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Rhyad est algérien et homosexuel. Dès son enfance et son adolescence, son orientation sexuelle a été source de violences et de rejet. Dans sa famille, d'abord, notamment de la part de son père. Mais aussi à l'école, dans son quartier, et plus largement dans une société où l'homosexualité reste fortement stigmatisée.
En Algérie, les relations sexuelles entre personnes du même sexe sont criminalisées. Une personne reconnue coupable d'un « acte homosexuel » peut être condamnée à une peine allant de deux mois à deux ans d'emprisonnement.
Pour Rhyad, ces violences et cette insécurité ont progressivement rendu la vie dans son pays impossible. Il décide alors de partir. Il traverse la Méditerranée, puis poursuit son voyage jusqu'à Bruxelles, où il espère enfin trouver un lieu où il pourra vivre sans avoir à cacher qui il est.
Mais en Belgique, une autre épreuve commence.
Entre sa demande de protection internationale et la décision qui lui permettra finalement d'obtenir cette protection, Rhyad attend trois ans et demi. Trois ans et demi d'incertitude, pendant lesquels les violences vécues dans l'enfance et l'adolescence ressurgissent. Et avec elles, une nouvelle peur : après avoir fui son pays pour être protégé, être finalement laissé sans protection.
Cette attente prolongée va profondément affecter son état psychologique, jusqu'à l'entraîner dans une dépression et un état de stress presque permanent.
Dans le précédent épisode, nous avons tenté de comprendre pourquoi les expulsions locatives atteignent aujourd'hui des niveaux records en France. Avec le sociologue Camille François, nous avons vu que derrière les situations individuelles se cachent aussi des mécanismes institutionnels, des pratiques administratives et des choix politiques qui contribuent à l'augmentation des expulsions.
Mais une fois que la procédure est engagée, existe-t-il encore des moyens d'éviter l'expulsion ? Comment accompagner les ménages confrontés à des impayés de loyer ? Et concrètement, comment se déroule une procédure d'expulsion dans une ville comme Marseille, où les difficultés d'accès au logement sont particulièrement fortes ?
Pour répondre à ces questions, nous partons aujourd'hui à la rencontre de l'Action Méditerranéenne Pour l'Insertion sociale par le Logement, plus connue sous le nom d'AMPIL.
Depuis plus de vent ans, l'association accompagne les personnes confrontées au mal-logement, à l'habitat indigne ou à la précarité résidentielle. Elle intervient également auprès de publics particulièrement vulnérables et développe des solutions pour favoriser l'accès et le maintien dans le logement.
Parmi ses actions, l'AMPIL porte, en partenariat avec les avocats du Barreau de Marseille, l'Antenne de Prévention des Expulsions Locatives, l'APEL. Cette permanence gratuite permet aux locataires confrontés à une procédure d'expulsion de bénéficier d'un accompagnement juridique, mais aussi de mieux comprendre leurs droits, les différentes étapes de la procédure et les solutions qui peuvent encore être mobilisées.
Dans cet épisode, nous discutons avec Ludmilla Maletras, juriste à l'AMPIL. Avec elle, nous allons parler des réalités des expulsions locatives à Marseille, des difficultés rencontrées par les ménages qu'elle accompagne au quotidien, mais aussi des leviers qui permettent, parfois, d'éviter qu'une dette de loyer ne se transforme en perte du logement.
En France, les expulsions locatives atteignent aujourd'hui des niveaux records. Mais comment expliquer cette hausse ? Est-elle uniquement liée à l'augmentation des impayés et à la précarité des ménages ?
Dans cet épisode, le sociologue Camille François, auteur de De gré et de force, propose un autre regard. À partir d'une enquête de terrain menée en banlieue parisienne, il montre que les expulsions ne sont pas seulement le résultat de difficultés individuelles, mais aussi le produit de mécanismes institutionnels.
Recouvrement des loyers, fonctionnement des tribunaux, rôle des bailleurs, décisions de l'État : cet entretien explore les différentes causes qui mènent à l'expulsion, et met en lumière les inégalités qui structurent ces procédures.
Un éclairage pour comprendre ce qui se joue derrière les chiffres et interroger les choix politiques qui façonnent aujourd'hui les politiques du logement.
À Marseille, près de 40 000 logements sont touchés par l'insalubrité. Et pendant que les arrêtés de péril continuent de tomber, une autre vague déferle : celle de la location touristique.
Entre 2016 et 2022, le nombre d'annonces sur Airbnb explose. Comment passe-t-on du taudis au meublé touristique ? Comment une crise du logement devient-elle une opportunité immobilière ? Et que reste-t-il de la ville pour celles et ceux qui l'habitent ?
Pour en parler, j'ai rencontré Victor Collet, auteur de Du Taudis au Airbnb agone.org/livre/du-taudis-au-airbnb/ Un livre qui raconte une transformation brutale : celle d'une ville populaire prise entre insalubrité, gentrification et tourisme de masse.
Musiques de Esperanza + subdue_sample_160bpm_1lovewav composée de 1LOVE -- https://freesound.org/s/825499/ -- License: Attribution 4.0
C'est l'histoire de Rafael — ou du moins, une part de son histoire. Celle d'un enfant rejeté par sa famille et par la société à cause de son orientation sexuelle. Il s'est retrouvé à la rue, adolescent et pour survivre à la rue, a commencé à vendre des services sexuels.
Mais Rafael, c'est aussi l'histoire d'un homme en quête d'une autre vie. En Belgique, Il a lutté contre les fantômes du passé par l'automédication, par l'usage de substances, par l'oubli. Il a traversé l'ombre, longtemps. Et puis, récemment, il a commencé à remonter à la surface.
Aujourd'hui, c'est avec courage qu'il choisit de raconter. De poser des mots sur ce qui fut, et sur ce qui est encore.
Musiques:
chill background music #2.wav by ZHRØ -- https://freesound.org/s/703713/ -- License: Attribution 4.0
Dead Heat - Diga (intro)
A Bruxelles, on constate que parmi les personnes sans-abri une proportion importante est originaire d'un autre pays de l'Union Européenne. Nous en discutons avec Thimothée, travailleur de rue chez DIOGENES, avec Aymeric, travailleur de rue chez Infirmiers de Rue, et avec Sergio, conseiller politique à la FEANTSA.
En Région bruxelloise, En 2023, près de trois personnes sur dix (28%) vivaient sous le seuil de risque de pauvreté (avec un revenu de moins de 1.450 €) le nombre de bénéficiaires d'un revenu d'intégration sociale est passé de 28 479 personnes en 2013 à 45 135 en 2023, soit +58 %, le nombre de personnes sans-chez-soi a quadruplé depuis 2008, Les 10% des Bruxellois avec les plus faibles revenus consacrent plus de 45% de leurs revenus aux dépenses de logement
La précarisation de la population bruxelloise a augmenté et les élections régionales en Belgique auront lieu le 9 juin 2024. Dans cet épisode, une interview avec Delphine Chabbert, députée au parlement régional Bruxellois depuis 2019 et très engagée sur les questions d'accès aux droits pour les personnes en situation de précarité. Avec elle nous faisons un bilan de 5 années de politiques Bruxelloises qui concernent les personnes sans chez soi.
Quand on parle de personnes sans-abri on pense généralement à des personnes à la rue, à des personnes hébergées dans des centres d'hébergement ou logées dans des maisons d'accueil.
Les personnes qui vivent chez des tiers, dans des airbnb, des chambres d'hôtel, dans des auberges de jeunesse, dans des bâtiments abandonnés, ou dans des voitures, font partie de ce qu'on définit «sans-abrisme caché », car elles passent souvent inaperçues. Puisqu'elles n'ont pas accès aux ressources d'aide au logement et ne peuvent pas être identifiés, elles sont « cachées » des statistiques nationales sur le sans-abrisme.
Dans cet épisode nous allons nous intéresser à deux publics qui, à Bruxelles, sont particulièrement concernés par le sans-abrisme caché : les femmes et les personnes concernées par la prostitution ou le travail du sexe.
Dans cet épisode, nous découvrons le projet Support du Smes, une équipe mobile d'appui à toute personne en difficulté dans l'accompagnement d'un usager ou d'une usagère. Support, via un soutien concret à la première ligne, a pour mission l'accès à l'aide et aux soins d'un public cumulant problématiques psychiatriques et précarité.
Invité·e·s dans cet épisode Hulya Cakir, coordinatrice de l'équipe Support, et Jérôme Guiot, coordinateur hébergement chez Doucheflux.
Dans un épisode précèdent, l'épisode numéro 16, nous avons parlé de la pair-aidance, qui est aujourd'hui utilisée pour traiter, entre autres, plusieurs types de maladies mentales et d'assuétudes. Comme on avait découvert dans l'épisode 16, récemment à Bruxelles, des pair-aidant ont intégré des équipes d'associations qui accompagnent les personnes sans-abri. Un de ces pair-aidant est Philippe, qu'il y a quelque mois a commencé à travailler chez Infirmiers de Rue.
Dans cet épisode, Philippe nous raconte son expérience de vie – les relations familiales complexes, l'adolescence difficile, la consommation problématique de substances, le mal logement - et nous explique comment cette expérience l'aide à accompagner des personnes qu'aujourd'hui vivent des situations similaires à celles qu'il a vécu.
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