie d'Yves Simon : 1973 Chili Lip Larzac
                  Enfance et formation d'Yves Simon

                  Yves Simon, chantauteur, écrivain français, naît à Choiseul (Haute-Marne) en 1945. Fils unique, son père est cheminot, sa mère est serveuse, puis infirmière. Il grandit et fait ses études primaires et secondaires dans les Vosges. Il découvre Brassens par hasard :

                  « J’avais 12 ans, nous étions trois amis, nous nous sommes essayés à la spéléo, l’hiver était glacial mais il faisait chaud sous terre. Morts de fatigue, nous nous sommes retrouvés dans une chambre à écouter de la musique, il y avait un disque de Brassens de 25 cm, nous l’avons écouté en boucle. Sur la pochette du disque : "Brassens et sa guitare…" Je voulais lui ressembler, c’est lui qui m’a donné envie de jouer ».

                  Ainsi, à l'âge de 13 ans, il se fait offrir sa première guitare, une EKO extraplate. Il joue alors avec les Korrigans nancéens, un groupe qu'il avait monté avec le fils du notaire et deux autres copains. Leur répertoire se limite aux Shadows, Animals, Beatles et Rolling Stones. Mais Yves Simon y glisse déjà ses propres propositions.

                  Se dirigeant vers une carrière d'ingénieur, il entre en seconde technique et mathématique dans un lycée de Nancy. Une année noire d'internat, vécue comme une prison. Il s'en évade par la lecture et découvre l'écriture.Yves abandonne l'idée d'être ingénieur et retrouve les Korrigans dont il devient guitariste soliste et finit son second cycle au lycée de Mirecourt.

                  Yves Simon rêve de cinéma

                  De fait à cette époque, Yves Simon rêve de cinéma, que ce soit devant ou derrière la caméra, de musique et de chanson. Ainsi, en quelques années il en écrira plus de deux cents.Puis, le bac en poche, il passe deux années à la fac des Lettres de Nancy, vécues comme « un sas entre l'adolescence et la butée sur le réel de l'âge adulte ».

                  Finalement, à l'automne 1965, Yves Simon débarque à Paris pour approcher le cinéma via le concours d'entrée en classe préparatoire à l'IDHEC du Lycée Voltaire. Bref, à raison de trois films par jour à la Cinémathèque, il complète sa culture cinématographique. Le concours à l'IDHEC dure trois jours… et le troisième jour il choisit d'aller auditionner chez Pathé-Marconi, comme il l'avait déjà fait chez Vogue ou Fontana. Sans résultat.

                  Début de la carrière artistique d'Yves Simon

                  Néanmoins, repéré par Claude Dejacques, directeur artistique chez Fontana, il enregistre deux albums (1967 & 1969) qu'il considère aujourd'hui :

                  « … comme des carnets de notes plus élaborés. Disons qu'il y avait des influences de la chanson française […] et pas assez de travail pour l'élaboration d'un vrai style personnel. Alors que les Beatles existaient, je n'avais pas encore trouvé que le son, la mélodie, l'arrangement faisaient globalement partie du message de la chanson. »

                  Durant l'été 1972, Yves Simon parcourt les États-Unis en auto-stop. Silhouette anonyme, pouce levé, il affronte l'espace, d'inévitables moments de solitude et il noue des échanges entre gens qui ne se croiseront jamais plus. De quoi ramener un plein sac de sons, de mots, d'accents, d'images et d'impressions à retranscrire.

                  Ainsi, Yves Simon trouve ses marques et fait paraître un 45 tours chez RCA "Les gauloises bleues".En 1973, il tourne avec Juliet Berto dans le film "Erica Minor". Et se produit alors un déclic :

                  « … Je n'ai fait que le constater après le tournage : le disque préparé avec Bob Socquet était devenu caduc. Toutes les chansons écrites l'hiver précédent ne correspondaient plus. J'ai, en mai, écrit les chansons qu'on devait enregistrer en juin et qui représentaient pour moi une nouvelle forme d'écriture (surtout "Juliet")… »

                  [ sources : Paroles et Musique n° 45 - Chorus n° 29 ]

                  Discographie d'Yves Simon 1967 / 1973
                  • 1967 Un 33 tours : Ne t'en fait pas petite fille &         Un 45 tours : T'as pas changé tu sais (Fontana)
                  • 1968 Un 45 tours : Éventualités (Fontana)
                  • 1969 Un 45 tours : Des glaçons dans mon dos (Fontana) &          Un 33 tours : La planète endormie (Fontana) &          Un 45 tours : Je te déclare l'amour (Péridès)
                  • 1972 Un 45 tours : Les gauloises bleues (Victor / RCA)
                  • 1973 Un 33 tours : Au pays des merveilles de Juliet ((RCA)
                  • Chansons de la 4ème partie : 1973 Chili Lip Larzac : La liberté

                    48:03 Marc Ogeret                                      : Marie-ma-blonde   : Jacques-Emile Deschamps : 197350:51 Jacqueline Pons, Claude Fonfrède : La liberté                 : Luc Romann : 197353:46 Yves Simon                                         : Mass media song  : Yves Simon : 197357:53 Marc Vincent                                      : Franchise militaire : Marc Vincent : 1973

                    Abonnez-vous au podcast Chant de l'Histoire
                    1 hr
                  • C.d.C#47 Vivre en 1973 – Jacques Debronckart – Henri Tachan – Julos Beaucarne – Guy Bontempelli
                    C.d.C#47 Vivre en 1973 - Jacques Debronckart - Henri Tachan - Julos Beaucarne - Guy Bontempelli
                    Vivre en 1973 : Contexte historique : Fin des "Trente glorieuses"

                    Vivre en 1973 : En 1971, les États-Unis d'Amérique du Nord, alors premier producteur de pétrole passent leur pic de production. Le gouvernement états-unien manœuvre alors pour faire augmenter le prix du pétrole pour rendre rentable l'exploitation de ses champs de pétrole non conventionnels. En 1970 le prix du baril était alors inférieur à 2 dollars… La guerre du Kippour et le soutien inconditionnel des EUA à Israël vont faire réagir les pays arabes. Ceux-ci décident d'augmenter le prix du baril et de réduire la production pétrolière de 5% par mois jusqu'à l'évacuation des territoires occupés par les Israéliens et la reconnaissance des droits des Palestiniens. Le prix du baril passe à 18 dollars en quelques semaines. C'est le premier choc pétrolier qui amène une crise de stagflation (combinaison d'inflation et de stagnation économique). C'est aussi la fin d'une période appelée arbitrairement Les trente glorieuses.

                    Les titres sont maintenant directement accessibles en cliquant sur leur horodatage (en rouge), il suffit d'attendre quelques secondes et le lecteur diffusera la chanson choisie.

                    Biographie de Jacques Debronckart (2ème partie)

                    Première partie de la biographie de Jacques Debronckart.

                    Le premier album de Jacques Debronckart ignoré (censuré) par les médias

                    En 1967, la maison de disques Philips, qui n'attend de Jacques Debronckart que des titres comme « Adélaïde », refuse de publier ses nouvelles chansons. Le divorce a lieu après la publication de son 45 tours « Ils arrivent ».La prestigieuse étiquette BAM accueille alors Debronckart. L'album « Toi qui nais cette année » ne tarde pas à paraître. Onze chansons, la plupart refusées par Philips, figurent sur ce premier album. L'artiste peut enfin libérer sa véritable personnalité.

                    Effectivement, dans celui-ci, les titres « La triste chanson » et surtout « Mutins de 1917 » sont un réquisitoire impitoyable contre les vicissitudes de l'armée. Tandis que dans « La religion » il dénonce le musellement des corps et des esprits par toute forme d'endoctrinement.Mais cette attaque du sabre et du goupillon lui vaudra une totale occultation médiatique de ce magnifique premier album.

                    De fait, en l'absence d'exposition médiatique, Jacques Debronckart est réduit à continuer à fréquenter les petits lieux. Du moins, ceux qui ont pu échapper aux secousses économiques.

                    Néanmoins, les interprètes de qualité sollicitent Debronckart comme auteur ou compositeur. Par exemple, entre 1967 & 1968, Isabelle Aubret enregistre 7 chansons dont il est l'auteur et/ou le compositeur. Eva, France Valmore et Francesca Solleville en enregistrent chacune deux dans la même période.

                    Le succès avec le deuxième album « J'suis heureux »

                    En décembre 1969 paraît le deuxième album « J'suis heureux" » chez CBS. Il est postfacé par ses amis François Deguelt et Jean-Pierre Mottier :

                    « Jacques Debronckart a choisi la voie la plus difficile : celle de la qualité.C'est un garçon aux cheveux longs, mince, aux gestes précis, au visage un peu pâle mais où des yeux sombres laissent augurer d'une intelligence créatrice sans limite.Et puis Jacques Debronckart chante, s'anime et c'est alors que le contraste éclate. De cette silhouette romantique et distinguée, de cette bouche ironique, sortent des mots merveilleux, des musiques belles qui, se mêlant à ravir, font naître : les regrets, l'espoir, l'amour, la vie […]En écoutant les dernières chansons de Jacques Debronckart, nous avons eu l'impression très précise, très profonde que depuis Jacques Brel, il ne s'était rien passé d'important.Voilà du nouveau, du beau.Suis ton chemin Jacques, tu verras la route sera belle. »

                    ­ Ce 30 cm contient un nouveau tube « J'suis heureux », portrait incisif d'un cadre satisfait, charge contre la société de consommation qui s'installe. Ce disque où se mêlent l'ironie, la tendresse, l'enthousiasme et la révolte sera récompensé du Grand prix de L'Académie du Disque Français. Les directeurs artistiques de CBS, sa maison de disque avaient misé sur « La liberté » et « Mais si, mais si, je t'aime » pour le 45 tours de promotion. Jacques, lui, est le seul à croire en « J'suis heureux ». Heureusement les programmateurs sont du même avis et la diffusent :

                    « Si la chanson a marché, c'est uniquement grâce aux programmateurs qui l'ont aimée. Tout le monde a passé cette chanson-là. J'avais un mal fou à en faire passer une autre »

                    Porté par ce succès, Debronckart revient à Bobino au printemps 1970 en première partie de Marie Laforêt. C'est un triomphe auprès du public et des critiques. André Ransan, de l'Aurore, en dira :

                    « Ce n'est pas une révélation, c'est une consécration, et de quel éclat ! Voilà un chanteur et un poète d'une exceptionnelle qualité. Il a tout : une forte présence, un abattage extraordinaire, une voix puissante, une diction parfaite […]Il sait être tour à tour tendre ou incisif, toujours divers, pittoresque, original, intelligent. Je suis surpris qu'un tel artiste ne soit pas encore "tête d'affiche". Le public lui fit un triomphe mérité, et Debronckart est vraiment ici la vedette du spectacle »

                    Ce succès n'émeut pas CBS qui ne va concéder à publier qu'un 45 tours 2 titres en 1971.

                    "Je vis", troisième album de Jacques Debronckart

                    Néanmoins en 1973 paraît "Je vis" le troisième album de Jacques Debronckart, arrangé par François Rauber, le compagnon de route de Jacques Brel. Encore un album important, photographie de la France pompidolienne, de ses mœurs politiques ( "Mon cher député" ), de son affairisme débridé ( "J'achète" ), de la pollution ( "Complainte du PDG" ). À côté des chansons satiriques voisinent des chansons personnelles, poignantes : ("Ecoutez, vous n'm'écoutez pas" ) , ( "Regarde" ). En bref encore une belle collection de joyaux.

                    Le contact avec le public lui est indispensable. Debronckart aime sentir les ondes qui parcourent les petites salles. Profondément humaniste, il a participé à plusieurs galas libertaires. Le 24 juin 1973, il chante à un gala de la Solidarité Internationale Antifasciste en compagnie de Jehan Jonas à la salle des fêtes de Thiais au profit de la veuve et des enfants du musicien Hector Perez.

                    [ sources : Je Chante ! n° 26 - Chorus n° 39 ]

                    Chansons de la 1ère partie : Vivre en 1973

                    02:53 André Georgian         : Vivre en 73  : André Georgian : 197307:41 Pauline Julien              : Lettre de Ti-Cul Lachance à son premier sous-ministre : Gilles Vigneault - Gilles Vigneault, Gaston Rochon : 1973 12:11 Jacques Debronckart : J'achète      : Jacques Debronckart : 1973

                    Jacques Debronckart
                    Henri Tachan
                    Henri Tachan - Sa révolte
                    Biographie d'Henri Tachan (2ème partie)

                    Première partie de la biographie d'Henri Tachan

                    Premier album d'Henri Tachan de 1965 « Les mauvais coups »

                    Le premier album d'Henri Tachan de 1965 « Les mauvais coups », bien que couronné par un Grand Prix de l'Académie du Disque, est rejeté par les radios. En outre deux chansons "Les mauvais coups" et "Les P.D." sont carrément interdites d'antenne. Cependant tous les commentateurs ne sont pas imperméables au talent de Tachan. Ainsi Frédéric Dard dira :

                    « … il ne me fallut pas soixante secondes pour être conquis, pour identifier le talent, pour entendre le grand cri désespéré d'Henri Tachan, pour reconnaître la qualité de son inquiétude, pour savoir, enfin, qu'il se passait des choses en lui ! […]Si Tachan a la détresse hargneuse, c'est par pudeur. Il crache des invectives parce qu'elles nouent la gorge, permettant de dissimuler la peine. […]Et, en effet, la scène est bien pour lui, une arène où il vient se battre, où il essaie d'expliquer aux hommes que, selon lui, rien ne va très bien et qu'ils ne font pas grand-chose pour que cela aille mieux.Il vient leur parler d'eux, de cette grande misère d'être qui nous dévaste, nous détruit, après nous avoir rendus indignes de nous-mêmes. Bagarreur ardent, il se bat d'abord avec les mots. Lutte ardente et noire ! La plus intense de celle qu'il a entrepris de livrer. Les mots ! …Qu'importe ceux qui n'entendent pas tes cris, HenriContinue de donner des coups de pieds, des coups de gueule.Continue de lutter pour l'impossible conquête des bonheurs impossibles.Continue, HenriContinue ! »

                    « La censure » le deuxième album d'Henri Tachan

                    Puis, en 1967 paraît « La censure » le deuxième album d'Henri Tachan. Les textes sont tout aussi percutants que dans le premier album :

                    « … Aujourd'hui dans la Doulce France,En l'An de grâce et de jouvence,La revoilà qui pointe son nez,Qui roule des yeux sous son bonnet,

                    La revoilà qui prolifère,Qui pudibonde, qui vitupèreContre une poignée d'objecteursQui déshonorent ses champs d'honneur… »

                    Henri Tachan continue d'apprendre son métier à l'ancienne sur la minuscule scène des cabarets. Le ventre noué par le trac, il doit imposer sa présence et soumettre ses chansons à l'épreuve du public et le courant passe. Les textes qu'il écrit sont majoritairement mis en musique par Jean-Paul Roseau. Mais il arrive aussi à Mick Micheyl, Gérard Jouannest et d'autres de mettre la main à la partition.

                    En plus des cabarets où il continue à chanter régulièrement, Tachan passe en première partie dans des music-halls : en 1965 à l'Olympia avec Juliette Gréco , en 1968 à Bobino avec Félix Leclerc puis Isabelle Aubret, en 1970 Bobino avec Pierre Perret et 1972 à nouveau Bobino avec Georges Brassens.

                    Enfin le succès vient en 1968 avec « La table habituelle », chanson parue sur la face B du 45 tours « Lorsque je serai vieux ».

                    Ce sont principalement des interprètes féminines qui chantent les œuvres de Tachan : Danielle Oddera dès 1963 puis successivement Juliette Gréco, Mick Micheyl, Jacqueline Dulac, Régine, Pia Colombo, Francesca Solleville, Catherine Sauvage, Christine Sèvres & Martine Baujoud entre 1965 et 1969. Du côté des "Z'hommes" c'est plus succinct : Claude Léveillée en 1964 et Jean-Claude Pascal en 1970. Lors d'une entrevue à "Paroles et Musique" en 1980 Tachan dira :

                    « … J'aime beaucoup les femmes, les petites filles, enfin je veux dire les petites filles plutôt que les petits garçons, et les animaux en général sans différence de sexe…J'aime pas les hommes, j'ai pas grand chose à leur dire… Je ne parle pas des artistes, hein, ce ne sont pas des hommes, ce sont des femmes. Tous les artistes sont féminins, tous les artistes sont près des femmes, des oiseaux, des animaux, des enfants… Pour moi, un homme c'est péjoratif, c'est exactement le langage contraire de ce qu'on peut dire :"T'es pas un homme", pour moi c'est un compliment. Je ne cassais pas des gueules à la récré, j'avais pas envie, et maintenant, je me rends compte que j'avais raison. »

                    « Les amis » le quatrième album d'Henri Tachan

                    Puis en 1969 paraît Vol.3, le dernier album "Barclay" de Tachan. Une compilation (6 inédits + 1 réenregistrement) qui contient le chef d'œuvre "Après les drapeaux" qui rappelle l'horreur qu'ont vécue les appelés dans cette tragédie franco-algérienne.Bref, jusqu'à la fin de son contrat chez Barclay, Henri Tachan n'enregistre plus que des 45 tours.

                    Enfin en 1972, il signe chez Polydor. Avec la collaboration de Jacques Bedos, Tachan arrive à maturité : alors que jadis, il assénait, maintenant il met deux doigts d'humour dans son écriture, trouve le ton et la patte sans perdre ses griffes. Ses cibles (la bêtise dans tous ses états) ne changent pas mais il fait le pari de l'intelligence, de la sensibilité et de l'émotion partagée.Mais c'est encore sur scène qu'il prend toute sa dimension de chanteur. Postillonnant jusqu'au cinquième rang, il se libère et campe de manière expressive les personnages de ses chansons.Finalement en 1973 paraît « Les amis » le quatrième album d'Henri Tachan

                    [ sources : Je Chante ! n° 19 - Chorus n° 26 ]

                    Discographie 1965 / 1973 d'Henri Tachan
                    • 1965 Un album 33 tours : Les mauvais coups (Barclay)1966 Deux 45 tours         : Au Bougnat + Je t'aime pour ça (Barclay)
                    • 1967 Un album 33 tours : La censure + un 45 tours J'attends (Barclay)
                    • 1968 Deux 45 tours         : Mamour + Lorsque je serai vieux (Barclay)
                    • 1969 Un album 33 tours : Vol.3, compilation (6 titres inédits + 1 réenregistrement) (Barclay)
                    • 1970 Deux 45 tours         : Félicie + Mon c… sur la commode (Barclay)
                    • 1971 Deux 45 tours         : Mais ta jument sera fidèle - Lyon (Barclay)
                    • 1972 Un 45 tours             : Un mur (Polydor)
                    • 1973 Un album 33 tours : Les amis (Polydor)
                    • Chansons de la 2ème partie : Vivre en 1973 : Si j'étais banknote

                      18:08 Henri Tachan       : Si j'étais banknote              : Henri Tachan - Jean-Paul Roseau : 197320:53 Andrée Simons    : Le grand chêne                   : Georges Brassens : 197324:32 Areski Belkacem  : On n'est pas des arbres    : Areski Belkacem : 197326:38 Brigitte Sauvane  : Pardon monsieur (reenr.) : Gilbert Hennevic : 1973

                      Biographie de Julos Beaucarne (2ème partie) : Vivre en 1973

                      Première partie de la biographie de Julos Beaucarne

                      Julos Beaucarne à la conquête de Paris

                      En premier lieu en 1966 Julos Beaucarne quitte Bruxelles et part à la conquête de Paris. D'abord, il se produit sur la Butte Montmartre dans le cabaret de Monique Morelli "Chez Ubu". Puis ce sera la "Vieille Grille" et le "Cheval d'or". Ensuite Julos met le cap sur la Normandie pour les Rencontres poétiques du Mont Saint-Michel dont il remporte le premier prix.

                      Bref, cette année-là il enregistre son troisième 45 tours "Le cheval de corbillard". Il expose sa conception du métier dans la chanson "Le petit royaume". Celle-ci ne variera pas tout au long de sa carrière :

                      « Même si notre histoire / Paraît dérisoire / Dans le temps qui fuit / Même si elle est vaine / Cette course humaine / Vers quoi et vers qui / Ce petit royaume / Sans majordome / C'est chez lui … »

                      Donc Julos retourne dans son plat et beau pays. L'année 1967 sera très prolifique : Julos enregistre deux 45 tours, l'un consacré à Ecaussine, sa terre natale, l'autre à Max Elskamp, un auteur anversois francophone. De même il fait paraître son premier album 33 tours "Julos chante Julos".

                      Mêlant la poésie du passé (Max Elskamp), celle, contemporaine, de sa compatriote Liliane Wouters mais aussi la sienne. Beaucarne commence à tracer son sillon. « À s' mode » comme on dit là-bas.

                      Troisième album de Julos Beaucarne « L'enfant qui veut vider la mer »

                      En 1968 paraît le troisième album de Julos Beaucarne « L'enfant qui veut vider la mer ». Il est majoritairement consacré à des poètes : Charles Péguy, William Shakespeare, Charles Baudelaire, Benjamin Fondane et, à nouveau, les "locaux" Max Elskamp et Liliane Wouters. Au sujet de ce disque on pourra lira dans Chorus :

                      « Avec ce disque, Julos réussit le tour de force de transmuer la disparité des apparences en harmonie. L'accompagnement musical, formulé de façon feutrée (piano, flûte, guitare, contrebasse) fait rimer doucereusement lyrisme avec intimisme. "Les grands discours, explique-t-il, n'ont jamais changé la face du monde. La vérité est intérieure. À nous de la faire rayonner" . »

                      Julos Beaucarne est enfin propulsé sur une grande scène parisienne. Au Théâtre de la Monnaie, en octobre 1968, Julos rencontre celui qui, aux yeux du monde, représente le Plat Pays. Jacques Brel qui triomphe dans "L'homme de la Mancha" est venu l'écouter incognito pendant que Julos répétait. Les deux hommes "Tout à fait Don Quichotte et Sancho Pança" passeront la nuit à discuter dans un bistrot sans savoir que leurs routes ne se croiseront jamais plus.

                      En outre, Julos part régulièrement en tournée à travers le monde : Tunisie, Allemagne, Italie. Ses chansons et son style de vie correspondent aux stéréotypes de l'artistes marginalisé par ce qu'on commence à appeler « l'impérialisme américain » d'ailleurs plutôt états-unien… Cela plaît à un jeune public attaché à la nature.

                      [ source principale : Chorus n° 33 ]

                      Discographie 1964 / 1973 de Julos Beaucarne
                      • 1964 Un 45 tours             : Une poire pour la mort (Théâtre de l'Alliance)
                      • 1965 Un 45 tours             : Chansons (JB record 001)
                      • 1966 Un 45 tours             : Le cheval de corbillard (Alpha)
                      • 1967 Deux 45 tours         : Chante Max Elskamp + Chante Écaussine (Alpha) & Un album 33 tours       : Julos chante Julos (Alpha / H.Mundi)
                      • 1968 Un album 33 tours : L'enfant qui veut vider la mer (Alpha / RCA)
                      • 1969 Un album 33 tours : Julos chante pour vous (Victor / RCA)
                      • 1970 Un album 33 tours : Premières chansons (réenregistrements) (Victor / RCA)
                      • 1972 Un album 33 tours : Arrêt facultatif (Victor / RCA)
                      • 1973 Un 45 tours              : Les djins des s'costé-ci (RCA)
                      • Julos s'est lancé dans une entreprise de collectage des idiomes locaux en Wallonie. En 1973, le Festival de Champs, dans les Ardennes, en constitue une sorte de point d'orgue avec la sortie du 45 tours comprenant les adaptations en wallon des "Gens de mon pays" de Vigneault et de "Chanson pour l'Auvergnat" de Georges Brassens.

                        Chansons de la 3ème partie : Vivre en 1973 : Les djins des s'costé ci

                        33:33 Morice Benin : Notre civilisation (1ère édition) : Morice Benin : 197336:38 Lawrence Lepage : Mon vieux François (en public) : Lawrence Lepage : 197339:28 Julos Beaucarne : Les djins des s'costé ci : Gilles Vigneault, adapt. Julos Beaucarne : 197343:00 Patricia Rappaz : Ma foi les amis… : Patricia Rappaz : 1973

                        Julos Beaucarne
                        Guy Bontempelli en forêt
                        Guy Bontempelli
                        Biographie de Guy Bontempelli
                        Enfance et scolarité de Guy Bontempelli

                        Guy Bontempelli, chantauteur et peintre français, naît à Champigny-sur-Marne en 1940. Son père d'origine italienne est propriétaire d'une usine de dorure sur métaux. La mère, Hélène Donniaux est originaire de Beauvais (Ille-Et-Vilaine, à côté de Paimpont). La forêt de Paimpont est assimilée à celle de Brocéliande dans la légende arthurienne. Leurs trois fils recevront une solide formation de pianiste.

                        Dès son jeune âge, le petit Guy passe ses vacances à Beauvais chez une lointaine parente, Marceline Rouger. C'est une femme chaleureuse et accueillante que Guy considère comme sa grand-mère. Pour ce jeune citadin, ce monde est un coup de foudre, un enchantement :

                        « L'accord se fit si parfaitement entre la forêt, la lande, les étangs, que je garde de ce contact un souvenir impérissable. Chaque jour, le long du Miroir-des-Fées, du Val-sans-Retour, je traversais une partie des bois pour aller retrouver un thème de Fauré sur l'harmonium de la petite église de Tréhorenteuc. »

                        Guy suit des études en lettres et en droit à la Sorbonne. Il continue à venir à Beauvais où ses parents lui ont acheté une maison :

                        « J'ai réussi à convaincre mes parents d'y acquérir une bicoque dans laquelle je vis vingt jours par an, partageant mon toit avec quelques bataillons d'araignées et deux ou trois crapauds. Un soir un ami en visite oublia sa guitare contre la cheminée et c'est aussi simplement que je commençais à écrire des chansons. »

                        De surcroît, Guy forme avec des jeunes de la région un groupe de marche "arpentant la forêt du nord au sud". Ils s'arrêtent parfois au bord de l'étang du Châtenay où il leur joue quelques morceaux de musique sur sa guitare. D'ailleurs Guy reconnait l'importance de ses séjours à Paimpont dans sa carrière de chantauteur :

                        « Et puis c'est là-bas que j'ai vraiment fait mes débuts sur les planches. Le public était sensationnel. […] Je me rends régulièrement [à Paimpont…] J'y compose beaucoup. Est-il nécessaire que je reconnaisse une très forte influence de la Bretagne sur mes chansons ? »

                        D'abord, avant d'interpréter ses propres chansons, Guy Bontempelli écrit pour d'autres artistes : Noëlle Cordier dès 1960 puis Michèle Arnaud et Jean-Claude Pascal en 1962, et Gloria Lasso, Richard Anthony, Patachou, Juliette Gréco, Christine Delaroche, etc.L'interprétation de « Ma jeunesse fout l'camp » par François Hardy en 1967 lui apportera reconnaissance et succès public.

                        [ sources : Bretagne magazine 1967 - Encyclopédie de Brocéliande  ]

                        Discographie de Guy Bontempelli
                        • 1966 Un album 33 tours : La Seine et Rouen
                        • & Un 45 tours                    : La valse (Pathé)
                        • 1967 Un 45 tours              : La femme (Pathé)
                        • 1968 Un album 33 tours : Pam ba da di dam (Pathé)
                        • 1969 Un album 33 tours : La trentaine (Pathé)
                        • 1972 Un 45 tours               : Quand je vois passer un bateau (Polydor)
                        • 1973 Un album 33 tours : Un temps pour chaque chose (Polydor) & Un 45 tours                    : BOF « L'histoire très bonne et très joyeuse de Colinot Trousse Chemise » (Warner Bros)
                        • 1983 Un 45 tours             : Mes galères (Tréma)
                        • Chansons de la 4ème partie : Vivre en 1973 : Ma jeunesse fout l'camp

                          48:44 Guy Bontempelli   : Ma jeunesse fout l'camp               : Guy Bontempelli : 197351:22 Claire Charasz        : Il y a ceux qui…                               : Claire Charasz : 197353:39 Claude Ogiz            : Petite mère du marché du bourg : Claude Ogiz : 197356:00 Pierre Tourniaire   : Épisode                                              : Pierre Tourniaire : 1973

                          Abonnez-vous au podcast Chant de l'Histoire
                          1 hr

                        About Le chant de l'histoire

                        From the publisher's feed

                        Le chant de l'histoire