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Qui se souvient de la figure légendaire, mythique et mythologique d’Électre ?
Celle qui n’hésita pas à tuer sa propre mère pour venger son père.
C’est l’Œdipe inversé, même si le geste d’Électre est beaucoup moins aveugle et beaucoup plus sensé.
Ce n’est pas la force du destin mais le destin de la force.
Le psychanalyste l’a retenu sous le nom de complexe d’Électre.
Le père est une figure transcendante. Omniprésente. Présente même en son absence.
Pour une jeune fille, c’est la toile de fond de toute son existence.
C’est un peu la figure qui configure le mieux, Dieu sur terre.
« Notre Père qui es aux cieux » commence et encense la prière de toutes les petites chrétiennes.
Le Père rappelle Dieu même s’il est odieux.
C’est celui qui regarde son enfant de haut en bas, qui n’est là que pour lui ouvrir les bras ou lui ouvrir les portes de l’au-delà…
Non pas le big brother mais le big father, le père Dieu… ou Dieu le Père selon le mot du père de la psychanalyse…
Papa tu es là ? Oui il est là. Il est toujours là.
Mais parfois tu as la folle impression qu’il ne te regarde pas, qu’il regarde ailleurs…
O malheur ! Tu te sens alors délaissée, abandonnée, esseulée et ce vide va de plus en plus se creuser au fond de ton âme au point de te perturber, de te rendre malade. C’est l’Angoisse devant le vide devant lequel, il t’a laissé. Tu es blessée mortellement ou follement lésée. Tu ne vois plus la vie en rose, c’est ta première névrose. Dérèglement psychique qui peut empirer jusqu’à la psychose.
Papa, je sais que tu es là ! Tu ne me quitte pas des yeux. Oh mon Dieu, je me sens épiée, espionnée, enchaînée à ton regard. Ce n’est pas l’Angoisse mais l’Anxiété… j’étouffe, tu vas m’étouffer… tu m’étouffes sans que je puisse pousser le moindre ouf de soulagement.
Rasante et écrasante omniprésence. La jeune fille ne se plaint pas, elle a peur de se plaindre. Elle passe son temps à feindre… et même si elle en a assez, elle est persuadée que cet œil, elle ne pourra jamais le chasser.
Peut-on chasser Dieu ? Non ! En revanche on peut être pourchassé par lui, suivi, poursuivi… à vie.
Électre ne peut échapper au spectre de son père. Elle est l’enfant de son regard. Tout dans sa vie en dépend.
Papa… regarde-moi… j’ai un besoin vital de ton regard. Regarde-moi, s’il te plaît… hiver comme été… si tu cesses de me regarder, je cesserai d’exister… se dit Électre en larmes… c’est la névrose.
Mais il arrive aussi à Électre de jeter les armes, de déclarer forfait. Parce qu’elle plie sous le poids inouï du regard de son père… c’est l’asphyxie ou la paralysie. Elle n’arrive plus à remuer le petit doigt, à épouser la moindre cause… c’est la psychose.
Dans ce cas, ce n’est pas assez… c’est le vide sidéral… dans l’autre, c’est le trop plein qui fait mal… Électre sera toujours électrocutée non par le regard de son père mais par le regard qu’elle prête à son père… autrement dit, par sa propre vision du père. Bienvenue en enfer !
Ce n’est donc pas la présence ou l’absence du père qui pose problème mais le désir omniprésent de reconnaissance.