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Petit malentendu, hier soir, avec l'aimée, qui n'a trouvé son dénouement que quand l'un des deux a essayé de comprendre ce que l'autre pouvait bien vouloir dire.
Très souvent, c'est justement quand on essaye de comprendre ce que l'autre a bien pu vouloir dire qu'on fait naître l'incompréhension. Parce qu'au lieu de lire ce qui a été écrit et d'écouter ce qui a été dit, on plaque sur la pensée de l'autre et sur ses sentiments nos propres pensées, nos propres sentiments.
Mais, parfois, comme hier, c'est le contraire. Il se passe alors ce que dont Michel Serres parle, dans La légende des Anges, quand il évoque les conversations véritables, les vraies communications, les vrais éch-anges : on arrive, de façon presque miraculeuse, dans le déhanchement du corps et de la tête qui se portent vers l'autre, vers sa voix et sa bouche, dans le déhanchement plus subtil de l'esprit qui devient tout attention, à accueillir sa pensée, avec sympathie et empathie.
Et le malentendu, alors, qui se nouait, se dénoue.
Essayer de comprendre l'autre est ainsi une de ces choses ambiguës dont le sens, la portée et au fond la qualité varient du tout au tout selon la façon dont il est procédé. Ça n'est même pas l'intention, ici, qui est en cause, mais plus simplement la manière.
La manière qui change tout.