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Or


Je n’arrive pas à aller dormir.Pas parce que je ne suis pas fatigué.Parce que je ne peux pas.Il y a des gens qui s’endorment comme on ferme une porte. Moi, je reste dans l’entrebâillement.
Chaque soir, la même comédie.Je mange. Pas par faim — par besoin de douceur. Du sucre, des gâteaux, des machins idiots qui font semblant de réchauffer.Je grignote comme on se donne la main avant la tempête.
J’ai grandi sans qu’on me borde.Pas de voix, pas de lumière dans le couloir.Alors j’ai appris à tenir debout tout seul, même la nuit.S’endormir, c’était confier sa vie à quelqu’un. Et moi, je n’ai jamais eu cette confiance-là.
Alors je retarde.Je traîne.Je me gave un peu, comme on se donne un alibi pour exister encore cinq minutes.Le sucre, c’est pas un dessert, c’est un pansement. Ça me dit : “reste un peu, t’es pas encore prêt à t’éteindre.”
Le lit me fait peur, oui. Pas le matelas. Pas la pièce.Mais ce moment précis où plus rien ne te distrait de toi-même.Le silence, pour ceux qui ont grandi dans le vacarme du manque, c’est une agression.Et le sommeil, c’est une reddition.
Alors je lutte.Je prolonge le jour, même quand il me pèse.Je fais semblant d’avoir encore quelque chose à faire, alors que j’ai juste peur de disparaître.
Mais je sais qu’un soir, il faudra bien.Créer un autre rituel.Remplacer le sucre par un geste.Le geste par une voix.Et la voix — peut-être — par la mienne.
Se dire simplement : “tu peux dormir maintenant.”Pas comme une injonction, mais comme une promesse tenue.Parce qu’à force de veiller sur tout le monde, il est temps, peut-être, de veiller sur soi.
· · ·
Ce n’est pas un texte sur le sommeil.C’est un texte sur la confiance.Et sur le droit, enfin, de s’endormir sans craindre d’être oublié.
#fragmentsdureel #nuit #douceur #abandon #sucre #dormir
By Fragment du réel - par Minh SonJe n’arrive pas à aller dormir.Pas parce que je ne suis pas fatigué.Parce que je ne peux pas.Il y a des gens qui s’endorment comme on ferme une porte. Moi, je reste dans l’entrebâillement.
Chaque soir, la même comédie.Je mange. Pas par faim — par besoin de douceur. Du sucre, des gâteaux, des machins idiots qui font semblant de réchauffer.Je grignote comme on se donne la main avant la tempête.
J’ai grandi sans qu’on me borde.Pas de voix, pas de lumière dans le couloir.Alors j’ai appris à tenir debout tout seul, même la nuit.S’endormir, c’était confier sa vie à quelqu’un. Et moi, je n’ai jamais eu cette confiance-là.
Alors je retarde.Je traîne.Je me gave un peu, comme on se donne un alibi pour exister encore cinq minutes.Le sucre, c’est pas un dessert, c’est un pansement. Ça me dit : “reste un peu, t’es pas encore prêt à t’éteindre.”
Le lit me fait peur, oui. Pas le matelas. Pas la pièce.Mais ce moment précis où plus rien ne te distrait de toi-même.Le silence, pour ceux qui ont grandi dans le vacarme du manque, c’est une agression.Et le sommeil, c’est une reddition.
Alors je lutte.Je prolonge le jour, même quand il me pèse.Je fais semblant d’avoir encore quelque chose à faire, alors que j’ai juste peur de disparaître.
Mais je sais qu’un soir, il faudra bien.Créer un autre rituel.Remplacer le sucre par un geste.Le geste par une voix.Et la voix — peut-être — par la mienne.
Se dire simplement : “tu peux dormir maintenant.”Pas comme une injonction, mais comme une promesse tenue.Parce qu’à force de veiller sur tout le monde, il est temps, peut-être, de veiller sur soi.
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Ce n’est pas un texte sur le sommeil.C’est un texte sur la confiance.Et sur le droit, enfin, de s’endormir sans craindre d’être oublié.
#fragmentsdureel #nuit #douceur #abandon #sucre #dormir