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Le projet Montagne d’Or est-il enterré ?


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Le projet Montagne d’Or est-il enterré ? Le 23 mai dernier, à l’issue du premier Conseil de défense écologique, le gouvernement a rejeté le projet d’extraction d’or en Guyane. Nous étions à trois jours des européennes. Quelques jours plus tard Emmanuelle Wargon, la secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, ajoutait que “cela ne se fera pas”. Mais les opposants au projet restent sceptiques.

* Avec Marion Veber, responsable des programmes à la Fondation France Libertés.

Le Conseil de défense écologique (CDE) a jugé que "le projet actuel Montagne d'Or était incompatible avec les exigences de protection de l'environnement". Est-ce que c’est un projet enterré ?
« Ce qu’il faut constater, c’est que la plupart des collectifs et des personnes impliquées n’ont pas crié victoire de suite. On voit qu’il y avait une certaine méfiance. Aujourd’hui, on ne peut pas dire que le projet est enterré. Il a été expliqué qu’en l’état, le projet n’était pas compatible avec les exigences de protection de l'environnement. Mais à partir du moment où on ouvre une potentielle réforme du code minier, l’entreprise peut tout à fait redéposer un dossier qui soit davantage conforme avec les évolutions du code minier. Donc ce projet n’est pas vraiment totalement enterré ».
Derrière cette réforme qu’est-ce qu’il y a ?  A quoi faut-il s’attendre ?

« C’est une réforme qui est attendue d’ici décembre 2019. Cela fait des années que les gouvernements successifs parlent d’une réforme du code minier. Mais cela ne se fait jamais. Donc à voir si cela va clairement avoir lieu. Quant au contenu, l’idée avancée est de mettre davantage en cohérence le code minier actuel avec les exigences environnementales qui sont de plus en plus présentes dans les consciences. Le code minier est un ensemble de règles que les entreprises doivent respecter quand elles souhaitent explorer ou exploiter les ressources du sous-sol français ».
Un code minier daté
« Cet ensemble de règles date de 1956. Il a été réformé plusieurs fois. Mais la plupart des associations environnementales considèrent que ce code minier est encore très ancré dans une certaine vision du passé, très industriel, et très peu en accord avec les rapports sur la biodiversité. Jusqu’où ira le gouvernement et quel sera la réaction des parlementaires ? On peut avoir de gros doutes. A notre sens à la Fondation, et c’est une idée partagée par d’autres, c’est que monsieur Macron veut faire passer l’idée d’une mine responsable et de faire passer l’idée qu’une mine peut être verte et propre. Ce que l’on conteste totalement ».

© Or de question

Quand Brune Poirson ou Emmanuelle Wargon disent que montagne d’Or ne se fera pas, il faut comprendre « en l’état » ?
« Oui. Il faut comprendre cela. A partir du moment où le code minier sera réformé et acté, il y aura un nouveau cadre, peut-être plus exigeant. Mais pour autant, cela ne veut pas dire "non" à toute forme d’exploitation minière. Le projet Montagne d’Or peut revenir sur la table, mais modifié. Mais il n’y a pas que le projet Montagne d’Or. C’est ce que les militants du collectif Or de Question soulignent. C’est un projet parmi tant d’autres en Guyane. On s’est focalisé sur celui-ci parce que c’était le plus emblématique. On savait que si celui-ci passait, tous les autres plus petits passeraient plus facilement. Aujourd’hui en Guyane, on a plus de 300 000 hectares dédiés à l’exploitation minière. Donc c’est un enjeu plus global que simplement Montagne d’Or ».
Quelle est la réaction des autochtones de Guyane ?
« La confiance n’est pas au rendez-vous. Jusqu’à présent, monsieur Macron poussait très fort pour que le projet voit le jour. Là,
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