http://improvisations.fr/wp-content/uploads/20170323moulin.mp3
J'ai, il y a quelques jours, acheté un moulin à café manuel. Plus bobo que moi, tu meurs ! Il est moderne, japonais, et doté de lames en céramique.
Et depuis lors, chaque matin, je mouline et mouds mon café. Cela est long, cela est fatiguant, mais j'aime bien pourtant.
C'est que, outre l'odeur très agréable du café fraichement moulu ; outre le contentement - étrange, à la réflexion mais bien réel - qu'on éprouve à instaurer et à suivre des routines ; outre le plaisir profond, que j'ai progressivement appris à faire mien, de ressentir les choses simples : le bruit des grains brisés, le mouvement de la manivelle ; il y a ce sentiment qu'on a - que j'ai du moins - qu'on apprécie plus les choses quand on a fait effort pour les obtenir, quand on y a mis de la peine et de l'huile de coude.
Je ne sais pas si c'est notre instinct de chasseur ou notre culture judéo-chrétienne qui se révèle dans ce sentiment mais il est bien présent : mon café du matin est très certainement identique, en qualité objective, à celui que je buvais auparavant ; il a pourtant un autre goût, une saveur plus riche.
Tel est l'objet de cet enregistrement, réalisé tandis que le ciel, derrière le Panthéon, s'illumine de la promesse de l'aube.